‹ Traité de zoologie (volume 4)Chapitre 156 sur 202 · RÉPARTITION DES SEXES; CARACTÈRES SEXUELS EXTÉRIEURS · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DES SEXES; CARACTÈRES SEXUELS EXTÉRIEURS

phagienne chez les Ommatostrephes, Onychoteuthis, Enoploteuthis, Gonatus, Veranya, Tisanoteuthys et Loligo. Le centre viscéral fournit un gros nerf impair qui ne tarde pas à se bifurquer; sa branche gauche émet le nerf rectal, puis va s’anastomoser avec la droite dans un ganglion viscéral asymétrique. A droite et à gauche ce ganglion fournit un nerf branchial qui se renfle en ganglion avant de pénétrer dans la branchie; de son bord postérieur naissent, en outre, plusieurs nerfs viscéraux dont un va se jeter dans le ganglion stomacal formé par le stomatogastrique.

Répartition des sexes: caractères sexuels extérieurs. — Les sexes sont généralement séparés chez les Mollusques. Toutefois l'hermaphrodisme apparait parmi les Amphineures, chez les NEOMENHDE; parmi les Gastéropodes, chez quelques formes isolées (Marsenina, Valvata, Onchidiopsis, Entoconcha), chez tous les Pulmonés et les Opisthobranches; parmi les Lamellibranches chez quelques espèces du genre Ostrea et chez la totalité des ANATINACEA. L’hermaphrodisme, quand il existe, est toujours protandre, et nécessite une fécondation qui, par le fait de la protandrie, ne saurait être que rarement réciproque; ce sont même les Gastéropodes hermaphrodites qui paraissent le mieux pourvus au point de vue des organes copulateurs. On connait cependant quelques exemples de Zonites cellarius et de Limnæa, isolés dès leur naissance, et qui ont pondu des œufs aptes à se développer, soit qu'il y ait eu autofécondation, soit qu'il y ait eu parthénogénèse.

Les différences sexuelles des Prosobranches sont peu marquées : les mâles des Diotocardes, des Littorina, etc., ont une coquille un peu plus petite et plus élevée que les femelles ; la forme de l'ouverture de la coquille est un peu différente chez la Littorina obtusata; l'opercule de certains Cerithium, les dents de la radule de quelques NassipÆ différent dans les deux sexes, mais les mâles des Monotocardes sont surtout reconnaissables à leur pénis, appendice tégumentaire plus ou moins long, plus où moins robuste, toujours incapable de s'invaginer. Cet organe fait défaut, ainsi que tout organe externe de copulation, chez les Diotocardes homo- et hétéro-néphridés. Il apparait chez les NERITIDÆ comme une dépendance de la région céphalique, car il est innervé par le ganglion cérébroiïde droit. Cette connexion est conservée chez les PALUDINIDE, où le pénis se confond avec le tentacule droit modifié (fig. 4490) et probablement chez les CALYPTRÆIDEÆ; mais il parait avoir une origine variable chez les autres Ténioglosses. Chez les AMPULLARIIDE, C'est une dépendance du manteau; Fig: 14%. — Paludina vivipara :;

mäle vu en dessous, montrant ilest, en effet, innervé par le nerf palléal droit; chez les ses lobes cervicaux et son ten- CycLosroMiDÆ et probablement les Bythinia, c'est une RL dR ER émergence de la paroi du corps innervée par le ganglion sous-intestinal. Il manque chez les MELANNDEÆ, CERITHUDE, TURRITELLIDE, VERMETIDÆ, CAPULIDÆ, HIPPONYCIDE, JANTHINIDÆ, SOLARIIDE, se développe à des degrés très différents chez les Struthiolaria et devient constant chez les CHÆNorIp#. la grande majorité des Ténioglosses (CYPRÆIDÆ, STROMBIDE, TRITONIDE, etc.) et probablement tous les Sténoglosses. Assez souvent le pénis des Ténioglosses porte extérieurement une sorte de fouet ou flagellum (LITTORININE, sauf Cremnocon-

chus, Hydrobia, Bythinia, Dolium, plusieurs NaïTicibÆ et LAMELLARHDEX). La règle est que le pénis, souvent très volumineux, soit une formation pédieuse; il est, à la vérité, bien isolé de la sole pédieuse proprement dite, mais son nerf principal provient du ganglion pédieux droit. C’est aussi une formation pédieuse chez les Opisthobranches, où il est parfois muni d'un appendice (MONOCULEA) et de stylets chitineux ; il n'existe qu’un seul stylet chez les Doris, les Glaucus, etc. ; il y en a plusieurs chez divers Nudibranches. Le pénis des Pulmonés toujours invaginable est constamment, au contraire, une formation céphalique. Des glandes se développent sur le pénis des LITTORINIDEÆ, des Cassis, des Hétéropodes et des Terebra.

On n’a guère observé de différence sexuelle extérieure, parmi les Lamellibranches, que chez quelques Unio (U. tumidus, U. batavus), où la coquille des femelles est un peu plus large transversalement que celle des mâles; toutefois la couleur blanche de la glande mâle permet, en général, à l’époque de la reproduction, de distinguer les individus de ce sexe. |

Au contraire, chez les Céphalopodes les caractères sexuels sont bien apparents, en raison de la modification que subissent, chez les mâles, un ou deux bras que l’on dit hectocotylisés. Les mâles peuvent aussi différer des femelles par des caractères plus généraux; ils sont plus élancés chez les Loligo et de beaucoup plus petits chez les Argonauta. En outre, dans ce dernier genre, si le mâle a un bras hectocotylisé

Fig. 1491. — Mâles d'Argonauta grossis deux fois environ et Fig. 1492, — Argonauta argo femelle,très révus de côté; dans l'individu n° 1, l'hectocotyle est enfermé duit, extrait de sa coquille et montrant ses dans son sac; il est libre dans le n° 2 (d’après Müller). bras véliformes étalés (d'après Verany).

(fig. 1491), les deux bras dorsaux de la femelle se dilatent, à leur extrémité, en larges palmures (fig. 1492) qui produisent ou soutiennent la coquille nidamentaire calcaire

Co

Fig. 1493. — Argonauta argo femelle, dans sa coquille et nageant (d'après Rang).

dont les animaux de ce sexe sont seuls pourvus (fig. 1493). Nous avons vu, chez les Gastéropodes, le pénis se former presque toujours aux dépens du complexe céphalo-

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