LA LARVE ADULTE, SA FIXATION ET SA MÉTAMORPHOSE
Fig. 1603. — Jeune Ciona intestinalis
siance gélalineuse, puis se dissocient et disparaissent (Didemnum).
Pendant que la queue du têtard est ainsi résorbée, Ja rotation qui doit amener la bouche à l'opposé du plan de fixation se prépare, et en même temps, le système nerveux définitif se constitue; il nait des cellules qui forment le ganglion abdominal et de celles qui le prolongent en quelque sorte, à gauche de la vésicule sensorielle. Ces dernières forment le ganglion définitif, tandis que le ganglion larvaire abdominal donne naissance au cordon nerveux cellulaire qui s'étend le long de la ligne médiane
peu de temps après la fixation, vue du côté droit. — q, queue en voie de résorption surmontée du reste de la tunique caudale; æ, œsophage; a, orifice péribranchial droit et audessous de lui, pointillées, les deux fentes branchiales primitives encore fermées; n, vésicule nerveuse supportée par le tube nerveux qui communique encore en avant avec le sac branchial; «a, une des invaginations cloacales; b, bouche; en, endostyle; p, pédoncule fixateur; br, branchie ; ?, rudiment de l'intestin, 9, ébauche du corps réfringeut; e, estomac (d'après Willey).
dorsale au sac branchial, passe ensuite à gauche de l’œsophage et se termine entre les deux diverticules hépatiques (Clavellina). Chez les BoTRYLLIDE, le système nerveux larvaire se désagrège presque complètement et le ganglion de l'adulte résulte de la prolifération de quelques cellules de la région antérieure du système nerveux larvaire auquel il demeure quelque temps attaché par un nerf gros et court.
Bientôt la tunique qui passait sans s’interrompre au-dessus des orifices afférent
et efférents s'ouvre au niveau de ces orifices et le courant d’eau qui doit traverser la chambre branchiale commence à s’établir. Sur les parois de cette chambre, les fentes branchiale se multiplient. Chaque fente n’est d’abord qu'un diverticule aplati de la paroi entodermique de la cavité branchiale qui vient se souder avec la paroi de la cavité péribranchiale. Au point de soudure se perce un très petit orifice. Chez les Ascidies à développement patrogonique il se forme d’abord six fentes branchiales ou trémas. Ces fentes ont leur grand axe dirigé transversalement (fig. 1604 et 1605, f,, f2), c’est-à-dire perpendiculairement à l’endostyle; elles se multiplient pendant un certain temps, en gardant la même orientation et en formant ainsi une seule rangée longitudinale; cette disposition primitive est conservée chez les Pyrosoma (fig. 1587, p. 2211). Ces
Fig. 1604. — Jeune Ciona ayant déjà tourné de Fig. 1605. — Jeune Ciona ayant accompli toute sa rota- 90° vue du côté gauche. Mèmes lettres; en tion. Mêmes lettres; gc, rudiment du cerveau; cg, plus : fi f», première et deuxième fentes bran- extrémité supérieure de la 2° partie apparaissant à chiales ouvertes; entre elles apparaît le sac travers l’invagination locale ; bp, arc cilié; £, tentacules; péribranchial gauche encore très limité et s’ou- b, orifice afférent; sur l'intestin commencent à s'étendre vrant au dehors par l'orifice a (d’après Willey). les branches de l'organe réfringent (d’après Willey).
longs trémas se divisent chacun en deux par la production de languettes qui naissent indifféremment de leur bord antérieur ou de leur bord postérieur; puis ce processus se répétant, chaque tréma est remplacé par une rangée transversale de courts trémas. Les trémas changent enfin de forme; leur grand axe transversal devenant longitudinal, c’est-à-dire parallèle à l’endostyle (fig. 1577, p. 2193). Les trémas issus de la division transversale d’une même fente primitive se disposent ainsi en une rangée transversale de trémas longitudinaux, et le nombre de ces rangées transversales est au début égal au nombre des fentes primilives; mais après être devenus longiludinaux, les trémas se divisent encore par des cloisons transversales, de sorte que le nombre de leurs rangées transversales augmente ainsi peu à peu.
PHÉNOMÈNES DE TACHYGÉNÈSE. 9975
La formation des six premières fentes s’accomplit chez la Ciona intestinalis comme si ces fentes appartenaient à des métamères successivement développés. Il s’en produit d’abord de chaque côté, deux simultanément par le procédé précédemment décrit. Une fois ces deux fentes formées, elles s’allongent transversalement ct deviennent concaves l’une vers l’autre (fig. 1605, f,, f,); bientôt leurs extrémités endostylaires se rencontrent en dedans, arrivent à se toucher et parfois se confondent, de manière qu'alors les deux fentes apparaissent comme une fente unique divisée en deux par une languette longitudinale; en général cependant, chaque extrémité recourbée se sépare de la fente à laquelle elle appartient, sans se fusionner avec l’autre, et il se constitue entre les deux fentes jumelles, deux nouvelles fentes qui n’en sont qu'une dépendance. Les quatre premières fentes ainsi formées ne représentent donc, en somme, qu’une fente unique ; en arrière de ces quatre fentes, il s’en forme bientôt d'une manière indépendante deux nouvelles, ce qui porte leur nombre total à six. Les six premières fentes étant désignées par un chiffre romain correspondant à leur âge, sont donc disposées dans l’ordre suivant :