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Fig. 864. — Mäle du Chorioptes spathiferus (Sym- Fig. 865. — Jeune femelle de Chorioptes spathiferus biotes equi) vu par la face ventrale. AG, ven- à l'époque de l'accouplement (d'après Mégnin). touses (d’après Mégnin).
des femelles (fig. 864, 865, 866). Les glandes génitales sont restées rudimentaires ; le
jeune Acarien est encore asexué, et est souvent désigné sous le nom de nymphe ;
néanmoins on peut déjà distinguer, à leur taille plus petite, les futurs mâles des futures femelles. 11 peut exister deux ou trois formes nymphales successives.
Les Acariens parasites sous-cutanés, qui développent chez l'homme et les animaux les affections connues sous le nom de gale, demeurent à la surface de la peau tant qu'ils sont à l’état de larve (fig. 863) ou de nymphe. C'est pour eux la période de dissémination. A cette période, les nymphes des GAMASIDÆ S'attachent aux animaux les plus variés, fréquemment aux Insectes, et s’en servent comme de véhicules qui les transportent dans le milieu où elles doivent achever leur existence; elles sont munies, dans ce but, d'appareils d'adhésion spéciaux. Les nymphes des sarcoptides détriticoles (Tyroglyphus, Cæpophagus, Serrator) présentent les mêmes habitudes, mais elles possèdent, en outre, la faculté de revêtir, lorsque les conditions d’existence deviennent désavantageuses, une forme particulière, dite forme hypopiale, sous laquelle elles présentent une résistance remarquable. Lorsqu'une colonie de Tyroglyphes est surprise par quelque condition mauvaise, la sécheresse, par exemple, les larves et les adultes meurent; les nymphes seules résistent, mais se transforment, par les procédés de mue habituels, en nymphe hypopiale. Les nymphes hypopiales des Tyroglyphus et des Acariens voisins sont dépourvues de rostre; leur bouche peut
être fermée par une sorte de clapet; leurs téguments ont une très grande consistance; l’anus et les orifices génitaux manquent; un groupe tout spécial de cinq lignes transversales de ventouses se trouve à l'extrémité postérieure du corps. Ces
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Fig. 867. — Formes larvaires du Pentastomum tænioïdes. — a, embryon encore renfermé dans l'œuf. — b, embryon avec les deux paires de pattes en crochet A'f' et Hf'. — c, larve extraite du foie du Lapin. G&, ganglion, D, tube digestif; Æd, glan-
Ê des cutanées. — 4, larve plus âgée; O, bouche; Fig. 866. — Femelle de CAorioptes et pathife- D, tube digestif, À, anus; G, ganglion; Gd, rus, prête à pondre (d’après Mégnin). glande génitale (d'après R. Leuckart).
nymphes s’attachent, pour se faire transporter, aux animaux les plus variés : Acariens, Myriapodes, Insectes, Vertébrés. Lorsqu'elles ont trouvé des conditions qui leur conviennent, elles abandonnent leur hôte temporaire, subissent une nouvelle mue et reprennent la forme qu'elles avaient lors de leur transformation hypopiale. Seulement elles sont beaucoup plus petites qu'auparavant et ne présentent pas les rudiments d'organes génitaux de la nymphe primitive. Ces nymphes hypopiales ont été prises longtemps par des genres spéciaux d’'Acariens qui ont été décrits sous les noms de Homopus, Symbiotes (fig. 865), Trichodactylus, Hypopus; c’est le dernier de ces noms qui est l’origine de celui qu’on donne aux nymphes hétéromorphes qui nous occupent !. Le Disparipes bombi, le Pteroglyphus falcifer, les Glyciphagus peuvent présenter aussi la transformation hypopiale. Chez ces derniers elle a uniquement un but de conservation. En effet, le G. spinipes peut, à l’état d’hypope, remuer ses membres,
1 P. Mécnin, Les Parasiles et les Maladies parasitaires, 1880, et nombreux Mémoires spéciaux dans le Journal d’Anatomie et de Physiologie.
mais il est incapable de ramper et demeure habituellement enfermé dans le tégument de la nymphe, consolidé et constituant une sorte de kyste; le G. domesticus n’est plus, à cet état, qu’une sorte de masse sphéroïdale, sans appendices !.
La nymphe se transforme par une nouvelle mue en individu sexué. Le mâle n’a plus alors aucune tranfor mation à subir (fig. 864). Chez les Sarcoptides psoriques, il continue à vivre à fleur de peau, provoquant seulement de légères pustules; les femelles s’accouplent et commencent seulement alors leur existence hypodermique. Elles subissent une dernière mue qui a lieu quelquefois pendant l’accouplement même (Psoroptes, Chorioptes). À la suite de cette mue la quatrième paire de pattes devient semblable à la troisième et l’orifice sous-thoracique de la matrice, jusque-là absent, fail son apparition. C’est par cet orifice qu'a lieu la ponte tandis que c’est par l’orifice de la poche copulatrice qu’a lieu l’accouplement. La femelle du Sarcopte de la gale humaine s'enfonce pour pondre dans l’épiderme où elle creuse des galeries d’étendue
et de forme très variables; elle pond dans ces galeries. Un certain nombre d’Acariens naissent avec leurs quatre paires de pattes et n’éprouvent après leur naissance que les modifications de taille; tels sont les Pteroptus, Hoplophora contractilis, ete.
Métamorphoses et développement des Pentastomes ?. — L'existence exclusivement parasitaire des Pentastomes se complique de transformations et de migrations plus singulières encore que celles des Acariens. L’embryon sur le point d'éclore est enfermé dans trois enveloppes dont la moyenne présente, au pôle dorsal de l'embryon, une petite plage discoïdale, la facette, en rapport avec un organe problématique situé au milieu de la face dorsale de celui-ci. L'embryon éclos présente, à l’état de rétraction, trois légers sillons transversaux qui semblent dessiner quatre segments. Le premier et le dernier segment portent seuls une paire d'appendices en forme de mamelon (fig. 867, «, b), soutenus chacun par une tige chitineuse qui se divise à son extrémité périphérique, en trois branches dirigées suivant les arêtes d’un trièdre et rappelant les pièces qui forment l’armature chitineuse des pattes des Acariens (Hf', Hf”). L’appendice se termine par un article bifurqué, soutenu par une autre pièce chitineuse ayant la forme d’un anneau présentant deux angles saillants recourbés et constituant ainsi un double crochet. Au pôle antérieur du premier segment, se trouve un appareil perforant, constitué par cinq pièces chitineuses : deux paires de pièces situées l’une derrière l’autre et en forme d’Y, représentant sans doute les pièces de soutien des deux premières paires d’appendices (chélicères et maxillipèdes) et un stylet, médian, impair en fer de flèche. Le dernier segment porte une sorte d’appendice caudal. L'aspect général de cet embryon rappelle suffisamment celui des Acariens pour qu'on soit autorisé à considérer les Pentastomes
‘ comme une modification parasitaire de ces dernières. [Il peut arriver que ces embryons se développent directement sur place en Pentastomes (J. Chatin), mais il n'en est généralement pas ainsi. Le plus souvent les œufs contenant des embryons bien développés tombent des cavités ouvertes où vit l’animal adulte {fosses nasales du Chien, poumon du Boa, etc.) sur les plantes, et après un temps
1 MicHaez, Researchs into life histories of Glyciphagus domesticus and G. spinipes. (Journ. Linn. Society, vol. XX, 1889.) °2 C.-W Sries, Pau und Entwickelungsgeschichte von Pentastomum proboscideum, Rud. Zeitschrift für wiss. Zoologie, t. LIT, 1891.
plus ou moins long sont avalés par des animaux herbivores, ou des Rongeurs (Lapins, Souris, etc.). Les enveloppes de l’œuf sont digérées et l'embryon mis en liberté dans le tube digestif, en traverse les parois, pour se réfugier dans les tissus du foie. Là, il s’enkyste et subit à l’intérieur du kyste de nombreuses mues, accompagnées de changements considérables dans sa forme et dans son organisation. Les rudiments des appendices disparaissent, le corps s’allonge beaucoup, se divise en un très grand nombre de segments à bords finement dentelés, et les quatre crochets définitifs apparaissent autour de la bouche. A cet état, atteint au bout de six mois, le P. fænioides était autrefois considéré comme une espèce distincte et décrit sous le nom de P. denticulatum; il perce alors son kyste, émigre dans la cavité générale et s’y enkyste de nouveau; lorsqu'un grand nombre de larves émigrent ainsi à la fois, elles causent au foie des désordres assez graves pour entrainer la mort de leur hôte. Sous cette nouvelle forme, les P. fænioïdes sont mürs pour passer avec la chair du Lièvre ou du Lapin, leur hôte habituel, dans l'arrièrebouche et de là dans les narines du Chien où ils deviennent sexués en deux ou trois mois. Stiles a réussi à faire développer dans la Souris les embryons du P. proboscideum des poumons du Boa.