PREFACE NV
Grâce à ces dispositions, rien n'est plus facile au lecteur que de graduer la profondeur à laquelle il veut pénétrer dans la connaissance des animaux : selon la catégorie à laquelle il appartient ou suivant les besoins, il peut s'en tenir au type morphologique de la classe ou aller jusqu'à la sous-classe, à l'ordre ou au sous-ordre en lisant les indications complémentaires du texte fin ou en les laissant de côté; delà il peut pousser aux genres principaux décrits dans le gros texte ou aller enfin jusqu'au bout en lisant dans le petit texte des notes ce qui concerne les genres moins importants.
Par une innovation typographique qui nous parait très avantageuse, nous avons rendu saillante dans la marge, au lieu de la marquer comme d'ordinaire par un recul, la première ligne des alinéas commençant par un nom de genre et nous avons marqué tous ces noms de genre par un alinéa. Cette disposition rend très facile et très rapide la recherche des noms de genre dans le corps de l'ouvrage lorsqu'on ne voudra pas recourir aux tables (*).
Une autre innovation, d'un ordre tout différent, consiste dans le remaniement de la nomenclature. Seule dans toutes les sciences, l'histoire naturelle manque de règles générales pour la formation des termes qu'elle crée pour désigner les objets de son étude. La confusion la plus complète règne dans nos vocabulaires taxonomiques. Aucun terme ne porte en lui quoi que ce soit qui puisse faire reconnaître s'il désigne un embranchement, une classe, un ordre, une famille, etc. La môme désinence sert à désigner poulies uns l'ordre, pour les autres la famille, pour d'autres un des groupements intermédiaires, et aucun auteur n'a cherché à établir une règle fixe pour l'ensemble des groupes successifs d'une taxonomie complète. Pour remédier à cet état de choses nous avons établi la règle suivante. La désinence :
iœ désigne la sous-classe,
la désigne la classe, ida — l'ordre, ina — la tribu,
idœ — le sous-ordre, inœ — la famille,
ea désigne les groupements intercalaires
(*) Cependant, lorsque nous donnons une liste de noms sans indication de caractère, nous la mettons sur deux ou trois colonnes. Dans ce cas, l'attention est immédiatement attirée sur les noms de genre qui ne sont pas à la ligne par les espaces blancs que produit cette disposition typographique.
XVI l'UKFACE
dont on peut avoir besoin éventuellement, entre deux quelconques des groupes réguliers sus-indiqués (*).
Nous n'avons pas parlé jusqu'ici de l'illustration de l'ouvrage. Nous avons gardé pour la fin ce côté de la question pour le mieux mettre en relief en raison de son importance. C'est en effet une question capitale. Tous les étudiants sont unanimes à déplorer la pénurie de figures dans les ouvrages qui sont entre leurs mains. Même lorsqu'il y en a un grand nombre, il s'en faut encore de beaucoup qu'il y en ait assez. Un traité de Zoologie doit réserver dans ses pages presque autant de place aux figures qu'au texte. Si bonne que soit une description, elle est toujours imparfaitement comprise et ne laisse dans l'imagination du lecteur qu'un tableau indécis lorsqu'elle n'est pas accompagnée d'une figure, si simple et si sobre qu'elle soit. Ce n'est pas tout: pour qu'une figure soit utile, il faut qu'elle apprenne quelque chose et, pour cela, qu'elle ne soit pas une nouvelle reproduction de celles que tous connaissent par cœur pour les avoir déjà vues dans tous les ouvrages qui ont traité le môme sujet, qu'elle ne soit pas ce que les étudiants désignent sous le nom expressif de vieux cliché. Mais ces vieux clichés s'ils chagrinent les lecteurs et aussi les auteurs, sont agréables aux éditeurs pour des raisons aisées à comprendre et ce sont eux qui les imposent aux uns et aux autres. Nous avons eu la bonne fortune de trouver un éditeur jeune et intelligent, moins préoccupé de la question lucrative que du désir de faire bien, et qui nous a accordé un nombre illimité de figures, toutes nouvelles, publiées dans le texte et en quatre couleurs.
Les Protozoaires, animaux simples, sans organes, sont de mauvais exemples pour montrer tout le parti que l'on peut tirer de quatre couleurs fondamentales et de leurs combinaisons pour
(^ Pour les termes français il faudrait dire : ies pour les classes, ides pour les ordres, ines pour les tribus,
iés — sous-classes,
idés sous-ordres,
inés — familles,
éés pour les groupes intercalaires de valeur quelconque.
Nous n'avons pas osé appliquer strictement cette règle, retenus par la crainte de créer des termes trop choquants en face de ceux consacrés par un long usage ou par leur emploi dans le langage non scientifique. Nous le regrettons un peu maintenant. Mais peut-être dans les volumes suivants nous dçciderons-nous à appliquer cette règle plus rigoureusement.