‹ Traité de zoologie (volume 3)Chapitre 23 sur 50 · ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

ORGANES DES SENS

Autour de la dilatation du canal déférent des Ciona, de nombreuses cellules rouges sont superposées à des lacunes serrées et séparées seulement de la cavité péribranchiale par une très mince couche épithéliale.

Organes lumineux. — Les Pyrosomes et les Salpes possèdent des organes producteurs de lumière, dont l'éclat a valu aux premiers de ces animaux le nom qu’ils portent. Ces organes ont chez les Pyrosomes la forme de deux longs cylindres situés de chaque côté du pharynx, près de la bouche. L’oozoide de la Cyclosalpa pinnata en présente cinq paires; les blastozoïdes n’en possèdent ordinairement qu'une paire située dans les espaces intermusculaires, sur les côtés de la face dorsale. Ces organes ont, chez les Salpes comme chez les Pyrosomes, l'aspect de cordons longitudinaux; mais ce sont en réalité des sinus spéciaux, remplis de cor-

‘ puscules sanguins, turgescents, irréguliers, granuleux, manifestement en dégénérescence. Chez les Pyrosomes la lumière très brillante produite par ces organes s’avive par l'excitation; les ascidiozoiïdes deviennent successivement lumineux à partir de celui qu’on excite, comme $’il leur transmettait l'excitation qu'il à subie.

Organes des sens. — Les Tuniciers fixés n’ont pour tout organe des sens, à l’état adulte, que les lobes périsiphonaux, qui jouent probablement le rôle d'organes tactiles, et des ocelles, taches pigmentaires de couleur rouge, alternant avec les lobes du bord libre du siphon branchial. Ces ocelles sont de simples amas pigmen taires, contenus à l'intérieur d’une cellule épidermique; ils reçoivent chacun un nerf. L’orifice branchial présente d’ailleurs presque partout des terminaisons nerveuses qui lui assurent une grande sensibilité et qui sont assez souvent surmontées dè soies tactiles.

Les formes pélagiques sont mieux pourvues. Les blastozoïdes des Salpes possèdent au voisinage de la bouche une paire de tentacules sensoriels exodermiques. Des tentacules de structure analogue se retrouvent à l'extrémité postérieure du corps des Pyrosomes t!. Chez les Pyrosoma, on observe un œil impair formé par un prolongement couvert de pigment du ganglion nerveux, prolongement qui contient un corps réfringent. [Il existe des organes analogues en avant du ganglion des Salpes. Les yeux des oozoides des Salpes ? présentent une forme et une structure à peu près constantes. Ceux des blastozoides reproduisent bien à un certain moment les traits des yeux de l’oozoide, mais ils dépassent toujours cet état et -prennent alors une forme et une structure qui sont caractéristiques pour chaque espèce. On peut prendre pour point de départ, la structure de l'œil chez l’oozoide de la Cyclosalpa pinnata.

Sur la branche dorsale du ganglion de cette espèce se trouve une saillie en fer à cheval, à ouverture antérieure, dont les branches s'élèvent au-dessus du ganglion Chez la Jasis zonaria. Cette saillie présente la même constitution que le ganglion lui-même ; elle est formée d’une masse interne de substance réticulée et d'un revétement de cellules ganglionnaires; ces deux régions sont respectivement continues avec les régions correspondantes du ganglion. L’exoderme passe au-dessus de cette

1 SALENSKY, Beitrüge zur Embryonalentwickelung der Pyrosoma, Zoolog. Jahrbucher, Bd IV, 1891.

2 Mercarr, The anatomy and development of the eyes and subneural gland in Salpa; John Hopkins University Memoirs, 1893, et Zoologische Anzeiger, 1893.

saillie en fer à cheval, sans se mouler sur elle (fig. 1590) et de manière à laisser audessous de lui un espace sanguin (co) dont le fond est constitué par le ganglion cérébral, et qui est une sorte de chambre optique; la membrane qui revêt extérieurement le ganglion et qui se relie à l'exoderme, ferme, en arrière, cette chambre, en ne laissant qu'un orifice de communication avec le sinus sanguin circumganglionnaire. Sur la face antérieure de la courbure du fer à cheval et sur la face interne de ses deux branches, les cellules sont modifiées de manière à constituer la rétine ; les autres cellules ne diffèrent pas des cellules ganglionnaires ordinaires.

La rétine (fig. 1590, n° 2) est formée de trois couches de cellules : 4° la couche des cellules en bâtonnet; 2° la couche des cellules intermédiaires ; 3° la couche des cellules pigmentaires. Les cellules en bâtonnet (m) sont allongées, cylindriques et leur axe est parallèle au plan horizontal du corps de la Salpe. Dans chacune d'elles on distingue deux régions : 1° une région externe à mince paroi, faiblement colorée par l'hématoxyline, à protoplasme finement granuleux, contenant un gros noyau dans lequel apparaissent nettement un réseau de chromatine et un gros nucléole; 2° une

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