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VI. ORDRE GASTRODA

Ni tentacules, ni velum, ni organes des sens. Mésoglée réduite à un anneau entourant l'ouverture buccale, Parasites des Salpes. | Gastrodes, Korotneff. G. parasilicum.

IT. CLASSE

(PHANÉROCARPES. — STÉGANOPHTHALMES. — ACRASPÈDES. — DISCOPHORES)

Méduses sans velum vérilable, à bords de l’ombrelle découpés en lobes entre lesquels se trouvent des tentacules ou des organes sensitifs, protégés d’une manière spéciale; des filaments gastriques; un seul anneau nerveux différencié. Développement direct ou par scission transversale d’une forme larvaire habituellement fixée.

Morphologie des Stauroméduses. — On peut appliquer sans aucun changement aux Acalèphes les conventions qui nous ont permis de fixer l'orientation de diverses parties du corps des autres Méduses (p. 596); leur corps comprend d’ailleurs également comme parties essentielles une ombrelle et un manubrium. Dans leur premier ordre, celui des STAUROMÉDUSES, la disposition des cavités internes est ici liée d’une manière tellement intime à la forme extérieure, et domine à son tour si nettement la disposition des organes génitaux que la description simultanée de toutes ces parties s'impose. Quelques Stauroméduses demeurent fixées toute leur vie par leur extrémité dorsale; elles se reproduisent sexuellement à cet état sans présenter de strobilation. Ces Méduses fixées constituent la famille des LUCENARIDÆ, celle des Lrrkeinæ et les genres Depastrum et Depastrella dans celle des TESSERIDÆ. Dans ces formes le pôle dorsal de l’'ombrelle s’allonge en un pédoncule de longueur variable terminé par une ventouse fixatrice sécrétant parfois un liquide adhésif. A l'opposé de la ventouse, le pédoncule s’évase en un entonnoir ou une pyramide qui est l'ombrelle proprement dite. L’ombrelle des Lipkea, des Depastrum et des Depastrella ressemble encore beaucoup à une ombrelle de Craspédote. C’est une cloche évasée du fond de laquelle pend chez les TESSERIDÆ un manubrium quadrilobé, en continuité avec la sous-ombrelle à la paroi extérieure de laquelle il est montré, relié par quatre mésentères radiaux ou mésogonies; le manubrium est presque nul chez les Lipkea. La bouche des Depastrum et Depastrella est comprise entre quatre lèvres interradiales et le manubrium conduit dans une vaste cavité gastrique, comprise entre la sous-ombrelle et l'ex-ombrelle très distantes l’une de l’autre au fond de la cloche. Cette cavité s'étend dans toute la longueur du pédoncule d’une part, et, d'autre part, dans les parois de la partie creuse de la cloche, région dans laquelle non seulement l’ombrelle et la sous-ombrelle sont fort rapprochées l’une de l’autre, mais où elles sont unies par des cloisons interradiales incomplètes correspondant aux parties pleines de l’ombrelle des Craspédotes. Les glandes génitales ont la forme de fers à cheval.comprenant ces cloisons entre leurs branches. Les bords de l’ombrelle sont divisés en huit festons peu profonds; de l'intervalle de deux festons nait toujours un tentacule creux, capilé et sur le bord même des festons s’insèrent en faisceaux d’autres tentacules plus petits; un sphincter musculaire court au-dessous des festons et peut fermer l’ombrelle ou tout au moins rétrécir son ouverture. Dans la cavité gastrique, quatre bandelettes interradiales saillantes s'étendent du fond de la sous-ombrelle jusqu’à l'extrémité

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du pédoncule, ce sont les ténioles qui supportent elles-mêmes, dans la cavité gastrique proprement dite, de longs filaments vermiformes isolés, les filuments gastriques ou digitelles (Clark), ordinairement distribués en groupes qui portent le nom de phacelles (Hæckel). Il n’y à que quaire filaments gastriques chez les Tessera, méduses libres dont la structure est la même que celles dont il vient d'être question et dont l’'ombrelle se prolonge encore à son sommet en un appendice conique, creux, qu’on peut interpréter comme un rudiment du pédoncule des Depastrum.

L'ombrelle des Lipkea est hémisphérique et le pédoncule presque réduit à sa ventouse.

Chez les Lucernaires (fig 370 et 571) l’ombrelle est conique ou quadrangulaire, quelquefois séparée du pédoncule par une constriction annulaire ; elle s’évase ensuite régulièrement; sa substance gélatineuse est presque réduite à la lamelle de soutien. La sous-ombrelle limite quatre excavations profondes, infundibuliformes, exactement interradiales, également présentes chez les Lipkea; elle apparait entre ces excavations sous forme de quatre plages légèrement convexes, triangulaires, dont le

Fig. 570. — Lucernaria, type de STAUROMÉDUSE, vue Fig. 571. — Lucernaria vue par la face orale; de profil. — G, glandes génilales et phacelles qui crossie environ huit fois. — %$, cloisons des leur font suite; le long de la bissectrice de l'angle que quatre poches gastriques; Z, rubans musculaires forment celles du milieu de la figure une cathamme; longitudinaux avec les rubans génitaux; /?f, ten- Gw, bourrelet gastrique dans le pédoncule. tacules marginaux.

sommet correspond à chacun deslangles du manubrium et dont la base rejoint le bord libre de l’ombrelle. Ces plages séparant les unes des autres les extrémités distales des glandes génitales peuvent être désignées sous le nom de mésogones. La section transversale des quatre excavations de la sous-ombrelle a la forme d'un triangle dont la base serait un quart de la paroi du manubrium et dont les côtés feraient partie de la sous-ombrelle. Dans l'épaisseur des parois de ces côtés sont contenues les glandes génitales; les excavations de la sous-ombrelle peuvent donc recevoir le nom d’excavations sous-génitales. Le long des quatre méridiensinterradiaux, où les parois de l’ombrelle et de la sous-ombrelle sont le plus rapprochées, elles sont unies entre elles par une cloison longitudinale ou cathamme (fig. 571, S). Ces cloisons limitent latéralement quatre cavités radiales, comprises entre la paroi de l’ombrelle et celle de la sous-ombrelle, alternant avec les excavalions sous-génitales, tapissées

intérieurement par l'entoderme, et communiquant avec la cavité du manubrium qui PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 41

s'ouvre au fond de l'ombrelle ; ce sont, par conséquent, les équivalents des poches radiales des Narcoméduses. Les cloisons de séparation des poches radiales se continuent dans le pédoncule sous forme de quatre saillies placées à angle droit (fig. 570, Gw), qui arrivent à se rencontrer et à diviser la cavité pédonculaire en quatre chambres indépendantes (Craterolophus, Haliclystus); non loin du bord de l’ombrelle, les cathammes présentent une ouverture par laquelle les quatre poches radiales communiquent entre elles, comme par l’anneau marginal communiquent les canaux gastro-vasculaires des Méduses craspédotes.

Les bords de l’ombrelle se prolongent constamment en huit lobes adradiaux, en forme de bras creux, coniques, simples chez les Lipkea, terminés chez les Lucernaires par un renflement lui-même couvert de tentacules capités, creux. Ces lobes se groupent quelquefois par paires (L. quadricornis, L. pyramidalis); on observe entre eux chez les Haliclystus et Halicyathus des tubercules marginaux creux, qui ne sont que des tentacules modifiés et servent à fixer momentanément l'animal quand il rampe. Ces tubercules présentent souvent à leur base un ocelle.

La constitution de la cavité gastro-vasculaire résulte immédiatement des dispositions que nous venons de décrire. La cavité gastrique se divise en trois parties : Les deux extrêmes correspondent l’une au manubrium, l’autre au pédoncule; elles constituent l'estomac buccal et l'estomac basilaire, entre lesquels tout l’espace compris entre le fond de l'estomac buccal et l'ombrelle forme l'estomac central. Ces trois parties sont séparées par des constrictions. Les excavations sous-génitales se prolongent au delà de la cavité du manubrium dans l'estomac central proprement dit et y font quatre saillies longitudinales creuses auxquelles font suite inférieurement les quatre bandelettes du pédoncule. C'est à la surface de ces saillies et même des bandelettes (Lucernaria infundibulum) que se développent les digitelles ; elles s’y disposent en quatre phacelles ou bandes longitudinales, unies d'ordinaire deux par deux en fer à cheval, au-dessus de l’extrémité proximale des gonades correspondantes.

Dans les genres Craterolophus et Halicyathus, un diverticule stomacal, en forme de poche aplatie, pénètre dans l’épaisseur de la paroi sous-ombrellaire des quatre poches radiales, paroi qui constitue le mésogone. Ces diverticules stomacaux sont les poches mésogonales.

Morphologie des Péroméduses. — La forme générale des PÉROMÉDUSES dérive facilement de celle des Lucernaires. L'ombrelle, toujours riche en substance gélatineuse ayant presque la consistance du cartilage, se divise en trois régions : une région conique, creuse, qui correspond au pédoncule des Depastrum et des LuCER- NARIDÆ ; une région sphéroïdale lisse et une région marginale, divisée en huit lobes adradiaux (PERICOLPIDÆ) ou seize lobes subradiaux (PERIPHYLLIDÆ); cette dernière région est séparée de la précédente par une constriction annulaire (fig. 572, Rf). Entre deux lobes consécutifs naît toujours un tentacule filiforme, contractile, sauf dans les quatre plans interradiaux où les tentacules sont remplacés par des otocystes nés à la base de tentacules modifiés dont la forme rappelle celle des lobes. Chaque lobe est partagé par une suture médiane, longitudinale, en deux moitiés ; le long de ces sutures s’attachent des membranes musculaires, dépendant de la sous-ombrelle, qui vont d’un lobe à l’autre et dont l'ensemble correspond au muscle annulaire des Stauroméduses.

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La sous-ombrelle se rattache à un étroit manubrium de la longueur de l'ombrelle: elle limite quatre excavations sous-génitales, comparables à celle des LUCERNARIDÆ, mais qui chez les Pericrypta et Periphyllu (fig. 572) pénètrent jusqu'au sommet de l’ombrelle. La cavité gastrique se décompose comme précédemment en estomac buccal, estomac central et estomac basilaire. Quatre ténioles se montrent dans la cavité de l'estomac basilaire, et aboutissent aux saillies que font dans l’estomac central les excavations sous-génitales; ces saillies portent chacune une paire de phacelles longitudinales, et se continuent dans l'estomac buccal sous forme de quatre nouvelles ténfoles; quatre longues fentes radiales font communiquer l'estomac avec une cavité continue, comprise entre la sous-ombrelle et l’ombrelle, et les séparant l’une de l’autre dans toute leur étendue; cette cavité intra-ombrelluire représente l'ensemble des poches radiales, confondues en une seule; la seule indication de la séparation primitive de ces poches consiste dans quatre courtes bandeleltes interradiales, qui vers le milieu de la hauteur de la partie sphéroïdale de l’ombrelle unissent la paroi interne de celle-ci à la paroi externe de la sous-ombrelle. La cavité intra-ombrellaire se continue au-dessous de la constriction annulaire de l’ombrelle (fig. 572, Rf) en autant de poches coronules qu'il existe de champs dans l'anneau musculaire de l'ouverture de la sousombrelle. Ces champs s'étendent de la ligne médiane d’un lobe à celle du lobe suivant. Fr RO Re Chacune des poches coronales envoie enfin couronne de lobes et le cône ombrellaire (d’aun diverticule dans chacun des deux festons "°° exe dans lesquels se divise le lobe auquel elle correspond : le nombre des poches festonales est donc double de celui des lobes. Les poches festonales d’un même lobe communiquent entre elles vers l'extrémité libre de celui-ci, de sorte que l’ensemble des poches festonales et coronales forme, en définitive, un canal festonné marginal correspondant, malgré sa forme bien différente, au canal märginal des Craspédotes. Les cavités des tentacules et des quatre tubercules sensitifs communiquent directement avec les poches coronales. Une cloison musculaire tangentielle, fendue longitudinalement en son milieu, divise la base de chaque tentacule en deux poches superposées, l’une du côté de la sous-ombrelie, l’autre du côté de l’ombrelle. Les digitelles sont extrêmement développées; limitées à l'estomac central chez les Pericolpa et Peripelma, elles envahissent même l'estomac basilaire chez les Pericrypta et Periphylla. Les huit gonades sont en fer à cheval; leur sommet est tourné vers le bord de l’ombrelle; elles sont situées dans la paroi sous-ombrellaire de la cavité intra-ombrellaire.

Morphologie des Cuboméduses. — La forme générale des CUBOMÉDUSES 5e rapproche davantage de la forme des Craspédotes. L’ombrelle soutenue par une

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