‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 259 sur 396 · TROISIÈME SÉRIE ÉCHINODERMES · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE ÉCHINODERMES

Animaux à symétrie rayonnée, ordinairement pentamérique, souvent allée à une symétrie bilatérale dont la nature diffère avec les types. Une cavité générale entérocælique séparant les parois externes de.l’appareil digestif des parois du corps. Un mésoderme pénétré d’un réseau calcaire continu ou bourré de spicules. Un appareil ambulacraire entodermique. Un appareil plastidogène d’où dérivent souvent les glandes génitales.

Forme générale du corps. — Divisions primordiales. — Les animaux qui composent la série des Échinodermes se répartissent en embranchements assez nettement séparés pour qu'on ne puisse signaler entre eux aucune forme de passage caractérisée; ils ne présentent cependant que des modifications relativement légères d'un type qui demeure constant, même dans la forme extérieure du corps. Le corps, toujours plus ou moins pénétré de calcaire, à parois fermes, résistantes, et très souvent épineux, peut être étoilé (STELLEROÏDA, OPHIURIDE, et en petit nombre CRINOIDA), divisé en rayons ramifiés (ASTROPHYTIDÆ, la plupart des CRINOÏDA), sphéroïdal (ECHINOIDA) ou allongé dans le sens ano-buccal (HOLOTHURIOIDA); tou- “jours on peut y reconnaitre, dans les formes actuelles, au moins cinq bras, cinq rayons principaux ou cinq fuseaux. Dans toute l'étendue de quelques embranchements (ÉCHINOIDA, HOLOTHURIOIÏDA, NEOCRINOIDA, BLASTOIDA), ce nombre cinq est absolument constant, sauf les cas de monstruosités. Dans deux autres (ASTEROIDA, OpuiuroïipA), il peut s’accroitre notablement et dépasser quarante (Labidiaster radiosus, Heliaster).

Chez le Labidiaster radiosus (fig. 633), ce nombre augmente pendant une partie de la vie, alors que l'animal à déjà atteint une grande taille; dans les autres espèces, il est constant à partir de la période embryonnaire ‘. Ainsi les Heliaster peuvent avoir d'emblée 40 bras; les Acanthaster, de 13 à 21; les Pycnopodia, 20; l'Odinia elegans, 19; la Freyella spinosa, 13; le Crossaster papposus, 13; l'Hymenodiscus Agassizii, 12; la Coscinasterias calamaria, de 6 à 12; la Brisinga endecacne-

1 E. Perrier, Échinodermes recueillis par la mission scientifique envoyée au cap Horn en 1883 par l’Académie des Sciences, 1891.

mos, le Solaster endeca, 11; la Luidia senegalensis, 9; les Luidia Savignyi et ciliaris, 7; les espèces d'Asterias à six bras sont nombreuses. En général, quand le nombre des bras dépasse six, il varie chez les individus d'une même espèce; des espèces à cinq bras peuvent accidentellement en acquérir six (Asterias rubens). Presque toujours les espèces à bras nombreux ont en même temps les bras grêles et bien séparés; il faut faire une exception pour le Palmipes rosaceus dont les bras au nombre de onze ne sont distincts que par leur gouttière ambulacraire. Les OPHIUROÏDA ne présentent pas d'aussi grandes variations; ce n’est guère que chez les Ophiactis et les Ophiacantha que lon peut observer de six à huit bras.

Les CysroipA et les PALÆO- CRINOÏDA, de la période primaire, sont les seuls groupes où l’on observe des espèces ayant normalement moins de cinq rayons.

Les plus simples des formes actuellement vivantes sont les STELLEROIDA Ou Étoiles de mer qui remontent d’ailleurs jus-

qu'aux plus anciennes périodes

Fig. 633. — Partie centrale d'un Zabidiaster radiosus présentant + : d s trente bras dont six (b4 à b6) sont en voie de formation parmi géologiques. Le CORES e ce les bras déjà bien développés; B, bras coupés spontanément animaux est formé de bras

M toujours indivis qui, vus par leur face supérieure ou dorsale, semblent s'unir à un disque central, tandis qu'ils semblent purement et simplement se souder sur la face inférieure ou ventrale, sans indication d'un disque spécial qui les sépare de la bouche (fig. 634). Le disque dorsal n'est très nettement distinct des bras que chez les BRISINGID# et quelques ZOROASTERIDÆ; partout ailleurs, on ne peut établir de démarcation précise entre ce disque et les bras; on trouve même tous les passages des formes où les bras se réunissent à angle vif (FORCIPULATA, ECHINASTERIDÆ, LINCKIIDÆ, ASTROPECTINIDÆ) à celles où le disque a la forme d’un pentagone à côtés plus ou moins concaves et à sommets prolongés en bras plus ou moins nets (ASTERINIDÆ, Pentaceros, ARCHASTERIDÆ), et à celles où le pentagone devient presque régulier (nombreux Pentagonaster, fig. 635; Culcita). Chaque bras est creusé sur sa face ventrale d’une vouttière longitudinale qui en occupe toute l'étendue, et s'étend jusqu à une membrane annulaire qui entoure la bouche (ForcrPuLATA) ou jusqu’à la bouche ellemême (SPINULOSA, VALYULATA, PAXILLOSA). Dans cette gouttière, sont disposées deux ou quatre rangées de tubes membraneux, verticaux, terminés ordinairement

par une ventouse discoïdale (fig. 634, Af). Cette ventouse se réduit beaucoup chez la plupart des ZOROASTERIDÆ et des ARCHASTERIDÆ (les Archaster exceptés) ; le tube se termine en pointe chez les ASTROPECTI- NiDæ et les PORCEL- LANASTERIDÆ. Les tubes ambulacraires des Étoiles de mer sont disposés par paires; lorsqu'ils sont quadrisériés (ASTE- RIADÆ), les paires consécutives se dé- + placent alternative- Z ment à droite et à gauche, de manière que les tubes semblent alterner dans les rangées longiludinales consécutives.

La régularité de leur

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disposition rappelle A

celle dela disposition SE QE

des arbres d’une pro- 4 NE

menade, aussi ap- LA

pelle-t-on ambulacre Fig. 634. — ÆEchinaster sentus, Étoile de mer vue par la face orale

: : — 0, bouche; Af, tubes ambulacraires (d’après AI, A 51z). la surface longitudi- (d'après Al. Agassiz)

nale qu'ils occupent; gouttière ambulacraire, la gouttière dans laquelle ils sont situés ; les tubes sont euxmêmes des tubes ambulacraires. À l'extrémité libre des bras, les gouttières ambulacraires se rabattent sur la face dorsale, et l’on aperçoit à leur extrémité un point rouge qui est un œil (fig. 636).4La surface dorsale des bras est plane, carénée ou convexe: elle est souvent couverte de piquants, de papilles respi-

Fig. 636. — Oc, œil situé à l'extrémité du bras d’une Étoile de Forbes. Craie blanche de Sussex, vue mer en avant de tubes ambulacraires sans ventouse (d'après de dessous et de côté. Hæckel).

ratoires membraneuses; la surface du disque présente le même mode d'ornementation. Mais on y distingue à première vue une plaque marquée de sillons sinueux

rappelant ceux qui marquent la surface d’une Méandrine, d’où le nom de madréporite,

habituellement donné à cette plaque, toujours

Fig. 637. — Ophiothrix fragilis, dont l'extrémité des bras a été enlevée. — GS,fentes des poches génitales; Æ,plaques masticatrices.

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