F. Lance, Recherches sur les Tuniciers, 1890, p
de la gélatine (Ciona, et surtout Leptoclinum gelatinosum, Diplosoma gelatinosum), jusqu’à celle du cartilage (CYNTHnDÆ, Phallusia, Rhodosoma, Goodsiria, Didemnum) ou même de la corne (Chelyosoma). Assez souvent il s’y développe des fibres, comme dans la substance conjonctive, et il peut même arriver, notamment chez quelques CYNTHUDE, que ces fibres se prolongent à la surface du test soit en épines, recouvertes d’une substance chitineuse, soit en papilles (Cynthia papillosa), qu’elles se superposent en Couches successives d’un arrangement compliqué ou que des sillons régulièrement disposés la divisent en aires polygonales (Forbecella, Chelyosoma). Les couches externes de la tunique sont souvent éliminées, de sorte que l'animal présente à des intervalles indéterminés, une véritable mue (Ciona). On peut aussi trouver dans le test des spicules, qui sont siliceux chez certaines espèces de Salpes, calcaires chez certaines Ascidies composées, où ils se forment surtout en automne ‘ et constituent pour l’ascidiodème un appareil de protection hibernale. Les spicules des DIDEMNIDÆ apparaissent toujours sous forme de polyèdres à faces pyramidées, plus ou moins aiguës; plus tard des appositions de substance Calcaire transforment le polyèdre en un sphéroïde dont la surface demeure armée de pointes. Ceux des Cystodites sont lenticulaires et forment des gaines autour de la moitié inférieure du corps des ascidiozoïdes; des spicules peuvent aussi se trouver dans le sac branchial (Culeolus).
Quand le test est épais, il y pénètre des vaisseaux qui naissent, chez l’adulte, de deux troncs placés côte à côte près de l'extrémité postérieure de la face ventrale (fig. 1577, vt); ces deux troncs donnent naissance à des branches qui se ramifient toujours parallëlement et dont les couples de ramuscules, surtout nombreux dans la région périphérique du test, aboutissent respectivement à un bulbe (rt) par l'intermédiaire duquel les deux vaisseaux d’un même couple communiquent entre eux. Ces vaisseaux sont enveloppés d’un étui exodermique qu'ils ont entrainé avec eux, en pénétrant dans le test. Chez les Ascidies composées, le test est aussi pénétré soit de prolongements exodermiques, soit de canaux, prolongements de la cavité du corps des ascidiozoides et qui sont particulièrement bien développés chez les BOTRYLLIDXÆ. La paroi de ces canaux est souvent accompagnée de fibres musculaires qui, en se rétractant, peuvent amener des déplacements relatifs des. ascidiozoides (Leptoclinum Thomsoni). La coloration assez fréquente de la tunique est due soit à des pigments, soit aux globules du sang qui pénètrent dans les vaisseaux. Dans les espèces où il existe un pédoncule, on trouve toujours des prolongements vasculaires à son intérieur.
Le test est généralement plus ou moins irrégulièrement ovoide. Par une exception unique, chez les Rhodosoma il se divise en une partie basilaire et une partie operculaire qui se rabat sur elle, comme un couvercle sur une tabatière. Les deux siphons sont compris entre les deux valves du test et cachés entre elles quand elles sont rabattues (fig. 1563, n° 3, p. 2173).
Morphologie générale; manteau; cavités péribranchiale et périviscérale. — Lorsqu'on assimilait les Tuniciers à des Mollusques et leur tunique à une coquille, on a donné le nom de manteau à l'ensemble des tissus qui doublent la tunique et
1 Giarp, Recherches sur les Synascidies, Archives de Zoologie expérimentale, 1" série, t. II, 1873.
forment une sorte de sac dans lequel les viscères sont contenus. Le manteau est, en réalité, constitué par la paroi même du corps, doublée par la lame externe de deux sacs membraneux dont l’origine sera décrite p. 2269 et 2281 et dont la lame interne s'applique exactement sur la paroi pharyngienne pour constituer avec elle la branchie. La cavité (fig. 4577, pb) de ces sacs s'appelle la cavité péribranchiale. Il existe un sac péribranchial droit et un sac péribranchial gauche. Les deux sacs s’accolent du côté ventral, de manière à former une double cloison qui sépare complètement la cavité péribranchiale droite de la cavité péribranchiale gauche (fig. 1577). Au contraire, du côté dorsal les deux cavités entrent en large communication avec une Cavité médiane, la cavité cloacale (cl), qui communique avec l'extérieur par le siphon efférent (£) et dans laquelle viennent également s'ouvrir l'anus (a) et les conduits excréteurs vin ja des glandes génitales (od), À 1 lorsqu'ils sont développés.
C’est en tout cas toujours par l'intermédiaire de cette cavité que sont évacués les éléments génitaux ou les larves, dans les espèces incubatrices.La cavité péribranchiale est souvent traversée par des tractus vasculaires (vp) qui vont de la branchie au manteau.
Chez les BoTRYLLIDEÆ et les CIONIDÆ (Ciona, Diazona), l'in-