SQUELETTE DERMIQUE, ÉCAILLES
parmi les cellules cylindriques de la matrice épidermique et viennent s’insérer sur la membrane basilaire, comme chez les Cyclostomes; il existe des formes de passage entre les deux sortes de cellules. Enfin un réseau de cellules Iymphatiques indifférentes, parfois isolées, court parmi les cellules glandulaires de la couche profonde. A la base des cellules de la matrice une sécrétion particulière forme à la surface de la membrane basale une fine denticulation ou des bâtonnets serrés qui contribuent à donner à la peau un éclat métallique t.
Le derme sous-jacent à l'épiderme est formé de faisceaux fibreux, obliques par rapport à l'axe du corps et formant des assises successives assez régulières; les faisceaux d'une assise croisent ceux des assises entre lesquelles elle est comprise ; d'autres faisceaux verticaux, plus ou moins régulièrement disposée traversent plusieurs de ces assises et les relient entre elles, en même temps qu'ils servent de véhicules aux vaisseaux et aux nerfs. Les couches conjonctives voisines de l'épiderme sont plus làches que les autres et plus riches en cellules. Le derme tout entier est dépourvu de muscles et de glandes, mais il contient souvent soit dans sa partie superficielle, soit dans sa partie profonde, de très nombreuses cellules pigmentées. Ces cellules sont éloilées, à prolongements nombreux, susceptibles d’émerger jusque dans les régions les plus superficielles de l’épiderme ; mais elles viennent toujours du derme. Grâce au jeu de ces chromatophores, l'animal peut changer de couleur et s'adapter à la couleur du fond sur lequel il vit?. Les chromatophores sont souvent en rapport avec des terminaisons nerveuses et c'est par l'intermédiaire de l'œil que la couleur du fond réagit sur celle de l'animal qui la reproduit presque exactement. |
Squelette dermique; écailles. — Les MARSIPOBRANCHES et un assez grand nombre de TÉLÉOSTÉENS (SILURIDÆ, MALACOSTEIDÆ, beaucoup de STOMIATIDE, CONGERIDE, GYMNOTIDEÆ, divers BROTULIDÆ, ACROTIDE, etc.) ont la peau entièrement nue ou soutenue par des plaques osseuses. Chez la plupart des Poissons, elle produit cependant des formations spéciales, les écailles. Les formes les plus simples d'écailles se rencontrent chez les SÉLACIENS. Elles consistent en papilles tégumentaires, inclinées en arrière (fig. 1662), dont la partie interne fournie par le derme se transforme en ivoire, tandis que la couche profonde de l’épiderme qui la recouvre produit une substance particulière de revêtement, l'émail. Nous appellerons protolépide l'écaille ainsi réduite. Par-l'ossificalion de la partie du derme voisine de la papille, la formation se complète et devient une écaille placoide. Telles sont les nombreuses petites écailles, à base souvent rhomboïdale (Centrophorus), qui forment un revêtement continu aux Sélaciens et qui, chez les Raies, deviennent moins nombreuses, plus grandes, se distribuent suivant certaines lignes et constituent ainsi les boucles de ces animaux. Chez les Requins, ces organes peuvent constituer en avant des nageoires impaires de puissants aiguillons protecteurs (fig. 1648) qui représentent à eux seuls ces nageoires chez certaines Raies (Trygon, Myliobates) et peuvent même à leur tour disparaitre (Torpedo). Les aiguillons se forment plus profondément que les boucles ordinaires. On doit en rapprocher les organes denliformes disposés de chaque côlé du rostre des Pristis et qui ont valu à ces animaux
le nom de Scies.
1 F. Maurer, Die Epidermis.
2 Poucaet, Journal d'anatomie et de physiologie, t. VIN.
2312 s POISSONS.
Les écailles des Ganoïdes sont déjà assez différentes de celles des Sélaciens. Dans les types les plus anciens, elles se montrent sous la forme de petites plaques intra-
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