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TENTACULIFÈRES D07
encore attaché à la mère, il se dévagine (C”), la cavité incubatrice s’efface autour de lui et il ressemble à un bourgeon externe; mais il finit enfin par se détacher et devient libre également (1°: brg.). Avec sa ceinture ciliaire qui s’est complétée, il nage à la recherche d'un support convenable et, quand il l’a trouvé, il se fixe par un point voisin de sa ceinture ciliaire. Tout s'achève alors comme pour les bourgeons externes (E,F,G).
Bourgeonnement interne multiple. — Qu'il ait lieu par bourgeons séparés dans autant de cavités distinctes ou par plusieurs bourgeons logés dans une cavité incubatrice commune, la différence est toute contingente et le processus se comprend sans plus ample description (‘).
Conjugaison. — La conjugaison (fig. 849) a lieu ici comme chez Îles Ciliés. Deux individus voisins s’accrochent par quelques tentacules, se rapprochent, se soudent, et entre eux se produit toute la série de divisions d'échanges, de transformations dont nous avons décrit la succession à propos de notre type morphologique de Cilié.
Ici, malheureusement, quelques stades n'ont TENTACULIFERLE pu être observés, mais leur existence résulte (Type morph.).Conjugaison d'une induction très légitime. C’est encore Mauras GER PE qui les a observés et bien des auteurs moins prudents se seraient contentés de ce qu’il a vu, car il a reconnu le plus grand nombre de stades et en particulier les plus importants. Il est à remarquer que la
(:) Bien entendu, ces divers modes ne se rencontrent pas à la fois dans la même espèce. Chaque forme a le sien. La division égale est rare et ne se rencontre que dans des formes inférieures : Æypocoma, Sphærophrya, Podophrya. Elle devient un peu inégale et fait le passage au bourgeonnement chez certaines espèces d'Urnula, Metacineta, Acineta. Le bourgeonnement simple ne se rencontre guère que chez les Sphærophrya et les petites formes à bourgeonnement multiple. Ce dernier mode est le plus habituel chez les Tentaculifères. Ephelota gemmipara en fournit un exemple bien connu. Il se rencontre aussi chez la plupart des Acinétines et ailleurs.
Le bourgeonnement interne simple se rencontre principalement chez Dendrocometes, Tokophrya et quelques espèces d’Acineta. Dendrosoma possède des chambres incubatrices multiples contenant chacune un seul bourgeon; enfin, on trouve plusieurs bourgeons dans une même chambre incubatrice chez certains Acinètes, A. tuberosa, A. cucullus et chez Ophryodendron.
Les cils du bourgeon n’ont souvent pas achevé de disparaître lorsque les tentacules se montrent déjà; d'autre part, ceux-ci ne disparaissent pas toujours, au moins complètement, dans la division, en sorte que la coexistence momentanée de ces deux sortes d'appendices n'est pas rare.
Dans ces divisions et bourgeonnements, le rôle du n n’a pu être nettement observé, mais il n’est guère douteux qu'il ne soit le même que chez les Ciliés, et ne consiste en une division simple ou multiple.
La répartition des cils sur le bourgeon est très variable : tantôt les cils sont uniformément répartis, tantôt ils n’occupent que la face ventrale, ou dessinent des spires, ou se réduisent à une simple couronne. De là, la distinction des bourgeons holotriches, hypotriches, hétérotriches. Mais ces expressions n’ont qu’une valeur descrip-
série semble ici plus simple que chez les Ciliés. Elle est conforme à ce que nous avons décrit chez le type morphologique, c'est-à-dire que le n conhsA hioA pat us B” jugué donne immédiatement par division
Fig. 850.
NAN un Netun n, sans se diviser au préalable ne cet UE F---—— en les noyaux conjugués des deux indiee NZ... vidus filles qui doivent naître de là première division post-conjugale. Le schéma réel est donc celui que nous avons donné pour notre type de Cilié et que nous À 2 -— reproduisons ici (fig. 850).
TR ee eee De tous ces caractères, les plus variables sont la présence ou l'absence du TENTACULIFERIÆ (Type morpholog.). pédoncule, le nombre, la forme et la Diasramme montrant Mérolution der TS DOsifion des Atentacules. PALAIS noyaux dans la conjugaison Dee . À DD 0 Acinélines qui représentent la forme moyenne, nous suivrons deux séries de transformations, l’une descendante où nous verrons le pédoncule disparaître, les tentacules diminuer de nombre, et enfin des cils se montrer; l’autre ascendante où le pédoncule disparaîtra encore, mais où la forme va se compliquer par des prolongements variés au sommet desquels les tentacules vont se localiser. Quant à la présence de logettes protectrices, aux variations secondaires des tentacules, du noyau, de la vésicule, au mode de bourgeonnement, tout cela ne suit aucune marche régulière et nous servira à caractériser les genres. Acineta (Erhenberg, emend. Bütschli) (fig. 851). C'est
live, car nulle part on ne trouve les cirres ou la zone adorale caractéristiques des deux derniers ordres et, si ces êtres étaient des adultes, on les classerait tous parmi les Holotrichides. La disposition des cils en ceinture annulaire chez les bourgeons internes de Zokophrya a un intérêt particulier, parce qu'elle permet de fixer l'orientation du bourgeon par rapport à l'animal. En effet, cet anneau ciliaire étant vertical et médian sur le bourgeon il faut le considérer comme traçant le plan sagittal, et le bourgeon se fixant par un point voisin de cet anneau prend, sûrement dans un sens et très po eue dans les deux, la même orientation que la mère.
On observe dans quelques genres : Podophrya, Metacineta, Dendrocometes, un singulier phénomène qui explique par une modification de la division. L'animal abandonne son pédoncule, ou, s’il n’en a pas, son point de fixation, se munit de cils et se met à mener une vie libre. Ce n’est pas iei cette simple mutation de condition commune chez les Vorticelles, mais quelque chose de comparable à la rénovation totale de Spirochona (N. p. 482). L'animal, en effet, se comporte comme pour se diviser, mais il fait passer toute sa substance nucléaire et la presque totalité de son cyto-. plasma, y compris la vésicule, dans l'individu supérieur qui se détache. Il n'abandonne qu'une minime partie de sa substance sous la forme d'un résidu minime, incapable
Acineta
(A. emactiata)
(d’ap. Maupas).
‘ TENTACULIFÈRES 209
notre type morphologique, sauf que les tentacules sont tous capités (0,2. Mer et eau douce) (*). — Chez Metacineta (Bütschli) (fig. 852), la cupule terminale se développe en une logette qui enveloppe entièrement le corps, sauf six fentes verticales partant de la partie supérieure et régulièrement espacées, par lesquelles sortent les tentacules disposés en six groupes. Mais la cupule est libre ainsi que la cavité du pédoncule : il n'y a pas, comme chez l'Acinète, un liquide spécial maintenu par une cloison (0,7. Eau douce) (?). — Chez Solenophrya (Claparède et Lachmann) (fig. 853), le pédoncule disparaît et il n°y a plus que la cupule terminale, mais largement ouverte à sa partie supérieure (0,16. Eau douce) (*). — Chez Tokophrya (Bütschli) (fig. 854), au contraire, c'est la cupule terminale qui disparaît et il ne reste qu'un pédoncule directement inséré au pôle inférieur du corps (0,24. Mer et eau douce) (*). — Il en est de mème chez Podophrya (Erhenberg, emend. Bütschli), chez qui, en outre, les tentacules deviennent de longueur
Solenophrya (S. crassa) (d’ap. Claparède et Lachmann).
Metacineta (Sch.).
Fig. 854. Fig. 855.
inégale (0,07. Eau douce et probable- DC nOn D x h Ephelota (Hemio- LE a € me encore, REA Tokophrya hrya) (E. Thouleti) Ephelota(Wright, son Kent) (fig.855), (d'ap. Cheviakof). (d'ap. Maupas).
de vivre, mais représentant morphologiquement l'individu inférieur d’une bipartition incomplète, réduit à un volume dérisoire.
(:) Le bourgeonnement est interne. La longueur du pédoncule et la hauteur de la partie du corps abritée dans sa cupule terminale sont très variables avec les espèces. Dans certaines, les tentacules tendent en outre à se grouper par petits bouquets. Aussi les genres caractérisés d’après le développement du pédoncule ou de ses parties, ou par la disposition des tentacules sont-ils un peu secondaires.
Acinetopsis (Robin) n’a sans doute que la valeur d’une espèce du genre Acineta.
(2) Aussi faut-il sans doute considérer cela comme une logette analogue à celle que nous trouverons chez Urnula par exemple, et munie d'un prolongement pédonculaire, plutôt que comme un vrai pédoncule semblable à celui du type morphologique. Mais la distinction est un peu subtile et ni ce caractère ni les autres ne nous semblent autoriser pour ce genre la création d’une famille des Metacinetina |Bütschli).
(3) C'est encore, ici comme dans le cas précédent, une vraie logette.
Actinocyathus (Kent) n’est qu'un genre douteux voisin du précédent (0,04. Mer).
(!) Genre voisin :
Discophrya (Lachmann) qui n’est guère qu'un sous-genre du précédent (Mer et eau douce),
mais ici les tentacules sont, non seulement de longueur inégale, mais de nature différente : les longs sont styliformes, les courts sont capités (0,2. Mer, sur divers Hydraires, Bryozoaires et Crustacés (‘).
Certaines espèces de Podophrya (P. libera) peuvent se détacher de leur pédoncule et mener une vie libre. Elles établissent par là la transition avec le genre
Sphærophrya (Claparède et Lachmann) (fig. 856, 857). Ici, toute trace de Fig. 856. pédoncule ou de logette disparaît. L'ani- \ fé mal devient entièrement libre et son corps, | à peu près sphérique, est garni sur toute sa surface de longs tentacules capités (fig. 856, fent.). Quand un Cilié (pr.) vient à passer au contact d'un de ses tentacules, ce dernier le saisit, se fixe à lui, le paralyse et suce son endoplasme, puis rejette la dépouille etattend une autre proie. Maisiln'y | a que les grosses espèces quise comportent Sphærophrya ainsi (S. magna, S. sol). Les petites pro- Se GE es cèdent autrement (fig. 857) (*). Chez
pr., Ciliés capturé par les tentacules. ; :
S. pusilla par exemple, le jeune bourgeon libre et cilié, capable de nager par conséquent et déjà muni de quel-
Fig. 857.
B C D £ F Sphærophrya. Stades successifs de l’évolution à l’intérieur d’une Paramécie (Sch.).
h, silhouette de la Paramécie. À et B, pénétration; C et D, accroissement; E et F, bourgeonnement; G, sortie des embryons ciliés du Sphærophrya (s.)
ques tentacules capités, atleint une Paramécie et se fixe à elle par ses
Ne pas confondre avec le genre homonyme Discophrya (Stein), Cilié voisin des Opalines que nous avons décrit plus haut (V. p. 452).
Ces genres forment la famille des Aczvzrixx | Acinetina (Bütschli), à l'exception de Metacineta|.
(1) En outre, le N est long et courbé en fer à cheval. Il se ramifie pour les besoins du bourgeonnement qui est externe et multiple. — Le genre
Podocyathus (Kent) possède, en plus, une logette terminale où il abrite son corps (0,04. Mer,
sur des Bryozoaires et Hydraires).
(?) Ces espèces ne sont peut-être que des âges divers d’une même forme. Mais cela n’a point d'intérêt dans la question.
et ns
TENTACULIFÈRES ol1
tentacules (A). Il perd ses cils, s'enfonce dans le corps de l'hôte (B) et finalement se trouve logé au centre de celui-ci, dans une profonde dépression communiquant avec le dehors par un canal plus étroit (C). Pendant ce temps, il a perdu ses tentacules et, en se nourrissant sans doute par imbibition, a beaucoup grossi. Il a donc l'aspect d'une sphère entièrement lisse (D), munie d’un N, d'un net d'une vésicule pulsatile. Il se divise en deux (Æ), qui se divisent à leur tour et ainsi multiplient et occupent, dans leur chambre agrandie, une bonne partie de la cavité de la Paramécie (#). Peu à peu, cette division se transforme en bourgeonnement externe. Les bourgeons naissent munis de cils et de quelques tentacules, ressortent par l'orifice d'entrée (G) et vont à la recherche d’un nouvel hôte. C'est alors que Stein les avait pris pour les jeunes de la Paramécie.
A la fin, les derniers individus prennent aussi les caractères de bourgeons et se comportent comme les précédents. Ces formes parasites sont très petites. Elles atteignent les Paramécies, les Stylonichies et les Stentors (0,08. Eau douce),
Endosphæra (Engelmann) (fig. 858), ne diffère du précédent que par son mode de bourgeonnement qui est interne et par ses bour- Fig. 858. geons ciliés, mais dépourvus de tentacules (Endoparasite chez diverses Vorticellines et chez des Tentaculifères). — Ici se place aussi le genre
Amæbophrya (Küppen), parasite interne soit des Acanthomètres (A. acanthometræ), soit de Sticholonche (A. Sticholonchæ). Dans l’un comme dans l'autre de ses hôtes, il a été méconnu et pris comme un organe de ceux-ci. Dans les Acanthomètres, on l’a décrit comme un noyau de forme spéciale avec une portion invaginée (fig. 310) qui n'est autre chose en réalité qu'un bour- PARA REEUTE geon interne analogue à celui du T'okophrya, et dans le äans un Æpistytis Siicholonche on l'a pris pour un organe spécial, le (d'ap. Claparède corps spiral (V. p. 206 et 251) (*). RCE DU
Avec les trois formes suivantes, nous tombons aux derniers degrés de dégradation des appareils qui caractérisaient les for- Fig. 859. mes élevées dont nous sommes partis.
Urnula (Claparède et Lachmann) (fig. 859) qui, vivant fixé sur le pédoncule des £pistylis, a été pris à une époque pour le jeune de ce Cilié, est un petit être de forme irrégulièrement ovoïde, fixé par un très court pédoncule’ dans une logette chitineuse fixée elle-même par un court prolongement pédonculaire sur le pédoncule de l'hôte. On trouve un N et deux vésicules pulsatiles avec leurs caractères habituels, mais l'appareil tentacu- 4 psytidis)
laire est réduit à deux ou trois (parfois un seul, rare- (d'ap. Claparède et Lachmann).
Urnula
() Ces formes constituent la famille des Poporurri x | Podophryina (Bütschli)].
ment jusqu à cinq) tentacules d'aspect si singulier qu’on les a pris un moment pour des pseudopodes de Rhizopodes.
Ils sont, en effet, hérissés de petites saillies irrégulières qui semblent se mouvoir à leur surface comme des granulations protoplasmiques et montrent parfois comme un commencement de ramification. Mais une observation attentive a montré que cet aspect est dû aux plissements que provoquent les contractions, car tout cela s’efface quand le tentacule est tout à fait étendu (0,08. Eau douce). — Chez
Rhyncheta (Zenker) (fig. 860), il n'y a plus qu’un seul tentacule styliforme, mais bien formé et très actif, qui prolonge le corps à la
manière d'une trompe (0,09. Eau douce; fixé, la trompe en Fig. 860. arrière, entre les pattes d'un Cyclops)(*). — Enfin dans le genre
Fig. 861.
Hypocoma (Gruber) (fig.861), il n’y a aussi qu'un tentacule, mais :capité et qui semble se prolonger en dedans dans le corps. Ce tentacule (tent.) naît de la partie supérieure de la face ventrale, et tout le reste de cette face est garni
de cils, sauf une étroite bordure qui en HURAEQRE 2 £ : x ME (A. parasitica) est dépourvue. On pourrait voir là une (d'ap. Plate).
transition entre les Tentaculifères et les Ciliés, mais c'est plus probablement la persistance d'une condition larvaire (0,046. Mer, sur le pédoncule de diverses Vorticellin QU Rhyncheta OPHCERINES) ( ) (R. Cyclopum) (d’ap. Zenker).
Nous plaçons ici avec doute deux formes de Tentaculifères qui, bien plus que la précédente, feraient le passage aux Ciliés si leurs particularités d'organisation étaient mieux connues et plus solidement interprétées. La première est le genre Suctorella (Frenzel) (fig. 862) qui a l'apparence d'un Tokophrya et possède, en plus, une petite ouverture fissiforme garnie de cils très fins. Si l'animal avait contenu un bourgeon interne, l'interprétation de cet orifice cilié eût été simple, etsa présence n'eût rien eu de bien remarquable, mais il n'y avait rien de tel, en sorte que l’on se demande si ce ne serait pas le reste, physiologiquement inactif (car les cils sont bien trop fins pour jouer une fonction alimentaire), d'une bouche (0,04. Eau douce). — Le second est le
Fig. 862.
Suctorella (d'ap. Frenzel).
1) Ces deux genres constituent la famille des UrxuziNæ [| Urnulina (Bütschli)]. ?) L'animal est de forme ovalaire, mais avec la face ventrale excavée. Il con-
TENTACULIFÈRES D13
Peitiada (Frenzel) (fig. 863),il a une forme ovoïde, mais se prolonge en haut en deux cols qui, l’un et l’autre, se terminent par un tentacule capité. À la base de chaque col, est une sorte dis de soie raide et tout Le corps est revêtu de cils fins (0,07. Dans une petite lagune) (*).
Revenons maintenantaux Acinètes, aux Tokophrya, à ces formes lypiques qui nous ontservi de point de départ.
Nous allons suivre une nouvelle série de modifications qui va nous conduire aux formes les plus étranges qu'il soit possible d'imaginer. Ces modifications ont pour origine principale la formation de lobes sur lesquels les tentacules viennent se grouper. Patate
Trichophrya (Claparède et Lachmann) (fig. 864) ne diffère (d’ap. Freuzel).
presque de T'okophrya que par l’absence de pédoncule. Que l’on suppose un Tokophrya libre, sans pédoncule, avec les tentacules groupés, comme ils le sont dans quelques espèces de ce genre, en bouquets sur des parties du corps légèrement saillantes et l’on aura un Trichophrya (0,24. Mer et eau douce) (?).
+ s a SN Z DAT
PL
AU € D iN K *
Trichophrya (T. cordiformis) CEE Dendrosoma (im. Kent).
Dendrosoma (Ehrenberg) (fig. 865) est d’une taille colossale pour un Ten-
tient un long N, concave aussi en bas et une vésicule pulsatile située dans la concavité du N. Ce genre constitue la famille des Zrrocomx [Hypocomina (Bütschli)].
(!) Frenzel a trouvé ces deux formes dans la République argentine. La première vivait en compagnie d'autres Acinètes. Il a vu les tentacules fonctionner. C’est done sûrement un Tentaculifère. Il a trouvé le N, deux vésicules pulsatiles, mais pas de n. Un individu ne montrait aucune trace de cette bouche. La seconde est moins sûrement un Tentaculifère, car l’auteur n’a pas vu les tentacules en action.
(2) Cette forme vit sur divers animaux marins et d'eau douce (pédoncule d'Æpis-
taculifère, puisqu'il atteint 2nm1/2. On croirait, au premier abord, avoir
devant les yeux une petite colonie d'Hydraires. Ce sont en effet comme
des stolons ramifiés dans un plan horizontal, sur lesquels auraient poussé
desindividus dressés côte à côte, ramifiés el portant au sommet de chacune
de leurs ramifications un petit bouquet ere
de tentacules terminés en boule au som- À
met. Eh bien, malgré cetaspect,cen'est
rien qu'un Tentaculifère à tentacules
capités, et encore n'est-il pas colonial,
car une observation attentive montre
que tout le système est parcouru par
un énorme N continu, mais ramifié et
envoyant une branche dans chacun des
rameaux dressés (2,5. Eau douce) (*).
Dans ces deux genres les tentacules
étaientnettementcapités. Danslegenre Dendrocometes (Stein) (fig. 866), ils sont
styliformes, très courts et invaginables Dendrocometes
au bout. Le corps, en forme d'hémi- (D. paradoæus). pr., proie
(d'ap. Vrzesniovski).
sphère allongé, est fixé par sa face Fine et net par sa surface convexe trois à quatre (parfois deux, d’autres
tylis, cavité branchiale de divers Tuniciers, Pig. 867. . surface du corps de certains Entomostracés 7 D: et même sur les branchies de quelques Pois- V7: $ sons. L'une d'elles T. cordiformis qui vit entre les fourches caudales de Cyclops phaleratus a été prise pour une valve operculaire, sorte de telson, destiné à protéger l'anus. Le bourgeonnement est endogène et tout semblable à celui de Tokophrya.
Nous placerons ici, l’auteur n'ayant pas discuté ses affinités, le curieux genre Staurophrya (Zacharias) (fig. 867), forme libre, comparable à une sphère munie de six protubérances, deux aux pôles supérieur et inférieur, déterminant le grand axe et quatre dans le plan équatorial. Ces protubérances sont grosses, très obtuses et portent chacune quinze à vingt tentacules non capités, très rétractiles bien que lents à se mouvoir. Sur ces tentacules, on voit parfois se former des vésicules comme s'ils avaient une membrane.
Par une exception rare, l'animal est capable d’absorber de petits fragments solides que l'on retrouve dans son endoplasme (0,05.
Eau douce).
(1) Il y a de nombreuses vésicules pulsati- Staurophrya, (d'ap. Zacharias). les éparses dans tout le corps. Aux extrémités de certains rameaux, se voient des bourgeons externes et, plus bas sur la con-
TENTACULIFÈRES 519
fois cinq ou six) gros prolongements qui se ramifient deux ou trois fois, et chaque fois en trois branches, mais irrégulièrement. Chaque branche se termine par un petit bouquet de trois à quatre tentacules très courts, en forme de cône fortement tronqué, dans lesquels le canal et ses parois sont très évidents et qui sont très rétractiles et peut-être invaginables à leur extrémité.
Les canaux des différents tentacules se continuent indépendamment les uns des autres jusque dans l’intérieur du corps, ce qui permet d'interpréter les bras tentaculifères comme formés simplement par les tentacules soudés jusqu'auprès de leur extrémité. La lobation du corps est donc plus apparente que réelle (0,1. Eau douce, sur les branchies des Gammarus) ee — Chez
Stylocometes (Stein), les tentacules, semblables en eux-mèmes à ceux du précédent, restent indépendants jusqu’au bout, en sorte qu'il n'y a plus du tout de lobation, ni réelle, ni apparente (0,1. Eau douce, sur les branchies d’Asellus et sur les bouquets d’Ophrydium) (?).
Il ne nous reste plus à présenter qu'un genre, mais Fos 00e, le plus singulier de tous, incontestablement. C'est le genre
Ophryodendron (Claparède et Lachmann) (fig. 868 à 870). L'animal (fig. 868), de forme ovoïde allongée, est fixé par l'extrémité inférieure de son corps
nine È ; : Fig. 869.
rétrécie en pédoncule. À la partie supé- a rieure, 11 porte un à quatre gros et très Ê longs prolongements coniques, dressés, S) très rétractiles, armés vers l'extrémité de fn
petits tentacules styliformes. L'animal Oparyodendron. nu produit par bourgeonnement interne de CE petites larves munies d'une ceinture de Claparède et cils (fig. 869), qui se fixent et se trans- Lachmann. forment à la manière ordinaire en indi- Fig. 870. vidus semblables au parent.
Mais il naît aussi, à la base du (ou des) prolongement tentaculifère, des bourgeons
externes (fig. 870, À : a) qui se détachent
tinuité des rameaux, des sortes de tumeurs déterminées par des bourgeons endogènes.
Ces deux genres constituent la famille des DENDROsSOMINÆ | Dendrosomina (Bütschli)].
(1) L'animal possède un N auquel est accolé la ne CPHSMEndron LE vésicule pulsatile. Celle-ci est donc profondément Formation de l'individu vermiforme. située dans le corps, aussi est-elle munie d’un nr long canal excréteur très évident. Le bourgeon- SE trinacrium (d’ap. Gruber). nement est endogène
(?) Ces deux genres forment la famille des DzxprocomeTINxæ | Dendrocometina (Stein)|:
(B : b) et se transforment en individus dits vermiformes (C) qui sont tout autrement conformés que le parent. Leur forme est plus allongée et leur corps se termine par un simple prolongement en col de bouteille muni d’un orifice à son extrémité. Ils sont fixés auprès des individus de la première forme ou mème sur eux.
On ne sait rien de certain sur les relations biologiques de ces deux formes.
On s’est demandé si la seconde ne représentait pas simplement une phase jeune de certaines larves, ou si elle n’était pas destinée à s'unir à l’autre par conjugaison (0,13. Mer) (*).
(?) Les espèces, assez nombreuses, ont des formes très différentes et on a souvent fait des genres avec des différences moindres. Chez une espèce, O. abietinum, on trouve des trichocystes. Mais comme ces trichocystes manquent quelquefois et qu'ils sont tout à fait semblables aux nématocystes de la Campänulaire sur laquelle vit l'animal, on est peut-être fondé à se demander s'ils lui appartiennent bien en propre.
Ce genre constitue à lui seul, et à bon droit, la famille des OPzrroDENDRINX [Ophryodendrina (Stein)].
LES PROTOZOAIRES
Après avoir étudié indépendamment les uns des autres les divers groupes des Protozoaires, nous devons maintenant examiner l’embranchement dans son ensemble pour le délimiter, faire ressortir ses caractères généraux, établir un lien entre ses parties constitutives, montrer la variation des fonctions et des organes, enfin résumer l’ensemble de sa classification. C'est à cela que sont destinés les deux chapitres qui suivent et les tableaux synoptiques qui terminent l'ouvrage.
Caractères distinctifs des animaux et des plantes.
C'est seulement à propos des Protozoaires que se pose la question indiquée dans ce titre. Chez les êtres plus hautement organisés, le caractère animal ou végétal s'exprime si nettement que la confusion n'est pas possible.
D'ailleurs la question n’est pas si grave qu'elle le paraît. Au point de vue théorique, posée d’une certaine facon, elle n'existe pas, envisagée de l’autre, elle est insoluble. Si l'on demande, en effet, de répartir les êtres vivants en deux groupes distincts comprenant l’un les plantes, l’autre les animaux, la question n'a pas de sens, car l'animal et la plante sont des concepts qui n’ont aucune réalité objective; dans la nature, il n'y a que des individus. Si, prenant les êtres que nous considérons comme des animaux ou des végétaux incontestables, nous cherchons à remonter leur lignée phylogénétique, décidés à mettre dans la même catégorie tout ce qui dépend de la même lignée, nous sommes sûrs de n'arriver à rien. Les tentatives de ce genre sont toujours restées infructueuses. En outre, qui nous dit que les animaux et les plantes peuvent
se ramener à deux séries convergentes seulement? Il est fort probable qu'il n’en est pas ainsi.
Par contre, la question a une utilité pratique indéniable comme toutes nos classifications et, nous plaçant à ce point de vue, nous pouvons nous demander quelles formes, parmi celles qui sont indécises, doivent être classées parmi les animaux et à quels caractères on peut les distinguer de celles qu'il vaut mieux ranger parmi les plantes, tout en reconnaissant que ces Caractères n’ont rien d’absolu.
Malheureusement, tous les caractères que l’on cherche à invoquer comme critérium distinctif se montrent en défaut ici ou là.
1° En général, les enveloppes fermes que sécrète la cellule pour se protéger sont formées de cellulose chez les plantes, de chitine chez les animaux, ou de substances analogues à l’une ou à l'autre.
Mais sans parler de la tunicine qui forme la tunique des Ascidies et qui est plus voisine de la cellulose que de la chitine, on a constaté la présence de la cellulose dans les kystes ou dans les capsules de divers Protozoaires qui, par tous leurs autres caractères, se rattachent aux animaux, et celle de la chitine chez les Champignons (Gilson [95]);
20 Même chose arrive pour la chlorophylle.
On sait que les Champignons en sont dépourvus et que, chez divers animaux, on la rencontre, non sous formes d'Algues commensales, mais appartenant en propre à l'organisme où elle se trouve. Ainsi, chez les Bonellies, Rierscu [86] a montré que la substance verte est diffuse dans les cellules, sans être même sous forme de grains. Son spectre ne diffère de celui de la chlorophylle en rien d’essentiel et tous les auteurs (GorTLies, ScHmarpa, ScHEnk), s'accordent à la considérer, sinon comme de la chlorophylle véritable, du moins comme une substance extrèmement voisine ().
Il existe un Infusoire, Vorticella campanula, qui a des grains de chlorophylle. Enfin, les Euglènes ont de la chlorophylle en grains, avec pyrénoïde et amidon. Bien des auteurs, il est vrai, considèrent les Euglènes comme des plantes, mais cette opinion est inacceptable, car les Euglènes sont inséparables des Péranémines dont elles sont la copie exacte jusque dans les minimes détails. Or les Péranémines avec leur mobilité, leur vésicule pulsatile, leur bouche et leur pharynx bien dessinés, absorbant des proies solides, etc., etc., sont des animaux au même degré que les Infusoires. |
3° Les animaux capturent des proies solides, les végétaux ne se nourrissent que des liquides qui les baignent (DancearD).
Ce caractère a plus de valeur que les précédents, mais il souffre des exceptions. Nombre de Flagellés et tous les Sporozoaires se nourrissent,
() Rietsch, il est vrai, n’a pu obtenir que des traces d'oxygène, mais il déclare luimême que ses expériences n'ont pas élé faites dans des conditions où elles pussent donner des résultats concluants.
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