AMPHIOXUS ET VERTÉBRÉS
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au bourrelet qui limite, chez les Vertébrés, le bord du slomodæum.
Le vélum se retrouve chez l’Ammocète, mais la langue , présente à un degré quelconque chez tous les Vertébrés, manque à LAmphioxus.
Dans le pharynx , nous n’avons pas à revenir sur les fentes branchiales, mais nous devons parler de ses autres organes. 11 y a là tout un appareil glandulaire et vibratile qui constitue un des principaux traits de ressemblance avec les Tuniciers et paraît n’avoir aucun représentant chez les Vertébrés. Il n’en est rien. L 'endostyle a un représentant inattendu dans le corps thyroïde , ainsi que l’a démontré W. Muller. Chez l’Ammo-
Fig. 270.
Coupe sagittale à travers l’extrémité supérieure du corps de l’Àmmocète.
A, larve dès après l'éclosion (irn. Gegenbnur) ; H, larve un peu plus avancée (im. liai four).
au., vésicule auditive; 1».T bouche avec le vélum au fond br., poches branchiales; c., cœur; ép., épiphyse ; olf., organe olfactif; tli., invagination du corps thyroïde.
cète en voie de développement (fig:;269), l’endostyle (th.) se présente avec des caractères qui ne permettent pas de le méconnaître : il est seulement plus court s’étendant seulement jusqu’à la cinquième branchie, puis on voit cette gouttière s’enfoncer et se transformer en un sac ovoïde qui, chez l’Ammocète achevé, communique encore avec le pharynx par un trou situé entre les branchies de la quatrième paire; enfin, chez la Lamproie, ce Irou se ferme et le sac épithélial se transforme en un amas de follicules brunâtres constituant une glande thyroïde incontestable.
bien plus, chez cette même Ammocète (fig. 270), on voit partir de la partie supérieure de l’orifice du sac thyroïde, une paire d’arcs ciliés tout à fait comparables à ceux de l’Àmphioxus, qui contournent le pharynx, un
Développement du stomodænm, delà fossette olfactive et de l’hypophyse chez V Ammocète (d’ap. Dohrn).
A, B, C, D, stades successifs du développement; ep., épiphyse; liy., hypophyse; 1. i., lèvre inférieure ; ntc., notocordo; olf., fossette olfactive; st., slomodæum; t. d., tube digestif.
PROCOUDÉS
de chaque côté, vont se rejoindre dorsalement et courent de haut en bas jusqu’à l’entrée de l’œsophage, tout à fait comme chez l’Amphioxus pour la gouttière épipharyngienne . Même, ces deux bandes ciliées se recourbent une seconde fois, vers le haut, et vont rejoindre, en suivant la face ventrale du pharynx, l’extrémité inférieure du sac thyroïde (').
L 'estomac, Yintestin ne présentent rien de particulier; Yanus est intéressant, moins par sa déviation légère à gauche, dont nous connaissons la cause mécanique, que par sa situation non terminale par suite du développement d’une région postanale du corps correspondant à la queue des Poissons.
Le foie esta citer pour ses grandes dimensions et l’extrême simplicité de sa structure. N’était sa situation, on serait plutôt tenté de le comparer aux appendices pyloriques des Poissons.
Cavités générale et péribranchiale. — Il y a peu à dire de la première qui est d'origine entérocœlienne comme chez les Vertébrés, et ne doit les particularités très spéciales de sa forme qu’au développement de la cavité péribranchiale.
Celle-ci au contraire semble constituer une différence capitale entre les deux types. Mais, en y regardant de près, on voit que certains Vertébrés présentent des formations comparables. L’opercule des Téléostéens constitue une sorte d’atrium pour les branchies; le canal qui, chez la Myxine, recueille l’eau issue des branchies pour la conduire au dehors à un pore unique ventral est déjà quelque chose de plus semblable; et la ressemblance devient tout à fait frappante lorsque l’on établit la comparaison avec la cavité atriale du têtard de la Grenouille (fig. 271). On sait que chez voiture du cloaque; ces aTîjmaux, il se développe, par-dessus les orifices branchiaux externes, une sorte de tablier membraneux qui se soude à la paroi ventrale du corps, sauf en un point qui constitue un spiraeulum tantôt médian, tantôt latéral. Il est fort probable
Fig. 271.
Face ventrale du têtard de Rana clavata (d’ap. Willey).
(’) Dohrn a cherché à prouver que le sillon péricoronal des Tuniciers et de FAmmocMc (et par suite celui de FA mphioxus) serait l’homologue des évents des Sélaciens, et ceux-ci les homologues des pseudobranchies des Ganoïdes et des Téléostéons, toutes ces formations représentant des évolutions diverses d'une paire de fentes branchiales située au-dessus de celles qui ont persisté comme telles, entre l’arc hvomandihulaire et l’arc hyoïdien, d’où celle conclusion que les Tuniciers et FAmphioxus soûl des Poissons dégénérés. Van Beneden et Julin ont montré le peu de validité de ces homologations et conclu avec raison : 1° que les Tuniciers sont des êtres dégénérés, mais non des Poissons dégénérés, car ils ne se sont jamais élevés au stade Poisson et se. sont détachés avant l’origine des Poissons du tronc des Procordés; 2° que rAmphioxus ne montre point de signes de dégénérescence et forme un court rameau ascendant du tronc des Procordés, détaché, lui aussi, avant l’origine des Poissons.