‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 89 sur 112 · TT · texte numérisé non relu

TT

7e 1Y4 Prrrmrnn gl

SN

Gerda (G. glans)

(d’ap. Claparède et Lachmann).

Fig. 833.

peut atteindre 4mm de haut. || pd

L'animal lui-même n'a que {

mm, Le pédoncule com- \r ES

mun est fixé sur les plantes

d'eau douce). — Chez 1 ‘en- : im. Claparède et Lachmann).

RENTE Dunes Zoothamnium (Z. alternans) ue colr., me

berg) (fig. 833), au (d’ap. Claparède et Lachm.). disp.. disque; ph., pharynx. contraire, la division

se prolonge jusque sur le pédoncule dont chaque individu fille reçoit une moitié longitudinale sur une certaine longueur. Il en résulte que le système contractile du pédoncule est unique et que la colonie se contracte en bloc, tous les individus à la fois (0,08. Les colonies atteignent plusieurs millimètres et se rencontrent dans la mer et l’eau douce) (°}

Carchesium (CG. epistylis)

U) Ces trois formes constituent pour Bütschli un petit groupe des Scyphidina.

2) Des individus plus gros (0,12) situés sur les rameaux de premier ordre à l'aisselle de ceux de deuxième ordre constituent des macrogonidies.

Ces deux genres forment, pour Bütschli, avec la Vorticelle, le groupe des Contrac-

tilia (Bütschli).

PÉRITRICHIDES : DEXIOTRICHIDES 497

Dans les deux formes que nous venons de décrire le pédoncule est histologiquement constitué comme chez la Vorticelle; il est contractile comme chez elles. Dans celles que nous allons décrire maintenant, il est semblable extérieurement à celui des genres précédents, mais il ne contient pas de filament axile et n’est pas contractile (").

Glossatella (Bütschli) (fig. 834) ir. 834. MER est isolé, a un pédoncule si ge court, qu'on pourrait le dire sessile ; il est remarquable par l'énorme développement de sa membrane ondulante (mb. u.) (0,04. Eau douce). — Chez

Rhabdostyla (Kent), le pédoncule reprend le développement qu’il avait chez la Vorticelle, mais l'animal ne forme pas non plus une colonie

Glossatella (G. tintinnabulum) | (d'ap. Kent). |

(90 w. Eau douce, sur des larves de Diptères (ge | Epistylis (Erhenberg) (fig. 835), au contraire, Epistylis (Sch).

est colonial comme Carchesium (0,8, co-

lonies 4mm, Mer et parfois eau douce). — Ün à créé lésenre:

Campanella (Goldfuss) (fig. 836 à 838) pour une espèce d'Epistylis (£. wmbellaria), remarquable par l’énorme développement de sazoneadorale qui se prolonge à son extrémité aborale et décrit cinq

Fig. 836,

VER ess

.dtsq

Fig. 837. Fig, 838.

mb. ; F

colr..…

tours complets Campanella. Campanella.

sur le disque be Disque (disa:) vu Deux nématocystes œ. 8 : te Pod de dessus dont un présente son (fig 837) Cet $ p (d’ap. Bütschli). fillament déroulé forme est en- Campanella (Sch.). mb., membranelles. (d’ap. Bütschli).

COre remar - colr., collerette; disq., disque: pd., L = S pédoncule ; ph., pharynx; mb., quable pat le membranelles.

fait que, seule parmi les Péritrichides, elle possède des #richocystes (lg: 838), très gros (35 y) au nombre d'une trentaine, épars parallèlement à la surface. Ces

() On trouve à sa partie supérieure un rudiment de spasmonème mais qui se ter- . mine presque aussitôt en pointe.

2) Ce n'est peut-être que le jeune de certains £pistylis. — Le genre Opisthostyla (Stokes) n’est guère qu’un sous-genre du précédent.

O2 tt

trichocystes, par une exception unique chez les Ciliés, sont comme les nématocystes des Cælentérés, formés d'un filament spiral qui se dévagine à l’explosion. Cette explosion est facile à provoquer artificiellement, et elle doit avoir lieu naturellement, mais on ne l’a jamais observée (0,15, colonie 4mm, Eau douce).

Opercularia (Stein) (fig. 839) peut être défini comme un Epistylis de forme plus rétrécie en haut, à vestibule très élargi d'où sort une énorme membrane ondulante. Cet élargissement du veslibule entraine un rétrécissement du pédoncule du disque qui prend l'aspect d'un opercule muni d'un manche étroit et fonctionne comme tel, en se rabattant (0,25. Eau douce) (*).

Ophrydium (Bory de Saint-Vincent) (fig. 840) est comme un Operculaire dont le vestibule serait moins large et le disque plus trapu tout en gardant les caractères d’un opercule. Les individus d'une même colonie sécrètent une substance gélatineuse commune au-dessus de laquelle ils peuvent s'élever en s'épa- Opercularia (O. articulata) nouissant, mais où ils se reti- (im. Bütschli). rent dès qu'ils sont inquiétés, Pen bouche; disg., disque

5 mb., membranelles; mb.u., chacun dans une logette parti- membrane ondulante; p., pé-

dr 7 2 doncule du disque; ph., phaculière (0,4. Eau douce) (*). pe Ù Ophrydium (Sch.)

Fig. 839.

Toutes les formes que nous venons de décrire, pédonculées ou non, élaient nues. Nous allons maintenant rencontrer un perfectionnement nouveau, c'est la formation de petites logettes permanentes sécrétées par l'animal autour de lui pour s’abriter.

Vaginicola (Claparède et Lachmann) (fig. 841) peut ètre défini comme une Vorticelle qui aurait perdu son pédoncule et pris la forme d'un urinal de ma-

(!) Genre voisin :

Pyxidium (Kent), forme douteuse qui en différerait par l'absence de colonie (50 .. Eau douce, sur des Cypris.

*) Remarquer en outre la forme du corps allongé, un peu renflé en bas, la longueur et l’étroitesse du pharynx, et l'énorme développement du réservoir de la vésicule pulsatile. Quand les colonies deviennent très grosses (elles atteignent alors plusieurs pouces de diamètre) il peut se développer dans la masse gélatineuses des bulles gazeuses qui la détachent et la font flotter.

Ces genres constituent pour Bütschli un petit groupe des Acontractilia (Bütschli).

Vaginicola (V. longicollis) (d'ap. Fromentel). e., loge.

PÉRITRICHIDES : DEXIOTRICHIDES 499

lade. Il habite une petite logette chitineuse de même forme à laquelle elle est attachée par toute sa face ventrale. La tête sort par le goulot. La coquille elle-même est fixée sur les plantes (0,1. Eau douce). — Chez Cothurnia (Claparède et Lachmann) (fig. 842) la logette est plus ou moins cylindrique, verticale, et l'animal, fixé au fond par un court pédoncule, n'a pas d’autre attache avec elle ; mais il porte sous le bord de son entonnoir une sorte de bourrelet saillant qui ferme l'entrée de la logette quand il se contracte (0,4. Mer et eau douce) (*). — Enfin dans le genre Lagenophrys (Stein) (fig. 843), l'animal, de forme arrondie, habite une coquille gélatineuse de même forme, munie d'un orifice étroit; 1l est fixé par les bords de sa face supérieure à cet orifice, en sorte que son disque cilié, longuement pédonculé, peut seul sortir. Ce disque ne porte pas de clapet, mais les bords de l'orifice de la coquille peuvent se rabattre en dedans pour le fermer Zagerophrys (Seh.). (0,07. Eau douce, sur les branchies ou Pem- bouche; e., loge:

colr., collerette; disq., . . à ’ 2 les poils des petits Crustacés) (?). disque ; ph., pharynx.

Fig. 843,

() Parfois, il existe au lieu de l'appareil précédent, un Cothurnia (Sch.). opercule chitineux spécial (op., fig. 842), indépendant du corps, e., logette; eolr., colleattaché par une partie de son bord à la partie supérieure du rette; disa.,disque;m., tube et relié au fond de celui-ci par une mince membraneen "°mPrane 2 gouttière ; gouttière (m.). Cette partie n’a aucune contractilité propre, mais Li Lo quand l’animal rentre dans son tube il force la membrane à se courber et par suite à tirer vers le bas l’opercule qui ainsi ferme le tube.

Pyxicola (Kent), Pachycola (Kent), Pachytrocha (Kent), Thuricola (Kent), sont plutôt des sous-genres caractérisés par diverses particularités du mode de fermeture. — Genre voisin :

Cothurniopsis (Entz), commensal d'animaux aquatiques, à N courbe au lieu d'être rubané (Mer et eau douce).

Ces quelques formes constituent pour Bütschli le petit groupe des Cothurnina. Depuis et y compris Vorticella. cette longue série de genres constitue la famille des VorrrcezziNz | Vorticellina (Ehrenberg, emend. Bütschli)].

(2) Pour se diviser, l'animal rompt ses adhérences à sa coquille et se relire au fond; un des individus filles garde l’ancienne coquille, l’autre sort et s'en reforme une nouvelle. Cette forme constitue presque à elle seule la famille des ZAGENOPHRYINÆ [Lagenophryina |Bütschli)|.

Stylohedra (Kellicott) n'est qu'un sous-genre du précédent.

Quelques auteurs rattachent aux Vorticelles ou aux Infusoires tentaculifères le genre encore mal connu Ærythropsis (R. Hertwig}, que nous avons placé en appendice aux Dinoflagellés {V. p. 387).

9e Sous-CLASSE

TENTACULIFÈRES. — TENTACULIFERIÆ

vel

SUCEURS. — SUCTORIÆ

[A CINETINA (auct.); — TENTACULIFERA (Huxley, Kent); —

SuCroRIA (Kent,

Bütschli)]

Si nous nous étions astreints à décrire les groupes en suivant l'ordre de supériorité organique, nous aurions dû placer les Tentaculifères avant les Ciliés, car il leur sont inconlestablement inférieurs. Nous avons préféré les décrire après ceux-ci, parce qu'ils peuvent être facilement étudiés par comparaison avec le type des Giliés, tandis que l'inverse n'eût

Fig. 844.

TENTACULIFERIÆ (Type morphologique) (Sch.).

a., l'animal; e., partie cupuliforme du pédoncule; N, macronucléus ; m, micronucléus ; oWp., orifice excréteur ; tent. cap., tentacule capité; tent. styl., tentacule styliforme; Wp., Vésicule pulsatile,

guère été possible; et, d'autre part, nous avons le droit de suivre cet ordre parce que les Tentaculifères, s’ils sont inférieurs aux Ciliés, ne sont pas pour cela plus rapprochés du type ancestral. Il est probable qu'ils en dérivent au contraire par modification régressive, comme semble l'indiquer le fait qu'ils ont, à l’état embryonnaire, des cils qu'ils perdent plus tard (*).

Structure.

Idée générale de l’être. — Notre Tentaculifère est un animalcule plus petit que le Cilié, ne mesurant guère qu'un dixième de millimètre au lieu d’un tiers de millimètre, comme celui-ci. Il est fixé au sommet d’un long pédoncule (pd.), mince mais rigide et dilaté au sommet en coupe (c.)

(1) Bürscuz1 considère les tentacules des Tentaculifères comme homologues à la bouche des Ciliés qui se serait

multipliée et placée au bout d’un tentacule. Cette opinion semble à peine soutenable.

TENTACULIFÈRES 01

pour le recevoir. Dans cette excavation terminale, est l'animal (4.), en forme d'ovoïde trapu, reposant dans la coupe par le petit bout. Son corps est entièrement dépourvu de cils. On y trouve, vers la partie supérieure, un petit pore excréteur (0 Vp.), semblable à celui d'un Cilié, mais 1l n'y a ni bouche, ni anus. En place de cils, la surface porte de nombreux prolongements tentaculiformes (tent. cap., tent. styl) qui ont valu son nom à ce groupe d'êtres. L'organisation intérieure (fig. 845) est, en gros, celle d’un Cilié. Il y a une

membrane, un ectoplasme (ectop.), un Ti

endoplasme (endop.), avec des inclusions variées, un N et un n, situés vers la partie inférieure du corps, et enfin une vésicule pulsatile (Vp.), à côté du pore excréteur.

Pédoncule. — Le pédoncule (fig. 844, pd.) n’est pas, comme celui des Vorticelles, une partie du corps devenue filiforme. C'est une partie surajoutée, une simple sécrétion comparable à ces logettes chitineuses que nous avons maintes fois trouvées chez d’autres Ciliés. La seule différence, c’est que renracurireRtæ (Type morphologique). l'animal est soudé dans une excavation Red

5 : ; can., canal du tentacule; ean’., prolongement terminale de Sa logette au lieu d être endoplasmique du canal; eup., cupule du contenu à son intérieur. Ce pédoncule PR eat an tontacile ae se compose de trois parties une pité; tent. styl., tentacule styliforme, moyenne, cylindrique, une inférieure, un peu élargie, fixée par une sécrétion durcie à quelque objet immergé, et une supérieure dilatée et excavée (c.). Le tout est creux et formé d’une paroi chitineuse et d'un contenu liquide ; la membrane chitineuse qui forme le fond excavé de la capsule est continue, et il n’y a aucune communication entre le corps de l'Infusoire et le liquide sous-jacent (").

Tégument. Cytoplasme. — L'endoplasme (fig. 845, endop.) a la même structure que chez les Ciliés. Il n’y a pas de plasma cortical distinct.

tent cap

| tent styl.

(!) Cette paroi devrait laisser distinguer trois couches, de haut en bas : 10 l’ectoplasme, 2° la membrane appartenant au corps de l’Infusoire, 3 la paroi chitineuse du pédoncule. En réalité, on ne distingue, le plus souvent, qu'une paroi, comme si les trois couches se confondaient là en une simple cloison de séparation. Mais la paroi pédonculaire existe certainement, car lorsque l'animal meurt et se décompose, cette paroi résiste et persiste lorsque toute trace du corps a disparu. D'autre part, il semble bien peu probable que l'endoplasme soit à nu au contact d'un produit de sécrétion.

Le pédoncule n'existe pas toujours. Bon nombre de Tentaculifères sont sessiles et dépourvus de toute enveloppe sécrétée. Quelques-uns sont tout à fait libres. D’autres fois, au contraire, le corps est dans une vraie logette ouverte seulement en un ou quelques points.

L'ectoplasme (ectop.) à ici un aspect homogène et on ne lui trouve plus aussi nettement la striation radiaire qu’il présentait habituellement chez les Ciliés. La membrane existe mais peu accusée (*).

Inclusions du cytoplasme. — L'ectoplasme ne renferme point d’éléments différenciés. Il n'y a ni myonèmes ni trichocystes (*).

Dans l’endoplasme, on trouve les vacuoles ordinaires faisant partie de sa structure, mais pas de vacuoles alimentaires. En fait d'inclusions solides, on ne trouve pas de grains d’excrétion, mais on rencontre en grande abondance des grains incolores réfringents qui sont des réserves nutritives, car le jeûne les fait disparaître. Certains d’entre eux, mais pas tous, sont de nature graisseuse (°).

Appareil nucléaire. — Le N, ovoïde, est disposé transversalement à la partie inférieure du corps. Tout contre lui, est un n.. Ils ont l'un et l’autre la même structure que chez notre type morphologique de Cilié.

Vésicule pulsatile. — Il y a une (parfois plusieurs) vésicule pulsatile du type de celles à vésicules formatrices en cercle autour de la vésicule centrale.

Elle est placée sous l’ectoplasme dans la partie supérieure du corps, en face du point où le pore excréteur traverse celui-ci. Tout l'appareil est constitué comme chez les Ciliés, mais on ne voit point de réseau de canalicules (*). Cela d’ailleurs n’a pas grande importance. Qu'il y ait ou non des chemins tracés d'avance dans la substance, l’eau n’en suit pas moins le même cours, entrant dans le corps par osmose en tous points et convergeant vers la vésicule chargée de l’expulser.

On le voit, notre Tentaculifère est, sous tous ces rapports, entièrement conforme aux Ciliés et, malgré l'absence de bouche (les Opalines sont dans le même cas), malgré même l'absence de cils, nous en aurions

(1) Il y a de grandes discussions au sujet des couches tégumentaires. Les uns décrivent une membrane sans ectoplasme, les autres un ectoplasme sans membrane; d’autres enfin, un ectoplasme et une membrane. La première opinion semble peu soutenable, car cette membrane serait bien épaisse et formerait à elle seule la paroi des tentacules et, d'autre part, on peut affirmer à priori que, s’il y a un ectoplasme ayant la structure fondamentale du cytoplasma, même à éléments aussi fins que l'on voudra, il y a toujours, à la surface au moins, ce liséré continu que nous avons défini comme étant la membrane protoplasmique sous sa forme la plus simple. Or, la membrane des Infusoires estune membrane protoplasmique et non un exsudat, même lorsqu'elle est le plus apparente. Récemment, CHEVIAKOF a représenté chez un Frichophrya un ectoplasme avec la structure typique qu'il a chez les Ciliés.

2) Le genre Ophriodendron seul fait exception; il possède des formations qui semblent bien être des trichocystes.

(3) Dans quelques genres, on a rencontré des grains d’excrétion. On a trouvé parfois des granulations pigmentaires, variant du jaune au brun rouge. Enfin, on a donné le nom de grains chromophiles à des particules qui se rencontrent quelquefois, mais qui ne constituent probablement pas une catégorie spéciale, car elles ne sont, selon toute apparence, que des débris du N fragmenté après la conjugaison et en voie de résorption.

(*) Dans quelques cas cependant on a trouvé les premières voies de ce réseau lacunaire.

be. sé

TENTACULIFÈRES 903 fait tout au plus un ordre de ces derniers, s'il n'en différait par un caractère capital. Ce caractère, c’est le fentacule que nous allons maintenant décrire.

Tentacules. — Toute la surface du corps, principalement vers la partie supérieure, est hérissée de prolongements assez fins et dont la longueur est à peu près égale au diamètre du corps, ce sont les tentacules. Les tentacules sont de deux sortes; les uns (fig. S44) sont graduellement effilés, puis légèrement tronqués au bout (tent. styl.), les autres terminés par un petit renflement en tête d’épingle (ent. cap.).On les distingue souvent sous les noms de ravisseurs et suceurs, il vaudrait encore mieux les appeler styliformes et capités car, sous le rapport des fonctions, iln' y a entre eux aucune différence réelle (*).

Les uns et les autres sont creux et leur canal (fig. 845, can.) est librement ouvert, d'un côté dans l’endoplasme, de l’autre au dehors. Dans les styliformes, le canal s'ouvre simplement à la pointe tronquée du tentacule ; dans les capités, il s'ouvre au fond d’une petite dépression cupuliforme (cup.) qui constitue une sorte de ventouse au sommet du renflement terminal. A leur base, les tentacules s’insèrent à angle vif sur la surface du corps. Leur membrane se continue avec la membrane, leur ectoplasme avec l’ectoplasme et leur canal central s'ouvre en plein endoplasme. Ils sont donc formés par un prolongement de la couche tégumentaire (?).

Quand ils rentrent dans le corps leur paroi se fusionne avec celle du corps à leur base et leur canal se perd dans la cavité virtuelle qui sépare l'ectoplasme de l'endoplasme.

Physiologie.

Mouvements. — L'animal étant fixé sur un pédoncule non musculeux, étant dépourvu de cils vibratiles, est condamné à l’immobilité. Il n'y a de mobile en lui que ses tentacules, mais ils le sont à un haut degré et par eux le corps est susceptible de quelques mouvements. Les tentacules peuvent se contracter en se contournant en vis, comme si le mouvement était produit par une contraction de l’ectoplasme suivant une ligne héliçoïdale, ou s'étendre en reprenant leur aspect primitif; ils peuvent, en tous sens, se courber ou, restant droits, s'infléchir à partir de leur

(1) La preuve en est que bien des Tentaculifères n’ont que des tentacules dits ravisseurs et, cependant, se nourrissent tout comme les autres par succion. Les longs tentacules ravisseurs n’ont pas été observés jusqu'ici chez les formes d’eau douce qui n’ont que des tentacules capités ou coniques à tête, mais très courts.

(?) La distinction des deux couches tégumentaires dans leur paroi est encore plus théorique que pour le reste du corps. En réalité, on ne voit que quatre lignes, deux limitant le canal et deux limitant le tentacule. Dans quelques cas, on voit le canal central se continuer assez avant dans l’endoplasme (fig. 845, can'.), mais ce n’est là qu'un trajet sans parois spéciales autres que l’endoplasme commun et cela ne prouve point, comme quelques-uns le prétendent, que le tentacule lui-même s'enfonce dansle corps en se rétractant.

base; ils peuvent enfin se rétracter en rentrant dans le corps, partiellement ou tout à fait, et disparaître alors entièrement pour se reformer plus lard. Ces divers mouvements sont très lents mais fort étendus, aussi, quand on ne regarde l'animal qu'un instant, on le croit inerte, mais si on le regarde de nouveau quelque temps après, on voit que la disposition de ses tentacules est complètement modifiée. I] faut trois ou quatre heures à un lentacule pour se rétracter entièrement, un peu moins pour se reformer.

Alimentation. — Quand un animalcule (c'est généralement un Cilié souvent plus gros que notre Tentaculifère) vient en nageant à rencontrer un tentacule, 1l est tout d’abord arrêté, car le tentacule est glutineux et se colle à lui. Cependant il se débarrasserait bientôt d’une si faible attache, mais les tentacules voisins convergent vers lui et, s’attachant aussi sur la proie, la maintiennent solidement : les tentacules capités s’attachent par leur ventouse, les autres simplement par leur pointe. D'’ailleurs, il semble qu'un venin spécial émane des tentacules, car la victime avant d'être mécaniquement endommagée semble paralysée : si elle est ciliée, ses cils s'arrêtent et elle devient incapable de se défendre (*).

Les tentacules exercent alors une succion. Tout d’abord, on n’en voit pas les effets, mais sous son influence la membrane et l'ectoplasme du Cilié capturé finissent par crever et l’endoplasme alors pénètre dans le canal tentaculaire, le parcourt, el arrive à l’endoplasme de l’agresseur dans lequel il s'écoule d’un mouvement continu. Quand la victime est complètement vidée, sa dépouille est abandonnée par les tentacules qui lâchent prise et s'écartent lentement.

La cause mécanique de cette succion n'est pas très nettement élucidée. On a cru d’abord à un mouvement de pompe, exercé par les contractions alternatives des tentacules, mais en réalité ce mouvement n’a pas lieu. Tout est immobile dans l’Infusoire pendant qu'il suce avec énergie ; tout, sauf naturellement la vésicule pulsatile. Aussi est-ce à elle qu Eismonn [90], attribue le rôle actif dans ce phénomène. Expulsant sans cesse de l’eau qui occupait dans le corps une certaine place, elle produit un vide relatif qui tend à faire affluer dans son intérieur toutes les substances mobiles auxquelles la voie est ouverte pour y entrer (*).

Enkystement. — L'animal s’enkyste rarement pour se soustraire à des influences nocives et jamais pour se diviser. Pour s’enkyster, il

() Claparède et Lachmann ont vu cependant une fois un Stylonichia capturé se diviser rapidement et ne laisser au ravisseur qu'une de ses moitiés. C’est un mode d’autotomie défensive assez original.

(2) Quand l’Infusoire ne mange pas, cette tendance aspiratrice est satisfaite par l’eau qui pénètre par osmose à travers les téguments. Or, cette eau continue à pénétrer quand l’'Infusoire mange. Il est vrai que l'aspiration doit se partager entre la surface du corps et les orifices des tentacules, mais étant proportionnelle à la surface, elle doit être bien minime dans ceux-ei. Si la vésicule se contractait plus vite pendant la succion, l'hypothèse d'Eismond se trouverait presque démontrée, mais l’auteur ne dit pas qu’il en soit ainsi.

mer:

TENTACULIFÈRES 505

rétracte complètement tous ses tentacules, s’arrondit et se sécrèle une coque de chitine au sommet de son pédoncule. On peut appliquer ici tout ce que nous avons dit de l'enkystement défensif chez notre type morphologique de Cilié.

Reproduction. — Notre Tentaculifère se reproduit uniquement par division transversale. Maïs cette division, égale dans le principe, assume les caractères d'un bourgeonnement lorsque l'individu fille supérieur est plus petit que l'inférieur; ce bourgeonnement peut devenir interne lorsque le bourgeon s’invagine dans une cavité incubatrice pour se développer; enfin, au lieu d'un bourgeon, il peut y en avoir plusieurs, soit externes, soit internes. Cela fait autant de cas qu'il nous faut examiner successivement.

Division égale ou presque égale (fig. 846). — Elle se fait, comme d’ordinaire chez les Ciliés, par un plan Fig. 846.

transversal. Les phénomènes cyto- ,.

plasmiques et nu- !

cléaires, la forma- ‘!

tion d'une seconde vésicule pulsatile, ne présentent aucune différence imporlante avec ce qui se passe chez ceux-ci. Mais voici où la chose TENTACULIFERLE (Type morphologique). Division (Sch.).

devient intéres- À à D, stades successifs de la division; 4 à D’ produit de la division correspondant à chacun de ces stades ; e., cils; N, macronueléus ; n, micro-

sante. Avant de se nucléus; pd., pédoncule; Wp., vésicules pulsatiles. diviser, l'animal rétracte complètement tous ses tentacules (A) ; après la division, l'individu inférieur garde le pédoncule (pd.) et il n’a qu'à pousser de nouveaux tentacules pour être de nouveau complet (D). Mais que va faire l'individu supérieur (A)? On le voit, avant que la séparation soit achevée, se couvrir de cils (B':c.) comme un Cilié, et avec ces cils il nage à la recherche d’une place pour se fixer (C”). Pendant tout ce temps, il ne diffère en rien d'essentiel d’une Opaline par exemple. Quand il a trouvé un support propice, il s'attache à lui par un point de sa surface, résorbe ses cils, pousse des tentacules (1), sécrète un petit pédoncule qui grandit lentement et, peu à peu, revêt ainsi les caractères d'un Tentaculifère normal (°).

Bourgeonnement externe simple. — Il ny a d'autre différence entre

(1) Ce mode de division se rencontre chez les Podophrya, Sphærophrya, Urnula, Metacineta. Chez Sphærophrya l'individu libre présente des tentacules dès sa séparation.

ce cas et le précédent qu'une forte infériorité de taille de l'individu supérieur (4'). Celui-ci se présente comme un simple mamelon au pôle supérieur du corps.

Bourgeonnement externe multiple (fig. 847). — L'Infusoire s'étant préparé comme pour une division égale ou un bourgeonnement simpie, c’est-à-dire ayant rétractéses tentacules, forme à sa partie supérieure un certain nombre de mamelons

saillants juxtaposés (brg.) ; le N se ramifie et envoie une branche dans chacun de ses bourgeons ; le n, sans doute, se divise autant

Fig. 847.

TENTACULIFERIÆ L . :

(Type morphologi- de fois qu il est néces-

que). Bourgeon- <aire, les bourgeons se nement externe

multiple (Sch.). détachent et tout s’abrg., bourgeons; N, Chève pour chacun

ee a bd d'eux comme dans le

cas précédent.

Bourgeonnement interne simple (fig. 848).

— Le phénomène commence comme pour le bourgeonnement externe simple mais, dès que le bourgeon (A : brg.) commence à se dessiner comme un petit mamelon superficiel, on le voit s’enfoncer dans le corps de la mère (2). Un sillon circulaire se creuse autour de lui et,

TENTACULIFERIÆ E : (Type morphologique).

Dar an rofondissement oraduel de Ce Bourgeonnement interne simple (Sch.). . . s. . (e) a 8 P sillon, 1l S mvagine a mesure qu 1l gran- À à G, élats successifs du bourgeon:; C’ et 1)’, stades correspondant à € et D dans le cas

dit {C);Ilrse ltrouve-detla sortetforme rpm ere disparaît, comme à l'ordinaire, d'une protubérance bxg-, bourgeon; N, macronueléus; n, mi-

cronucléus; Wp., vésicule pulsatile.

bien accusée, mais cette protubérance est logée au fond d'une cavité incubatrice dont les parois remontent autour d'elle et se rejoignent au-dessus sans arriver tout à fait au contact et en laissant un petit orifice de communication avec le dehors. Les phénomènes nucléaires se passent comme à l'ordinaire et, en outre de son N, de son n et de sa vésicule, le bourgeon se munit d’une ceinture verticale de cils. Quand tout cela est préparé, le bourgeon continue à grandir, achève de s'énucléer, dilate l'orifice de la cavité incubatrice et apparait libre au dehors (D : brg.). Ou bien, tout en restant

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