DÉVELOPPEMENT ET ORGANISATION DES CERCAIRES
hepaticum. La rédie adulte possède, outre les organes dont nous venons de suivre le développement, deux néphridies ramifiées, portant un assez grand nombre d'ampoules terminales. Un orifice spécial est pratiqué dans la région postérieure du corps pour la sortie des cercaires.
Développement et organisation des cereaires. — L'accélération embryogénique est telle, chez certains Trématodes, que la formation des cercaires dans les rédies peut commencer avant même que le tube digestif de celles-ci soit différencié (Diplodiseus subelavatus). On sait d’ailleurs que la formation des cercaires peut être précédée de celle d'une nouvelle génération de rédies. Le développement des cercaires a été suivi chez les Distomum hepaticum, D. endolobum, D. macrostomum, Diplodiseus subclavatus. La division des cellules germinatives qui doivent former des cercaires est assez irrégulière et l'on en distingue de bonne heure dans les embryons deux catégories, différant par la grandeur de leur noyau. Alors que l'embryon n’est encore formé que de six cellules, les cellules destinées à constituer la cuticule commencent à se différencier de la même façon que chez les miracidium, les sporocystes et les rédies, et l'enveloppe cuticulaire est déjà continue quand on ne compte que 12 noyaux en coupe optique (D. macrostomum). Au-dessous de cette membrane d'enveloppe, il s’en forme souvent une seconde, entièrement semblable, ce qui implique la possibilité d'une mue. A ce moment, les néphridies se constituent. Ce sont d’abord de simples espaces ménagés entre les cellules qui forment le corps compact de l'embryon. La cellule qui ferme en avant chacun de ces espaces porte une flamme vibratile. A mesure que chaque néphridie grandit en avant, cette cellule terminale est rejetée sur le côté; une nouvelle cellule terminale également vibrante la remplace, tandis qu'elle rétracte elle-même peu à peu sa flamme vibratile ; plus tard les cellules limitant l’espace néphridien se différencient, se fusionnent, et forment finalement un tube indépendant. Les néphridies des cercarres s'ouvrent séparément à l'extrémité postérieure du corps. La masse embryonnaire, d'abord sphéroïdale, s’est peu à peu allongée, et sa forme générale n'éprouve quelquefois aucune autre modification importante (D. macrostomum); mais le plus souvent le corps se rétrécit en arrière, de manière à former une queue, séparée du reste du corps par un léger sillon, dont le degré de développement est très variable. En même temps se montrent en avant une ventouse orale, et, plus loin, une autre ventouse qui caractérise la face ventrale du corps. Au moment où la queue s’est formée, les orifices néphridiens se sont transportés à son extrémité. Chez les cercaires à queue bifurquée (Cercaria fissicauda, C. ocellata, C. cristata, C. furcata), chaque branche de la queue possède naturellement son tube et son orifice néphridien. Chez les cercaires à queue simple, à mesure que la queue se développe et se rétrécit, les deux portions de canaux néphridiens qui s'y sont confinées se rapprochent l’une de l’autre et peuvent demeurer indépendantes, se fusionner et présenter deux orifices (Diplodiseus, Distomum echinatum), où un seul terminal, ou disparaitre entièrement. La région somatique des néphridies se ramifie de son côté, chaque branche se terminant par une cellule vibrante.
La première indication de la cavité digestive est une fente qui se forme à l'extrémité antérieure du corps, au-dessous de l'enveloppe cuticulaire, à l'intérieur d'un groupe de cellules dont les plus externes formeront une sorte de revêtement cuticulaire nucléé, séparant la ventouse buccale des autres tissus. tandis que les cellules
restantes, en s’écartant, donneront naissance à la cavité de la ventouse et produiront les muscles de ses parois; la partie impaire du tube digestif se forme ensuite; ses parois sont constituées par une assise de cellules épithéliales et une membrane limitante externe. Le fond fermé en cæcum (fig. 1232, n° 2) de l’œsophage est continué par deux bandes cellulaires qui plus tard se creuseront d'une cavité et constituent les rudiments des deux branches de l'intestin. Une mue entraine tout à la fois la cuticule externe, celle de la ventouse buccale et de l’œsophage, et l’orifice buccal se trouve ainsi mis en rapport avec l’extérieur; une nouvelle cuticule se reconstitue, tandis que des cellules du parenchyme produisent le revêtement musculaire des diverses parties du tube digestif. Les cercaires ont un système nerveux qui apparait dès les premiers temps de la différenciation de la queue (Diplodiscus); il est formé d’une bandelette transversale qui se bifurque à ses deux extrémités où elle fournit un nerf antérieur et un nerf postérieur; ce dernier longe les bords du corps et ‘envoie dans la queue un rameau qui se soude au rameau symétrique; les nerfs antérieurs fournissents des rameaux à la ventouse buccale. Un certain nombre de cercaires possèdent des yeux.
L'appareil génital commence à se constituer chez les cercaires. Mais il s'arrête chez ces larves, à des états de développement très différents dont les termes extrêmes semblent marqués par les Bucephalus et la cercaire du Disto- Fig. 1232. — Rédies de Cladocælium hepaticum.—1,Jeune mum macrostomum. Ses premiers rudi-
rédie à long tube digestif ne contenant encore que des 4 y : germes à deux degrés de développement. — 2, Rédie MCDIS incontestables consistent en un plus âgée, à court tube digestif, remplie de cercaires amas de cellules à petit noyau, situé adultes; ph, pharynx; m, moignons; g, queue; . BE: ns RTE chcércaires (d'aprés Leuckart). immédiatementen arrière de l'extrémité de la région impaire du tube digestif.
En général, cet amas se divise bientôt en trois groupes, qui demeurent unis entre eux par des trainées cellulaires. Le premier groupe, antérieur à la ventouse ventrale, donne naissance à la poche du cirre et aux autres parties terminales de l'appareil génital; le deuxième, situé en arrière de la ventouse ventrale, au germigène et à la glande coquillère; le troisième, situé en arrière du premier, aux testicules et aux canaux déférents ; les trainées cellulaires qui unissent le deuxième groupe au premier deviennent l'utérus. Les vitellogènes ne se montrent qu'exceptionnellement (Distomum endolobun) ou même d'une façon temporaire (D. macrostomum) chez les cercaires; ils se développent en tous cas indépendamment du reste de l'appareil génital.