‹ Traité de zoologie concrèteChapitre 55 sur 79 · I. tr., lames transversales de la branchie · texte numérisé non relu

I. tr., lames transversales de la branchie

o. cl., orifice cloacal ;

œs., œsophage;

o. s., orifice du siphon ; ov., ovaire;

p. br., cavité péribranchiale ; r., rameaux stoloniaux ; rect., rectum ;

stl., stolon définitif; stl. Iv., stolon larvaire; t. d., tube épicardique droit ; test., testicule;

t. g., tube épicardique gauche; tr., trabécules péribranchiaux.

Fig. 1 . Coupe transversale du corps au niveau d’une lame transverse de la branchie (Sch.).

Fig. 2. Organisation générale de l’individu (Sch.).

Fig. 3. Disposition des ramifications de la colonie de Colrlla Thomjmni (d’ap. llerdman).

Fig. 4 à 8. Stades successifs du développement des tubes épioardiques de IHstaplia (d’ap. Julin).

Fig. 4. Début du développement des deux tubes épicardiqucs.

Fig. 5. Formation du péricarde par le tube épicardique droit et du stolon larvaire par le tube gauche .

Fig. 6. Isolement du péricarde et apparition du stolon définitif.

Fig. 7. Les bourgeons larvaires se. sont séparés et les deux tubes épicardiqucs se sont soudés pour former le sac épicardique.

Fig. S.. Les memes phénomènes que dans la figure précédente s’accentuent et le tube épicardique droit se détache du sac épicardique.

Zoologie concrète. T. VIII.

SYNASCIDES — DIDEMNIDÉS 269

extrémité, est de couleur orangée ; les ascidiozoïdes y sont distribués en systèmes ovales ou arrondis par 0 à 12 autour de cloaques communs (Océan Antarctique).

Distoma (Gartner, Savigny). Bouche et orifice cloacal à six lobes s’ouvrant côte à côte à la surface sans cloaques communs; branchie pourvue de trois à vingt ou plus rangées de trémas; corps souvent étranglé entre le thorax et l’abdomen; pas de spiculés dans la tunique (*) (Méditerranée,

Europe occidentale, détroit de Torrès).

A Distoma se rattachent les genres suivants conformés comme lui, sauf les différences ci-dessous signalées :

Heterotrema (Eiedler) qui en diffère par son orifice cloacal non lobé, muni d’une languette Irifide, et ses systèmes disposés en polygones irréguliers (Ceylan) ;

Cystodites (von Drasche) qui est surtout caractérisé par sa tunique cartilagineuse, bourrée de spiculés calcaires discoïdes qui sont groupés autour de l’abdomen de chaque aseidiozoïde, de manière à lui former une sorte de capsule (Méditerranée, Atlantique, Océan Indien).

Colella (Herdman) (fig. âOèi) muni d’une poche incubatrice connue DistapUa

p) Le bourgeonnement (47, / ig . 4 à S), récemment étudié par Julin, rappelle plutôt, celui des Polyclinidés que celui des Didemnidés, mais avec certains caractères particuliers. Chez la larve, il se forme, symétriquement à droite et à gauche, entre l’endostyle et l’orifice œsophagien une paire de diverticules (47, fig. 4, t. d . et t. g. 1 pharyngiens représentant le premier rudiment des tubes épicardiques, que l’auteur appelle tubes procardiqiu’s. Le tube droit détache en bas une vésicule péricardique (47, /ig, 5, crd.) qui formera à son tour le cœur (47, fig. 6, crc/.); le gauche s’allonge, se recourbe en avant, refoule l’épiderme et détermine ainsi un stolon ventral [stl. tv.) semblable à celui des Salpcs. Ce stolon donne trois bourgeons larvaires (47, fig. 7, brg. //.), mais qui semblent se détruire et être bis toi y ses. Après la disparition de ce stolon larvaire les deux tubes procardiques se fusionuent en un sac èpicardique qui, à droite, perd ses connexions avec le pharynx (47, fig. (S*, t.d.), tandis qu’à gauche il s’allonge en un long tube qui refoule devant lui l’abdomen et détermine un stolon définitif (stl.). bifurqué au bout, comparable à celui des Polyclinidés, mais ne contenant pas le cœur.

Fig. 205.

Colonie de Colella Murrayi (d’ap. Herdman).

UROCORDES

ASCIDIES

et pourvu d’un long appendice radicoïdc qui prolonge inférieurement l’abdomen (Océans de l’hémisphère sud) ;

Oxycorynia (Yon Drasche) dépourvu de poche incubatrice et formant des colonies claviformes dont le pédoncule est traversé par les longs appendices radicoïdes des ascidiozoïdes (Carolines) ;

Choncfrostachys ^Macdonald) différant du précédent principalement par le fait que les ascidiozoïdes font fortement saillie hors de la tunique commune (Australie, détroit de Bass).

Archidistoma (Garstang) (fig. 206 et 207) est un genre très remarquable qu’il serait presque aussi légitime de placer à côté de Stereoclavella ou de Diazona dans les Clavelinidæ, auxquelles en tout cas il rattache les Didemnidæ. Les individus se dressent sur lame basilaire encroûtante où serpentent les stolons qui donnent naissance aux nouveaux bourgeons. Quelques-uns

Fig. 207.

Av ch idi s ta m a aggrega tum.

(d’ap. Garstang).

Archidistom a aggregatum .

Groupe d’individus dont les orifices cloacaux ont une tendance à se grouper autour d’un centre comme pour un cloaque commun (d’ap. Garstang).

sont isolés; la plupart sont réunis par petits groupes fusionnés, tout le long de leur pédoncule et à peu près jusqu’à mi-corps, en une masse claviforme.

Cette masse est formée par les corps dont la partie supérieure, libre, porte deux orifices à six lobes. Les cloaques ne sont pas fusionnés, mais ont tendance à se tourner vers un point central commun. La colonie est couverte de grains de sable et d’autres grains se trouvent dans les plans de fusion des tuniques particulières dans la tunique commune, ce qui prouve que cette fusion s’est faite secondairement. Trois rangs de trémas à la branchie. 11 y a dans ces divers caractères l’indication d’une constitution très primitive qui légitime le nom donné à ce genre (Environs de Plymouth).

SYNASC1DES — BOTRYLLIDÉS

3e Sous-Ordre

Fiff. 208.

<=* cr^'ç.

BOTUYLLIDES. — BOT R Y LLI DÆ

[Botrylliens (H. Milne-Edwards) ; — Botryllidæ (Giard p. p.);

Ascidiæ càtenatæ p . p . (Giard)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

(PI. 48 ET FIG. 208 a 214)

Nous pouvons prendre pour type le genre Botryllus.

Anatomie. — Le corps n'est plus ici composé de régions distinctes; il n’y a ni postabdomen ni abdomen, les viscères se plaçant sur les côtés de la partie inférieure du sac branchial; la forme devient ainsi simplement ovoïde (48, fig. 1). En outre, les ascidiozoïdes ne sont plus implantés verticalement dans la tunique commune, mais couchés presque à plat, le dos en haut; il en résulte que la colonie peut être fort mince, réduite à un millimètre d'épaisseur (*). Les orifices cloacaux convergent vers les cloaques communs autour duquel les ascidiozoïdes sont rangés en cœnobies régulières normalement circulaires (fig.

208, A), mais pouvant s'allonger en ellipses ou subir des déformations variées (2) (fig. 208, B à E). Les cloaques individuels (48, fig, 1 , cl.) débouchent directement dans le cloaque commun (cl. c.) et il n’y a pas ici de longues galeries tunicales allant de ceux-ci à celui-là.

11 en résulte que les membres du système sont plus serrés les uns contre les autres. Néanmoins, la longueur de la face dorsale étant assez grande, les bouches forment autour du cloaque commun un cercle assez étendu. Chaque individu porte une languette cloacale bien développée qui fait saillie en dedans du cloaque commun et donne à celui-ci une forme étoilée.

La bouche (48, fig. ;/, o s.) est en général non lobée ; au fond du siphon branchial très court, est un cercle de huit (4 à 16) tentacules non ramifiés dont quatre grands alternant avec quatre petits.

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Schéma montrant les transformations dans l'arrangement des ascidiozoïdes autour du cloaque commun pendant l’accroissement de la cœnobie (d’ap. Herdman).

f) Mais rien ne l’empêche de devenir épaisse comme dans les sous-ordres précédents, et il en existe qui atteignent 4 et 5 centimètres d’épaisseur.

(2) Les schémas ci-contre (fig. 208) montrent comment les cœnobies peuvent devenir elliptiques, allongées et même donner naissance à de petits îlots inclus dans le grand et formés d’individus orientés, la bouche les uns vers les autres et le cloaque vers le dehors.

UROCORDES — ASCIDIES

Fig. 209.

pbr'S

La branchie a, comme, le corps qu’elle occupe presque tout entier, son axe longitudinal courbe, concave vers le dos. Elle présente une douzaine de rangées transversales comprenant de chaque côté une vingtaine (10 à 30) de trémas, séparées par des sinus transversaux , et, en outre, ce qui n’existait pas dans les genres précédents, des sinus

longitudinaux au nombre de trois de chaque côté, saillants à l’intérieur de la branchie (48,/?//. 1 et fig. 209, c.). L’endostyle et les gouttières péricoronale et ventrale ne présentent rien de particulier; mais, au bord dorsal, au lieu des languettes des types précédents, il y a une lamelle dorsale continue (48, fig. 2, Im. clrs.). 11 existe des trabécules vasculaires parièto-branchiaux ( tb .) formant quatre rangées qui alternent avec les sinus longitudinaux. Le cloaque occupe toute la longueur du bord dorsal du corps (48 ,fig. i, ci). Il conduit dans deux cavités péri branchiales qui régnent sur toute la hauteur de la branchie et s’étendent par conséquent autour du tube digestif et des organes génitaux. Rappelons la forte languette cloacale décrite plus haut. Le tube digestif est situé au côté gauche de la partie inférieure de la branchie. Seul A' œsophage, qui part comme d’ordinaire du fond delà branchie à l’opposé de l’endostyle, est situé sous son bord inférieur. Il se porte ainsi en avant, à peu près sur la ligne médiane et arrive à un estomac (est.) fortement cannelé qui continue sa direction mais remonte sur la face gauche de la branchie; du pylore part un intestin qui, presque aussitôt, se recourbe en haut, puis en arrière, et aboutit enfin au cloaque. Au pylore, immédiatement au delà de la glande pylorique disposée comme à l’ordinaire, se trouve un petit cæcum pylorique qui contient un diverticule de la cavité intérieure.

L’ap/jÆm7czrctttoozyeestplusparfnitquedans]esdeuxtypesprécédents. Le cœur (48, fig. 1, crcl.), constitué comme d’ordinaire et placé sous le fond du sac branchial, est en effet directement en rapport d’un côté avec le sinus sous-endostylaire , de l’autre avec un grand sinus sous-viscéral qui serpente sur le tube digestif. De là, le sang va, comme d’ordinaire, au sinus dorsal et la circulation s’achève comme dans le type morphologique des Ascidiæ .

Rappelons que la branchie présente trois paires d e sinus longitudinaux .

Polycyclus violaceus.

Coupe transversale de la moitié de la branchie d’un blastozoïte (d’ap. Lahillc).

c., c., cotes longitudinales de la brauchio contenant les sinus longitudinaux ; esty-, endo style; lm. «1., lamelle dorsale; cavité péribranchiale; tt>.,

trabécules pariéto-îmincMaux.

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BOTRYLLIDÆ

(TYPE MORPHOLOGIQUE

ap., appendices claviformes;

ann. v., anneau vasculaire de là colonie;

br.j branchie;

brg ., bourgeon ;

cl., cloaque individuel ;

cl. c., cloaque commun de la colonie;

crd., cœur;

ect., ectoderme;

est, j estomac ;

end., endoderme;

esty., endostyle;

fil., cellules mésodermiques devant former le follicule;

fil. ex., follicule externe;

fil., i., follicule interne ;

gl., glande ner vienne ;

lm., drs., lame dorsale de la branchie ;

n . , système nerveux ; ny., noyau ;

o. cl., orifice d’un cloaque individuel ; o. cl. c., orifice du cloaque commun;

o. d., orifice de sortie du follicule ovarien dans la cavité péribranchiale ; œ., œuf ;

o. pr., orifice provisoire permettant la fécondation ;

o. s., orifice du siphon buccal; ov., ovaire;

pbr., paroi péribranchiale; perd., péricarde; p h., pharynx;

pr. ect., prolongements ectodermiques ;

sp., spermatozoïde;

t. b., trabécules pariéto-branchiaux ;

test., testicule;

t. d., tube digestif;

tta., cellules du testa ;

t. v., tube vibratile;

v. i., vaisseau venant du sinus intestinal; v. s., vaisseau venant du sinus sous-ondostylaire.

Fig. 1. Coupe transversale d’une cœnobie de Botryllidæ (Sch.).

Sur rimlividu situé à. gauche de la figure, la branchie a été laissée intacte et la cavité péribranchiale droite a été enlevée; sur l’individu de droite la branchie est coupée sagittalernent.

Fig. 2. Coupe transversale d’un ascidiozoïde au niveau du pharynx (im. délia V aile) .

Fig. 3. Ovule commençant à s’entourer de cellules mésodermiques qui formeront le follicule (d’ap. Pizon).

Fig. 4. Ovaire en communication avec la cavité péribranchiale au moment de la fécondation (Sch.).

Fig. 5 à 9. Stades successifs de la formation de la larve.

Fig. 5. Segmentation (Sch.).

Fig. 6. Formation des organes internes et du tube vibratile (Sch.).

Fig. 7. Coupe sagittale montrant le tube vibratile débouchant dans le pharynx et les prolongements ectodermiques (Sch.).

Fig. 8. Coupe sagittale de la larve après la formation des orifices du pharynx et du cloaque et la séparation du tube vibratile d’avec le cloaque (Sch.).

Fig. 9. Larve montrant l’ébauche de bourgeon initial qui formera la cœnobie. (Sch.)

Zoologie concrète. T. VIII.

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SYNÀSCIDES — BOTRYLLIDÉS

Le ganglion nerveux , la glande prènervienne et Y organe vibratile présentent ici des rapports tout à fait exceptionnels qui ont été Lien observés par Metcàlf [95] (fig. 210 à 212). Le tube vibratile portant laglande à son

Ganglion nerveux et glande neurale de Botryllus Gouldii , vus du côté droit (d’ap. Metcalf).

*gl. n., ganglion nerveux; gl., glande neurale ; t. v.t tubercule vibratile.

Fig. 211.

Ganglion nerveux et glande neurale de Botryllus Gouldii , vus dorsalement (d’ap. Metcalf).

Kgl. n., ganglion nerveux ; g;l., glande neurale; t. v., tubercule vibratile.

Fig. 212.

Coupe sagittale de la région intersïphonale de Botryllus Gouldii (d’ap. Metcalf).

ggl. n., ganglion nerveux: gl., glande neurale : o. cl., orifice du cloaque; o. orifice du pharynx; t. v., tubercule vibratile.

extrémité est placé en arrière du ganglion, tout à fait dorsalement, mais son orifice conserve sa situation habituelle. La glande se fusionne en bas. avec le ganglion par l’intermédiaire d’une partie rétrécie en forme de pédoncule.

Les organes génitaux sont pairs. On trouve de chaque côté, un peu au-dessus du tube digestif, saillants sur la paroi externe de la cavité péribranchiale, un ovaire (48, fig. 2, ov .) et des follicules testiculaires (test.). L ovaire est formé d’une masse germinale directement contenue dans les lacunes sanguines. Cette masse est principalement composée d ovules jeunes a côté desquels se montrent quelques rares œufs développés. 11 11 y a pas d oviducte permanent. Lesœufs se mettent en rapport avec la cavité péribranchiale, isolément et temporairement, pendant le temps fort court nécessaire pour donner accès aux spermatozoïdes et permettre la fécondation; ils sont à ce moment entourés d’un follicule épithélial formé par des cellules germinales qui se sont différenciées dans ce sens, en sorte que la cavité générale 11e communique à aucun

UROCORDES

ASCIDIES

moment avec le dehors (1). Les testicules situés autour des ovaires sont formés au contraire de follicules indépendants, communiquant d’une manière permanente avec la cavité péribranchiale par un court pédicule percé d’un petit pore. Il n’y a donc pas non plus de spermiducte commun et volumineux comme dans les types précédents.

Chaque cœnobie est entourée d'un canal vasculaire circulaire (48. fig. 7, ann. v.) situé profondément au-dessous du niveau des ascidiozoïdes et appelé le vaisseau marginal . De ce vaisseau partent de longs appendices clam formes (ap.) plus ou moins ramifiés qui montent vers la surface et se terminent sous elle par une extrémité en cæcum. Chaque ascidiozoïde est relié au vaisseau marginal par deux canaux vasculaires partant, l’un [y. s.) de son sinus sous-endostylaire vers l’union du tiers supérieur avec le tiers moyen, l’autre ( v . /.) de son sinus intestinal. Morphologiquement, tout cet appareil n’est qu’un mode spécial et particulièrement compliqué du système des appendices radicoïdes. Il s’y joint encore d’autres canaux, mais nous ne pourrons les faire comprendre qu’après avoir décrit le bourgeonnement (Voir page 278 à 280).

Bourgeonnement. — Le bourgeonnement a lieu sans stolon et est quelque peu comparable à celui des Didemnines, avec cette différence qu’il n’y a que le bourgeon thoracique, le tube digestif du bourgeon étant formé par la propre vésicule pharyngienne de celui-ci et non par l’œsophage du parent. Il se forme donc de chaque côté du corps, vers la partie inférieure, un refoulement qui constitue la première ébauche d’un bourgeon (48, fig . 9 et 49,/?//. 1 , brg.) et qui comprend la paroi du corps, le feuillet somatique de la cavité péribranchiale et une cavité centrale qui est un diverticule de la cavité péribranchiale; entre les vésicules cctodermique et péribranchiale incluses Lune dans l’autre (49, fig. 2) qui constituent ce refoulement, règne un mince espace où le sang du parent a accès et qui est un diverticule de la cavité du corps de celui-ci. Le bourgeon grandit rapidement; la vésicule péribranchiale se divise par deux étranglements parallèles en trois compartiments juxtaposés (49, fig. 3) : un central (pto.) qui représente sa vésicule pharyngienne, et deux latéraux (pbr.) qui sont ses cavités péribranchiales. La vésicule pharyngienne sépare d’elle, à sa partie distale, une petite vésicule péricardique (49, fig . 5 et 0, perd.) qui formera plus tard le péricarde et le cœur, puis se sépare de la cavité péribranchiale du parent, en

P) Voici comment les choses se passent. Dans l'amas germinal, une cellule grossit pour former un oeuf, tandis que les voisines restent petites et se disposent autour de lui en follicule. Mais ce follicule, au lieu de rester simple, comme d’ordinaire, fournit intérieurement des cellules, sortes de ealyrnnocytes qui s’organisent en un follicule interne de cellules aplaties, l’ancien à cellules cubiques devenant le follicule externe. Quand l'œuf est mûr, le follicule externe se soude à la paroi qui se perce au point de soudure et permet la fécondation. Aussitôt après, les deux parois se referment et s’isolent de nouveau. Quand la larve est prête à éclore, les mêmes phénomènes se reproduisent et la larve sort par l’orifice, en déchirant son follicule interne qui a persisté jusqu’à ce moment.

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BOTRYLLJDÆ

(TYPE MORPHOLOGIQUE

(Suite).

Bourgeonnement.

an., anus; br., branchie ; cl., cloaque; ect.j ectoderme ;

n . , système nerveux ;

o. c/.; ouverture du cloaque;

o. s., orifice du siphon buccal;

pbr., sacs péribranchiaux ;

perd. , péricarde;

pd., pédicule du bourgeon;

pb., pharynx;

t. d., tube digestif ;

tr., trémas de la branchie;

t. v.j tube vibratile.

Fig. 1 à 13. Stades successifs du bourgeonnement.

Fig. 1. Formation (les bourgeons aux dépends de l’ectoderme et de la paroi péribranchiale somatique d’un ascidiozoïde (Sch.).

Fig. 2. Un bourgeon après l'isolement de sa vésicule endodermique (Sch.).

Fig. 3. Division de la vésicule endodermique en trois lobes (Sch.).

Fig. 4, 5 et 6 . Vue dorsale, coupe sagittale et vue ventrale d'un bourgeon au moment de la formation des c-av itéspéribranchiales du tube vibratile et du péricarde (Sch.).

Fig. 7. Coupe sagittale après la formation du cœur et la soudure du tube vibratile au pharynx; simultanément se forment le cloaque et le tube digestif (Sch.).

Fig. 8, 9 et 10. Vue dorsale, vue ventrale et coupe sagittale après l’isolement du cloaque et la formation de l'anus ^Scb.).

Fig. 11, 12 et 13. Vue dorsale, coupe sagittale et vue ventrale d'un bourgeon au moment de la formation des orifices des siphons et de la séparation du tube vibratile d’avec le cloaque (Sch.).

Zoologie concrète. T. VIII.

Kf

SYNASCIDES

DOTRYLLIDES

sorte que le bourgeon ne reste attaché à celui-ci que par un pédicule épidermique (pci.) qui se rétrécit de plus en plus. Les vésicules péribranchiales se rapprochent Lune de l’autre du côté dorsal, la portion du sac pharyngien qui les sépare encore s’isole de ce sac par étranglement progressif et, restant en communication avec les vésicules péribranchiales, devient le cloaque (49, fig. 7 et 8, cl.) (*). Le tube digestif bourgeonne du fond de la vésicule pharyngienne et va s'ouvrir secondairement dans le cloaque (49, fig. 7, 0 et 10 t. cl.). Par le pédicule du bourgeon, des cellules mésenchymateuses venues du parent pénètrent dans la cavité générale et s’accumulent en deux masses latérales qui sont les rudiments des organes génitaux (2). Enfin, le pharynx donne naissance aux trémas et aux autres organes de sa cavité par les processus habituels (49, fig. 11 à 13) ; la bouche et l’orifice cloacal se forment par deux invaginations épidermiques très superficielles dont le fond se perfore, et le bourgeon, maintenant en

fi) Les vésicules péribranchiales se prolongent vers le bas en deux portions rétrécies que Pizon appelle les tubes péri viscéraux et qui, homologues aux tubes péricardiques bien qu’ayant des connexions différentes, s’insinueraient entre les viscères pour constituer entre eux une sorte de cavité péritonéale double, s’ouvrant en haut par chacune de ses moitiés dans la cavité péril irancbiale correspondante. Ce ne sont en somme que des prolongements de la cavité péribrancbiale.

(2) Pizon, autour d’un important travail auquel nous empruntons ces descriptions, assigne aux organes de la région nerveuse une origine bien extraordinaire. \é organe vibr aille se forme par un diverticule de la vésicule pharyngienne né assez bas sur sa face dorsale (49, fig. 4 cl j, t.v.)i eu un point de la région, qui plus tard deviendra le cloaque; par son extrémité en cul-de-sac tournée en liant, ce diverticule se soude à la paroi pharyngienne et établit pondant quelque temps une communication dérivée entre le cloaque et le pharynx (49, fig. 7, 8 et 10, t. /.); plus tard il se sépare du cloaque et reste appendu au pharynx (49, fig. I l et 12. t . /.), mais dirige alors l’extrémité libre (et close) vers le bas, suivant les conditions habituelles. La glande prénerviemie se formerait indépendamment de l’organe vibratile par une accumulation de cellules méscnchyunateuses à la face ventrale de celui-ci.

Malgré son étrangeté, cette description du mode de formation de l’organe vibratile est appuyée sur des observations positives et sur des dessins parfaitement nets ; aussi noiis semble-t-il qu’on doit l’accepter. 11 n’en est peut être pas de même pour ce qui suit.

Le ganglion nerveux serait produit par le développement d’un renflement ganglionnaire sur un filament nerveux venant du parent, et qui, appartenant d’abord aux parois latérales de sa cavité péribrancbiale, aurait été entraîné dans le bourgeon par le refoulement qui a donné naissance à celui-ci. D’autre part, les deux masses cellulaires immigrées dont nous avons parlé ne seraient pas la seule origine des cellules germinales. Un certain nombre d’entre elles naîtraient dans b* bourgeon lui-même aux dépens d’un épaississement ectodermique formé en face de l’organe vibratile. Les cellules nées eu ce point, par prolifération, à la face profonde de Pectodormc deviendraient libres et se joindraient aux cellules germinales venues du parent pour former des œufs jeunes et la totalité de l’organe male, tandis que les cellules venues du parent formeraient seulement les quelques œufs destinés à mûrir les premiers avec leurs follicules. Etant donuée l’extrême diversité des processus organogénéliques chez les Tuniciers, on ne peut a priori nier la vérité de ces modes de formation, mais il est peutêtre permis de faire remarquer combien il serait plus conforme à ce qui se passe dans les autres groupes que l’épaississement ectodermique donnât naissance au ganglion nerveux et que le rudiment germinal eût son origine unique dans les éléments venus du parent. Des observations confirmatives seraient désirables.

UIIOCORDES

ASCIDIES

communication avec le dehors, ne diffère plus du parent que par une taille moindre. Le pédicule ( pd .) qui le rattachait à celui-ci ne se rompt pas cependant; il persiste, aminci et allongé sous la forme d’un cordon vasculaire qui fait communiquer le bourgeon parle sommet de sa face ventrale avec la partie latérale du corps du parent. Ce canal s'ouvre dans les cavités générales de l’un et de l’autre et permet le passage du sang et d’éléments cellulaires migrateurs de celui-ci dans celui-là.

Formation de la colonie. — Chez les autres Synascides, les colonies sont peu ou point régulières, les jeunes bourgeons se séparent de bonne

heure et complètement du parent, et prennent dans la colonie une place qui n’a rien de bien précis. Aussi la formation de la colonie n’a-t-elle pas motivé une étude spéciale. Ici, c’est l'inverse, le mode de formation de la colonie est fort compliqué et demande des explications.

Pour le bien comprendre, il est nécessaire de remonter à la larve issue de l’œuf. Cette larve commence à bourgeonner lorsqu'elle est encore contenue dans l’organisme maternel et d’une manière toute semblable à celle de l’adulle, par un refoulement pair de sa cavité péribranchiale. Mais le bourgeon de droite (48, fit g. 9 , brg.) continue seul à évoluer (*), et la larve fixée (50, fi g. 4, Irv.) ne donne qu’un bourgeon b1, qui engendre deux bourgeons 6* (50, fig. 2), lesquels engendrent chacun deux bourgeons b'6 (fig. 213). Ainsi se trouve formé, après la disparition de la larve, un petit groupe de sept individus, 1 ô1, 2 et 4 ô3. Ces sept individus sont reliés les uns aux autres par les pédicules d’attache résultant de leur mode de formation. Bientôt, chacun des 4 b 3 donne 2 bfi et le groupe se trouverait alors formé de quinze indvidus cohérents entre eux (49 fig- 4). Mais à ce moment, b 1 meurt et, par sa disparition : 1° ramène le nombre des individus

( 1 ) Pizon attribue l’atrophie du bourgeon de gauche au fait que l’intestin viendrait à un moment s’appuyer contre lui et l’empêcher de grandir.

Fig. 213.

Colonie de Botryllus Schlossci'i en voie de formation (d’ap. Pizon).

ann. v., anneau Yasculaire colonial;

1>1, 1»>. 1*3, bourgeons de lt:r, 2« et 3° ordre.

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