‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 12 sur 396 · INDÉPENDANCE DES ÉLÉMENTS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

INDÉPENDANCE DES ÉLÉMENTS ANATOMIQUES

chés de ces animaux peuvent [reconstituer chacun un organisme complet, si on les place dans de bonnes conditions, tandis que l'organisme d’où ils ont été déta-

chés se complète lui-même. La même chose à lieu pour un certain nombre d'Étoiles de mer et d'Ophiures. L’Asterias tenuispina, l'Asterias calamaria, le Stichaster albulus, V'Asterina Wega et quelques autres espèces paraissent se multiplier par bipartition spontanée de leur Corps; il en est de même, parmi les Ophiures, de l'Ophiothela isidicola, des Ophiactis Savignyi sexradiata, virescens, Krebsii, Mülleri, virens, des Ophiocoma pumila et Valencienniü. Chez d’autres Étoiles de mer, les Mithrodia et plusieurs Linckia, les bras se détachent un à un, suivant Hæckel, pour produire chacun une nouvelle Étoile. IL est en tous cas certain queîles bras détachés spontanément ou artificiellement jouissent de cette remarquable propriété, non seulement dans ces deux genres, mais aussi dans presque toutes les Étoiles de mer où les bras sont profondément séparés les uns des autres (ASTERIADÆ, ÉCHINASTERIDÆ) ; dans les familles dont le corps a la forme d’un pentagone plus ou moins échancré les parties détachées sont simplement remplacées. Ce pouvoir de reconstitution est encore poussé très loin chez presque tous les Echinodermes. Les Holothuries et les Comatules, par exemple, se refont leurs viscères lorsqu'elles en ont été privées.

La série des Vers présente des phénomènes entièrement analogues. Les Planaires rhabdocèles des genres Catenula, Strongylostomum (Hg. 28), Microstomum, Stenostomum, Alaurina se divisent spontanément par scission transversale, d’après des règles déterminées, en un certain nombre d'individus qui demeurent plus ou moins longtemps associés en chaine. Les Planaires plus élevées ne possèdent pas cette faculté, mais si on les divise en plusieurs morceaux, Chaque morceau se reconstitue et devient une Planaire complète. Parmi les Vers annelés plusieurs SYLLIDIENS (fig. 29), formes inférieures de la classe des Annélides, se divi-

Fig.25.— Aspidisca lyncaster en voie de division transversale (d'après Stein).

Fig. 26. — Méduse de Syncoryne portant des bourgeons médusoïdes, à la base renflée des tentacules marginaux (d'après Allman).

Fig. 27. — Blastotrochus nutrir. Lk, bourgeons latéraux (d’après C. Semper).

sent de même spontanément par le travers en plusieurs individus, et il en est de même des NAÏDIENS, formes inférieures de la classe des Lombriciens:; mais dans les formes supérieures de ces deux classes il ne reste plus de cette faculté que le

pouvoir de reconstituer, dans une large mesure, les parties perdues à la suite d’une mutilation. Les phénomènes de bouturage spontané ou artificiel reparaissent chez les TUNICIERS où ils caractérisent la classe entière des Ascidies composées, tandis qu'ils prennent une allure toute particulière chez les Pyrosomes, les Barillets et les Salpes. La reconstitution des parties perdues est le seul phénomène de ce genre que présentent les Arthropodes et les Vertébrés, encore cette reconstitution n’a-t-elle lieu que chez certaines formes et dans de certaines conditions. Les Crustacés, même les plus élevés, reconstituent les appendices qui leur ont été enlevés; quelques Insectes, tels que les Phasmides, peuvent aussi recouvrer les pattes dont un accident les a privés; mais les choses se passent chez les Insectes doués de cette faculté d’une facon toute particulière. Le pouvoir de réparer un membre mutilé n’a été constaté que chez un petit nombre de Vertébrés : les pattes des Salamandres repoussent si on les excise en ayant soin d’en ménager la partie basilaire ; ces animaux peuvent aussi refaire une partie de leur tête; la queue des Lézards se reconstitue également assez vite, mais toujours d’une façon imparfaite; en général, chez les autres Vertébrés, la réparation des blessures se borne à une simple cicatrisation; non seulement l'organisme est

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