‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 264 sur 396 · RP · texte numérisé non relu

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Fig. 661.— Coupe longitudinale d’une larve d'An- Fig. 662. — Schéma d’une larve d’Antedon. — D, intestedon. — M, orifice buccal; D',intestin antérieur; tin antérieur; D", intestin moyen; D", intestin termi- D", intestin moyen; Z, cavité viscérale; Z', sac nal ; À, anus; P, 1% entonnoir vibratile s’ouvrant avec pariétal; Pi, cordon de tissu conjonctif entre Z le 1" tube hydrophore dans le sac pariétal; 7, 7", Tr, et L'; H, ébauche de l'organe axial; 7, cordon tentacules; Z, cavité viscérale; M, anneau ambulafibreux dans l’axe du pédoncule; W, anneau craire; St, canal pierreux; Bi, cordon de tissu conambulacraire; St, tube hydrophore; X, corps jonctif; X, corps sphérique ; À, organe axial ; #, corsphérique; 7°, tentacules {d’après H. Ludwig). don fibreux axial du pédoncule (d’après H. Ludwig).

que celui des Étoiles de mer. Le tube hydrophore (fig. 663, Sc) traverse toute la hauteur du test; comme chez les Ophiurides et les Crinoides, il est dépourvu d’enve-

Fig.

M A loppe calcaire. L’anneau am- & bulacraire (Rg) est placé sur la base de la lanterne d’Aristote; il porte cinq corps de Tiedemann interradiaux (Po) qui reposent sur cette base; les cinq canaux qu'il fournit passent sous les compas, descendent le long de la face externe de la lanterne, passent sous les auricules quand elles existent, et, après avoir donné une branche récurrente qui fournit les tentacules buccaux, remonte le long de la ligne médiane de chaque am- 663. — Schéma de l'appareil ambulacraire d'un Oursin d'après bulacre jusqu’à la plaque inter-

Huxley. — 0, bouche; Z, lèvres: aur, auricules du test: re, ré- ne

tracteurs; pr, extenseurs de l'appareil dentaire ou lanterne £énitale correspondante sous d'Aristote; g, anneau ambulacraire; Po, vésicules de Tiede- 1 5 mann; À, canal ambulacraire radial avec les branches des le pore de laquelle il se fer tubes ambulacraires (Am); Sc, tube hydrophore; M, plaque mine en cæcum. Sur leur tra-

adréporique; St, piquant, le, pédicellulaire; Z, dents. jet les cinq canaux radiaux

émettent des branches normales à leur direction, qui d’une part supportent chacune

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un sac aplati et d'autre part émettent une paire de petits tubes accolés comme les canons d’un fusil double. Chaque paire de tubes se rend à un même tentacule ambulacraire (Am); mais les deux tubes se terminent au niveau du test, de sorte que le tentacule ne contient qu'une cavité unique.

Chez les Oursins endocycliques (DEsmosTicnA), et les EcHiNoNIDÆ, les tubes ambulacraires se terminent, comme chez les Stellérides, par un disque aplati, formant ventouse; mais ce disque est constamment soutenu par une rosette de quatre à six pièces calcaires, reliées par un cadre étroit à d'autres pièces plus petites, alternant avec elles. Chez les CASSIDULIDE il y a trois sortes de tentacules ambulacraires : 4° ceux des phyllodes avec une extrémité lamellaire (Rynchopygus); 2° ceux des pétales qui sont lobés à l’extrémité; 39 enfin ceux des autres régions terminés, comme d'habitude, par une ventouse plus ou moins développée. Le mode de terminaison des tubes ambulacraires est encore plus varié chez les Spatangoides : ceux de l’ambulacre antérieur, essentiellement locomoteurs, sont terminés soit par une extrémité arrondie, soit par une grande ventouse; ceux qui sont à l’intérieur de la fasciole péripétale sont plus grands que les autres; les tentacules buccaux qui occupent la région correspondant aux phyllodes des CASSIDULIDÆ, sont terminés par un bouquet d’appendices claviformes ; dans les pétales les tentacules sont digités à leur extrémité. Les appendices claviformes et les appendices digités sont soutenus respectivement par une baguette calcaire; l’ensemble de ces baguettes peut être considéré comme représentant la rosette des ventouses des Oursins endocycliques.

Chez tous les Oursins il existe des spicules dans la paroi des tubes ambulacraires. La forme de ces spicules varie d’une famille à l’autre et peut être souvent considérée comme caractéristique de ces groupes naturels t,. f

Holothuries. — L'appareil ambulacraire des Holothuries (fig. 657, p. 804) comprend les mêmes parties que celui des autres Échinodermes. Comme chez les Oursins il n'existe ordinairement qu’un seul bouquet de tubes hydrophores et plus ordinairement même qu'un seul tube hydrophore, contenu entre les deux lames du mésentère. Ce tube s'ouvre à l’extérieur chez les jeunes Holothurides; chez un grand nombre d'Élasipodes (Oneirophanta, Orphnurgus, Irpa, Benthodytes, Elpidia), son orifice se ferme ; terminé en cæcum, il demeure encore engagé dans les téguments; cet état n’est plus que transitoire chez les Synapta et les Holothurides ordinaires (Chirodota rotifera). Chez ces dernières, sur le trajet du tube hydrophore se forme une sorte de madréporite, la portion de ce tube comprise entre le madréporite et la paroi du corps se résorbe, et la portion restante devenue libre s'ouvre dans la cavité générale. L’anneau ambulacraire auquel est suspendu le tube hydrophore est silué sur le bulbe buccal; il est immédiatement recouvert par la couronne calcaire et constitué par un épithélium interne, au-dessous duquel se trouvent une couche musculaire, puis une couche conjonctive. A l'anneau ambulacraire est suspendue une volumineuse vésicule de Poli; elle est située dans l’interradius DE.

Sur la face supérieure de l'anneau ambulacraire prennent naissance les cinq canaux radiaux qui remontent le long du bulbe buccal jusqu’au niveau de son bord supérieur et se réfléchissent sur les parois du corps. De ces canaux radiaux

1 STEwART, On the Spicula of the regular Echinoïda. Trans. of the Linnean Society, t. XXV, 1865. — E. PerRier, Recherches sur les Pédicellaires et les Ambulacres des Astéries et des Oursins. Annales des sciences naturelles, 1868-69.

naissent d'abord les tentacules, à chacun desquels correspond un cul-de-sac tentaculaire, situé entre deux pièces consécutives de la couronne calcaire. Les tentacules se terminent, tantôt par un disque aplati (ASPIDOCHIROTA), tantôt par des arborescences très élégantes (DENDROCHIROTA, fig. 644, p. 787). Ils sont au nombre de dix; chaque canal radial est, en effet, compris entre deux tentacules avec lesquels il communique respectivement par un petit canal transversal dont une valvule peut fermer l'orifice. Sur tout le reste de leur trajet, les canaux radiaux donnent naissance à des tentacules ambulacraires, présentant une ampoule interne et un tube externe terminé par une ventouse. Les canaux radiaux se terminent en cul-de-sac au voisinage de l'anus. Canaux radiaux et tentacules subissent chez les Psolus et surtout chez les ELASIPODA d'importantes modifications. Chez tous ces animaux la sole ventrale comprend un ambulacre médian; elle est limitée par deux autres ambulacres ; il ne reste donc que deux ambulacres dorsaux : les canaux radiaux de ces derniers persistent chez les ELASIPODA et les Georisia; mais leurs tubes ambulacraires se transformant en tentacules incapables de servir à la locomotion, parfois très réduits (Beuthodytes), se limitent à un tentacule impair postérieur (Georisia) ou disparaissent entièrement. Les tentacules ambulacraires manquent totalement aux MOLPADIDÆ; les canaux radiaux disparaissent à leur tour chez les SYNAPTIDÆ.

Cavités satellites de l'appareil ambulacraire ou cavités parambulacraires. — L'appareil ambulacraire des Échinodermes peut être considéré comme une sorte d'appareil directeur, avec lequel sont dans un rapport ordinairement assez étroit de position : 1° un système complexe de cavités d’origine variable que nous appellons, pour abréger, système des cavités parambulacraires ; — 2° les parties les plus importantes de l'appareil plastidogène ; — 3° une partie considérable du systéme nerveux. Nous nous occuperons d'abord des cavités parambulacraires. |

Chez les Stellérides le canal hydrophore est contenu dans une vaste cavité creusée -en partie dans la cloison interradiale qui lui correspond et complétée, du côté de la cavité générale, par une paroi membraneuse, le tout constituant l'organe sacciforme ou sinus axiul (fig. 658, S). La cavité de l'organe sacciforme, verticalement cloisonnée d'une facon particulière, communique inférieurement avec une autre cavité annulaire pratiquée dans la membrane labiale (fig. 658, 1) et dans laquelle viennent s'ouvrir les cavités tubulaires comprises dans chaque bras entre le canal radial et le tégument de la gouttière ambulacraire, cavités que l’on désigne habituellement sous le nom de cavités sous-ambulacraires. Une cloison annulaire, à direction oblique (fig. 664), divise l'anneau labial en deux cavités superposées. De cette cloison partent d’autres cloisons membraneuses (fig. 665, HS) qui pénètrent dans les cavités sous-ambulacraires et les divisent de même en deux étages superposés; le long de la ligne médiane de ces cloisons, interrompues par places, s’insère une nouvelle cloison, verticale celte fois, qui divise en deux cavités symétriques la cavité sousambulacraire inférieure (fig. 666). Les cavités sous-ambulacraires ne sont pas indépendantes de la cavité générale : de fins canaux partent de la cavité sous-ambulacraire supérieure, longent l’arête inférieure de chaque pièce ambulacraire et finalement viennent s'ouvrir dans la cavité générale !. Ces canaux ont été décrits comme l'appareil vasculaire des Stellérides (Hoffmann).

1 E. Perrier et J. Porrter, Sur l'appareil circulatoire des Etoiles de mer. Gomptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXIV, 1882, p. 261.

Les Ophiurides présentent un système de cavités parambulacraires exactement comparable à celui des Stellérides et offrant les mêmes rapports (fig. 666); seulement la cloison verticale des cavités sous-ambulacraires fait défaut, et le système nerveux, pénétrant dans la cavité sous-ambulacraire laisse entre sa surface externe et les téguments un espace tubulaire vide auquel on peut donner, le nom de sinus épineural (Cuénot).

Tous ces rapports sont conservés chez les Oursins (fig. 669) et les Holothuries : entre le Canal radial et le tégument apparaissent, chez ces animaux,deux cavités superposées

CAVITÉS PARAMBULACRAIRES.

Fig. 664. — Coupe verticale à travers le péristome de l’Asterias rubens pratiquée suivant la ligne médiane d’un rayon. — W, anneau ambulacraire ; Wr, tubes de Ludwig; B, canal ambulacraire radial ; J, partie interne; E,

dont l’extérieure est limitée par des parois riches en éléments nerveux. Ces cavités n’accompagnent pas les ca-

partie externe de l'anneau labial, séparées par une cloison oblique; N, anneau nerveux; !Vr, réseau nerveux sous-épithélial; Zp, épithélium ; WA, membrane buccale ; Bi, couche de tissu conjonctif; VS, cloison verticale; OS, cloison tome HS, cloison horizontale de la cavité sous-ambulacraire; a, a, ouvertures dans la cloison verticale; A*, Æ?, première el deuxième pièces ambulacraires; M, M?, les deux muscles transversaux inférieurs de la première ambulacraire; A3, muscle transversal de la deuxième ambulacraire (d'après H. Ludwig).

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Fig. 665. — Coupe verticale schématique d’une Ophiure (Ophioglypha), d'après H. Ludwig. — A gauche, la coupe par un interradius ; à droite, par un radius. À W, paroi du corps; O, bouche; Zi, lèvre; D, intestin; L, cavité viscérale; ZL', cavité viscérale du bras; Z, dents; 7, tore angulaire; Me, pièce du coin de la bouche; WS, pièce buccale; A', première pièce ambulacraire (plaque péristomale); A? à A6, deuxième à sixième pièce ambulacraire; B' à B6, les six plaques ventrales (pièces subambulacraires); 7 et MF", premier et deuxième tubes ambulacraires buccaux; W, muscle transversal inférieur de la deuxième vertèbre; M' muscle interradial externe; Zi”, muscle interradial interne de l’angle de la bouche; Bi, trabécules de tissu qui fixent l'intestin à la paroi du corps; W, anneau ambulacraire; W7, canal radial; P, vésicule de Poli; N, anneau nerveux; dr, nerf radial; 02, anneau de Tiedemann; Pr, canal plastidogène radial; aB, anneau génital; PA; r PH, cavités parambulacraires; ePA, anneau labial; iPAH. anneau épineural; $, cloison qui sépare l’anneau labial de la cavité viscérale.

naux radiaux sur la paroi de la lanterne d’Aristote chez les Oursins gnathostomes ; elles s'oblitèrent avant d'atteindre l'anneau nerveux; il en est de même chez les Holothuries.

Les cavités parambulacraires ne sont représentées chez les Crinoides que par une fente étroite, comprise entre la bandelette nerveuse sous-épithéliale et le canal radial. Les cavités qui existent entre ce canal et l’axe calcaire dans les bras ne sont pas autre chose que des dépendances de la cavité générale, équivalentes à la cavité qui contient les cæcums radiaux et les organes génitaux chez les Stellérides et qui est représentée par une simple fente comprise entre la paroi dorsale du corps et sa paroi ambulacraire chez les Ophiurides.

Cavité générale du corps; mésentères. — Toute la paroi interne du corps des Échinodermes est revêtue par une membrane péritonéale qui s'étend, en outre, sous forme de mésentères, de cette paroi aux organes à qui elle fournit un revêtement et qu’elle peut aussi relier les uns aux autres. La membrane péritonéale et les mésentères ne sont pas des formations passives; il s’y produit par places une abondante prolifération d'éléments anatomiques ; des espaces y sont ménagés ou s’'accumule le chyle; le cours du liquide cavitaire est, en partie, réglé par leur disposition qui doit être, en conséquence, étudiée avec quelques détails.

Les mésentères sont très simples chez les Stellérides (fig. 666). Deux lames comprenant entre elles une sorte de canal (JM) relient chaque cæcum à la paroi dorsale du bras.

Ils n’offrent rien de particulier dans

Fig. 666. — Schéma de l’organisation d'un bras d’Astérie. — À gauche de la ligne vy la coupe passe par une pièce ambulacraire, à droite, entre deux de ces pièces. Dans la moitié gauche on n’a pas représenté le cæcum intestinal,

et dans la moitié droite l'organe génital. Z, cavité viscérale du bras; ÆX, système des cavités schizocéliques; KBe, papille respiratoire (une seule a été représentée); St, piquants; BD, cæcum intestinal retenu par deux mésentères; JM, espace situé entre les deux mésentères; GP, pore génital; Ov, ovaire (chez le mâle, le testicule présente même les rapports); Wr, canal ambulacraire radial; PH, cavité sous-ambulacraire; Amp, ampoule des tubes ambulacraires, Æ, tube ambulacraire; O2, et UR, plaques marginales supérieure et inférieure; À, réseau fibrillaire sous-épithélial; V, lacune plastidogène (d'après H. Ludwig).

le disque, si ce n’est que, chez les jeunes individus tout au moins (Asterias spirabilis), la membrane péritonéale de l'estomac est reliée avec la paroi de l’organe sacciforme par un prolongement latéral.

Chez les Ophiurides deux cloisons annulaires rattachent l'œso-

phage aux pièces buccales; la plus forte limite un espace péribuccal parfaitement clos; la seconde cloison un peu plus mince est presque parallèle à la première et délimite un second espace péribuccal; elle manque assez souvent (Amphiura squamata, Ophiactis virens).

La disposition des mésentères est plus compliquée chez les Oursins et les Holothuries. Le tube digestif est ici relié aux parois du corps par une membrane fenestrée par places, qui dépasse le tube du côté interne et en suit la concavité en formant une sorte de ruban saillant; une lame mésentérique verticale relie le canal hydrophore à l’œsophage et au pôle apical; des mésentères attachent de même les glandes génitales aux parois du corps; enfin, autour de l’anus, du rectum et de

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l'appareil masticateur, des nappes membraneuses s’attachant d'une part au tube digestif, d'autre part aux parois du corps, délimitent des espaces clos d'étendue variable.

Chez les Crinoïdes (Antedon), la cavité générale est cloisonnée par un système encore plus complexe de membranes. L'ensemble des viscères est entouré par une sorte de sac viscéral (fig. 667, Sv), formé de feuillets membraneux superposés, qui court à mi-distance de la paroi du corps et du tube digestif auxquel il est relié par de nombreuses trabécules. Ce sac se relie à un autre sac membraneux qui limite autour de l’œsophage un assez vaste espace péribuccal et se prolonge inférieurement dans l’axe du corps de manière à former un sinus axial qui entoure les organes axiaux que nous aurons bientôt à décrire. Du sac viscéral se détache une double lame membraneuse qui pénètre dans la cavité des bras et divise cette cavité en deux autres : la cavité sous-radiale ou sous-tentaculaire (est), elle-même incomplètement subdivisée par une cloison verticale fenestrée et la cavité dorsale ou cœliaque (cæ). Entre les feuillets de la membrane qui sépare ces cavités se trouve ménagée une troisième cavité tubulaire, la cavité génitale (cg).

L’enveloppe du sinus axial pénètre dans l'espace circulaire compris entre la roselte calcaire et la plaque centro-dorsale, tapisse cet espace et le cloisonne verticalement en cinq chambres (dl) dont l'ensemble forme ce qu’on appelle l'organe eloisonné. Ces chambres communiquent elles-mêmes avec la cavité axiale de cirres. Cette dernière cavité est, à son tour, divisée en deux autres cavités superposées, par une double cloison horizontale qui va se rattacher à la paroi axiale des chambres de l'organe cloisonné. Les deux lames qui forment la cloison horizontale des cirres sont absolument appliquées l’une contre l’autre dans ces organes; mais elles s’écartent de manière à former une sorte de court entonnoir en se rattachant à la paroi axiale des chambres,

Appareil plastidogème. — Avec le système de membranes dont nous venons de parler se trouve constamment en rapport un appareil Gont l'existence est générale chez les Échinodermes, dont les dispositions sont très variées et dont les fonctions, elles-mêmes multiples, sont liées à une active formation d'éléments anatomiques. C’est en raison de cette fonction essentielle que lappareil en question a élé désigné sous le nom d'appareil plastidogène. Get appareil comprend : 1° le corps plastidogène presque toujours en rapport avec le canal hydrophore; — 2° les corpuscules de Tiedemann et les formations analogues qui sont en rapport avec l'anneau ambulacraire ; — 3° les tubes de Ludwig qui accompagnent les canaux radiaux et sont contenus dans les cavités parambulacraires; — 4° des parties diverses qui mettent en rapport les unes avec les autres ces organes typiques ou en sont des dépendances.

Le corps plastidogène des Stellérides, Ophiurides et Échinides, autrefois pris pour un cœur, est contenu dans le sinus axial qui a déjà été désigné chez les Stellérides sous le nom d’organe sacciforme. Ce sinus est très vaste chez les Stellérides où il est habituellement divisé par une cloison membraneuse verticale en deux cavités, dont l’une contient le canal hydrophore, tandis que l’autre présente sur toute sa hauteur un repli vertical de sa paroi, à la fois très saillant et très chargé d'éléments anatomiques. Ce repli membraneux et les éléments qu'il supporte ne sont pas autre chose que le corps plastidogène (fig. 658, p). L’un des bords de ce corps est libre sur la plus grande partie de sa longueur, mais non loin de la région supérieure du

sinus axial ce bord libre peut se souder à la paroi du sinus, de manière à prendre l'aspect d’une cloison. Le plus souvent le corps plastidogène se termine à la cloison de l’anneau labial (Echinaster, Asterina, ASTROPECTINIDÆ) ; Chez les Asterias, il se continue dans l’anneau labial en un anneau plastidogéne ou anneau de Tiedemann duquel partent les tubes de Ludwig qui cheminent sinueusement, en présentant de rares ramifications dans la région médiane de la cloison des cavités sous-ambulacraires.

Chez les Ophiurides le corps plastidogène remplit tout l'organe sacciforme; il s’amincit en se rapprochant de la bouche, et S’unit à un anneau péribuccal (anneau de Tiedemann, situé soit dans l’anneau labial (Ophioglypha albida, O. lacertosa, Ophiothrix flagelli), soit dans l’une des cavités périæsophagiennes (Ophiocoma scolopendrina). De cet anneau naissent des tubes de Ludwig qui se placent au-dessus du ruban nerveux dans la cavité comprise entre ce ruban et le canal radial.

Des dispositions très analogues existent parmi les Échinides. Le sinus axial est rempli chez tous ces animaux par un corps plastidogène de forme ovoide (fig. 668, ai) formé par un réseau conjonctif, dans les mailles duquel sont accumulés les éléments formés dans l’organe. Celui-ci présente une cavilé centrale prolongée en un canal (ah) qui vient s'ouvrir à côté des tubes hydrophores dans une sorte d'entonnoir placé sous le madréporite. Cette cavité centrale est close vers le-bas; mais le corps ovoide se prolonge lui-même le long du tube hydrophore en une sorte de canal glandulaire, le canal de Kæhler. Le canal de Kæhler aboutit chez les CIDARIDÆ à un anneau de Tiedemann en quelque sorte creusé dans l'épaisseur de l'anneau ambulacraire, de structure spongieuse et dans lequel pénètrent sans s’y ouvrir Ge fins diverticules de l’anneau ambulacraire. Cet anneau (av) contient au contraire l'anneau ambulacraire (am) chez les Ecainipz ; il consiste en réalité en une lacune annulaire comprise entre le plancher supérieur de la lanterne d’Aristote et la membrane péritonéale. En cinq points exactement interradiaux l’anneau ambulacraire émet un diverticule qui ne tarde pas à se transformer en une poche boursouflée, à parois très minces, reliées par de nombreuses trabécules aux parois de l'anneau de Tiedemann qui forme lui-même des diverticules enveloppant ceux de l'anneau ambulacraire; ainsi se constituent les cinq vésicules de Tiedemann des EcxiNipæ‘. L'espace compris entre les deux membranes qui forment ces vésicules est rempli par un tissu exactement semblable à celui du corps plastidogène, tissu entremêlé de concrétions jaunâtres, encore plus caractérisées dans l'anneau de Tiedemann. Il n’y a aucune diflérenciation plastidogène dans l'anneau de Tiedemann des Spatangoïdes. De cet anneau partent chez les Échinides gnathostomes cinq tubes accolés à l’œsophage qui pénètrent dans les cavités sous-ambulacraires, s’accolent au canal radial et l’accompagnent jusqu’à son extrémité (ac). Il existe une disposition très analogue chez les Holothuries où les tubes de Ludwig (lacunes amæbophores radiales, Hérouard) aboutissent à un réseau lacunaire, placé dans le bulbe buccal, au-dessus et en dedans de l'anneau aquifère et qu'on peut considérer comme une sorte d’anneau de Tiedemann.

L'appareil plastidogène des Crinoiïdes présente un grand nombre de particularités nouvelles. Le corps plastidogène est remplacé chez ces animaux par un organe qui

1 Ces vésicules sont souvent désignées sous le nom de vésicules de Poli; mais elles sont bien différentes des vésicules de Poli des Etoiles de mer, et rappellent bien mieux les vésicules de Tiedemann de ces KEchinodermes.

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semble au premier abord résulter de l’enchevêtrement de tubes assez larges (fig. 667, pg), à parois épaisses, formées d'une seule rangée de grandes cellules

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Fig. 667. — Figure schématique montrant l’organisation d’une Comatlule (Anfedon rosacea), les téguments el les organes sont supposés transparents. On voit à gauche et en avant la section d’un bras. — À, D, E, les canaux radiaux dans leur ordre morphologique ; Œ, œsophage; P, sinus axial; À, rectum ; NV, anneau nerveux principal; Vr, à la partie supérieure de la figure, anneau nerveux sous-épithélial; Ar, à la partie inférieure de la figure, troncs nerveux radiaux; .Vb, troncs nerveux brachiaux ; /Vch, chiasma entre les troncs nerveux brachiaux d’une autre paire; mn, nerfs méridiens mettant en rapport l’anneau buccal et les troncs radiaux; a, anus; b, bouche; k, tubes hydrophores s’ouvrant dans les lacunes du plexus labial; s, organe spongieux; v, paroi du corps; %, syzygie; €, cirres; t, cloison longitudinale dans la cavité des cirres; ab, anneau ambulacraire péribuccal; br, canaux ambulacraires brachiaux; cf, canal radial dans un bras coupé ; fr, triade de tentacule ; v/, entonnoirs vibratiles conduisant l’eau dans les lacunes du plexus labial; vg, entonnoirs vibratiles conduisant l’eau dans la cavité génitale ; vs, entonnoirs vibratiles conduisant l’eau dans la cavité sous-tentaculaire; /t, ls, lacunes marginales du tube digestif; pv, plexus interviscéral ; pg, plexus génital; pl, plexus labial; id, anastomoses du plexus labial et des lacunes marginales ; ig, anastomoses du plexus génital et des lacunes marginales; cb, cercle basilaire; cr, diverticules radiaux du cercle basilaire; cæ, cavité cœliaque et ses corbeïlles vibratiles ; csé, cavité sous-tentaculaire ; eg, cavité génitale; de, chambre centrale, d!, chambres latérales de l'organe cloisonné; sg, prolongement axial du stolon génital; »g, rachis génital; ga, extrémité supérieure du stolon génital; II, III, 2° et 3° radiales du bras À.

carrées; vers le bas, le calibre des tubes se rétrécit, et l'organe se transforme peu à peu en un faisceau de cordons cellulaires qui pénètre dans la cavité axiale

de l’organe cloisonné et, s’amincissant toujours, finit par se perdre dans le tissu calcifère de la plaque centro-dorsale (sg). Du côté opposé, l'organe se transforme en un lacis de canaux à parois minces (pl) qui se perdent dans la région comprise entre l’œsophage et le reclum, dans les lacunes d'une sorte de poche presque oblitérée par des tractus conjonctifs, chargés de nombreux éléments fusiformes : c’est là la région essentiellement plastidogène, quelquefois nommée organe spongieux !. Il n’y a pas dans les bras de tubes de Ludwig proprement dits.

Appareil absorbant intestinal. — Dans la membrane péritonéale et le mésentère des Crinoides, Échinides et Holothurides se différencie un système de lacunes qu'on a longtemps décrites comme des vaisseaux, mais qui sont de simples réservoirs chylifères. En dehors des dépendances du tube digestif, ils ne contractent de relation qu'avecles glandes génitales, développées d’ailleurs elles-mêmes aux dépens de la membrane péritonéale. Dans les trois classes deux lacunes principales courent symétriquement le long du tube digestif; mais le reste de l’appareil absorbant présente des dispositions propres à chaque groupe.

Chez les Crinoides l’une des lacunes principales est dorsale (fig. 667, li), l'autre ventrale (s); non loin du rectum, ces deux lacunes communiquent l’une avec l’autre par une anastomose verticale bien visible chez les jeunes individus; mais elles sont en outre très probablement reliées entre elles par un réseau de lacunes courant entre l'épithélium intestinal et la membrane péritonéale. De ce réseau se détachent de véritables canaux d’assez gros calibre, qui aboutissent à des canaux ramifiés (pv) plus volumineux, courant eux-mêmes entre les replis du tube digestif dont ils suivent la direction générale. L'ensemble de ces canaux forme ce qu’on peut appeler le plexus interviscéral. Au fond du calice, le plexus interviscéral se termine par une sorte d’anneau vasculaire, le cercle basilaire (cb), d'où partent d’autres canaux qui s'élèvent verticalement en formant un réseau autour de l'organe axial (ga). Ces canaux communiquent avec ceux qui forment le plexus labial autour de l’æsophage (pl); tous ensemble constituent le plexus génito-labial, lui-même en communicalion (ig, id) avec le plexus interviscéral.

Enfin certains lobes de l’organe axial se résolvent à leur tour en canaux qui semblent prendre part à la constitution du plexus génito-labial. Il est très difficile de décider si le cercle basilaire est clos, ou s’il communique, comme cela est probable, avec les cavités cœliaques des bras très ciliées, munies de corbeilles vibratiles et dans lesquelles pourraient alors circuler les liquides contenus dans l'appareil absorbant. Cet appareil est manifestement en rapport direct avec l’organe plastidogène ou organe spongieux et avec l’organe axial qui produit, ainsi que nous le verrons, les glandes génitales (cg) et qui peut être, en conséquence, désigné sous le nom de stolon génital.

Les dispositions de l'appareil absorbant sont plus simples chez les Oursins et les Holothuries. Dans les deux cas, l’une au moins des grandes lacunes marginales de l'intestin part de l'anneau de Tiedemann : chez les CibAripÆ et les ECHINIDÆ ?, c’est la lacune marginale interne (fig. 668, an) qui remonte le long de l’œsophage, longe,

1 Hergert CaRPENTER, Report on the stalked Crinoïda collected by H. M. Challenger.

2 E. Perrier, Recherches sur l'appareil circulatoire des Oursins. Archives de Zoologie expérimentale, 1875. — Prouno, Recherches sur le Doroudaris papillata et quelques Oursins de la Méditerranée. Archives de Zoologie expérimentale, 1882.

en courant dans le mésentère, le bord interne de la première courbure de l'intestin, et se résout, à l’origine de la seconde courbure, en un réseau de fines lacunes dans la partie libre du mésentère. De cette lacune marginale interne (an) émergent normalement à sa direction de nombreux conduits arborescents qui se ramifient à la surface de l'intestin de manière à simuler un fin réseau capillaire. Ces capillaires se groupent eux-mêmes graduellement en troncs qui aboutissent à la lacune marginale externe (ao). Cette lacune se résout, en arrivant à l’œsophage (CIDARIDE), en un système de fines lacunes contenues dans le mésentère et communiquant d’une part avec les lacunes superficielles du corps plastidogène, d'autre part avec celles du cercle qui met en communication les glandes génitales (anneau génital). Les deux lacunes marginales et le réseau qui les met en rapport ne dépassent généralement pas la première courbure

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