‹ Traité de zoologie (volume 4)Chapitre 115 sur 202 · MORPHOLOGIE EXTERNE DU PROGLOTTIS · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE EXTERNE DU PROGLOTTIS

général une région dilatée de leur corps que l’on appelle souvent leur tête; ils ne possèdent ni ventouse, ni autres organes de fixation; les Amphilina et les Gyrocotyle portent à l’une des extrémités de leur corps, la postérieure, une véritable ventouse enfoncée dans la paroi du corps; à l’extrémité opposée des Gyrocotyle se trouve une sorte d’entonnoir, à parois plissées d'une manière compliquée; la cavité de cet entonnoir se prolonge à l'intérieur du corps et s'ouvre dans un organe connu sous le nom de trompe. Sur la surface ventrale et sur la surface dorsale du corps, en avant de l’'entonnoir, dans les plis marginaux du corps et en deux points symétriques, de chaque côté de la ventouse, on observe des épines chitineuses, mues par des muscles spéciaux et dont la ressemblance avec les soies locomotrices des Chétopodes est frappante ; nous avons déjà signalé cette ressemblance pour certaines épines des Trématodes monogènes; les épines de l’oncosphère sont peut-être les organes homologues, et tous ces organes viennent renforcer l'opinion que les Vers plats dérivent, en réalité, des Chétopodes.

Les proglottis des Cestoides proprement dits ne présentent qu'un petit nombre de variations intéressantes; nous leur distinguerons un bord proximal, tourné vers le scolex, et un bord distal, tourné du côté opposé; la disposition de l'appareil néphridien, celle des organes génitaux permettent de caractériser deux faces que nous appellerons, arbitrairement d’ailleurs, l’une dorsale, l'autre ventrale; cette dernière porte les orifices génitaux, lorsqu'ils ne sont pas sur la tranche des proglottis. En général, les dimensions longitudinales des proglottis grandissent vers l'extrémité distale du strobile, et les segments, d’abord plus larges que longs, arrivent à être beaucoup plus longs que larges lorsqu'ils sont près de la maturité, dans les types où les segments se détachent un à un (fig. 1236); mais chez les ANOPLOCEPHALIDEÆE les proglottis demeurent toujours beaucoup plus courts que larges; ils sont même tellement courts chez les Anoplocephala que le strobile parait constitué par des disques empilés les uns sur les autres. Assez souvent le bord distal de chaque proglottis se prolonge de manière à envelopper comme d’une collerette la région proximale du proglottis suivant; cette collerette est parfois festonnée, et ses découpures sont si serrées chez le Thysanosoma asterioides de l'intestin des Ruminants d'Amérique que chaque proglottis parail terminé par une frauge. Il existe des glandules sécrélrices caractéristiques tout le long du bord distal des proglottis de Moniezia, el les premiers proglottis des Cylindrophorus et des Phoreiobotrium sont couverts de pelites épines. Ceile différenciation des proglottis voisins du scolex peut être poussée encore plus loin. Chez les Idiogenes qui manquent de scolex. les quatre premiers proglottis se modifient de manière à constituer un appareil de lixation, Ces quatre proglottis ont la forme de calices allongés, grandissant à partir du proglotuis proximal; la paroi du calice est fendue latéralement, à partir du bord distal, jusqu'à une hauteur variable, et il existe dans les lèvres de la fente des formations musculaires latérales qui constituent des organes de fixation et transforment chaque proglottis en un organe analogue aux scolex des Dibothrium. Les progloitis ne portent d’autres orifices que ceux des organes génitaux. Dans chacun des deux ordres des Dicesropa et des TETRACESTODA, les mêmes dispositions de ces orifices peuvent se répéter; mais, d’une manière générale, chez les DicesropaA les orifices génitaux sont silués sur l’une des faces larges du scolex (face ventrale); chez les TRYPANORAYNCHA et la très grande majorité des TETRACESTODA les orifices

1820 CESTOIDES.

sont ou bien tout près de l’un des bords du proglottis ou sur leur tranche même. Dans ce dernier cas, si tous les orifices sont situés sur le même bord, ils sont dits unilatéraux (Tetrabothrium erispum, Phyllobothrium gracilis, Anoplocephala, Plagiotænia, Hymenolepis); ils sont alternes s'ils se trouvent alternativement, avec plus ou moins de régularité, sur la tranche droite ou sur la tranche gauche. Généralement plusieurs anneaux présentant leurs orifices génitaux à droite, sont suivis d'autant d’anneaux qui les portent à gauche (Calliobobothrium, Acanthobothrium, Onchobothrium, Anthobothrium, Tetrabothrium, Phyllobothrium Dohrni, Orygmatobothrium, Echeneibothrium, TÆNUNE, Stilesia, Andrya, Bertia).

Chez tous les Cestoides des Poissons de mer, l'orifice. vaginal est | proximal (plus près du Scolex), 7/0 IN @ )| ke par rapport à l'orifice màle. Quel- 20 5) quefois chaque proglottis porte deux orifices mâles (Amabilia), ou même un double système complet d’orifices génitaux, correspondant àune duplication réelle de l'appareil génital tout entier (Diplogonoporus, Moniezia, divers Thysanosoma).

Structure histologique. — Les Cestoides manquent de cavité générale ; leur corps semble n'être qu'une lame solide dans l'épaisseur de laquelle sont logés les organes réduits à l'appareil excréteur, au système nerveux et à l'appareil génital. L'examen de coupes minces de

la masse solide (fig. 1243) permet de Fig. 1243. — Coupe sagittale d'un proglottis mür de Bothrio- distinguer : {0 une cuticule ; 20 une cephalus latus. — pl, pli marquant la partie antérieure ; ; du proglottis: pn, orifice mäle; pp, poche du cirre; sp, COUuChe sous-cuticulaire ; 3°une couche anal déférent: bb, se tic sculeuse dilatée : vg. vg!, : : - Sos PE dé FHent b Mer DOUton) Ruscilesse di itée ; 29,9 conjonctive intermédiaire : 4° une vg", coupes successives du vagin; ov, ovaires ; #ñ{, orifice de l'utérus; mt', mt”, coupes successives de l'utérus; cc, cor- couche de muscles longitudinaux È

SÉÉQCEURIEE" sl, zone muconnelone dal smic, nt uChe An RP zone musculaire circulaire; vé, vitellogènes (d'après Moniez). verses ; 6° des muscles dorsoventraux; Tune substance centrale dans laquelle prennent naissance tous les organes. La nature de la cuticule et de la couche sous-cuticulaire à soulevé les mêmes discussions que pour les Trématodes. Chez les jeunes Cestoides ces couches dérivent certainement de la couche externe des cellules de l’oncosphère, et l’on peut quelque temps y reconnaitre des cellules distinctes; elles sont même chez les Triænophorus les restes de la partie profonde ! des cellules superficielles de l’oncosphère; mais, après

NT er = = ; . . 5 TES . .

! N. Zocrarr, Les cestoïdes offrent-ils des tissus d'origine exodermique? Archives de Zoologie expérimentale, 2e série, t. X, 1892.

Page 1