‹ Traité de zoologie (volume 4)Chapitre 8 sur 202 · MIGRATIONS · texte numérisé non relu

MIGRATIONS

appendices semblables à ceux du 36° segment, mais beaucoup plus volumineux; ces appendices paraissent dépendre de l’avant-dernier segment abdominal.

L'appareil digestif est bien développé. La bouche conduit dans un æsophage assez étroit qui s'élend jusqu’à la région abdominale; là commence l'estomac, beaucoup plus large, occupant presque toute la cavité abdominale et suivi d'un très court intestin, constitué par un tube grêle, courbé du côté ventral et se terminant à l'anus. La région abdominale contient encore, à sa naissance, une grappe de cellules glandulaires (fig. 989, g), de grande dimension, généralement au nombre de huit, qui sont suspendues à un canal excréteur commun. Ce canal remonte le long de la ligne médiane ventrale et aboutit à un petit orifice situé à la base de la trompe. Toute la cavité générale de l'embryon est oblitérée par de grandes cellules transparentes. Les transformations ultérieures de ces organes qui conduisent de la larve échinodéroide à la larve nématoïide parasite sont encore à étudier, de même que leur histologie.

Migrations. — Après son éclosion, la larve échinodéroide exécute des mouvements incessants de protraction et de rétraction de sa région Céphalique, mais finit par se fixer à l’aide de l'enduit muqueux dont elle est revêlue aux cailloux ou aux plantes aquatiques, et plus probablement à la paroi du corps de son premier hôte qui est généralement une larve aquatique de Diptère.

D'après les observations de Villot, la larve échinodéroide n’est pas transportée passivement dans la larve de Diplère qui doit être son premier hôte; elle en perfore les téguments à l’aide des crochets dont sa trompe est armée; elle entre, en se poussant à l'aide de ses crochets céphaliques, dans la cavité générale de sa victime, et y est bientôt entourée par les humeurs coagulées qui lui forment un kyste; ce kyste demeure ouvert àson extrémité antérieure, vers laquelle se porte la jeune larve qui peut ainsi cheminer à l’intérieur du corps de son hôte, en allongeant incessamment son kyste. Les larves de Tanypus, Corethra, Chironomus, sont celles qui abritent le plus souvent les larves échinodéroides de Gordius; mais ces dernières s’accommodent aussi d’autres hôtes ; on les a trouvées enkystées dans des larves d'Éphémères, dans des Coléoptères aquatiques (Hydrophilus piceus), dans des Vers (Enchytræus vermicularis), dans des Mollusques (Planorbis, Limnæus), dans la paroi intestinale de divers Poissons (Petromyzon Planeri, Phoxinus lævis, Cobitis barbatula), et d'un Batracien (Rana temporaria). Gela témoigne manifestement d'une grande plasticité de la part de ces larves; il est probable d’ailleurs que les Poissons et les Grenouilles chez qui on les à observées les tenaient de petits Insectes dans lesquels elles avaient d'abord pénétré. La liste des hôtes des larves échinodéroïides s’accroitra très vraisemblablement encore, et c’est seulement d’une manière toute relative qu'on peut considérer les larves aquatiques de Diptères comme ayant leur préférence. La présence dans les Poissons et les Grenouilles de larves échinodéroïdes enkystées, si l'on admet que ces larves y ont été portées par les Insectes dont ces animaux font leur proie, soulève d’ailleurs une difficulté. C'est qu’en passant dans un hôte nouveau la larve échinodéroide se transforme en larve nématoïde parasite; or parmi les hôtes où de telles larves ont été rencontrées, il faut citer justement les Grenouilles et les trois genres de Poissons, Petromyzon, Phoxinus, Cobitis, où se trouvent les larves échinodéroïdes. Comment se fait-il que celte larve ait évolué dans certains cas, et se soit simplement réenkystée dans d'autres?

1370 NÉMATOIDES.

La liste des hôtes où les larves nématoïdes ont été trouvées est également considérable; elle s’allonge, elle aussi, tous les jours : ce sont de très nombreux Insectes appartenant à tous les ordres, des Arachnides, des Crustacés, d’autres Poissons que ceux précédemment cités (Thymallus, Aspro, Coregonus, Salmo), un Oiseau, l'Outarde, enfin l'Homme. Nous retrouvons, par conséquent, ici la même plasticité que pour la larve échinodéroiïde; il est d’ailleurs évident que bien qu'elles aient été rencontrées vivantes, beaucoup de ces larves, en raison même de l'hôte où elles se trouvent, sont des larves égarées et qui n’arriveront jamais à maturité. L’introduction normale de ces larves chez des animaux insectivores, leur introduction accidentelle chez des animaux qui ont pu ingérer avec leur boisson des animaux déjà infestés, s'expliquent tout naturellement; il est plus difficile d'expliquer comment elles ont été trouvées chez des Insectes herbivores tels que les Criquets (Stenobothrus), et surtout chez des Insectes suceurs tels que les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Hémiptères et les Diptères. Quoi qu'il en soit, leurs hôtes les plus habituels sont, au moins pour certaines espèces (G. tolosanus), les Coléoptères carnassiers terrestres (Procrustes, Carabus, Calathus, Feronia du sous-genre Pterostichus, Amara, Zabrus, Silpha, etc.). Au mois d'avril, dans nos pays, ces Coléoptères tombent en grand nombre dans les ruisseaux et les flaques d’eau; c’est alors que les larves nématoides de Gordius qu'ils contiennent les abandonnent, pour recouvrer leur liberté, achever leur évolution dans les eaux, s’y accoupler et y pondre.

Fax. NECTOMENIDÆ. — Bouche permanente. Cavité générale libre. Marins. Nectonema, Verrill. — Une double rangée de soie tout le long des deux lignes médianes. — N. agile, Newport. Fay. GORDIIDÆ., — Bouche oblitérée dans l’adulte. Cavité générale remplie par un tissu conjonctif. Dans les eaux douces.

Gordius, Dujardin. Genre unique, cosmopolite. G. aquaticus, G. tolosanus, G. gratianopolensis, G. subareolatus se trouvent en France.

Page 1