‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 25 sur 96 · ES · texte numérisé non relu

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Fig. 1738. — Membres postérieurs de CAlamydoselachus. — pl, pelviptérygium ; pr, pleuroptérygium ; >, rayons fixés sur le pleuroptérygium; bp, basiptérygium; cl, cloaque; Ay, hypoptérygium; a, anus; abp, m, partie charnue de la nageoire.

poptérygium. La nageoire, adhérente au corps sur toute sa longueur, est

soutenue par vingt-cinq rayons dont douze s’insèrent sur les bandes iliaques et treize sur les basiptérygium ou bandes ischiatiques. Tous les rayons sont tripartis, sauf les trois derniers, qui sont continus; les trois premiers sont soudés à leur base.

Le pelviptérygium se raccourcit avec l'âge chez les autres Sélaciens; il n’est plus, par exemple chez les Heptanchus (Gg. 1739, n° 1,p), que le cinquième de la longueur des bandes ischiatiques (b) au lieu de les égaler; dès lors les pleuroptérygium ne sont plus représentés que par une petite pièce séparée par une suture du pelviplérygium, et portant trois ou quatre rayons dont la région basilaire peut se souder avec elle (Carcharias, fig. 1739, n° 2, pb, Cestracion). Ces parties s'insèrent encore sur les côtés du pelviptérygium, qui est ainsi muni de rayons comme chez les Chlamydoselachus ; mais elles passent au-dessous chez les Scyllorhinus, et les pleuroptérygium, qui déjà, chez les Cestracion, élaient non plus au-dessus, mais sur le côté

externe des basiptérygium (b), cessent même de s’insérer sur le pelviptérygium pour se fixer sur le basiptérygium. C’est la disposition qui est générale chez les Raies et chez les Chimères. Dès lors le pelviptérygium peut s’allonger au-dessus des autres parties de la nageoire en processus latéraux qui remontent du côté dorsal et arrivent ainsi à former une ceinture pelvienne complète. La conformation générale du basiptérygium demeure d’ailleurs sensiblement la même, sauf que les articles terminaux de ses rayons peuvent se souder en pièces disposées en mosaïque (Cestracion). Il y a tout lieu de penser que les pleuroptérygium et les basiptérygium des Sélaciens résultent de la soudure ou de la concrescence des parties basilaires des rayons qu'ils supportent. Une crête que porte sur la ligne médiane ventrale le pelviptérygium (fig. 1758) indique, à son tour, que cette pièce pourrait bien résulter

Fig. 1739. — Squelette cartilagineux d'une nageoire ventrale : 1, d'Æeptanchus; 2, de Carcharias. — p. pelviplérygium ; pb, pièces basilaires et rayons correspondant au pleuroptérygium ; 6, basiptérygium ; tb, hypoptérygium.

de la fusion de deux pièces latérales paires qui ne seraient elles-mêmes que des processus des pleuroptérygium.

En se plaçant à ce point de vue on s'explique facilement dans quels rapports se trouvent le squelelte de la nageoire des PLEURACANTHIDE (fig. 1742 et 1743) et celui de la nageoire des Sélaciens. Dans le premier groupe, les segments basilaires des rayons antérieurs se sont seuls soudés pour constituer les pleuroptérygium, qui sont eux-mêmes demeurés indépendants l'un de l’autre, de sorte qu'il n'y a pas de pelviptérygium; pour les autres rayons, les segments basilaires, un peu dilatés, se sont simplement unis par une suture de manière à constituer un axe plurisegmenté correspondant au basiplérygium des Sélaciens, des Raies et des Chimères. Chaque segment de cet axe porte sur son côté externe un rayon plurisegmenté simple et indépendant de ses voisins chez les Pleuracanthus. Chez les Xenacanthus femelles, les rayons du basiptérygium se pressant les uns contre les autres, quelques-uns des segments des rayons voisins se soudent en pièces irrégulières, tandis que certains rayons, au contraire, se ramifient, de sorte qu’il devient difficile

de reconnaitre l’arrangement primitif. Tandis que le squelette du membre antérieur présentait déjà un arrangement bisérié, celui du membre postérieur demeurait unisérié parce que sans doute, à la façon de celui des Sélaciens et des Raïes, il était moins indépendant de la paroi du corps. Cette indépendance étant entièrement acquise chez les Ceratodus, le squelette du membre postérieur devient, à son tour, bisérié; mais sauf quelques autres modifications de détail, il conserve le type de celui des PLEURACANTHIDE. Les deux pleuroptérygium se soudent en un pelviptérygium qui présente un long processus antérieur, deux processus latéraux et un postérieur peu saillant; ils ne portent pas de rayons, pas plus que les deux premiers segments du basiptérygium, dont le

1 Ts 9 premier est court comme chez les PLEU- RACANTHIDÆE,; le troisième segment porte deux rayons en dedans et (rois en dehors, plus ou moins soudés à leur base; le quatrième segment porte deux rayons en dedans, un en dehors; les autres ne portent d'ordinaire qu'un seul rayon de chaque côté. Sauf la réduction ou l'absence des rayons, le membre postérieur des Lepidosiren et des Protopterus reproduit celui des Ceratodus, et l’on peut encore, comme pour le membre antérieur, en trouver un souvenir chez les Polypterus. C'est en effet le seul Poisson actuel chez qui il existe encore un pelviptérygium, à la vérité rudimentaire; les deux basiptérygium, ossifiés dans leur région moyenne, viennent néanmoins s’y attacher, et portent quatre

rayons ossifiés également dans leur région Fig. 1740. — Nageoires postérieures cartilagineuses moyenne.

des CHONDROSTÉENS. — N° 1 et 2, Polyodon folio- . .

sus. — N° 3, Scaphyrhynchus cataphractus. — La nageoire ventrale des CHONDROS-

N° 4, Acipenser ruthenus : B, pleuroptérygium ; TÉENS est unisériée comme celle des Séla-

b, puits basilaires; r, rayons (d'après Wieders- : ; s

heim). ciens; mais les rayons confluent à leur

base de manière à former une série de

pièces (Polyodon, lig. 1740, n° 1) ou une pièce triangulaire unique (Scaphirhynchus) que l'on peut comparer au pleuroptérygium des Sélaciens et qui est comme lui traversée par des nerfs; il n’y a pas de basiptérygium ; les deux pleuroptérygium s'unissent encore sur la ligne médiane chez les Scaphirhynchus; partout ailleurs ils sont séparés et le nombre de leurs rayons peut être treize (Polyodon, fig. 1740, n° 1), dix (Acipenser, fig. 1740, n° 42), etc. Ces rayons sont porteurs à leur extrémité libre de petits cartilages représentant des segments rudimentaires ; à leur point d'attache avec le pleuroptérygium, celui-ci présente parfois (Polyodon, n° 1) des saillies dorsales unisériées qui peuvent être en nombre égal à celui des rayons, correspondent aux bandes iliaques des Chlamydoselachus et affirment ainsi l'origine métamérique du bassin des Sélaciens. Chez le Lepidosteus et l'Amia les pleuroptérygium

sont recouverts d’une gaine osseuse dans leur région moyenne comme le basipté-

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