‹ Traité de zoologie (volume 4)Chapitre 155 sur 202 · SIM TRES · texte numérisé non relu

SIM TRES

Fig. 1480. — A. Schéma d'un Prosobranche. — B. Schéma d'un Opisthobranche. — b, bouche: t, tentacules; oc, œil; br, branchie; sp, osphradie; gs, son ganglion; gb, ganglion branchial; gg, ganglion génital; op, opercule; epd, epg, lobes épipodiaux droit et gauche, ce dernier relevé dorsalement; s, siphon; gl, glande à mueus ; #, orifice rénal; 4, orifice mäle UE orifice femelle ; sg, sillon génital, où cheminent les spermatozoïdes; pe, pénis; d, anus; or, oreillette », ventricule du cœur; p. péricarde.

en #»

Fig. 1481. — Système nerveux de Æulla (Haminea) hydatis. — c, ganglions cérébroïdes ; », ganglions pédieux; v, ganglions pleuraux; b, ganglion branchial; g, ganglion abdominal; cp, commissure pédieuse; s, ganglions stomato-gastriques; a, œil; 0, otocyste (d'après Vayssière).

les unit aux ganglions cérébroides (fig. 1482); mais ils se rapprochent de ceux-ci au point d'arriver graduellement presque au contact (Tritonia), de sorte que les doubles connectifs cérébro-pédieux se raccourcissent de plus en plus, tandis que la double

commissure pédieuse s'allonge, et forme un double collier péri-intestinal, parallèlement auquel courent le collier somatique désormais sans ganglion, le collier stomato-gastrique qui porte toujours des ganglions buccaux et la commissure labiale (commissure Cérébrale) héritée des Diotocardes. Cela fait un total de cinq colliers péri-æsophagiens presque superposés. Ces colliers se réduisent à

Fig. 1482. — Centres nerveux de la Goniodoris nodosa. — a, ganglions cérébroïdes; b, ganglions pédieux; ce, renflements olfactifs; o, renflements trois chez les Æolis, où optiques; d, ganglion viscéral; e, ganglions buccaux (d'après Alder et EE à = ie (4er °° Ja fusion des ganglions

Hancock).

pédieux avec les gan-

glions cérébroiïdes est presque réalisée et où les commissures parapédieuse et buc-

cale ne sont pas distinctes.

Comme contre-partie de ces phénomènes de concentration des ganglions, il arrive

Fig. 1483. — Ganglions cérébroïdes Fig. 1484. — Ganglions cérébroïdes d'un Pulmoné (Orthalieus longus), del’£ucalodiumGhiesbrechti,vus vus en dessous, — Mèmes lettres par leur face inférieure. — 4, proque pour l'Zucalodium Ghies- cérébron ou lobe de la sensibibrechti. lité spéciale; a, méso-cérébron

ou lobe commissural; b, postcérébron ou lobe vésico-pédieux; e, nerfs pharyngiens; f. nerfs tentaculaires supérieurs ; 4, connectifs cérébro-pédieux (d'après Fischer et Crosse).

assez fréquemment que les ganglions cérébroides se divisent en lobes plus ou moins nombreux (Pleurobranchæa, la plupart des Pulmonés). On reconnait nettement, en effet, dans les ganglions cérébroides des Pulmonés (fig. 1483 et 1484) trois régions : un pro-cérébron désigné quelquefois improprementsous le nom de lobule de la sensibilité spéciale; un mésocérébron, dit aussi lobule

commissural, et un post-cérébron divisé en deux lobules, le lobule viscéra! et le lobule pédieux ‘. Du lobule pédieux part la commissure cérébro-pédieuse ; du lobule viscéral,

1 3 Ÿ . n 7 ) 5 - B. pe Narras, Recherches histologiques et organologiques sur les centres nerveux des

Gastéropodes, 1894.

la commissure cérébro-viscérale. Deux commissures distinctes unissent les ganglions pédieux comme s'ils étaient formés par la fusion de deux paires de ganglions; ces ganglions sont même incomplètement divisés chez les Limax en lobules symétriques donnant respectivement naissance à autant de nerfs.

Les ganglions cérébroides donnent naissance à neuf paires de nerfs qui se rendent aux divers organes céphaliques et à l'otocyste. Bien que quelques-uns de ces nerfs (optique, olfactif, péritentaculaires) paraissent en rapport avec le pro-cérébron, aucun d'eux n'y prend réellement naissance. Les fibres des nerfs optique et acoustique dont les cellules d'origine sont situées dans l'œil et dans l'otocyste se terminent en Y dans le méso-cérébron; sans contracter d'union avec aucune autre cellule; celle des nerfs tentaculaire où olfactif, péritentaculaires externe et interne, labiaux médian et externe prennent naissance dans les cellules du lobule viscéral du post-cérébron. Les fibres du nerf olfactif s'entrecroisent avec celles du nerf labial médian qui se rend aux petits tentacules, dans une sorte de boutonnière que forme autour d'eux le réticulum nerveux dit substance ponctuée; perpendiculairement à ces fibres passe dans la même boutonnière le faisceau commissural qui relie entre eux les deux ganglions cérébroïdes. A leur origine, les fibres olfactives croisent également celles du nerf gustalif qui contournent le faisceau commissural du lobule viscéral et pédieux pour venir émerger à la partie antéro-externe du lobule pédieux, en arrière du nerf du petit tentacule. De ce lobule naissent les fibres des nerfs labial interne, stomato-gustrique et pénial ; il est même possible que les fibres de ce dernier nerf se continuent jusqu'avec celles des connectifs cérébro-pédieux ou même des ganglions pédieux.

Dans les ganglions nerveux des Pulmonés on distingue deux sortes de cellules nerveuses : 1° des cellules ganglionnaires proprement dites, de taille variable, que l'on rencontre à la périphérie des centres sous-æsophagiens, des ganglions buccaux et du post-cérébron, et dont les plus volumineuses sont les plus externes ; — 2° de petites cellules, sensiblement de même taille, propres aux ganglions des quatre tentacules et au pro-cérébron où elles forment une agglomération très serrée qui rejette sur le côté, au contact du névrilemme, la fine trame nerveuse avec laquelle elle est en rapport. La plupart des cellules nerveuses des deux types sont unipolaires. Elles sont très symétriquement distribuées et paraissent en nombre constant dans les centres cérébroïdes de chaque espèce; leur prolongement est de nature protoplasmique; les fibrilles du protoplasme de la cellule convergent vers lui et deviennent parallèles, en y pénétrant. Le prolongement des cellules du premier type se divise à une distance variable de son origine; sur toute sa longueur, des fibrilles se détachent, formant des rameaux accessoires de plus en plus fins; il n'y a pas de prolongement de Deiters proprement dit. Le noyau des cellules ganglionnaires contient 11 à 13 bâtonnets qui représentent le nucléole. Les cellules nerveuses sont dépourvues de membrane d'enveloppe et plongées dans un réseau de névroglie qui ne forme jamais de tube complet autour des fibrilles. La substance centrale des ganglions est un réticulum de fibrilles (substance ponctuée de Leydig).

Scaphopodes. — Le système nerveux demeure absolument symétrique chez les Scaphopodes. Les ganglions cérébraux et les ganglions pleuraux sont encore accolés, mais nettement distincts; de chaque côté, chacun d'eux donne naissance à un conneclif; mais bientôt les deux connectifs d'un même côlé se réunissent en

un cordon unique qui se rend aux ganglions pédieux, situés dans le pied. Les centres palléaux fournissent, en outre, un long connectif viscéral aboutissant à deux ganglions unis entre eux par une commissure qui passe en avant du rectum. Des centres cérébraux nait une commissure lJabiale, passant du côté ventral entre le bulbe buccal et l'æsophage, et portant, de chaque côté, deux ou trois ganglions symétriquement placés; cette commissure innerve en outre un organe subraduluire, constitué par une saillie ciliée, située sur la face ventrale de la cavité buccale et à la base de laquelle est un petit ganglion. Lamellibranches. — Le type du système nerveux des Scaphopodes est presque exactement conservé chez les Lamellibranches; et c’est encore chez les SOLENOMYIDÆ et les NucuLipE (fig. 1485) que les Ç affinités avec les Scaphopodes et ; les Gastéropodes se précisent le mieux. Les ganglions cérébroïides (C) et les ganglions pleuraux (Pa) y sont encore nettement séparés; chacun d'eux émet un conneclif qui se dirige vers le ganglion pédieux; mais les connectifs d'un même côté ne tardent pas à se réunir en un connectif unique (/) qui demeure indivis jusqu’au ganglion pédieux.

Ceux-ci sont situés, dans le pied, à une assez grande distance des ganglions cérébroides et toujours contigus l’un à l’autre. Le collier 4 viscéral est très allongé; il part Fig. 1485. — Schéma du système nerveux Fig. 1486.— sys. des ganglions pleuraux et entoure DS pen et an dde. la masse de viscères en demeurant slion pédieux ; V,ganglions viscéraux ;1, «, ganglions assez superficiel et en passant en connectif cérébro-pédieux soudé au cérébroïdes ; b : ; connectif palléopédieux æ; 2, connectif ganglions pé. dedans des orifices rénaux. Il ne cérébro-viscéral: of, otocyste commu- dieux; €, gan- présente sur son trajet que deux niquant avec l'extérieur par un canal glions palléo- . : : c; s'ouvrant en o (d'après Pelseneer). Dranéhione ganglions, les ganglions viscéraux, assez éloignés l’un de l'autre et situés un peu en avant du muscle adducteur postérieur; à ces ganglions sont accolés deux ganglions plus petits d'où naissent les nerfs des osphradies. On ne trouve pas de stomato-gastrique différencié, mais il existe une commissure labiale. Les seules modifications importantes que subit chez les Lamellibranches ce sysième nerveux primitif consistent en ce que les ganglions cérébroïdes s’écartent partout ailleurs l’un de l’autre et se confondent, en même temps, chacun avec le ganglion pleural de son côté (fig. 1486) ; par cela même, il n’existe plus, de chaque côté, qu'un seul connectif cérébro-pédieux ; les deux ganglions cérébro-pleuraux se rapprochent l'un de l’autre et arrivent de nouveau au contact chez les Venus et les Mactra. Les ganglions pédieux s'amoindrissent (Teredo) et disparaissent (Ostrea) avec le pied; les ganglions viscéraux, encore séparés chez les Arca, AVICULIDÆ, Ostrea, Montacuta, se rapprochent déjà chez certaines formes voisines de celles-ci (quelques

Arcu, Pectunculus, TRIGONHDEÆ, Modiolaria, Limopsis, PECTINIDÆ) et demeurent réunis chez toutes les autres formes (fig. 1486, c, et 1487, Vy). Sauf chez les Lima, ils sont presque superficiels, simplement recouverts par l’épithélium et situés très rarement en avant du muscle adducteur postérieur (Thracia), presque toujours à sa face ventrale, quelquefois chez les formes à longs siphons, en arrière (PHOLADACEA).

Les ganglions cérébro-pleuraux innervent les palpes, l'adducteur antérieur, les otocystes par un nerf qui demeure en grande partie accolé au connectif cérébropédieux, les osphradies par des fibres qui demeurent dans le connectif pleuroviscéral ; les ganglions pleuraux émettent en outre un nerf qui suit le bord du manteau et se continue sans interruption avec un autre nerf issu des ganglions viscéraux; ces deux nerfs forment ensemble un cordon marginal en demicercle, le nerf circumpalléal, Les ganglions viscéraux innervent l'adducteur postérieur, la partie postérieure du manteau, les siphons, les branchies et, par un nerf contournant l’adducteur postérieur, le cœur. Le connectif palléoviscéral envoie de petits filets nerveux au tube digestif.

Céphalopodes. — Le système nerveux des Céphalopodes tétrabranches est manifestement construit sur le même type que celui des Gastéropodes, mais comme on pouvait s’y attendre, étant donnée la fusion du pied avec la région céphalique proprement dite et le raccourcissement du corps, qui n’a rien d'équivalent au tronc héliçcoidal des Gastéropodes, les centres nerveux sont concentrés dans la région Cépha- pis. 1487. — système nerveux d'Anodonte, — lique. Les trois colliers nerveux s{omato-gas- bouche; A, anus; ??, pied; Se, lobes bue-

: 3e caux où palpes ; 64, ganglions cérébroïdes ; trique, pédieux et viscéral sont nellement Py, ganglions pédieux : Vg, ganglions visdistincts chez les Nautilus. Tous trois sont nt rm génirattachés aux centres cérébroiles sus-æsopha- É giens qui donnent des nerfs aux lèvres, aux tentacules, aux veux, aux otocystes et aux fossettes olfactives. Le collier stomato-gastrique est silué immédiatement en arrière du bulbe buccal, et porte de chaque côté un ganglion pharyngien latéral. Le collier pédieux qui vient ensuite innerve les appendices péribuccaux et l’entonnoir; sur l’un de ses nerfs latéraux se développe, chez les femelles, un ganglion spécial , pour le lobe ventral inférieur. Le collier viscéral innerve le manteau et les viscères. Chez les Dibranches, les deux colliers pédieux et viscéral sont confondus (fig. 1#88). Au contraire, en avant du cerveau proprement dit auquel elle est reliée par des connectifs grêles, on trouve une masse ganglionnaire qui en est très éloignée chez les Ommatostrephes, S'en rapproche chez les Loligo et les Sepiola et arrive tout à fait près d'eux chez les Sepia (Spg). De cette masse naissent la commissure stomato-gastrique et une paire de connectifs cérébro-pédieux. Sur la commissure stomato-gastrique se trouvent deux ganglions sous-

œæsophagiens d'où naissent les nerfs œsophagiens et stomacaux; sur ces derniers qui s’'anastomosent, avec un nerf viscéral se développe un gros ganglion stomacal.

La masse nerveuse sous-æsophagienne est percée d’un trou par lequel passe une branche de l'aorte. Si l'on considère que chez les Pulmonés et la plupart des Opisthobranches, l'aorte passe entre les ganglions viscéraux et les ganglions pédieux, on peut admettre qu'il en est de même chez les Céphalopodes, orthoneures comme eux, et que, par conséquent, le trou de la masse nerveuse sous-æsophagienne est situé entre les centres pédieux et les centres viscéraux. Les centres pédieux sont divisés en deux masses ganglionnaires, l’une antérieure, dite brachiale, l'autre postérieure, à laquelle on réserve plus particulièrement le nom de pédieuse.

Ces masses sont éloignées l’une de l’autre chez les Ommatostrephes, Loligo, Sepiola ; ils se rapprochent chez les

Fig. 1488. — Système nerveux de Sepia officinalis. — Fig, 1489. — Centres nerveux de l'Zledone mos- Cg, centres cérébroïdes ; Vg, centres sous-æsophagiens, chata, vus de profil. — 4, b, e. bandes blanches portant le trou aortique; Æg. ganglions buccaux ; transversales du centre cérébroïde; d, bande- Spg, ganglions sus-pharyngiens ; T4, ganglion des bras; lettes grises du cervelet; e, nerf du ganglion en Gst, ganglion étoilé; Of, otocyste (d'après Chéron). patte d'oie; /, coupe du nerf optique; g, nerf

palléal; À, nerf postérieur de l’entonnoir; #1, nerf acoustique (d'après Chéron).

Sepia, et davantage encore chez les Octopodes, où ils arrivent en même temps à entourer complètement l’œsophage.

Des centres brachiaux (fig. 1489) naissent autant de nerfs brachiaux qu'il y à de bras; ces nerfs s’anastomosent entre eux au moment d'entrer dans les bras. Les centres pédieux proprement dits innervent principalement l’entonnoir. Dans le collier viscéral on peut virtuellement distinguer des centres pleuraux situés sur les côtés, et des centres viscéraux proprement dits, situés ventralement. Les centres pleuraux fournissent, de chaque côté, un gros nerf palléal sur le trajet duquel se développe un gros ganglion, dit ganglion étoilé ou ganglion en patte d'oie, d'où partent des nerfs nombreux (Gst); ces ganglions sont réunis par une commissure supra-æs0-

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