SQUELETTE DERMIQUE, ÉCAILLES
e’est à des écailles de ce genre que se réduit l'armature dermique des Spatularia.
Il n'y a pas de délimitation précise entre les écailles contiguës de ces Poissons ; mais il se forme dans la région antérieure des plaques un épaississement qui s'avance au-dessus de la plaque voisine, de sorte que toutes les plaques paraissent imbriquées ; chezquelques fossiles, elles présentent même une sorte d’articulation. Dans chaque plaque il peut exister soit un canal unique, soit un petit nombre de canaux (Lepidosteus), soit un réseau
de canalicules (Polypterus,
fig. 1663 et 1664). La substance fondamentale de l'écaille est de la substance osseuse ; elle se constitue la première, formantune plaque basilaire qui se couvre d'abord de nombreux protolépides analogues à ceux des Sélaciens (fig. 16661; ces protolépides se fusionnent et leur ivoire forme à la plaque osseuse un revêtement d’une substance nettement différente de l'émail, la ganoïnet.
Le bord postérieur des écailles commence à se séparer neltement du bord antérieur des écailles environnantes chez les Polypterus (fig. 4664); l'écaille s'individualise ainsi, se développe régulièrement sur tout son pourtour et abandonne la forme plus ou moins rhom-
1 0. HexrwiG, Ueber der Hautskelel der Fische, Morpholog.
Jahrbuch, Bd. I et V: — H. KLAATSCH, Zur
Fig. 1666. — Zepidosteus osseus. — 1. P
elite plaque osseuse de la
peau de la face inférieure de la tête. — 2, Bouton d'émail de cette plaque. — 3. Peau de la face inférieure de la tête avec plaques osseuses. — d, dent cutanée; a, émail: , crochets de sa surface ; h, anneau d'insertion d’une dent résorbée; oc, plaque basale (d'après O. Hertwig).
Fig. 1667. — Pièces du squelette dermique des Poissons. — 1. Ossif-
cation dermique de la face ventrale de l'Antennarius hispidus. — 2. Ossification dermiqué de la face inférieure de la mandibule du Malthe vespertilio. — 3. Os dermique d'un petit Dactylopterus volitans, vu latéralement. — 4. Portion de peau du mème. — 5. Ossification dermique de Balistes capricus. — a, aiguillon principal; s, lignes de clivage (Schichtung); {, cavité dans l'aiguillon : a, aiguillons accessoires; €, peigne principal; c', bandelettes de la plaque basale (d’après Hertwig).
Morphologie der Fischschuppen, ibid., Bd.
XVI; — Io., Ueber die Herkunft der Scleroblasten, ibid., Bd. XI.
bique pour la forme cycloïde. Chez tous les CROSSOPTÉRYGIENS d’ailleurs, la ganoine se réduit à des saillies variées suivant les genres, et la plaque basilaire, purement osseuse, prend ainsi une importance prédominante; elle est déjà caractérisée comme unité morphologique chez les Lepidosteus par l'existence à son intérieur d’un canal unique. Ce canal existe aussi dans les écailles d'Amia (Stéphan), mais il demeure à l’état rudimentaire. Les écailles cycloïdes des TÉLÉOSTÉENS ont une partie libre et une partie couverte.
Sur la partie libre persistent des protolépides, chez les SILURIDÆ Cuirassés (Hypo- STOMATINÆ), où les petites écailles peuvent même garder par place l’arrangement caractéristique des Ganoides (gorge des Hypostoma) ; mais au lieu de se fusionner comme chez les Lepidosteus, = - = les protolépides demeurent Fig. 1668. — Coupe longitudinale à travers un lambeau de tégument indépendants i et chacun
en ne lot CORRE ON Ann EE
sous-épithélial ; z, substance osseuse homogène de l'écaille ; tubercule osseux de la plaque
. raie: etre rete Eve plaque basale; c, plaque basale; basale. Chez les autres Té-
LÉOSTÉENS les protolépides font défaut, et bien que l'écaille résulte de la transformation des mêmes tissus que chez les Poissons étudiés jusqu'ici, elle prend une structure nouvelle déjà réalisée chez les Amia. Elle est désormais formée de deux couches superposées : une couche superficielle marquée de bandelettes saillantes et contenant des corpuscules osseux ; une couche profonde formée de plusieurs lames de tissu conjonctif calcifié (fig. 1668) dont les plus inférieures contien-
Fig. 1669. — Gasterosteus aculeatus où Épinoche nent seules des corpuscules
(d'après Hæckel et Kner). osseux. De même que chez
les Sélaciens des écailles
nouvelles se forment entre les anciennes; leurs ébauches sont situées dans la
couche la plus superficielle du derme, et naissent chacune dans une poche spéciale
sous forme d'une plaque cellulaire dont l'assise superficielle forme la couche
supérieure osseuse de l’écaille et l’assise profonde la couche inférieure fibreuse et simplement calcifiée.
Dans plusieurs familles les écailles de certaines régions du corps ou même des écailles isolées (Carpe miroir) peuvent prendre un développement exceptionnel; on observe ainsi de chaque côté quatre rangées d'écailles rhomboïdales chez les AGONIDÆ, une seule chez les Gasterosteus (fig. 1669). Les écailles agrandies forment