CARACTÈRES DES PROTOZOAIRES
Chez les Sporozoaires on trouve d'ordinaire une vraie membrane ferme avec une cuticule relativement solide.
A cette protection directe et immédiate s'en joint souvent une autre duc à des capsules ou à des coquilles formées autour du corps, tout contre lui ou à quelque distance de lui. Telles sont les coquilles des FoRAMiNiFÈRES, les capsulcs des divers Flagellés, les carapaces de certains Infusoires. Au môme ordre de production se rattachent les pédoncules, non celui de la Vorticelle qui est un prolongement du corps, mais ceux des Acinètes, des Flagellés coloniaux, etc.
Le scjuelette des Radiolaires mérite une mention à part par le fait qu'il n'entoure pas seulement le corps, mais souvent le pénètre et parfois jusqu'à son centre.
Colonies. — La formation de colonies a lieu de deux façons essentiellement différentes, c'est parfois une réunion secondaire et souvent temporaire d'individus primitivement distincts. C'est le cas des Grégarines, de certains Héliozoaires, des Myxomycètes, etc. Gela constitue à parler plus proprement des associations. Ptus souvent, la colonie est due à un phénomène de multiplication avec séparation incomplète des individus filles, c'est le cas pour les Flagellés qui forment ces élégants arbuscules semblable à des Hydraires en miniature.
Enkystement. — G'est aussi à la fonction de protection qu'il faut rattacher l'enkystement. Il se présente dans tous les groupes et peut se produire dans diverses circonstances. Tantôt, il est provoqué par une circonstance éventuelle, dessiccation, putréfaction de l'eau, besoin de repos pour digérer à l'aise après une alimentation trop abondante; tantôt, c'est un phénomène évolutif, préambule d'une acte reproducteur. Pour s'enkyster, l'animal s'arrondit, rétracte ou élimine ses appendices, flagellum, cils ou pseudopodes, ferme sa bouche et ses autres orifices en établissant à leur niveau la continuité de sa paroi, efface la plupart des différenciations intérieures qu'il pouvait posséder et se sécrète une ou plusieurs enveloppes concentriques de chitine, de cellulose ou de substances analogues.
Le degré de cette régression est très variable selon les groupes ; il est moins avancé pour les enkystements éventuels dont l'animal doit sortir sans s'être modifié ; il est maximum dans ceux qui aboutissent à une sporulation.
Non moins variable est la durée de l'enkystement; elle est relativement fixe dans ceux qui sont le prélude d'un acte reproducteur; mais dans ceux qui sont éventuels, elle peut varier de quelques heures à tout un hiver ou môme plus, selon les circonstances.
Reproduction. — Le Protozoaire se reproduit essentiellement par division, cependant chez les Sporozoaires, les Radiolaires et les Foraminifères à coquilles dures ce procédé, sans faire défaut, est moins ordinaire et est remplacé normalement par la sporulation. La division a lieu par amitose pure dans les formes inférieures, par mitose parfaite dans les plus élevées,
mais, le plus souvent, par un processus intermédiaire tenant plus ou moins de Tune ou de l'autre suivant les cas. Le centrosome a été rarement observé, mais les chromosomes et leur division ne sont pas rares.
Quant aux organes du cytoplasme (bouche, péristome, flagellum, vésicule pulsatile, etc.), tantôt ils sont partagés en deux (surtout dans la division longitudinale), tantôt ils se reforment chez l'individu qui en est privé. Môme chose arrive pour les squelettes et coquilles.
Sporulation. — La sporulation a lieu normalement sous un kyste. Le noyau se divise en un grand nombre de petits noyaux qui se partagent le cytoplasme et forment ainsi autant de petites spores nucléées. Tantôt, ces spores sont nues et munies d'un ou deux flagellums (zoospores), tantôt elles sont munies d'une enveloppe et en sortent à la germination, le plus souvent sous une forme amœboïde. Ces zoospores ou ces amibes reproduisent la forme adulte à la suite d'une évolution trop souvent inconnue.
Conjugaison. — Dans des cas chaque jour plus nombreux, mais qui sont loin de s'étendre encore à l'ensemble des Protozoaires, on a observé la conjugaison. Ce phénomène consiste dans la fusion de deux individus en un seul. Quand la fusion est temporaire, elle ne constitue pas une vraie conjugaison et relève plutôt de ce que nous avons duppelé association. Quand elle est permanente et ne s'étend qu'au cytoplasme, jo/as^o^'aw/e, elle ne paraît pas non plus avoir beaucoup d'influence sur le cycle évolutif. La vraie conjugaison doit s'étendre aux noyaux, karyogamie^ elle est alors un acte reproducteur, comparable à la fécondation des Métazoaires, mais avec cette diCférence qu'il n'y a pas d'ordinaire de distinctions sexuelles entre les deux individus conjugués. Parfois cependant une difl'érence de ce genre existe, par exemple chez les Vorticelles où l'un des individus, micro gamète, est plus petit et se porte plus activement à la recherche de l'autre qui est le macrogamète. Parfois, la conjugaison a lieu entre des spores nues dont souvent l'une est plus petite, microspore, et l'autre plus grande, macrospore. Il semble que Ton soit fondé dans ces cas à assimiler le plus petit des conjoints au mâle et le plus gros à la femelle.
Il semble que la conjugaison, qui est le contraire de la reproduction puisqu'elle diminue le nombre des individus, soit nécessaire pour remédier à une dégénérescence de l'espèce qui se produit à la suite d'une multiplication agame trop longtemps continuée. Mais ce phénomène, appelé dégénérescence sénile par Maupas, n'a été constaté que chez les Ciliés et c'est par induction seulement que l'on suppose que, chez les autres Protozoaires où elle se rencontre, la conjugaison doit avoir un effet de même ordre.
Rapports avec la nature et avec l'homme. — Les Protozoaires se rencontrent partout. Les Flagellés, les Infusoires sont absolument cosmopolites et abondants en tous lieux. Quelques-uns seulement sont plus cantonnés : les Radiolaires dans la mer, les Sporozoairbs, tous parasites,