‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 26 sur 96 · ADAPTATIONS SPÉCIALES DES NAGEOIRES IMPAIRES · texte numérisé non relu

ADAPTATIONS SPÉCIALES DES NAGEOIRES IMPAIRES

rygium du Polypterus dont ils rappellent la forme, mais dont ils ne paraissent pas procéder; ils se rejoignent sans se souder sur la ligne médiane et portent sur leur bord libre trois ou quatre cartilages, qui sont les restes des rayons suppléés ici, comme dans la nageoire pectorale, par des rayons osseux secondaires.

Les deux pleuroptérygium ossifiés constituent tout le bassin des TÉLÉOSTÉENS; ils ont été quelquefois, "eux aussi, désignés sous le nom de pubis. La forme de ces os est extrêmement variable. Chez les Sulmo, ils constituent deux pièces transverses, contiguës sur la ligne médiane et supportant deux longs prolongements antérieurs, triangulaires, qui s'affrontent par leur sommet. Ces prolongements se touchent sur toute leur longueur chez les Perca. Ailleurs, les deux os s'allongent, s'accolent sur la ligne médiane et peuvent porter sur leur bord antérieur un ou deux prolongements (Arius) dont les internes peuvent également s'affronter en suture (Trigla). Les rayons secondaires des nageoires s’articulent directement avec ces 05. Leur nombre est beaucoup moins considérable que celui des nageoires antérieures ; il oscille le plus souvent autour du nombre cinq, qui est le plus fréquent, mais peut tomber à un quand la nageoire s’atrophie. Le nombre de ces rayons à élé souvent employé pour la caractéristique des genres (Voir la classification).

Adaptations spéciales des nageoires impaires. — Il arrive fréquemment qu'un certain nombre de rayons des nageoires dorsales se transforment en organes tactiles et s'isolent du reste de la nageoire (LopnripÆ). Des rayons de ces nageoires deviennent assez souvent des aiguillons venimeux !. La queue des Aëtobutis est armée d'aiguillons barbelés dont les piqûres causent de vraies souffrances, quoique ces aiguillons ne soient accompagnés d'aucun appareil venimeux spécial. Des aiguillons venimeux se trouvent aussi dans la nageoire dorsale et parfois dans la nageoire anale de diverses espèces de Doras, Arius, Bagrus, Pimelodus, Plotosus, Perea, Nephon, Therapon, Holocentrum, Psettus, Amphacanthus, Scorpæna et des genres voisins; ils sont ici creusés latéralement de gouttières dans lesquelles sont logées de vérilables glandes venimeuses ?, déversant isolément leur venin à la surface de l’aiguillon; il y a aussi des aiguillons venimeux dans les nageoires abdominales. Chez le Trachinus vipera, on observe une structure analogue dans les aiguillons de la 1'° dorsale et de l’opercule. Dans les aiguillons dorsaux également cannelés latéralement des Synanceia, il y a près de leur extrémité deux glandes bien caractérisées, pourvues chacune d’un canal excréteur, un canal complet est creusé pour l’émission du venin dans les aiguillons dorsaux et operculaires des Thalassophryne.

C'est aussi le squelelte de la nageoire dorsale qui fournit celui de la ventouse céphalique des Remora. Cette ventouse ? cousiste en un disque ovale s'étendant de l'os maxillaire supérieur à la région des nageoires pectorales; le disque est limité par un rebord saillant de tissu conjonctif revêtu d'épiderme; il est divisé en deux moitiés par un sillon médian et dans chaque moitié on compte dix-neuf peignes cornés (fig. 1741, c), rangés comme les lames d'une jalousie et reliés entre eux sur la ligne médiane par de forts ligaments; les peignes de milieu s’insèrent à angle droit sur la ligne médiane, les autres sont un peu inclinés symétriquement par rapport

1 H. Coururier, Poissons venimeux el poissons vénéneur, 1899.

? D. Maria Saccmi, Sulla structura degli organi del Veneno della Scorpæna, Alti della Socielà ligustica di Scienza naturale e geographica, 1895.

3 Niemiec, Les Ventouses dans le Règne animal, Recueil zoologique, Suisse, t. Il, 1885.

à ceux-là et vont en diminuant de longueur à mesure que l’on se rapproche des extrémités du grand axe de l’ellipse; ces lames sont dirigées en arrière, de sorte que la natation du poisson sur lequel est fixé le Rémora tend à les redresser et à rendre la fixation plus solide. La ligne médiane du disque est occupée par les interépineux de la nageoire dorsale (a), élargis latéralement en deux lobes osseux symétriques; ils sont unis par une puissante membrane longitudinale. Entre deux interépineux consécutifs on voit une lame osseuse transversale, l'os trabéculaire (b), logeant l'interépineux dans une dépression médiane; celte lame décrit de chaque côté de la ligne médiane d'abord une courbe à concavité postérieure, puis se divise en deux lobes : l'un (c') interne, petit, l’autre externe (b), très allongé; les plans de ces deux lobes sont un peu obliques l’un sur l'autre. Les dents du peigne sont portées par des pièces spéciales (c) appuyées par une sorte de manche, d'une part sur le lobe latéral de chaque interépineux, d'autre part sur le grand lobe de la lame transversale : passant entre le grand lobe et le petit, elles se meuvent avec ces pièces.

Il est bien vraisemblable que les interépineux re-

Nik À \

:L'NMIN Re NL ZA

Page 1