RÉGIONS DU CORPS
Chaque segment est ordinairement recouvert d’une couche chitineuse, souvent imprégnée de calcaire, surtout chez les Crustacés supérieurs; mais il arrive aussi que la couche chitineuse s'amincisse au point de ne plus former qu'une mince pellicule. Les limites des segments peuvent alors être peu apparentes; et leur nombre n’est plus déterminable que par celui des appendices. Cela se produit surtout chez les formes parasites, nombreuses dans l’ordre des Copépodes, et chez celles qui s’abritent dans des corps étrangers (PAGURIDÆ).
Fréquemment de la partie postérieure du segment qui porte la mâchoire part un repli tégumentaire dont la face supérieure est recouverte d’une épaisse couche de chitine et qui s'étend en arrière, sur un nombre plus ou moins grand des segments du Corps, auxquels il constitue un appareil protecteur. Ce repli est la carapace; la partie des segments qu'elle recouvre demeure généralement molle et inarticulée. Dans l’ordre des Phyllopodes, les Branchipus (lig. 726, p.897), Artemia, etc., manquent de carapace; les Apus (fig. 711) ont une carapace en forme de bouclier aplati qui laisse libre la partie postépneu A De 2 JÉMAULCC les HE Fig. 710. — Cyclops coronatus femelle, vu par la analogues ont une carapace bivalve qui face dorsale. — A’, antennules; A”, antennes: enveloppe le thorax et l'abdomen et que l’on D, intestin; OvS, sac ovifère (d’après Claus). retrouve chez tous les CLADOCÈRES (fig. 738, p. 910). La carapace recouvre même la tête chez les Ostracodes (fig. 712 et 713), où ses deux valves sont mobiles et reliées entre elles par des muscles et des ligaments. Parmi les Entomostracés, en dehors des Branchipus, les COPÉPODES manquent seuls de carapace. Il y a toujours une carapace chez les LEPToSTRACÉS (fig. 727 et 728, p. 898) et chez une grande partie des MALACOSTRACÉS proprement dits qu'on désigne pour cette raison sous le nom de THORACOSTRACÉS. La carapace des Thoracostracés s'étend en général sur tout le céphalothorax (fig. 717, p. 887); elle est limitée aux trois ou quatre premiers segments thoraciques chez les CuMACés (fig. 716, p. 886), aux cinq premiers, Ceux qui portent les pattes-mâchoires, dans l’ordre des STOMATOPODES (fig. 736, p. 906). On réunit sous le nom d'ARTHROSTRACÉS les deux ordres de Malacostracés qui manquent de carapace et Fig. 711. — ais cancridont tous les segments thoraciques sont par suite nettement Li apparents du côté dorsal, savoir : les AMPHIPODES (fig. 714) et les IsOPODESs (fig. 715).
Les régions du corps sont caractérisées par la nature des appendices que portent
les métamérides. Il y a toujours chez les Crustacés deux paires d’appendices antérieurs à la bouche ou appendices prébuccaux, dont la position est dorsale ou laté-
Fig. 712. — Cypridina mediterranea mâle. — H, cœur; SH, muscle du test; O, œil; O', œil impair, G, cerveau; Sfr, organe frontal; 7’, testicule; P, organe copulateur; Fu, queue (/urca).
iN
Fig. 713. — Cypridina mediterranea femelle. — A', antennule; 4”, antenne; Mdf, mandibule; Wz', mâchoire, et, au-dessus d'elle, muscle du test; Max", maxille pourvue d'une grande lame respiratoire ; F, 1% kormopode; #7, 2° kormopode en forme de cirre; Fu, furca; H, cœur; M, estomac (d'après Claus).
rale; ce sont les antennules et les antennes. Au devant des antennules il existe, en outre, chez les Branchipus, les LEp- TOsTRACÉS et les THo- RACOSTRACÉS une paire d'appendices mobiles à l'extrémité desquels sont placés les .yeux : les Leptostracés et les Thoracostracés Sont, en conséquence, des MALACOS- TRACÉS PODOPHTHALMES!, tandis que les termes ARTHROSTRACÉS et MaA- LACOSTRACÉS ÉDRIOPH- THALMES OU à yeux sessiles peuvent, dans l’état
actuel de nos connais-
sances, être considérés comme synonymes.
Les appendices prébuccaux sont suivis des appendices buccaux qui sont toujours au nombre de trois paires : une paire.
de mandibules, une paire de mächoires et une paire de maæxilles. Les maxilles ne sont pas nécessairement employées à broyer les aliments; elles fonctionnent tantôt comme des pattes (COPEPODA, CYTHERIDÆ), tantôt. com-
me des nageoires (Cy-
PRIDÆ, CYPRIDINIDÆ,
6g., 713, Ms"); ilraen
existe le plus souvent que, pendant la période embryonnaire, chez les CLADOcèREs; elles deviennent une lèvre inférieure chez les CIRRIPÈDES; partout ailleurs elles constituent une paire de membres masticateurs bien caractérisés.
1 Mrcne-Epwanrps, Histoire naturelle des Crustacés, suite à Buffon.