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FIG. 123 A

Nous prendrons pour type une forme réelle, le genre Oikopleura. L’animal est fort différent de notre type morphologique de Tunicier et doit être décrit en lui-même.

Anatomie.

Extérieur et organisation générale. — L’être se présente sous l’aspect d’un globule gélatineux transparent de la grosseur d’une petite cerise (fig. 123).

Mais ce n’est là qu’une capsule qui lui sert de logette et qui est creusée d’une cavité pour le contenir. Cette cavité s’ouvre largement au dehors pour permettre l’entrée et la sortie de l’eau ; elle est en outre beaucoup plus spacieuse que son habitant (a.), qui peut s’y mouvoir à l'aise et n’est ni rattaché à sa capsule (caps.), ni même en contact avec elle.

Appendiculaire en position naturelle dans sa capsule (im. Fol), a., l’animal ; c., cavité de la capsule ; caps, capsule: c. v., chambres latérales: o. i., orifice inférieur; o. s., un des orifices supérieurs.

(l) Nous ne. tenons pas compte des variantes de cos dénominations telles que : Appendiculariæ (Gcgenbaur, 1878), Appendiculariidæ (Herdman,

1891), Copelatæ (Claus, 1882).

Ces noms, comme toujours, sont empruntés à quelque caractère saillant qu’ils ont l’avantage de rappeler : Appendiculaire fait allusion à l’appendice caudal; Copelata au mode de locomotion de l’animal qui bondit sous l’action de sa queue agissant à la manière d’une rame (-/wTnj, rame; f,Xa-o, 3e pers. sing. d’fjXaprjV, aoriste 1er de aXXopiai, bondir), Perenniciiordata, au fait que la corde dorsale persiste chez l’adulte; Atremata, à l’absence de vrais trémas branchiaux; Archipneüsta , à la condition primitive de l’appareil respiratoire; Larvacea, Larvalia, à la structure larvaire de ces animaux.

Balfour oppose aux Perenniciiordata les Caducichordata , comprenant tous les autres Tuniciers qu’il divise en simplicia (Ascidies simples), composita (Ascidies composées) et concerta (Salpos et Doliolum). Gegenbaur appelle Acopa , c’est-à-dire dépourvus de rame, les Caducicordes de Balfour.

UROCORDES

un

Fig. 124.

Fig. 125.

L’animal lui-même (fig. 124, 125 et 126) se compose de deux parties, corps et une queue. Le corps , de forme vaguement ovoïde, un peu rétréci en arrière, aplati en avant, mesure environ 3 millimètres dans sa plus grande longueur. Au sommet tronqué est percée la bouche, la base globuleuse correspond à la région génitale et, lorsque l’animal est mûr, on y trouve, au sommet d’une protubérance saillante du côté dorsal, un petit pore qui est l’orifice sexuel male. Sur le bord dorsal et les faces latérales, il n’y a rien de particulier; sur la face ventrale on trouve, de haut en bas : sur la ligne médiane, vers le milieu de la hauteur, un petit orifice, Y anus; à droite et à gauche, un peu au-dessous de ce dernier, deux larges ouvertures symétriques, les orifices expirateurs ou spiracules; enfin plus bas, mais assez haut cependant au-dessus de l’extrémité inférieure, se trouve l’insertion de la queue .

À l’intérieur, la disposition très simple des viscères permet de distinguer dans le corps trois régions : une région pharyngienne en haut, une région génitale en bas et une région digestive au milieu. Le pharynx, qui sert en même temps de branchie , est une vaste cavité qui commence en haut à la bouche et se termine en bas kY œsophage ; il communique en avant avec le dehors par les deux pores expirateurs. Bien qu’il serve de branchie comme chez les autres Tuniciers, il ne possède pas d’autres ouvertures; il n’y a ni trémas ni cavité péribranchiale .

Le tube digestif est formé d’un vaste estomac, d’un œsophage qui le relie au pharynx, et d’un intestin qui remonte vers l’anus. La masse génitale est formée d’un ovaire compris entre deux testicules qui s’ouvrent au porc génital. Le porc génital et l’anus s’ouvrent directement au dehors, sans relations spéciales avec les tubes expirateurs; il n’y a pas de cloaque.

La queue est un appendice considérable, environ trois fois plus long que le corps, assez large et très mince comme une feuille longuement lancéolée et très souple Elle n est pas pendante sur le prolongement du corps, mais au contraire relevée. le long de la face ventrale, de manière à former avec le corps un angle de 45° environ, de sorte que si l’animal se tenait dans la position normale, sa queue remonterait loin au-dessus de sa bouche. Mais il se tient dans sa capsule

Appendiculaire en position naturelle vu de face (Sch.).

Appendiculaire en position naturelle vu de profil (Sch.).

APPENDICULAIRES

Fin;. 126.

presque la tète en bas (fig. 124 et 125) : la queue est verticalement descendante et le corps est oblique, la bouche en bas et en avant, la région génitale en arrière et en haut. La queue tourne Tune de ses faces planes vers la face ventrale du corps, l’autre vers le dehors; ses bords minces sont donc latéraux. Mais nous montrerons que c'est là une position anormale due à un contournement de l'organe qui a tourné de 90° autour de son axe. En réalité, le bord situé à gauche représente le côté dorsal, celui de droite le côté ventral, et les faces, d’ailleurs semblables entre elles, devraient être droite et gauche.

Pour étudier l’animal, nous le ramènerons à la position morphologique (fig. 126), plaçant le corps la bouche en haut, la face ventrale en avant, ramenant la queue en bas autant que possible sur le prolongement du corps, et la faisant tourner de 90° autour de son axe longitudinal de manière à placer les faces aplaties à droite gauche, le bord gauche en arrière et le bord droit en avant.

Capsule. — La capsule a la forme d’une poire à grosse extrémité inférieure (fig. 123, caps.). La cavité (c.) occupée par l’animal a la forme d’un canal en Y. La branche inférieure de l’Y s’ouvre en bas à l’ombilic de la poire ( o . i.); les deux branches supérieures s’ouvrent en haut, à droite et à gauche de la base de la portion rétrécie ( o. s .). Vers le milieu, se trouvent deux chambres (c. v.) assez vastes, symétriques, disposées comme des diverticules du canal central, s'ouvrant à droite et à gauche dans ce canal, mais non au dehors. Elle est transparente et à peu près anhiste. On y trouve cependant quelques rares cellules émigrées, plus ou moins dégénérées, et, autour des orifices et des deux chambres latérales, quelques fibrilles destinées sans doute à augmenter sa rigidité. Elle correspond exactement à la tunique des autres Tuniciers dont elle se distingue par ce caractère, qui ne se retrouvera nulle part ailleurs, qu'elle est séparée par un large espace du corps de l'animal (*). Sa composition chimique n’a pas été déterminée. On sait seulement qu’elle n’est pas cellulosique.

Son mode de formation est tout à fait caractéristique. Elle est au début constituée par une sécrétion cuticulaire qui se forme sur l’épiderme de l’animal, mais à certaines places seulement, en particulier à

Appendiculaire ramené en position morphologique vu du côté droit (Sch.).

(l) Chez Appendicularia albicam , elle reste collée au corps, comme chez les autres Tuniciers; chez Kovalevskya , elle lui est adhérente au niveau du tronc.

UROCORDES

Fig. 12

Coupe à travers la paroi du corps X OikopJeura cophocerca (d’ap. Seeliger).

c., cellules émigrtîes dans la couche gélatineuse; ep., épithélium; t., couche gélatineuse.

la partie supérieure de la face ventrale (*). De là, cette sécrétion s’étend sur tout le corps. A ce moment, elle est entièrement comparable à la tunique de notre type morphologique; comme chez lui, des cellules très probablement mésodermiques, bien que cette origine n'ait pas été ici

vérifiée, émigrent dans sa substance (fig. 127, c.). Mais, après sa formation, cette cuticule se sépare du corps et, se déployant, devient la capsule ci-dessus décrite. Les quelques cellules qui y avaient émigré y restent et y dégénèrent.

Paroi du corps. — La paroi du corps est mince, réduite à un simple épiderme, sans derme ni musculature (*). Cet épiderme est formé de cellules prismatiques non ciliées, il est en général fort mince, surtout sur la région génitale; mais sur la face ventrale, dans la région particulièrement chargée de la sécrétion de la capsule cuticulaire, il est épais, étant formé de cellules spéciales prismatiques élevées, appelées les oikoplasles. Au-dessous de la bouche, du côté ventral, il forme deux épaississements glandulaires notables qui font saillie dans la cavité pharyngienne, mais appartiennent morphologiquement à l’épiderme (3).

Appareils respiratoire et digestif. — Ces deux appareils sont inséparables, puisque c’est le pharynx qui sert de branchie.

La bouche est terminale supérieure; elle a la forme d’un large orifice ovalaire immobile, toujours béant. Elle est protégée par une haute lèvre ventrale qui porte à son bord libre une rangée de grandes cellules munies chacune d’un gros cirre mobile. Quelques cirres semblables se trouvent un peu plus bas dans la bouche du côté dorsal.

Le pharynx est une vaste cavité, plus large au fond qu’à l’entrée. Sur la coupe, sa forme est celle d'un triangle à sommet dorsal (fig. 128) ; à la face ventrale, elle forme de chaque côté une sorte de rigole qui conduit directement aux orifices expirateurs. Au sommet de cette face est Vendoslyle , en forme de gouttière verticale, profonde mais assez courte. 11 est constitué par quelques rangées de grosses cellules glandulaires formant les bords de la gouttière, auxquelles parfois peuvent s’adjoindre, à la partie supérieure, quelques cellules ciliées (*). De son extré-

(]) Cette partie sécrétante de l'épiderme est diversement disposée suivant les genres et les espèces. Chez Fritillana , elle est en fer à cheval. Ailleurs elle s’étend jusque sur le dos.

(2) Cependant, chez une forme géante des grands fonds ( Megalocercm ), Chun a trouvé une musculature plus ou moins semblable à celle des Salpes.

(:i) Ce sont les glandes poly cellulaires de Fol, que ce savant attribuait au pharynx. Elles ne sont constantes ni dans tous les genres ni dans toutes les espèces.

(4) On voit par là que l’endostyle a ici une constitution passablement rudimentaire. Sou-

APPENDICULAIRES

mité supérieure part, à droite et à gauche, un arc vibratile (//.) qui descend sur les côtés du pharynx et va se joindre à son congénère du côté dorsal, à l’entrée de l’œsophage. Ces arcs sont formés de cils très actifs portés par une ou plusieurs files de cellules. Ces arcs sont les représentants de ceux qui, dans le type normal, forment la lèvre inférieure de la gouttière péricoronale et se rejoignent au côté dorsal de la bouche, au point où prend naissance la crête dorsale. Ici, les deux arcs ne se rejoignent qu’à l’œsophage et la crête n’existe pas. De l’extrémité inférieure de l’endostyle part une bande ciliée ventrale représentant la gouttière ventrale du type normal. Elle va, comme celleci, de l'endostyle à l’œsophage; mais elle est ici très longue parce que l’endostyle est très court. Elle est portée aussi par plusieurs rangées de cellules. Le reste de la surface du pharynx n’est pas cilié.

A la partie inférieure de la face ventrale, sur les côtés, aux points où aboutissent les deux rigoles latérales se trouvent les deux tubes expirateurs ( sp .). Ceux-ci sont formés chacun d’un canal cylindrique, court et large, qui se porte horizontalement en dehors et va s’ouvrir au pore expirateur correspondant. Au milieu de leur longueur ils sont pourvus d’un anneau ciliaire formé de cils très longs, très puissants, très actifs, qui sont les seuls agents de la circulation de l’eau dans le pharynx. Ces tubes expirateurs ont exactement les mêmes connexions que les deux premiers stigmates de la larve de notre type morphologique, au stade où, le cloaque n’étant pas formé, les deux invaginations péribranchiales communiquent directement avec le dehors par deux orifices distincts : ainsi, l’Appendiculaire représente une larve arrêtée à ce stade du développement.

L'œsophage (fig. 129, œ .) est un simple canal, large et très fortement cilié, qui va en descendant de la partie inféro-dorsale du pharynx à l’estomac.

L'estomac (est.) est une large poche sous-jacente au pharynx, largement hilobée en deux sacs, l’un gauche qui reçoit l’œsophage, l’autre droit qui émet l’intestin ; il est cilié, mais peut-être pas partout.

veut il n’a pas do cils ; il ne présente pas cette alternance de régions diverses que l’on trouve communément sur les coupes de cet organe. Souvent, vers la fin de la vie, il s’atrophie et disparait. Chez Kovalevskya , il est tout à fait absent et remplacé physiologiquement par une formation que nous décrirons en parlant de ce genre.

Fig. 128.

Coupe transversale au niveau des orifices expirateurs (im. Seeliger).

nnn., anneau cilié de l'orifice expirateur; ect., ectoderme; g., arcs ciliés; pli., pharynx; rect., rectum; g., sinus sanguins; sp., orifice expirateur.

UROCORDES — TUNIG.IERS

Corps et partie supérieure de la queue d'un Appendiculaire vu du côté droit en position morphologique (Sch.) an., anus; CJ., cœur et péricarde ; cli., corde dorsale j K., mnloslylo : est., estomac ; i*. v., fossette vibralile : g., are cilié; g. I et g. 2, ln«* et 2« ganglions du la queue; CS. n., ganglion nerveux du corps: 1., ligne de contact entre les deux premiers métaméres de la queue; 1., lèvre ventrale ; m»., muscles; n. cli., noyaux do la corde dorsale; n. <1., nerf dorsal; n. 1., nerf latéral droit; n. m*, noyaux des muscles ; w., œsophage; ot., otocyste;Ov., ovaire ; pli., pharynx ; r., intestin; s. c., sinus sanguins; sp., orifice expirateur; t., testicule.

V intestin part de l'estomac, passe, en suivant un trajet obliquement ascendant (r.), entre les deux tubes expirateurs et va s'ouvrir à l’anus {an.). Il esteilié. Il n’y a point de glandes annexes. La glande py torique , si

constante chez tous les autres Tuniciers, fait ici défaut (x). Les parois digestives sont partout réduites à leur épithélium. Il n'y a ni chorion ni musculature.

E Schizocœle. — La cavité générale

pli est un schizocœle, assez vaste, et occupé par une substance gélatineuse soutenue par des fibrilles qui vont de l'épiderme à l’épithélium digestif ou aux autres organes. On ne sait rien de la nature ni de l’origine de cette substance ni de ces fibrilles. Elles occupent la place

d’un mésoderme absent et sont sans doute une production de l’un ou de l’autre feuillet. Celle substance est parcourue par de larges canaux lacunaires, non tapissés d'endothélium, où circule le sang.

j1) Chez les Appendiculaires des grands fonds (Stegosomae l Megaloccrcus ), Chun a trouvé un foie formé par un diverticule de l’estomac.

APPENDICULAIRES

Appareil circulatoire (fig. 13Q). — Extrêmement rudimentaire, il est

Circulation de l’Appendiculaire (Sch.).

c. a., courant dorsal do la queue 3 c. <1., courant ventral de la queue; c. p., courant dorsal du corps; c. v., courant ventral du corps.

Pour les autres lettres, voir l’explication de la ligure 121».

Fig. 130.

réduit à l’organe central de propulsion et aux lacunes de la cavité générale. L’organe central comprend, comme d’ordinaire, le péricarde et le

cœur ( c.); mais ici, ce dernier est fort peu différencié, et l’invagination est à peine marquée, en sorte que l’on pourrait presque dire qu’il n’y a point de cœur et que le péri- £ carde est formé d'une vésicule dont

..pjx une paroi est contractile et sert à mettre le sang en mouvëment. Le péricarde a, en effet, la forme d’une sorte de boîte à angles arrondis dont les parois sont formées d’une lame endothéliale inerle. Seule la paroi supérieure est pourvue, en outre, de fibrilles musculaires

an

est

striées, produites par les cellules endothéliales sous-jacentes. Ces dernières sont tournées vers la cavité péricardique et les fibres vers la cavité générale. Cette paroi est donc contractile et, comme elle est un peu infléchie en dedans, en se contractant, elle chasse le sang. Cette paroi représente le cœur, et son inflexion est le seul vestige de l’invagination cardiaque. Cependant, une disposition particulière perfectionne un peu ce mécanisme rudimentaire : ce cœur est sous-jacent à l’estomac, et la paroi stomacale (est.) lui forme une voûte et lui constitue une sorte de cavité

r. viu.

UROCORDES

Fig. 131.

un peu mieux délimitée. Le cœur est donc une cavité canaliforme ouverte aux deux bouts, fermée en dessus par la paroi inerte de l'estomac et en dessous par la lame supérieure du péricarde qui est musculeuse et contractile.

En outre de ce cœur, il n’y a que les lacunes de la cavité générale. Ces canaux lacunaires sont assez nettement délimités, bien qu’aucun endothélium ne les sépare de la substance gélatineuse de la cavité générale. 11 y a un canal ventral médian sous-endostylaire (c. v.), qui se prolonge en bas jusque vers le cœur ; un canal péricoronal , se jetant dans un canal dorsal médian (c. p.) qui va du ganglion cérébral aux organes génitaux; ces derniers flottent dans un espace lacunaire rempli de sang; enfin, dans la queue, sont deux paires de sinus à droite et à gauche de la corde ( c . a. et c. d.).

Le sang est dépourvu de globules (x).

Système nerveux. — Le système nerveux se compose du ganglion cérébral (fig. 131, Gn.) émettant différents nerfs, et du cordon viscéral ( n.d .). Mais ce dernier, au lieu de s’arrêter dans la région de l’estomac, se continue en un système spécial contenu dans la queue (fig- 129, g. 1).

Le ganglion cérébral est volumineux, allongé, situé au côté dorsal de l’entrée du pharynx. Il comprend un grand nombre de cellules disposées autour d’une masse fîbrillaire et paraît (mais la chose n’est pas tout à fait certaine) creusé d’un canal central. Il émet en haut un court cordon qui bientôt se bifurque pour contourner l’entrée du pharynx etqui fournit aux cils tactiles de la bouche. De sa partie moyenne partent quelques filets qui se perdent dans les organes voisins. Vers le bas, et un peu latéralement, il émet une paire de grands nerfs qui contournent le pharynx et se rendent aux spiracules ( n . L). Enfin,

Appendiculaire en position morphologique vu par la face dorsale fScb.).

b., bouche; est., estomac; f. v., fossette vibratile ; t*. n., ganglion nerveux ; g. 1, arcs ciliés: jr. 2, deuxième ganglion de la queue; n. <1., nerf dorsal; n. 1., nerfs latéraux; ce., œsophage ; Ot., olocyate; Ov., ovaire; «p., orifices expirateurs; t. <1., testicule droit ; t. g., testicule gauche.

t1) Dans certaines espèces il est coloré, mais jamais par des globules.

APPENDICULAIRES

directement en bas, il se prolonge en un gros cordon viscéral (n. d.) qui descend en arrière du pharynx, contourne cet organe du côté droit, suit le côté droit de l’œsophage, passe au-dessous de l’estomac et, se recourbant vers le haut, arrive dans la queue. Là, il se place au côté dorsal (tourné à gauche) de la queue et pénètre dans cet organe, où nous le retrouverons bientôt. 11 n’émet aucun nerf. Sa structure intimé cependant n’est pas connue. 11 correspond cependant bien certainement au cordon viscéral ganglionnaire. Peut-être contient-il un canal central.

Organes des sens. — Le toucher s’exerce par les soies tactiles qui sont sur la lèvre antérieure et à l’entrée delà bouche. Sans doute aussi la surface générale de l’épiderme fournit des sensations tactiles plus ou moins délicates (x).

L 'ouïe (ou plutôt sans doute le sens de l’équilibre) est assurée par une otocyste (fîg. 131, Ot.) située au côté gauche du ganglion cérébral. C’est une simple vésicule sphérique, accolée au ganglion et formée de cellules plates armées de soies raides qui soutiennent une otolithe calcaire contenue à l’intérieur.

L 'olfaction a pour organe la fossette vibratile ( f . v.), simple cul-de-sac cilié, qui s’ouvre dans le pharynx, à la face dorsale, un peu au-dessous de la bouche, par un orifice évasé, et se porte en arrière en s’accolant au côté droit du ganglion.

Il n’y a d’organes spéciaux ni pour le goût ni pour la vue.

Organes reproducteurs. — L’animal est, comme tous les Tuniciers, hermaphrodite (*) et possède un ovaire (fig. 131 , Ov.) pair ou unique compris entre deux testicules ( t . d . et t. g.) (a). Le tout forme une masse volumineuse qui occupe toute l’extrémité inférieure renflée et détermine en arrière une forte saillie (fig. 129). Le testicule (t.) forme une simple masse de cellules sexuelles qui évoluent en spermatozoïdes à l'intérieur d’un sac épithélial formé par des cellules sœurs des précédentes. 11 n’y a pas d’orifice préformé, mais il s’en produit un au sommet, au moment de la maturité sexuelle.

L’ovaire (ou.) est formé, lui aussi, d’une masse de cellules génitales renfermée dans un sac épithélial formé de cellules folliculaires sœurs des précédentes. Les cellules centrales se divisent et donnent les œufs qui se portent à la surface, forment une saillie de plus en plus accentuée et finissent par tomber dans la cavité générale, entourés de leur membrane

(1) A certaines places il y a, dans certains cas, des différenciations épidermiques dans ce sens, mais elles sont très variables selon les genres et même les espèces : ce sont tantôt des groupes de cellules munies de cils mobiles ou raides, situées d’ordinaire aux bords de la queue (certains Fritillaria ) ou à son extrémité ( Kovalevskya , Appendicularia \ ou des cellules isolées, éparses en divers points et portant une ou plusieurs soies tactiles [Oikopleura, Fritillaria, etc.).

(2) Il y a cependant une Appendiculaire, Oikopleura dioica , qui fait exception.

(3) Il n’y a point à cet égard de règle. Certaines espèces d 'Oikopleura ont un ovaire pair, d'autres (0. cophocerca ) l’ont impair. Chez les autres Appendiculaires aussi, ces organes peuvent être pairs et il peut y avoir soit une, soit deux paires de glandes de chaque sexe.

Tt'NIClERS

l'ROCORDES —

folliculaire. Il n’y a point de cellules du testa; l’enveloppe folliculaire

elle-même se détruit de bonne heure, et les œufs finalement se trouvent nus dans la cavité générale. Ils n’en sortent que par déhiscence de la paroi du corps, car il n’y a point d’oviducte.

Queue. — La queue, avons-nous vu, est très longue, élargie dans le sens sagittal, très mince dans le sens coronal (fig. 132). Elle s’insère par une extrémité rétrécie dans une dépression de la face ventrale du corps et se termine au bout en s’effilant. Elle comprend dans sa constitution trois parties : 1° un épiderme; 2° un axe squelettique, la corde dorsale (fig. 129, ch.) ; 3° une couche musculaire (ms.). La corde et la couche musculaire déterminent sur sa partie médiane un épaississement, tandis que sur les bords elle se prolonge en une mince membrane formée par les deux épidermes accolés. Le schizocœle se prolonge à son intérieur sous la forme de larges sinus sanguins en avant et en arrière de la corde (fig. 130, c.a . et c.d.); enfin, une petite quantité de cette substance gélatineuse que nous avons vue occuper ailleurs la place du mésoderme s'insinue entre les autres organes de la queue.

La corde dorsale est une tigelle cylindrique qui occupe l’axe de la queue; elle commence en haut par une extrémité arrondie à l’origine même de la queue, et se termine en pointe en bas un peu audessus de l’extrémité. Elle est très élastique et formée d’une gaine anhiste, d’une couche cellulaire et d’une partie centrale homogène, de consistance cartilagineuse (*).

Appendiculaire en position morphologique vu du côté ventral (Scb.).

an., anus; K., endostylo ; est., estomac; Ov ovaire; pharynx; r., intestin; extrémité supérieure de la queue; t. d., testicule droit; t. g., tes' ticule gauche.

J1) Cette couche cellulaire n’est pas disposée comme un épithélium régulier, à cellules bien délimitées. Chez les jeunes, elle est continue et même les limites cellulaires sont indistinctes. A mesure que l’animal vieillit, la couche de protoplasma continu s’amincit de plus en plus, et finit par se réduire à de petits îlots autour des noyaux épars et disparaître presque entièrement. Cela donne à penser que la corde est produite embryogéniquement par une colonne cellulaire dont les cellules fournissent la substance cartilagineuse et rétrocèdent peu à peu, à mesure que celle-ci se développe.

APPENDICULAIRES

La musculature (fig. 129, ms.) forme deux larges bandes indépendantes correspondant aux deux faces droite et gauche de la queue. Chacune de ces bandes est formée de deux couches : en dehors, sous l’épiderme, une couche de sarcoplasma continu dans laquelle sont placés dix noyaux cellulaires (nmj) régulièrement disposés sur une seule file verticale, à intervalles égaux (*); en dedans, se trouve une couche de fibrilles striées, parallèles, longitudinales, continues dans toute la longueur de la queue. Seeligkr a montré que chaque bande résulte de la fusion d'une rangée de dix cellules musculaires géantes dont les noyaux seuls sont restés indépendants.

A la hase de la queue, en arrière de la corde dorsale, se trouve un volumineux ganglion caudal rattaché au ganglion cérébral par le cordon viscéral. De ce ganglion part un cordon nerveux qui parcourt la queue dans toute sa longueur, toujours situé au côté dorsal (tourné à gauche) de la corde. Ce cordon nerveux porte une douzaine de petits renflements ganglionnaires (g. l,g-2) semblables au ganglion caudal, mais beaucoup plus petits, étant formés chacun d’une à quatre cellules, tandis que ce dernier en comprend un grand nombre disposées en une couche périphérique autour d’un axe fibrillaire.

De ces ganglions, ainsi que des segments nerveuxintermédiaires, partent de nombreux filaments nerveux qui se rendent les uns aux muscles les autres à l’épiderme.

On voit par ce qui précède que la queue n’est pas symétrique par rapport au plan sagittal du corps, puisque laissée dans sa position naturelle et décrite par rapport à ce plan, elle se trouverait porter à gauche de la corde un cordon nerveux ganglionnaire qui manque à droite; elle est symétrique, au contraire, par rapport à un plan parallèle à ses faces planes. D’autre part, dans les larves d’Ascidies auxquelles l’animal ressemble si fort, le cordon nerveux est dorsal par rapport à la corde. Tout cela montre que la queue a son vrai plan sagittal parallèle à ses faces, qu’elle est aplatie de droite à gauche, que le côté où est le cordon nerveux est dorsal, et que tout l’organe doit être considéré comme ayant tourné de 90° autour de son axe pour porter son bord dorsal à la gauche du corps et placer ses faces aplaties, qui normalement sont droite et gauche, parallèlement au plan coronal du corps (*).

Vertèbration delà queue. — Les cellules musculaires de la queue ne sont, chez l'adulte, distinctes que par leurs noyaux. Aux plus forts grossissements, on ne peut distinguer dans la couche musculaire aucune trace de segmentation. Cependant, Faction des réactifs coagulants

l1) Ces noyaux ont un aspect très particulier : ils sont larges, plats, leur membrane est disparue et leur contenu s’est transformé en une sorte de réticulum. Même ils finissent par se fusionner, tous ensemble, en une longue lame réticulée, mais c’est là un cas exceptionnel, particulier à Oikopleura. Sous ce rapport, Fritillaria représente un type plus normal.

(2) Ce contournement de la queue n’est pas particulier à Oikopleura. C’est un caractère des Appendiculaires.

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