SOUS-ORDRE SPICATÆ
Hampe longue et grêle, portant directement les zoïdes el présentant au moins une bande ventrale nue.
Fam. FUNICULIDÆ. — Autozoïdes avec un calice. Point de siphonozoïdes ventraux.
Funiculina, Lam. Coralliozoïdes formant deux rangées dorsales. Calices à 8 dents. R. quadrangularis, Méd. — Halipteris, K. Zoïdes latéraux; calices à deux petites dents. H. Christii, Norvège.
FAM. STACHYPTILIDÆ. — Des calices; des siphonozoïdes ventraux.
Stachyptilum, K. Genre unique, S. Macleari, Nouvelle-Guinée.
FAM. ANTHOPTILIDÆ. — Point de calices.
Anthoptilum, K. Genre unique. À. Murrayi, Atl. N.
FAM. KOPHOBELEMNONIDZÆ. — Une bande ventrale sans coralliozoïdes. Coralliozoïdes grands disposés sur un long rachis. Cœnosarque peu abondant.
Sclerobelemnon, Küll. Zoïdes sans spicules dans les tentacules, formant deux bandes latérales, composées de courtes rangées obliques. S. Schmelltzi, Formose. — Kophobelemnon, Asbj. Zoïdes à tentacules spiculés, formant de 4 à 6 rangées longitudinales. K. stellifera, Norvège, K. Leuckarti, Médit. — Bathyptilum, K. Une rangée de coralliozoïdes de chaque côté du zoïdophore; coralliozoïdes spiculés dans toutes leurs parties : siphonozoïdes ventraux. B. Carpenteri, Atl. N
Fam. UMBELLULIDÆ. — Diffèrent des KoPHOBELEMNONIDÆ par la brièveté de leur rachis. Umbellula, Lam. Zoïdophore nu, portant à son sommet un bouquet de 20 à 30 zoïdes. U. Thomsoni, Atl.
3. SOUS-ORDRE RENILLEA Coralliozoïides portés par un disque réniforme, pédonculé.
FAM. RENILIDÆ.
Renilla, Lam. Genre unique. R. reniformis, Antilles.
4. SOUS-ORDRE PENNATULEA Z'oidophore relativement court et massif.
FAM. VIRGULARIDÆ. — Zoïdophore allongé et grêle. Zoïdes portés par des feuillets ou des bourrelets dépourvus de plaque calcaire.
Virgularia, Lam. Des feuillets zoïdifères; hampe sans spicules. V. mirabilis, Norvège. — Scylalium, Herkl. Des feuillets minces; des spicules dans l’axe et dans les zoïdes. S. Pourtalesi, Marquises. — Pavonaria, Kôll. Zoïdes sur d’épais bourrelets; des spicules dans leurs tentacules. P. finmarcha, Bergen.
Fam. STYLATULIDÆ. — Comme les VIRGULARIDÆ, mais bourrelets latéraux pourvus d’une plaque calcaire.
Stylatula, Verrill. Une plaque formée de grands spicules à la face inférieure des feuillets; calices sans longs spicules; siphonozoïdes latéraux. S. elegans, Norvège. — Svava, K. et D. Sarcosome, calice et polypes sans calcaire. S. glacialis. — Dubenia, K. et D. Acanthoptilum, KôII. Une plaque de spicules à la face inférieure des feuillets ; calices en un seul rang, séparés au sommet et soutenus par de 4 à 6 longs spicules saillants; siphonozoïdes ventraux.
Fam. PENNATULIDÆ, — Siphonozoïdes absents sur les feuillets, disposés sur la face inférieure de la côte du rachis, entre les feuillets.
Pennatula, Lamarck. Des rayons calcaires répartis sur toute la surface des feuillets. P. rubra, Médit., P. phosphorea, côtes Fr. — Leioptilum, Nerrill. Rayons calcaires limités à la zone zoïdifère; calice à une seule dent; des spicules dans les tentacules. L. undulatum, Californie. — Ptlosarcus, Gray. De même; mais calice à deux dents; point de
CTÉNOPHORES. TE
spicules dans les tentacules. P. Gurneyi, Calif. — Halisceptrum, Herkl. Feuillets sans rayons. H. Gustavianum, Chine.
Fam. PTEROIDEIDÆ. Des feuillets latéraux bien développés; forme pennée; siphonozoïdes groupés en une plaque sur la face inférieure des feuillets, épars sur la face supérieure et le bord ventral, absents sur la face ventrale du rachis, pressés à l'extrémité de sa face dorsale.
Pteroïdes, Herklotz. Feuillets soutenus par de nombreux rayons. P. griseum, Marseille. — Godefroyia, Kôll. Un seul rayon principal. G. elegans, Siam. — Sarcophyllum, Kôll. Point de rayons. S. australe, Australie.
Le genre Goendul, K. et D. qui a été élevé au rang de sous-ordre; les genres Protocaulon et Cladiscus dépourvus de calices pour qui Koren et Daniellessen ont formé la famille des ProrocauLiÆ, la famille des ProropriLibæ où les mêmes savants placent leurs genres Protoptilum, Lygomorpha, Microptilum, Leptoptilum, Trichoptilum, Scleroptilum, Gunneria et qui comprendrait aussi le genre Distreoptilum, Verrill, réclament encore de nouvelles études. D’après Verrill, les Protocaulon ne seraient que de jeunes Acanthoptilum, les Protoptilum de jeunes Virqularia, les Trichoptilum de jeunes Funicularia.
HT. EMBRANCHEMENT CTÉNOPHORES
Phytozoaires pélagiques, transparents, octoradiés, dépourvus de la faculté de bourgeonner, présentant deux plans perpendiculaires de symétrie, nageant à l’aide de huit rangées méridiennes de palettes laciniées.
Morphologie externe. — Une Anthoméduse, la Cienaria ctenophora, présente un ensemble de caractères qui rappellent, au moins d'une manière superficielle, ceux qui distinguent les Cténophores primitifs (PLEUROBRACHIDÆ). Son ombrelle ovoïde, à ouverture rétrécie est parcourue par huit côtes urticantes, méridiennes, équidistantes, au-dessous desquelles courent huit canaux gastro-vasculaires, formés par la bifurcation de quatre canaux primaires; au bord de l’ombrelle naissent deux tentacules adradiaux, à demi fermés, de la base desquels remontent dans l'épaisseur du tissu de l’ombrelle deux poches remplies de nématocystes. Ces deux tentacules et les deux poches qui les surmontent déterminent un premier plan de symétrie le plan tentaculaire, évidemment hétéronome par rapport au plan perpendiculaire qui ne contient ni tentacules, ni sacs urticants, mais qui cependant partage, lui aussi, l'animal en deux moitiés symétriques. On peut considérer ces deux plans comme les équivalents du plan tentaculaire et du plan gastrique !, par rapport auxquels est établie la double symétrie bilatérale des Cténophores (fig. 627), les huit canaux gastro-vasculaires de la Méduse et ceux des Cténophores sont dès lors eux-mêmes équivalents; les deux tentacules de la Ctenaria représentent ceux des Cydippes (fig. 627), les sacs urticants de la première sont remplacés par les poches dans lesquelles les tentacules peuvent se rétracter chez les seconds et les huit bandes urticantes de la Méduse ont pour homologues les huit bandes vibrantes du Cténophore. La suppression de la contractilité rythmique de l’ombrelle a pour contre-partie l’apparition de ce dernier appareil locomoteur, inconnu chez les Méduses ; il suffit maintenant d'admettre que le manubrium de la Ctenaria avorte pour que la transformation de cette Méduse en une sorte de Cté-
1 Caun, Die Clenophoren des Golfes von Neapel, 1880.
nophore, évidemment très voisine des Cydippes soit complète . Si l’on garde présent à l'esprit que cette transformation est tout hypothétique, on peut sans inconvénient prendre la Céenaria comme un terme intéressant de connexion permettant de rattacher l'organisation des Cténophores à celle des Méduses. Un hiatus considérable persiste cependant entre les deux groupes et le maintien d'un embranchement distinct pour les CTÉNOPHORES s'impose d'autant plus qu’Alex. Agassiz a cherché à démontrer les affinités de ces animaux avec les Echinodermes ? et que Lang a tenté de lés rapprocher des ) Turbellariés polyclades 3.
Le corps des Cydippes (Hormiphora, fig. 627) est sensiblement pyriforme; les huit bandes vibrantes courent, } à la surface, le long de huit méridiens équidistants & (fig. 630); elles se terminent en se rétrécissant en Ü)) Â pointe assez loin du pôle aminci, un peu moins loin du ET pôle le plus large; c’est au pôle aminci que se trouve l'orifice de l’ombrelle, habituellement considéré comme la bouche. Cet orifice a chez les Cydippes la forme d’une fente dont la direction est perpendiculaire au plan tentaculaire, et détermine par conséquent extérieurement la direction du plan gastrique. Dans ce même plan se trouvent au pôle aboral les aires polaires (fig. 628) dont la signification sera plus loin établie. Les Cydippes sont le type d’un premier ordre de Ciénophores, les CTÉNOPHORES GLOBULAIRES Où SACCATA. La plupart des Cténophores offrent d’abord, au cours de leur développement, une forme très analogue à celle des Cydippes qui doit être, en conséquence, considérée comme la forme initiale ou tout au moins la forme fondamentale ; ils présentent ensuite des modifications ulté- Pie 607. Cydipne (Fonte rieures qui caractérisent deux nouveaux ordres, ceux plumosa) de la Méditerranée, O, des CTÉNOPHORES LOBÉS Ou LOBATA et des CTÉNOPHORES ponene. L'animal est vu dans Lupanés ou TÆNIATA. Dans le premier de ces groupes,
la direction du plan gastrique; de chaque côté de l'estomac ré- ]e corps s’aplatit, en général perpendiculairement au
duit à une fente les canaux gas- ê . « :
triques issus de l'entonnoir (da plan tentaculaire, de manière à présenter deux faces
REeS CRU larges et deux faces étroites; ces deux dernières se prolongent du côté buccal en deux larges lames, les lobes, susceptibles de s’écarter en formant deux vastes expansions planes, arrondies, ou de se replier en forme de cuiller, en s’embrassant réciproquement, de manière à recouvrir la fente buccale qui est située dans le plan gastrique, parallèle par conséquent aux faces
larges de l'animal. Quatre lanières ciliées, les auricules, insérées sur le corps, à la
1 Hzæckez, Urprung und Slammverwandschaft der Ctenophoren. Sitzungsberichte der Jenaisch. Gesselschaît, 1878.
- 2 Ar. AGassiz, Embryology of the Clenophoræ; Mem. of the American Academy of Arts and Sciences, t. X, 1819.
3 Lan, Der Bau von Gunda segmentata, Mittheil. Zoolog. Station Neapel, t. III, 1882.
CTÉNOPHORES. ré
naissance des lobes, sur le prolongement de quatre des bandes vibrantes, flottent entre les lobes, et se ressemblant entre eux quand ils se referment. Au-dessus des auricules, se prolongeant jusqu’à une faible distance de l'orifice buccal, sont les poches dans lesquelles se rétractent les tentacules.
Chez les CTÉNOPHORES RUBANÉS, le corps, toujours comprimé para:lèlement au plan tentaculaire, s’allonge énormément dans le plan gastrique de manière à présenter la forme d’un long ruban, atténué aux deux bouts et capable de mouvements d'ondulation ; la section transversale du corps est un rectangle dont les angles sont occupés par les bandes vibrantes. Les lobes et les auricules font défaut.
Enfin, dans un quatrième groupe, celui des EuRYsrOmATA (fig. 628), la forme générale du corps semble déri ver plus simplement de celui des Cydippe par une simple élongation de l'axe suivant lequel se croisent les plans de symétrie; mais d’autres parties de l'animal présentent de plus importantes modifications : il n'existe ni lobes, ni auricules, ni poches tentaculaires, ni tentacules, el l'appareil gastro-vas- ‘Culaire lui-même présente des caractères qui lui sont propres.
La bouche est très dilatable chez les SAccATA et les EURYSTOMATA, surtout chez ces derniers; elle l’est fort peu chez les LoBATA et les TÆNIATA, où elle est bordée de deux lèvres formant une gouttière ciliée qui s'étend jusque sur les lobes chez les premiers, jusqu'aux extrémités du ruban chez les seconds.
Trajet des bandes vibrantes. — Les bandes vibrantes méridiennes, à peu près égales chez les Cténophores globulaires (fig. 627) et chez les Eurystomes (fig. 628) présentent chez les Lobés un trajet un peu plus compliqué. Quatre d’entre elles, longeant les arêtes qui séparent les faces larges des faces étroites, se continuent sur les lobes en demeurant à faible distance de leur bord libre, dont elles s’éloignent cependant graduellement avant de finir en pointe vers le milieu de la partie ascendante de ce bord; les quatre autres bandes, beaucoup plus courtes, placées par paires sur les faces larges, S’arrêtent à la naissance des auricules; les cirres raides qui bordent ces appendices ne sont peutêtre qu’une modification de leurs palettes vibratiles. Les homologues de ces courtes bandes vibrantes, bien développées chez les jeunes Cténophores rubanés, disparais-
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