INFUSOIRES CILIÉS
Pnfusoires dont la locomotion est déterminée par des cils vibratiles, généralement nombreux et courts.
Couches limitantes du corps des Infusoires ciliés. — Les Infusoires ciliés ont, comme les Flagellifères, un corps dont le contour est déterminé quoique modifiable, dans une certaine mesure, en raison de la contractilité du protoplasme qui en forme la partie essentielle. Dans le plus grand nombre des cas, la couche Ja plus superficielle du protoplasme prend une consistance plus ferme, une réfrin-
gence qui lui est propre et constitue une couche vivante, comme le protoplasme sous-jacent et que nous appellerons l’ectoplasme. Cette couche manque dans certaines espèces (Gonostomum pediculiforme, Actinotricha saltans et probablement autres OXYTRICHIDÆ) ; l'animal difflue alors avec la plus grande rapidité dès qu’il vient à être blessé ou que le milieu où il vit cesse de lui convenir. Dans un certain nombre de cas, il est possible que le corps soit, en outre, enveloppé d’une véritable membrane de secrétion, inerte et peu épaisse, d’une véritable cuticule, au-dessous de laquelle l’ectosarque serait plus ou moins développé. Assez fréquemment on n’aperçoit que difficilement cette cuticule sur l'animal vivant. La membrane d’enveloppe présente du reste, dans sa consistance comme dans sa structure, une variété presque infinie. Elle difflue très facilement chez le Paramæcium bursaria; elle est plus résistante chez le P. aurelia et forme chez les Vorticellines une mince pellicule hyaline, homogène, non contractile mais élastique, quelquefois jaune ou verte; elle est rigide et impose au corps une forme déterminée rigoureusement chez les Chilodon, Stylonychia et autres Oxytrichidés où le tégument n’est peut-être d’ailleurs constitué que par un ectoplasme nu; son épaisseur atteint O""m002 chez l’Haptophrya gigantea et le Balantidium elongatum, et forme chez le Chilodon dubius et chez les EUPLOTIDÆ une sorte de cuirasse (fig. 497). La surface du corps est souvent marquée de dessins variés, on y apercoit chez les de 497. — Aspidisc& Euplotidés de petits bâtonnets serrés, enfouis dans une subyncaster. — Infusoire
cuirassé de la famille stance hyaline. Dans l’épais tégument des Haptophrya, on dis-
A (après {ingue à de forts grossissements de fins canalicules que tra-
versent les cils pour apparaitre au dehors.
La membrane des Infusoires disparait rapidement sous l’action de la potasse et de l'acide sulfurique à froid, ce n’est donc pas de la chitine. La cuticule présente dans quelques genres de remarquables différenciations. Chez les Chlamydodon, la petite variété du Chilodon cucullus, les Opisthodon, il existe, du côté dorsal, une bande suivant à une faible distance le contour du corps. Des épaississements en forme de côtes ou divisés en saillies étoilées se rencontrent aussi chez les Euplotes. Les Hoplitophrya présentent à la partie antérieure de leur corps un ou deux stylets en forme d’ancre ou de crochet. Mais le plus remarquable de ces appendices est le cercle fixateur des URCEOLARIDE. Ce cercle, situé sur la face inférieure du corps de la Trichodina pediculus, est formé de trois couches chitineuses concentriques qui sont de dehors en dedans : 1° une mince et large bande annulaire, que nous appellerons l'anneau strié; 2° un cercle de 22 à 24 crochets; 3° un cercle formé d'autant de pièces qu'il y a de crochets et qu’on nomme les rayons.
Au point de vue chimique, les singulières carapaces du Coleps hirtus et de la Tüiarina fusus sont également des formations cuticulaires, se rapprochant de la cuirasse des Euplotes; elles se dissolvent, en effet, avec la plus grande facilité dans les acides acétique, chromique et sulfurique même très dilués, dans le chloroiodure de zinc: elles disparaissent peu à peu dans la potasse et peut-être plus vite encore dans l’eau pure ou glycérinée; elles ne se colorent ni par l’iode, ni par la safranine. La carapace des Coleps est formée de soixante pièces rectangulaires, disposées en quatre verticilles de quinze pièces, d’un verticille buccal de quinze petites pièces triangulaires
ou denticules et d'un verticille anal de six pièces. Ces pièces sont directement adhérentes au protoplasma sous-jacent.
Coques et tubes d'habitation. — De toute autre nature sont les coques et les tubes dans lesquels habitent un assez grand nombre d’Infusoires. Ces coques sont des produits de sécrétion. Elles ne se dissolvent qu'à chaud dans la potasse et l’acide sulfurique et peuvent même résister au premier de ces agents (Folliculina ampulla); la substance qui les constitue est donc voisine de la chitine. Elles sont en 7 forme de tubes épais, mucilagineux et agglutinants chez les Stentor Ræselii (fig. 498) et Baretti, en forme de clochette chez les Tintinnus, élégamment perforées chez les Dictyocystu, à parois continues mais annelées chez le Tintinnus subulatus, en forme de bouteille droite ou recourbhée, à parois minces et entières, quelquefois annelée chez les Follicutina et les VAGINI- COLINÆ. Dans cette dernière famille les coques sont quelquefois pédonculées (Cothurnia Havniensis, la plupart des Pyxicola); celles des Thuricola présentent une valve interne qui se referme sur l'animal lorsque celui-ci se rétracte. Les Opercularia ont aussi un opercule, mais il est porté par l'animal lui-même. Les coques des Maryna et des Schizosiphon sont particulièrement remarquables : ce sont des tubes ramifiés dont chaque rameau ouvert est habité par un animal; les Maryna et Schizo- siphon vivent ainsi en colonies assez nombreuses, rappelant” ® Do celles des Phalansterium, des Cladomonas et des Rhipido- PV, vacuole contractile; dendron. De dd
Forme générale du corps. — Sauf dans la famille des Opalinides, toutes parasites, on observe d'ordinaire à la surface du corps des Infusoires ciliés trois orifices occupant une position déterminée : le premier, le cytostome, sert à l'entrée des matières alimentaires; le second, le cytoprocte, à l'expulsion des déchets solides de la digestion (fig. 499); le troisième, moins constant que les deux autres, est le pore excréteur par lequel sont éliminés les liquides en excès. Le cytoprocte et le pore excréteur sont en général peu visibles et leur position n’influe guère sur la forme générale du corps. Le cytosiome est au contraire d’une haute importance morphologique; les appendices vibratiles se disposent, en effet, de manière à attirer vers lui les matières alimentaires, et ses variations de forme et de position peuvent être considérées comme Fig. 499. — Chilodon cula clef de la morphologie externe des Infusoires ciliés. La AA Re Lun forme la plus simple que ces animaux nageurs puissent pré- conique très allongé; par senter est évidemment celle d’un solide de révolution aux ra pôles duquel se trouvent le cytostome marquant l'extrémité N; noyau. antérieure du corps et le cytoprocte, marquant son extrémité postérieure. Cette disposition est réalisée dans un assez grand nombre de genres ou de familles, à cils uniformément répartis sur toute la surface du Corps (ENCHELYIDÆ) ou disposés en ceinture. Déjà cependant quelques-unes de ces formes tendent vers la symétrie