OPERCULE DES GASTÉROPODES
plupart des Décapodes, le fond de l'infundibulum est couvert par un cercle chitineux, continu, denté sur ses bords (fig. 1358), et le reste de la paroi libre porte des denticules analogues à ceux des Octopodes ; des
denticules analogues peuvent exister dans la
chambre acétabulaire. Le cercle corné de l'infun-
dibulum s'allonge chez les Onichoteuthys et les
Enoploteuthys en un long crochet semblable à
une griffe de chat. La ventouse cesse alors de
fonctionner comme un organe de succion; son .
Fig. 1358. — Cercles cornés des ventouses appareil musculaire se modifie en conséquence. de Sepia Blainvillei (d'après d'Orbigny). Les diverses dispositions que peuvent présenter les bras et les ventouses ayant été utilisés pour la classification sont indiquées à ce chapitre (p. 2132).
Opercule des Gastéropodes !. — Demeuré presque constant chez les Prosobranches, l’opercule (fig. 1359) a gardé dans cette sous-classe des Gastéropodes une grande importance taxonomique. Il peut cependant, dans le même genre, être suivant les
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Fig. 1359. — Opercules de Gastéropodes. — 1, Opercule multispiré de 7rochus; — 2, Opereule paucispiré de Littorina; — 3, Opercule turriculé de Torinia; — %, Opercule de Tenagodes Bernardiüi; a, vu de profil ; b, vu par la face interne (d'après Schlumberger); — 5, Opercule onguiculé de Turbinella; — 6, Opercule radié de Septaria; — 7, Opercule subconcentrique de Xenophora; — 8, Opercule articulé de Nerita.
espèces présent ou absent à l’âge adulte (S{omatella, Vermetus, Voluta, Mitra, Pleurotoma, Conus), manquer au même âge chez certains individus d'une espèce, être présent chez d'autres (Volutharpa ampullaria) ou disparaitre normalement chez les
1 Houssay, Recherches sui l’opercule el les glandes du pied des Gasléropodes, Archives de Zoologie expérimentale, 2° série, t. IF, 1884.
individus âgés (Limacina, Helicina). 1 consiste le plus souvent en une lame cornée, marquée d’une ligne spirale, maïs la lame cornée peut se doubler d’une lame calcaire (Liotiu, Cistula), et le calcaire devenir si épais que l’opercule en parait entièrement constitué (TURBINIDÆ, NERITIDÆ); la nature calcaire ou cornée de l’opercule est souvent invoquée comme un caractère de genre ou même de famille. Les TURBINIDÆ, par exemple, différent surtout des TROCHIDÆ par leur opercule calcaire. Sauf dans un ou deux genres, le sens de l’enroulement est inverse pour la spirale de l'opercule et pour l'hélice de la coquille. L'origine de la spirale est le nucleus ou le sommet de l'opercule. Lorsque le nombre des tours de spire est grand, tout au moins supérieur à celui des tours de l'hélice de la coquille, l'opercule est dit polygyré ou multispiré (n°1); si le nombre des tours est faible, l'opercule est paucispiré (n° 2). Dans ce dernier cas le nucleus peut être central ou excentrique. Dans quelques genres (Torinia), l'opercule, au lieu de s’enrouler en spirale, s'enroule en une hélice qui peut être plus ou moins ornementée (n° #). La spire est croisée, chez les Littorina, par des lignes qui partent en rayonnant du sommet et s’incurvent dans le même sens. Si l’on suppose que la ligne spirale s'efface, que ces lignes rayonnantes persistent seules et partent du somwet d'un opercule étroit en forme de griffe, on aura un opercule onguiculé à bords simples (Fusus, Turbinella, n° 5) ou dentelés (Phos, Nassa); si ces lignes sont droites et l'operculede forme irrégulièrement triangulaire, ilsera dit radié (Septaria, n°6). Dans d'autres cas, l’opercule est marqué de circonférences concentriques (Paludina), ou de lignes courbes qui s’enveloppent successivement et demeurent toujours en contact à un même point du bord (Xenophoru, n° 7), dans les deux cas, il est ditconcentrique. S'il est formé de lamelles superposées plus où moins distinctes, il est écailleux (Strombus). Enfin il est articulé chez les NERITID#, où il présente deux apophyses en contact avec le bord columellaire ; dans cet opercule, deux courtes spires partent de la même origine; des lignes rayonnantes vont de cette origine à la spirale interne; d’autres lignes courbes à concavité tournée dans le même sens sont comprises entre les deux spirales (n° 8). Glande pédieuse des Gastéropodes:; appareil byssogène des Lamellibranches. — Les téguments du pied présentent une grande quantité de cellules glandulaires muqueuses. Très souvent, ces cellules s'accumulent autour d'invaginations du tégument qui leur servent de canal excréteur commun; ainsi se constituent des glandes pédieuses que l'on peut, suivant leur position, répartir, chez les Gastéropodes, dans les catégories suivantes :
4° Glande antéro-pédieuse, qui débouche dans le sillon marginal antérieur, dans lequel s'ouvre également le groupe des glandes latérales; c'est la Fig. 1360. — Pyrula tuba, retirée de sa A ES coquille et vue en dessous. — a,tète: glande qui sécrète le mucus dont se recouvre la b, pore pédieux; c, verge; 7, bran- face inférieure du pied et qui aide à la reptation. chie; r, rein (d'après Souleyet). S ; À 2 Glande supra-pédieuse, qui s'ouvre entre le mufle et le bord antérieur du pied (Vermetus, Hipponyx, Cyclostoma, PULMONATA); elle s'étend chez les Pulmonés jusque vers l'extrémité postérieure du pied et ses parois sont plissées et ciliées du côté ventral.
GLANDES PÉDIEUSES 1964
30 (landes pédieuses proprement dites, répandues dans la sole ventrale du pied et débouchant dans une cavité souvent ramifiée dont l’orifice est le pore pédieux ventral, considéré autrefois comme un pore aquifère (Cypræa, Tritonium, Cassis, la plupart des Sténoglosses, fig. 1360, b).
4° Glande postéro-pédieuse dorsale des CYcLostromibæ et des Pulmonés terrestres, s'ouvrant à l'extrémité postérieure du pied par un orifice dorsal, fréquemment surmonté d'une sorte de corne (Ariophanta, Plectrophorus, Orpiella, Dermatocera).
5° Glandes postéro-pédieuses ventrales, résultant d'une multiplication en certains points de la face ventrale des cellules glandulaires de l'épithélium (PLEUROBRANCHIDE, PLEUROPHYLLIDIIDE), multiplicalion qui peut aboutir à la formation d’une glande pourvue d'un long canal excréteur ((astropteron).
Il existe enfin chez les NATIGIDÆ et peut-être quelques autres formes à pied très extensible un système de cavités pédieuses, complètement indépendantes de la cavité générale du corps. Ces cavités s'ouvrent à l'extérieur par un orifice; l'animal peut y introduire de l’eau et déterminer ainsi la turgescence de son pied.
Les glandes pédieuses ventrales des Gastéropodes sont représentées chez les Lamellibranches par les cellules glandulaires qui se mulliplient abondamment dans le sillon prébyssal du pied et par a «NN lesglandes byssogènes US (fig. 1361). A l’extrémilé postérieure des sillons pédieux, on aperçoit,eneffet,chez beaucoup de ces Mollusques, un pore qui est l’orilice de l'appareil byssogéne. I conduit dans une cavité plus ou moins spacieuse, à parois plissées ou anfractueuses, lorsque l'appareil atteint son maximum de développement, et tapissées par une seule couche d’épithélium peu modifié ; au- Fig. 1361. — Coupe de la cavité du byssus de la Fig. 1362.— Byssus de Perna. dessous de l'épithé- Sacricava rugosa. — a, lames centrales; ss, cavité — a, insertion des fibres sur
À è byssogène ; b, byssus; c, produits génitaux les corps sous-marins; b, lium, dans la couche (d'après Th. Barrière). corps du byssus ; e, racines
conjonclive, se trou- du byssus dans la glande byssogène.
vent de nombreuses
et grosses cellules glandulaires ; ce sont les cellules byssogénes. Le produit de
sécrétion de ces cellules s'écoule en trainées de gouttelettes entre les cellules
épithéliales et, arrivé au contact de l'eau, se durcit; chaque trainée se con-
tinue, par suite, en un filament résistant. Ces filaments forment le byssus (fig. 1362) :