SAT A
Fig. 638. — Pentacrinus asterius, d'après J. Müller. — 1. L'animal vu en entier. 2. Face orale du disque. O, bouche; À, anus.
placée sur l’un des rayons qui vont du centre du disque au sommet des angles ou des arcs suivant lesquels les hras se réunissent. Ces rayons sont dits interbrachiaux et leur direction est interradiale, tandis que les rayons qui vont du centre du disque à l'extrémité des bras sont les rayons brachiaux et leur direction est radiale. Ces traits généraux de structure persistent chez la plupart des Echinodermes à qui les dénominations que nous venons de définir sont applicables.
Chez les OPxiuRoiDA, le disque arrondi forme une région du corps toujours bien séparée des bras qui ont ainsi l'apparence d’appendices (fig. 637). Ces bras ne présentent pas de gouttière ambulacraire; mais, sur les côtés de leur face venirale, des pores disposés en une rangée longitudinale droite et une rangée gauche livrent passage à des tubes ambulacraires dépourvus de ventouse, souvent papilleux. Le madréporite est ventral. Les bras des Ophiuroides sont en général susceptibles (NECTOPHIURA) de mouvements latéraux ondulatoires, dont les bras des Étoiles de mer sont rarement capables. Chez les ASTROPHYTIDÆ, la ramification des bras coincide avec la faculté de s’enrouler autour des corps étrangers en formant des vrilles qui sont analogues à celles des plantes grimpantes.
Les Crinoides actuels (NEOCRI- NoipA) peuvent avoir des bras simples (Rhizocrinus, Eudiocrinus), bifurqués (Ilycrinus, Bathycrinus, Antedon rosacea) ou ramifiés un plus ou
moins grand nombre de fois (Hyocrinus, Calamocrinus, Pentacrinus, fig. 638). Les bras de ces animaux et leurs ramifications principales portent le plus souvent des ramifica-
tions secondaires, alternes, formant une rangée droite et une rangée gauche, les pinnules. Un grand nombre de Crinoides des périodes primaires et secondaires étaient fixés aux corps sous-marins par un pédoncule articulé plus ou moins long; il existe encore des formes fixées dans les régions profondes de nos mers (Holopus, Hyocrinus, Rhizocrinus, Bathycrinus, Calamocrinus, Ilycrinus, Pentacrinus, Metacrinus). Mais les formes libres sont de beaucoup plus fréquentes; elles s’accrochent aux corps étrangers à l’aide d’une couronne de cirrhes ou crochets dorsaux articulés, et nagent en faisant onduler alternativement les bras d’une même paire dans le sens vertical (Antedon, Actinometra, etc.). Les Crinoides ont une gouttière ambulacraire sur les bords de laquelle sont deux séries alternes de tubes ambulacraires, trifurqués et garnis de papilles tactiles.
Chez les EcarNoiïpA il n’y a pas de bras, mais le corps se décompose en dix fuseaux qui partent du pôle supérieur du corps et aboutissent à la bouche (fig. 639). Cinq de ces fuseaux sont bordés, chez l’animal vivant, par des tubes ambulacraires | disposés de chaque côté en une ou plu- :
sieurs rangées : ce sont les ambulacres; ils alternent avec cinq autres fuseaux, les interambulacres, dépourvus de tubes ambulacraires. Les cinq ambulacres continus et également développés du pôle
Fig. 639. — Hemiciduris (Hemidiadema) serialis. Fig. 640. — Clypeaster rosaceus.—1, face dorsale. Au Quenst. Jura blanc, Hohenstadt. milieu le madréporite entouré des cinq pores géni-
taux et des cinq ambulacres pétaloïdes. Le rayon
impair est situé en avant. — 2, portion médiane
de la face ventrale. O, bouche; À, anus.
dorsal à la bouche chez les Échinides endocycliques, étroits chez les CIDARIDz, larges chez les DIADEMIDÆ, ARBACHIDÆ, ECHINIDÆ, s’atrophient plus ou moins sur la face inférieure du Corps, tandis qu'ils se dilatent en pétales sur la face dorsale chez les CLYPEASTRIDÆ (fig. 640); ils se réduisent de même sur la face inférieure du corps Chez Iles SPATANGIDE (fig. 641) sans prendre cependant l'aspect pétaloïde sur la face opposée; les ambulacres ont ainsi une région ventrale et une région dorsale de structure différente. Chez les SPATANGIDÆ, l’un des ambulacres dorsaux se développe également moins que les autres qui sont symétriquement disposés par rapport à son plan méridien; l'animal présente alors une symétrie bilatérale bien accusée (fig. 652 à 654). Cette symétrie se manifeste déjà chez les CLYPEAS- TRIDÆ dont l'anus ne se trouve plus au pôle supérieur du corps, point de convergence des ambulacres, comme chez les CiDARIDÆ, DIADEMIDÆ, ECHINIDÆ, mais se transporte au bord de la face inférieure du corps dont il caractérise par cela même l'extrémité postérieure (fig. 640, n° 2); en même temps le corps s’allonge PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 50
dans la direction ano-buccale, et se rétrécit souvent à l’une de ses extrémités. Il devient aplati chez les Scutella (fig. 642), et en outre son bord se découpe en échancrures ou en lunules dont la position est caractéristique de divers genres de Clypéastroides (fig. 643). Ces découpures du test donnent aux Mellita, Encope, Rotula, etc., une certaine ressemblance avec les Étoiles de mer, ressemblance (d’ailleurs toute superficielle puisque les découpures sont souvent placées vis-à-vis des ambulacres.
Chez les Spatangoïdes, en même temps que l'anus descend plus ou moins bas dans l’interambulacre postérieur, la bouche se transporte vers l'extrémité antérieure de la face ventrale et s’élargit perpendiculairement au Fig. 641. — Sohiusier (Spatangoïde) vu par plan de symétrie, tandis que sa lèvre extérieure
Je face ventrale. 0, bouche; 4, anus; P, Svancé en cuilleron (fig. 641 0} lambuee
pores des tubes ambulacraires. à
modifié est toujours l’ambulacre antérieur.
La symétrie bilatérale est obtenue chez les ECHINOIDA par la modification de formes dont la bouche et l'anus étaient primitivement situés aux deux extrémités
PASS ITISS
Fig. 642. — Scutella Vindobonensis. Calcaire de Fig. 643. — Amphiope bioculata, Clypéastroïde la Leitha, bassin de Vienne. KFortement réduit. à deux lunules ambulacraires du Miocène.
d’un axe vertical. Chez les HoLorTauRIoipA (fig. 643), cette symétrie résulte de la modification de formes dont l’axe ano-buccal était primitivement horizontal; les deux extrémités de cet axe marquent les deux points opposés de convergence des ambulacres. La symétrie bilatérale peut être réalisée de deux façons : 4° par la constitution d’une face ventrale plane, le trivium, limitée latéralement par deux ambulacres et partagée en deux moitiés symétriques par un autre ambulacre impair; 2° par la courbure du corps en un siphon où se rapprochent l’un de l’autre le pôle buccal et le pôle anal (Ypsilothuria), jusqu’à leur réunion à l’extrémité d’un même col surmontant le corps comme un goulot de bouteille en surmonte la panse (Rhopalodina).
On peut distinguer deux formes d'Holothuries du premier type : les unes (Psolus, Georisia) ont leur bouche dorsale et les tubes ambulacraires dorsaux, formant le