MANTEAU OU PAROI DU CORPS DES ASCIDIES ET DES SALPES
distinguer dans les faisceaux musculaires, des faisceaux secondaires composés à leur tour de fibres lisses. Une substance conjonctive parsemée de noyaux pâles pénètre toute la substance des faisceaux; elle est parcourue par d'innombrables fibrilles nerveuses qui la rendent facilement colorable.
Les STYELIDÆ conservent la musculature typique des CYNTHnIDÆ, et il en est de même, à peu de chose près, des Ciona, chez qui les fibres s'associent encore en faisceaux. Il s’y joint chez les Polycarpa une couche interne de fibres élastiques qui masquent l’arrangement des faisceaux musculaires et donnent au derme une grande résistance; mais ici l'assise des fibres longitudinales est beaucoup plus développée que celle des fibres transversales. Cette disposition s’exagère encore chez les Clavellina, où les faisceaux longitudinaux sont espacés et où les autres sont extrêémement réduits; quelquefois il existe une couche de fibres longitudinales internes (Polycarpa variuns, Styela canopus), et chez les Styelopsis, les fibres circulaires sont externes, les longitudinales internes.
Chez les MOLGULIDE, il n'y a plus d'arrangement régulier. Les fibres musculaires s'associent en faisceaux fusiformes, prolongés à chaque extrémité en un cordon tendineux; ces faisceaux sont très espacés; leur orientation est quelconque ; toutefois autour des orifices, ils affectent habituellement une disposition rayonnée. Le manteau s’amincit encore chez les AscipribÆ; dans celte famille la musculature se limite même le plus souvent à la moitié droite du manteau (Rhodosoma, Perophora), disposition qu'on observe déjà chez quelques CYNTHHDÆ. On peut attribuer à la présence de l'intestin, celte réduction asymétrique du système musculaire. Les fibres musculaires du manteau des ASCIDIiDÆ ne présentent plus aucune disposilion régulière; les faisceaux courent dans tous les sens, se ramifient et s’anastomosent en réseau. Il existe un réseau semblable dans le manteau du Tylobranchion speciosum. Chez les Chelyosoma, les faisceaux musculaires sont placés entre les plaques cornées, formées aux dépens de la partie supérieure du test (p. 2192).
Le manteau est aussi extrêmement mince et sa musculature très peu développée chez les Ascidies composées. Les fibres musculaires sont généralement groupées en faisceaux distincts et espacés les uns des autres. Il existe toujours des faisceaux annulaires parallèles dans les deux siphons; le plan de l'orifice du siphon cloacal est souvent oblique par rapport à l’axe de la branchie; dans ce cas les faisceaux annulaires sont parallèles à ce plan, et il peut en être de même des faisceaux de la paroi somatique; c'est ce qui arrive chez les Distaplia, Polyclinum, Glossophorum. Ce parallélisme a son intérêt, car il suffit à expliquer que dans les formes où les oritices afférent et efférent sont opposés, leurs anneaux musculaires respectifs devenant parallèles, les faisceaux musculaires somatiques prennent eux-mêmes l'aspect d’anneaux musculaires dont le plan serait perpendiculaire à l'axe du corps comme on le voit chez les Doliolum (fig. 1578, p. 2198) et un certain nombre de SALPIDÆ (fig. 1579). Chez les Distaplia on compte une douzaine d'anneaux musculaires complets. Les muscles obliques ne dépassent pas, en général, la région branchiale de l'animal. Chez les Glossophorum ces muscles sont au nombre de six paires; ils partent des lobes buccaux ou des espaces interlobulaires et sont plus courts à droite qu’à gauche en raison de la présence des œufs qui gênent leur développement. Chez les APLIDIIDÆ, des muscles partent également des lobes du siphon buccal, mais ces muscles sont longitudinaux; ils se prolongent le long des viscères et du stolon, où
ils se terminent dans deux prolongements coniques qui fixent l’animal à la tunique commune. Les muscles sont aussi longitudinaux chez les Cystodites, où on en compte jusqu'à vingt faisceaux, et chez les Diplosoma, où le nombre des faisceaux
varie suivant les espèces; le D. spon-
Std giforme présente, en effet, trois paires
Fe de faisceaux près du sillon ventral,
tandis que le D. gelatinosum n'en pos-
dl NE sède que deux, une ventrale et une
hi À > 4 dorsale, qui se réunissent dans un long
ï | Re appendice fixateur, attachant chaque
ie ascidiozoide à la lame inférieure de la
7 tunique commune. Les Diplosomoïdes
Fe (fig. 1581, p. 2200) et les Didemnum
Fig.. 1578. — Jeune oozoïde de Dololum. — O, orifice possèdent des appendices fixateurs ana-
afférent; Wb, arc cilié; Of, olocyste; N, ganglion logues, mais relativement plus courts. nerveux; St.d, cadophore encore rudimentaire: À, PSE orifice efférent; Br, branchie; St.v, stolon prolifère; Les Ascidiozoïdes des Pyrosoma de- C, cœur; Ænd, endostyle (d'après Grobben). meurent immobiles dans leur tunique commune; leur musculature se confine au voisinage des siphons. La musculature transversale se développe au contraire beaucoup chez les Doziouinx et les SALPIDÆ, où ses faisceaux forment un nombre déterminé de bandes nettement limitées dont la contraction détermine la ” natation de l'animal.
Ces bandes sont circulaires, au nombre de huit (formes asexuées) ou de neuf (formes sexuées) chez les Doliolum (fig. 1578 et fig. 1627, p. 2320).
Elles forment des cercles complets chezl’o00zoide des Doliolum,
sauf la première, qui Fig. 1579. — Thalia democratica-mucronata, forme agrégée, vue de profil. 1 P k di: — Wb, arc cilié; O, bouche; Z, languette prébranchiale; A, ganglion St incomplète dorsanerveux; Br, tube épibranchial, représentant la région médiane dorsale de À A la branchie (branchie des auteurs); À, orifice efférent; Vu, nucléus; C, lement ; re sn 78 cœur; Wr, gouttière ciliée; Aa, tunique; End, endostyle (d'après Grobben). bande est incomplète
ventralement chez les
phorozoides du même animal; elles le sont presque toutes chez les trophozoïdes.
Chez les Anchinia, voisines des Doliolum, les cercles musculaires sont remplacés par une paire de bandes latérales courhées en S !.
Parmi les SALPIDÆ, la Thalia mucronata a encore, comme les Doliolum (fig. 1579),
des cercles musculaires presque complets; mais dans la plupart des autres formes
les bandes musculaires sont interrompues sur la face ventrale, et peuvent même être
1 Il est donc impossible d’admettre les ordres des CycLomyariA et des DESMOMYARIA respectivement établis par Gegenbaur et Claus pour les Diololum et les Salpa, en opposant la continuité et la discontinuité respectives de leurs bandes musculaires. LALL