D. ACCROISSEMENT
L'assimilation pourrait à la rigueur ne faire que réparer exactement les pertes dues à l'usure. Le plus souvent il n'en est pas ainsi; l'assimilation dépasse le but, apporte plus de matériaux que le travail n'en détruit : il en résulte que la cellule s'accroît. Or, le fait général qu'il faut ici connaître, c'est que partout et toujours, l'accroissement se fait par intussusception.
Pour toutes les parties liquides ou même très molles et précipitables, le phénomène se comprend sans difficulté, les liquides imbibent toutes les parties et se précipitent au sein de leur masse en molécules solides qui déterminent leur accroissement. Mais pour les parties denses, comme les grains d'amidon, les membranes, on a longtemps cru cela impossible et admis l'accroissement par juxtaposition. L'intussusception cependant s'applique aussi à ces organes et voici comment elle est possible.
L'accroissement des parties intérieures produit une turgescence de la cellule qui distend la membrane, écarte ses molécules et permet un dépôt de molécules nouvelles qui maintient, sans effort de distension, le volume qui tout à l'heure n'était obtenu que grâce à cet effort. Dès lors, une nouvelle turgescence peut déterminer une nouvelle distension, en sorte que le phénomène peut continuer.
L'accroissement de la cellule ne continue pas indéfiniment.
Tous les êtres vivants ont une limite de taille propre à leur espèce, et, quand cette limite est atteinte, un nouvel accroissement étant impossible, un phénomène nouveau se reproduit. C'est la division, par laquelle la cellule se reproduit.
La division est une fonction capitale dans la vie de la cellule. Elle est son seul mode de reproduction. Sur elle repose, non seulement la reproduction de tous les êtres unicellulaires, mais aussi la formation du corps des organismes pluricellulaires, puisque tous ont pour point de départ une cellule unique. Elle se fait suivant deux modes: lsidivisio7i directe ou amitose et la division indirecte appelée aussi mitose ou karyokynèse, ce dernier terme signifiant plus spécialement division indirecte du noyau.