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IX. VERTÉBRÉS

Animaux à symétrie bilatérale, pourvus d'un squelette interne (colonne vertébrale), présentant des appendices dorsaux (ou vertébraux supérieurs) qui entourent les centres nerveux (moelle épinière et cerveau), et des appendices ventraux (côtes) qui limitent une cavité dans laquelle sont contenus les organes végétatifs; deux paires de membres au plus.

Classes : Poissons, BATRACIENS, REPTILES, OISEAUX, MAMMIFÈRES.

Lamarck. — Bien que Cuvier ne semble pas avoir attaché à ce fait une grande importance, il n'en admet pas moins une sorte de hiérarchie entre les embranchements. Il place en tête les Vertébrés, plus voisins de l'Homme, et il termine par les Rayonnés son exposé du Règne animal. Siebold, Leuckart et les auteurs modernes procèdent en sens inverse ; ils appliquent à la classification la méthode qui consiste à aller du simple au composé, tandis que les imitateurs de Cuvier procèdent plutôt en allant de ce qu’ils supposent connu, plus exactement, de ce qui est familier, à ce qui l'est moins. Les deux méthodes peuvent avoir leurs avantages, et dans l'hypothèse où les espèces sont fixes, on peut les employer indifféremment. Diviser le Règne animal en embranchements distincts dont on n'indique pas les rapports revient, d’ailleurs, à admettre implicitement l'idée de type. Mais la science a le devoir de se poser d’autres questions : s’il existe des types organiques, à quelles nécessités physiologiques correspondent-ils? Comment se sont-ils constitués? Sont-ils réellement indépendants les uns des autres, ou se sont-ils, au contraire, dégagés d’une même souche? Dans cette voie, on arrive bientôt à poser la question de l'origine même des êtres vivants et à déplacer tout à fait le terrain sur lequel se meuvent la Zoologie et ses classifications. Il ne s’agit plus de rechercher entre les êtres vivants et d'exposer, par un savant échaffaudage de divisions, des rapports plus ou moins métaphysiques; ce que l'on demande à la science c’est de chercher à expliquer, dans le sens où les physiciens entendent ce mot, la structure des êtres vivants, c’est de déterminer le mécanisme à l’aide duquel ils se sont constitués; la classification doit résumer la facon dont les êtres vivants s'enchainent les uns aux autres dans les relations mêmes de la cause et de l'effet. Les mots méthode naturelle prennent alors un sens précis, et les sciences naturelles, s’élevant au rang de sciences explicatives comme la physique et la chimie, n’ont pas deux voies pour parvenir à cette méthode qui résume leurs explications. Elles doivent, comme la physique et la chimie, chercher à déterminer à quels phénomènes simples peuvent être reliés les faits qu'elles ont à expliquer: ces phénomènes une fois déterminés, il lui faut y rattacher méthodiquement, dans l’ordre où ils se déroulent, les phénomènes plus complexes dans la production desquels ils interviennent. Les êlres vivants sont des associations d'éléments anatomiques comparables à ceux qui, à l’état isolé, constituent les Protozoaires; c’est donc des Protozoaires à l'Homme qu'il doit être procédé.

Un des premiers qui soit entré dans cette voie est Lamarck !. Dépassant en hardiesse Geoffroy et Cuvier, il ose proposer comme but à la science non pas la contemplation, mais l'explication des êtres vivants. Quelles que soient les ressemblances d’ailleurs nécessaires, qu'on ait signalées entre sa classification et celle de Cuvier, elle n’en diffère pas moins par l'opposition absolue des points de vue, par la méthode suivie qui est radicalement différente. Sans doute, Lamarck devance son siècle; il n'a pas entre les mains tous les éléments des explications qu'il cherche; il n'est cependant pas toujours aussi loin de la vérité qu’on a bien voulu le dire, et ses idées philosophiques ne l’empêchent pas de profiter habilement de toutes les découvertes anatomiques ou zoologiques pour les fixer dans sa méthode. L'idéal que poursuit Lamarck, c'est la reconstitution de l'arbre généalogique du Regne animal;

1 Lamarck, Philosophie zoologique, 2e édition, précédée d’une notice par Ch. Martins, 2 vol. in-8°, 1873.

c'est le but aujourd’hui hautement avoué de tous les naturalistes qui ont adopté la doctrine de la descendance.

Lamarck admet la génération spontanée; elle peut avoir lieu, selon les idées qui ont cours de son temps, de deux façons différentes : ou bien par l’organisation directe de la matière inerte, ou bien par l'organisation des humeurs des organismes élevés, humeurs qui utilisent ainsi à la production de nouveaux êtres vivants, le reste de vie qui les anime. Les animaux peuvent donc reconnaitre deux origines, ils forment, en conséquence, deux séries distinctes; mais dans chacune de ces séries, ils traversent des phases correspondantes : les plus simples sont dénués de sensibilité, ils sont apathiques; à un degré plus élevé, ils sont sensibles; les plus parfaits sont enfin intelligents. La série des animaux nés des humeurs, issus de substances organiques, est d'emblée plus élevée que l’autre; toutes deux convergent d’ailleurs vers une série unique, celle des Vertébrés. Lamarck a publié d’abord cette classification dans sa Philosophie zoologique; il l'a reproduite, un peu modifiée, dans son introduction à l'Histoire des Animaux sans vertèbres. C'est cette seconde version que nous reproduisons dans le tableau ci-dessous.

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