III. EMBRANCHEMENT VERTÉBRÉS
Phanérocordes à corde dorsale bien développée chez l'embryon, sur presque toute la longueur du corps, le plus souvent remplacée chez l'adulte par une colonne vertébrale formée soit de cartilages, soit d'os fondamentalement semblables entre eux et métamériquement disposés. Moelle épinière dorsale terminée en avant par un renflement cérébral, protégé par une enveloppe cartilagineuse ou osseuse, le crâne. Ordinairement deux paires de membres: jamais davanage. Un cœur ventral, divisé au moins en deux cavités.
Généralités. — Affinités des Vertébrés. — Sous la forme des VERTÉBRÉS l'organisation animale atteint sa plus grande puissance. Les Vertébrés les plus inférieurs présentent déjà une telle complication organique qu'on ne peut songer à voir en eux des formes primitives, et qu'on est conduit à rechercher leur origine parmi les formes si nombreuses qui constituent ce que Lamarck appelait les Invertébrés ou les Animaux sans vertèbres. On a longtemps admis qu'un hiatus profond les séparait de ces animaux. Depuis 1866, date à laquelle Kowalevsky révéla leurs affinités inattendues avec les Tuniciers, on a cherché leurs ancêtres un peu parmi tous les groupes d'Invertébrés. Tandis que quelques-uns voyaient dans les Tuniciers un terme généalogique entre les Mollusques et les Vertébrés, dont ils sont en réalité les descendants dégradés (p. 2171), Hæckel imaginait un groupe hypothétique de Vers, les Scoliecda, qui aurait donné simultanément naissance aux Vertébrés et aux Tuniciers; Semper et Balfour découvraient simultanément l'étrange ressemblance de l’appareil rénal des embryons de Sélaciens avec les néphridies des Vers annelés, et fondaient ainsi la théorie annélidienne des Vertébrés adoptée, entre autres, par Dohrn et Segdwick Minot!; Albert Gaudry se montrait frappé des ressemblances des Poissons primaires tels que les Pterichthys avec les Mérostomés, leurs contemporains; Cope assimilait, au contraire, ces Pterichthys à certains Tuniciers à tégument couvert de plaques, tels que les Chelyosoma; un peu plus tard Bateson s’efforçait de retrouver dans les Balanoglossus des traits d'organisation susceptibles de les rapprocher des Vertébrés (p. 1928); puis Hubrecht réclamait pour les Némertes la qualité ancestrale; Patten, en 1891, développait la thèse que les Vertébrés avaient pour ancêtres des Arachnides ?, au moment et dans le recueil même où Gaskell tenait pour les Crustacés; enfin, persuadé que les animaux primitifs étaient tous pélagiques, Brooks *, suivi par Willey #, croit trouver dans quelque animal apparenté aux Appendiculaires l'ancêtre tant cherché. Si l’on s’en tient rigoureusement aux lois universellement acceptées et
1 Voir Epmoxp Perrier, Les colonies animales, 1881, où cetle thèse est également défendue.
? Quarterly Journal of microscopical Science.
3 Brooks, The genus Salpa.
+ \Vizcey, Amphioæus and the ancestry of Vertebrata.