ORGANES GÉNITAUX
canaux déférents et des oviductes, soit sur tout le pourtour des segments, soil seulement sur leurs régions latérales et dorsale; les éléments glandulaires de lépiderme, le tissu conjonctif sous-épidermique et les vaisseaux y prennent un développement exceptionnel; ainsi se constitue la ceinture ou clitellum chargée de sécréter une substance qui prend la consistance du parchemin, et sert, au moins chez l’Allolobophora fœtida, à maintenir unis par un double anneau les deux individus qui s’accouplent. Ilest possible que cette même substance constitue l'enveloppe extérieure du cocon dans lequel l'animal, au moment de la ponte, enferme un certain nombre d'œufs et des faisceaux de spermatozoïdes nageant dans un liquide albumineux, tantôt parfaitement transparent (Allolobophora fœtida), tantôt plus ou moins opaque (Lumbricus herculeus).
Les cocons peuvent être sphéroidaux (Perichæta); plus généralement ils sont ellipsoidaux et prolongés en une saillie irrégulière, à chacun de leurs pôles A{lolobophora, Lumbricus); ceux des espèces d’eau douce sont attachés aux plantes aquatiques; ceux des espèces terrestres, abandonnés dans la terre humide ou le fumier. Les orifices des oviductes et des canaux déférents s'ouvrent, en vénéral, sur la ceinture chez les Naï- DIMORPHA, ENCHYTRÆIMORPHA et TUBI- FICIMORPHA. Ces orifices occupent des positions variables par rapport au clitellum chez les différents groupes de LumBricrmorpaA. Les orifices mâles et femelles sont sur la ceinture chez les Typhæus, Megascolides (fig. 1179, pr), Didymogaster, Perissogaster, Dichogaster, Trigaster, Eudrilus, Teleudrilus, Microsooler, Rhododrilus, Urochæta, Acantho- Fe, ji, = Panne eau des He drilus, Nemertodrilus, Criodrilus; les VIII et IX, spermathèques; X et XI, testicules; XI à orifices des canaux déférents sont seuls XIV: 2®s spermatiques, S; XTIL, ovaires; XIV, ovi-
ductes; X à XVIII, canaux déférents; pr. prostates. — sur la ceinture chez les Moniligaster où ?- Appareil digestif et néphridies ; ip, pepto-néphridies ; À mi dans les autres segments néphridies réticulées; p, renfleceux des oviductes sont en arrière, les ments sesmentaires du tube digestif (d'après Benham). Hormogaster, Diachæta, Rhinodrilus, Microchæta, Brachydrilus, Callidrilus, où ceux des oviductes sont en avant; on trouve les orifices des oviductes sur la ceinture, ceux des canaux déférents en arrière chez les Cryptodrilus, Digaster, Deinodrilus, Perichæta, Pontodrilus, Photodrilus, Perionyx. Pygmæodrilus; les. orifices femelles sont en avant, les orifices mâles en arrière de la ceinture chez les Plutellus; enfin les deux sortes d'orifices sont très en avant du clitellum chez les LumBricipx. Cette position relative des orifices mâles et de la ceinture est très caractéristique des LUMBRICIDÆ auxquels on peut appliquer l’épithète d'antéclitelliens; il n’est pas aussi facile d'établir une démarcation entre les genres intraclitelliens à orifices mâles situés dans la ceinture et les postclitelliens à orifices males situés après la ceinture. Dans ce cas, ces orifices sont, en effet, situés à un ou deux anneaux de distance seulement de l'anneau clitellien, et il suffitque celui-ci PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 107
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s'étende quelque peu en arrière pour les envelopper; c’est ce qui arrive pour um certain nombre de PROSTATICA, dont la très grande majorité sont postelitelliens: tandis que tous les CLITELLINA sont intraclitelliens. Les Moniligaster, fréquemment dépourvus de ceinture, échappent cependant à cette règle; bien que pourvus de prostate, ceux qui ont une ceinture paraissent être intraclitelliens.
La position des glandes génitales présente des règles plus précises.
Les testicules occupent le 3° segment chez les Æolosoma et les Chætogaster, le 5° chez les NaïpÆ, le 9 chez les LuMBRICULIDÆ, le 10€ chez les Tubifeæ, le 11° chez les ENCHYTRÆIDE. Dans l'ordre des LuUMBRICIMORPHA, il existe généralement deux paires de testicules situés dans les 10° et 112 segments; quand il n’en existe qu’une, elle peut être située dans le 10° segment (Typhæus), dans le 11° (Diachæta, Eudriloïdes) ou dans le 12° segment (Urochæta, Geoscolex). Par exception les deux paires de testicules des Microchæta occupent les 9° et 10° segments. Une constance plus grande encore s'observe dans la position des ovaires, toujours au nombre d’une seule paire; on les trouve dans un segment postérieur, segment testiculaire chez les LüMBRIcCI- MORPHA. Dans cet ordre, ils sont presque invariablement situés dans le 13° segment ; les seules exceptions à signaler sont offertes par les Microchæta et les Brachydrilus, où ils sont dans le 12° 1. Les oviductes étant très courts s'ouvrent toujours au dehors à la surface du segment qui suit le segment ovarien. Il en est de même pour l'orifice des canaux déférents dans les ordres des NaAïpIMORrHA, ENCHY- TRÆIMORPHA et TUBIFICIMORPHA, où les canaux tiennent la place d’une néphridie. Leur position est plus variable chez iles LUMBRICIMORPHA ; ils se trouvent sur le 14° segment chez les Moniligaster, entre le 15° et le 16° chez les Hormogaster. sur le 15° chez les ANTECLITELLINA, sauf les Allurus, où ils sont sur le 13°; sur le 17° segment chez les Typhæus, Dichogaster, Eudrilus, Microscolex, Rhododrilus. Pygmaæodrilus, Nemertodrilus, Callidrilus, Polytoreutes; sur le 18° chez les Megaseolides, Cryptodrilus, Didymogaster, Perissogaster, Digaster, Acanthodrilus, Deinodrilus, Perichæta, Teleudrilus, Pontodrilus, Photodrilus, Plutellus, Perionyx, Brachydrilus, entre le 18° et le 19° segment chez les Geoscolex, sur le 19° chez les Microchæta, le 20° chez les Urobenus; entre le 20° et le 21° chez les Urochæta et les Rhinodrilus, sur le 22° chez les Diachæta. À ce point de vue il existe donc quatre groupes de LUMBRICIMORPHA : un constitué par les Moniligaster tout seuls avec orilices mâles sur le {1° segment; un second qui comprend les Hormogaster el les ANTECLITELLINA, avec orifices males du 13° au 16° segment; un troisième où se rassemblent tous les PROSTATICA avec orifices mâles sur le 17° ou le 18° segment; enfin les CLITELLINA ont les orifices en question du 19° au 22° segment.
Origine et développement des organes génitaux. — Le développement des organes génitaux est précédé chez tous les Oligochètes autres que les LUmBRICI- MorpraA de la disparition des néphridies dans les segments testiculaires et ovarien; toutefois les néphridies normales continuent assez souvent à fonctionner à côté des oviductes chez les Chætogaster, et la première paire de néphridies des Phreatothrix s'étend jusque dans les segments reproducteurs durant la maturité génitale.
1 Ce n’est qu'avec les plus expresses réserves que des glandes situées, en avant des testicules, dans le 10° segment chez le Plutellus heleroporus ont été indiquées comme pouvant être des ovaires (E. Perrier, Archives de Zoologie expérimentale, 4'e série, t. IE, p. 259; — 1873). |