‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 52 sur 96 · SYSTÈME URO-GÉNITAL · texte numérisé non relu

SYSTÈME URO-GÉNITAL

BRANCHES est remplacé par deux tubes parallèles, le canal de Müller et le canal de Wolf ou canal de Leydig. Le premier constitue l'oviducte des femelles qui s'ouvre par un pavillon dans la cavité générale; il est plus ou moins atrophié chez le mâle - et réduit d'habitude à un court canal rattaché au foie (p. 2641). Le canal de Wolf supporte de nombreux canalicules représentant des mésonéphridies pour lesquelles il constitue un canal collecteur secondaire. Ces mésonéphridies d'abord simplement tubulaires présentent dans leurs structure et dans leurs rapports des transformations importantes, différentes dans les deux sexes et qui sont décrits p. 2641. Dans leur ensemble, les reins, chez les Sélaciens, ont la forme de deux lames allongées, situées à droite et à gauche de la colonne vertébrale, ordinairement atténuées en avant et présentant sur leur bord des indentations, restes de leur structure primitivement métaméridée. A la surface de ces lames s'ouvrent des pavillons vibratiles ou néphrostomes que l’on peut mettre facilement en évidence en baignant de liqueur de Flemming les régions qu'ils occupent; l'acide osmique contenu dans la liqueur est réduit par les entonnoirs et les tubes néphridiens qui se colorent en noir'. Les dimensions de ces pavillons vibratiles variant de 1 à 30 millimètres; leur nombre varie d'un individu à l’autre et, au cours de la vie, sur le même individu; ils se ferment en partie chez les adultes. On en trouve toujours de persistants dans les genres Heæanchus, Scymnus, Squalus, Etmoperus, Centrophorus, Oxynolus, Scylliorhinus, Pristiurus, Chiloscyllium, Squatina. Leur nombre maximum a été constaté chez les Centrophorus, le nombre minimum chez les Pristiurus, où il n’y en a que 10 ou 11. Chez les Squalus il n’y en a pas le même nombre à droite el à gauche; Fig. 1816! L'Reïns du Salmo tandis que les mâles en présentent de 34 à 28, les femelles l'ario. — R, reins; U, uretère; n’en ont que 27 à 23. La disposition métamérique si fré- Le ge Caves Ve one) quente au début du développement de l'organe (fig. 1815) sous-clavières (d'après Hyrll). est masquée chez l'adulte par l'abondance des tubules.

Les HÉLOCÉPHALES présentent une disposition plus primitive que celle des Sélaciens; chaque néphridie se continue par un canal excréteur propre qui garde son indépendance jusqu’à l'extrémité postérieure du corps ?.

Les reins des Drpnés forment deux corps rubannés, lobés latéralement, très amincis en avant, se réunissant en arrière, moins aplatis et beaucoup plus courts chez les Ceratodus que chez les Protopterus. Leurs canaux collecteurs très courts et enfermés dans leur substance chez les Protopterus, logés dans une fente du péritoine chez les Ceratodus, s'ouvrent très près l’un de l’autre, mais indépendamment, dans le cloaque de chaque côté de l’orifice d’une poche qui n’est autre qu'une vessie

1 F. Gurtrez, Sur un procédé facilitant la recherche des entonnoirs des reins des Sélaciens, Archives de Zoologie expérimentale, 3e série, t. V, 1897.

2 C. Raoeke, Kleine Beitrage zur Analomie der Plagiostomen, Tidj. Nederl. Deckunde, Decl., VI, 1899.

urinaire. Ces reins sont manifestement des mésonéphros; il existe chez les femelles un canal de Müller semblable à celui des Sélaciens. Les canalicules rénaux s'ouvrent vraisemblablement dans la cavité péritonéale par des néphrostomes.

L'appareil néphridien des GANOÏDES CHONDROSTÉENS s'étend de la base du crâne jusqu’au cloaque; il est recouvert par une lame péritonéale fortement pigmentée. On y peut distinguer une région antérieure dilatée; une région moyenne étroite et élargie et une région postérieure d'abord très large, mais qui va ensuite en se rétrécissant; les deux reins se soudent dans cette région le long de la ligne médiane, ainsi que sur une petite partie de leur région antérieure. La région antérieure et une partie de la région moyenne sont transformées en un tissu adénoïde ; et il en est de même chez les Lepidosteus. Le canal collecteur secondaire commence immédiatement en avant de la région moyenne rubannée et s'étend jusqu'au cloaque. Sur une pelile étendue en arrière de la région confluente des reins, ce canal s'élargit, reçoit un très court canal de Müller et prend dès lors la signification d’un canal collecteur primaire. Il s'unit à son symétrique et le canal médian qui résulte de leur union s'ouvre au sommet d’une papille, un peu en arrière de l'anus. Sur sa face dorsale s'ouvrent par des pores de diverses grandeurs plus de 150 canaux excréteurs du rein. Les néphrostomes présents chez les embryons ont disparu chez les adultes. Les reins des Polypterus et des Amia sont représentés par deux bandelettes symétriques, accolées, de chaque côté de l'aorte, à la colonne vertébrale, depuis la région du cœur jusqu'à l'extrémité postérieure de la cavité générale; dans le premier, ils présentent des dilatations métamériques qui viennent se loger dans des fentes que présentent sur la face ventrale les corps des Vertèbres. L'uretère qui court sur leur bord se dilate en arrière chez l'Amia en une vessie qui se fusionne avec sa symétrique, la poche commune s’ouvrant elle-même à l'extérieur un peu en arrière de l'anus. Dans le genre Lepidosteus, les deux sexes présentent un canal de Müller en continuité avec le revêtement des glandes génitales, ce qui conduit aux dispositions propres aux Téléostéens ; il existe en outre un canal de Wolf avec tubules néphridiens. En arrière, le canal de Müller et le canal collecteur secondaire se réunissent de chaque côté en un canal unique (canal collecteur primitif) dans lequel débouchent un certain nombre de tubes néphridiens.

Cet appareil semble avoir été frappé d’un arrêt de développement plus ou moins grand chez les TÉLÉOSTÉENS. Le rein primitif peut, en effet, subsister comme rein fonctionnel, et parfois même en remplir seul les fonctions (Fierasfer), se transformer en un organe adénoïde, ou disparaitre. En tous cas, le système néphridien ne contracte avec les glandes génitales que des rapports insignifiants; le canal collecteur du pronéphros ne parait jamais se dédoubler, et c'est lui qui sert d'uretère. Il est généralement en partie enfoncé dans la substance du rein, en partie simplement adhérent à sa surface ventrale ou latérale et en recueille partout les canalicules. D'ordinaire, les deux canaux collecteurs se réunissent à leur extrémité postérieure, parfois sur une grande étendue (Thynnus vulgaris) et aboutissent à une wessie urinaire de forme très variable qui s'ouvre par une sorte d’urètre, en arrière de l'anus, au sommet d'une papille, Sur cette papille se trouve fréquemment aussi l'orifice génital (BLENNIIDE, GOBNDÆ, CYCLOPODIDE, elc.), quelquefois confondu en un pore uro-génital avec l'orifice de l'urètre. Les reins sont toujours situés entre la vessie nalatoire et la colonne vertébrale; leur étendue est extrêmement variable; ils peu-

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