VI. CLASSE INSECTES
Corps présentant une tèle sans segmentation apparente, un thorax de tros segments et un abdomen nettement segmenté au plus formé de onze segments. Tôte portant une paire d'antennes, une paire de mandibules, une paire de mâchoires et une lèvre inférieure. Une paire de pattes locomotrices à chaque segment thoracique et une paire d'ailes, en général, à chacun des deux derniers. Abdomen le plus souvent dépourvu d’appendices, sauf à son extrémité.
Morphologie externe. Constitution générale du corps. — La classe des Insectes comprend tous les Arthropodes à respiration trachéenne dont le corps est divisé en trois régions distinctes : la téte, le thorax et l'abdomen, ces régions étant elles-mêmes constituées d'une manière constante, comme le sont celles des Malacostracés dans l'embranchement des Arthropodes aquatiques. Chez l'animal adulte, les mérides au nombre de six (voir p. 1207), constituant la tête, sont indistincts, mais celleci porte, outre les yeux et le labre, quatre paires d’appendices : les antennes, les mandibules, les mdchoires et les maxilles soudées à leur base en une lévre inférieure. Le thorax comprend trois mérides bien nettement distincts, qui portent chacun une paire de pattes et qui sont, dans l’ordre où ils se succèdent, le prothoraæ, le mésothoraæ et le métathorax; le mésothorax et le métathorax portent le plus souvent chacun une paire de grandes lames dorsales, les ailes; le prothorax en est dépourvu sauf dans quelques formes tout à fait excep-
tionnelles (Lithomantis carbonarius, du terrain carboni-
#0 he td fère; peut-être quelques TERMITIDÆ actuels).
L'’abdomen, dans les formes inférieures, est formé de onze mérides (Machilis, Lepisma, fig. 887, Campodea, fig. 888); mais, par suite de l’atrophie ou des adaptations que peut présenter son extrémité postérieure, le nombre de ses mérides apparents est d'ordinaire moins considérable, et peut tomber
à cinq. L'abdomen porte encore huit paires de petites pattes mobiles et, dans une certaine mesure, locomotrices chez le Machilis maritima ?, plus une paire de longs filets sur le dixième méride et un filet
impair sur le onzième de sorte que le à r4
11e méride abdominal est seul dé- À 4
pourvu d'appendices pairs. Il n'existe * F
plus que trois paires de ces appen- L Re:
dices situés sur les premiers anneaux ù #
de l'abdomen chez les Campodea sy Co
(fig. 889) et les Japyx; on les retrouve K 4
assez bien développés, mais impro- Lu 7 ee
pres à la locomotion chez un Staphy- À À ih3
linide, la Spirachta eurymedusa. Par- À ne is
tout ailleurs, les pattes abdominales d Là
sont réduites à de simples tubercules, Lt
comme chez les Chenilles et quel- . AE
ques autres formes larvaires, ou bien A
sont limitées aux derniers segments ES
de l'abdomen et modifiées de facons Æ | *
si diverses qu’elles sont à peine re- ze K
connaissables. Aussi définit-on assez À x
fréquemment l'abdomen des Insectes À e Se Mo ete comme une région dépourvue d’ap- FA du Campodea fragilis. — Tr, pendices. Des modifications que pré- RE
pattes; P', pattes rudimensentent, dansleurs proportions etleu r Fig-888.— Campodeastaphy- taires abdominales (d’après
ornementation, les trois régions du FA HORS corps des Insectes et leurs appendices résultent les formes si variées de ces animaux.
Outre les appendices mobiles, en nombre fixe, dont elle est munie, la tête porte assez fréquemment, surtout chez les mâles, des prolongements variés en forme de corne médiane (Oryctes nasicornis, Dynastes hercules, Sinodendron cylindricum, Onthophagus nuchicornis, etc.) ou disposés comme les cornes d'un ruminant (0. taurus, etc.); Chez les Charançons, les Truxales et surtout les FuLGORIDEÆ et les TETTI- GONIDÆ, la tête s’allonge et parfois se contourne de diverses façons, de manière à prendre les aspects les plus bizarres. Le prothorax peut être aussi muni d’une ou plusieurs cornes (Copris lunaris, Typhæus phalangista, Dynastes, Centrotus, etc.) ou d’appendices aplatis (Ledra aurita), ou se comprimer en s'élevant verticalement en forme de feuille (MEMBRACID&, etc.). L’abdomen présente, en général, une forme ovoide, plus régulière et n’est qu'exceptionnellement pourvu de prolongements apportant une modification importante à la forme de l'animal. Il est d’ailleurs assez fréquent, notamment chez les Orthoptères, que sur les diverses parties du corps se développent des excroissances de moindre importance qui établissent une singulière similitude entre l'animal et les objets au milieu desquels il vit habituellement (Eurycantha, Phyllium, etc.).
Les téguments des Insectes sont formés, comme ceux de tous les Arthropodes,
15. Jourpaix, Sur le Machilis marilima, Latr., Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 27 février 1888.
d’une couche de cellules cylindriques, régulières, constituant l’hypoderme, recouverte d’une lame chitineuse continue, mais qui s’épaissit dans des régions déterminées de manière à paraitre constituer des plaques distinctes. Le nombre et la disposition de ces plaques résistantes présentent assez d’uniformité pour qu’on ait pu construire un plan idéal du squelette externe qui ne se modifie que dans le détail. Toutes les pièces céphaliques sont étroitement soudées; on reconnait cependant, en allant de la bouche à la base du cou, la série suivante de pièces : du côté dorsal : 1° l’épistome, chaperon ou clypæus ; 2 le postépistome ; 3° l'épicräne (fig. 890); du côté ventral : 1° la pièce basilaire et 2° la pièce pré-
[\ GE qe ; :
Li basilaire. On distingue d’ailleurs dans l’épicrâne trois
régions médianes : le front, le vertex et l'occiput, et, n | séparées en partie des précédentes par les yeux, deux
régions latérales : les joues et les tempes. Les limites de ces régions sont toutes conventionnelles.
Chacun des segments du thorax comprend des piéces dorsales dites aussi tergales, des piéces latérales et des piéces ventrales ou sternales. Les pièces tergales, lors- Md-\\\S qu’elles atteignent leur nombre maximum, ce qui se ù produit rarement pour tous les segments thoraciques d'un même animal, sont d'avant en arrière : le præscutum, le scutum ou écu, le scutellum ou écusson et le mostscutellum. Les pièces latérales, qui forment les flancs, sont : en avant, l'episternum; en arrière, l’épimére. En Pig. 800. — Téte d'Anfhophora re- contact avec la hanche, et s’articulant avec elle, est une
tusa montrant outre les pièces autre très petite pièce, le frochantin. A ces pièces, dans
ce Re ee les segments qui portent les ailes, s'ajoute la paraptére, le post-épistome et l'épicrâne con- qui recouvre la base de l'aile et se prolonge en dessus
fondus; ce dernier porte les an- ; : Fais : di
tennes A et les ocelles 0c. — Chez les Hyménoptères et les Lépidoptères. Les pièces
Md, mandibules ; Mr, mâchoires; vontrales sont représentées par une lame unique, le ster-
Mat, palpes maxillaires; Lt, pal-
pes labiaux; Gl, languette; Pg, num. En réalité, les pièces dorsales et le sternum impaires
paraglosses (d'après Newport). Sont respectivement formés de deux pièces symétriques qui se juxtaposent et se fusionnent plus ou moins sur la ligne médiane du corps.
Les pièces chitineuses qui forment les parois du thorax des Insectes ne sont pas unies d'habitude par simple contiguité de leurs bords. Comme si ces bords avaient cédé à la traction des fibres musculaires qui s’insèrent sur eux, ils se replient à l'intérieur du corps, et, s’accolant dans leur partie basilaire aux lames analogues des pièces continguës, forment avec elles de doubles lames verticales qui offrent une surface plus grande à l'insertion des muscles. Ces lames se dédoublent souvent le long de leur bord supérieur, de sorte que leur coupe verticale a la forme d’un Y; on leur donne le nom d’apodémes; leur ensemble forme une sorte de squelette : interne, dérivé très simplement du squelette externe et qu'on nomme l’entothorax, ou l’entosternum. L'entothorax ne se borne pas à fournir des points d'attache aux
muscles, il forme également, dans bien des cas, un appareil protecteur pour le système nerveux !.
PT EREEEREE DE
1 J. Kuxckez D’'HErcuLAIS, Recherches sur l’organisation el le développement des Volucelles, 1875, p. 83.
APPENDICES PRÉBUCCAUX. 4151
Appendices prébuccaux : Antennes. — Îl n'existe chez les Insectes qu'une seule paire d’appendices prébuccaux, les antennes (fig. 891), qui sont des organes tactiles .
fort délicats, mais doivent être aussi considérés comme le siège des organes d’olfaction. Elles ne servent jamais à la locomotion, et il est extrêmement rare que l'animal les utilise à la préhension; cela n’a guère lieu que chez quelques larves, celles des Hydrophiles, par exemple, où l’article basilaire est long et muni d'assez fortes épines perpendiculaires à sa direction. Dans leur état le plus simple, les antennes ont la forme d’un fouet multiarticulé, s'amincissentgraduellement de la base au sommet; ce sont là les antennes filiformes (CARABIDE, b; DyTiscipæ); elles peuvent être plus courtes que le corps ou en dépasser la longueur (beaucoup de CERAMBYCIDÆ); parfois elles s’allongent beaucoup, deviennent très gréles, en même temps que leurs articles se multiplient à l'infini; elles sont alors sétacées ou capillaires (LOCUSTIDÆ, a), ou bien elles se réduisent à une courte tige en forme de soie (LIBELLULIDÆ, CICADIDÆ). Assez souvent, au lieu de s’amincir au sommet, elles se dilatent, et, dans ces antennes dites claviformes, on peut alors distinguer une hampe et une massue (HYDROPHILIDÆ, SILPHIDÆ, g, hk; MYRMELEONIDÆ,, etc.) ; la hampe est remarquablement allongéeet multiarticulée chez les Papillons de jour (RHOPALOCERA, fig.892). Quand les articles de la massue s’allongent en feuillets qui peuvent s’écarter ou se rapprocher les uns des autres comme ceux d’un livre, la massue est dite feuilletée (SCARABEIDEÆ, ?).
Moins fréquemment, c’est la région moyenne des antennes qui se renfle, auquel cas l’antenne
dire ÿ T F4
Fig. 891. — Différentes formes d'antennes. — @, antenne sétacée de Zocusta. — b, antenne filiforme de Carabus. — c, antenne moniliforme de Tenebrio. — d, antenne dentée en scie d'Elater. — e, antenne pectinée de Ctenicera. — f, antenne coudée d’Apis. — g,antenne en massue de Silpha. — h, antenne claviforme de Necrophorus. — à, antenne flabelliforme de Aelolontha.— k, antenne surmontée d’une soie de Sargus (d'après Burmeister).
est fusiforme (SPHYNGIDÆ) . Fig. 892. — Vanesse morio (Vanessa antiopa); Lépidoptère diurne
Chez beaucoup de Diptères,
à antennes en massue.
l'antenne est courte, ses articles, peu nombreux, forment une sorte de raquette discoïdale sur laquelle s'implante un appendice grêle, raide et pointu, le style qui peut être terminal (STRATYOMIDÆ, k; TABANIDÆ, EMPIDE, etc.) ou implanté sur le
bord dorsal de la raquette (Muscipz, etc.). Cet appendice n’est pas, malgré son apparence, une simple soie; il peut être, en effet, pluriarticulé et porter lui-même des soies plumeuses (Glossina morsitans).
Ordinairement le premier article des antennes est plus grand que les autres; il s’allonge quelquefois presque autant que le reste de l’antenne qui forme alors avec lui un angle plus ou moins prononcé (LUCANIDÆ, CURCULIONIDÆ, GEOCORISA, FOR- MICIDÆ, VESPIDÆ, APIDÆ, f); le premier article de ces antennes coudées porte le nom de scape. La forme des articles n’est pas moins variable que la forme générale de l’'appendice qu'ils constituent. Ils sont le plus souvent plus longs que larges et légèrement renflés à leur extrémité distale; mais ils peuvent se raccourcir au point de devenir sphéroïdaux, et l’antenne parait alors formée d’une série de grains enfilés comme ceux d’un chapelet; elle est moniliforme (Blaps, Opatrum, Tenebrio, c, etc.); d’autres fois, ils s’allongent latéralement à leur extrémité, en un processus, qui fait paraitre l'antenne serriforme ou dentée en scie (ÉLATERIDÆ, d; BUPRESTIDÆ), pectinée ou dentée en peigne (beaucoup de LamPyripæ, tels que Drilus, etc.). Cette disposition peut être limitée à une partie de l’antenne comme chez les LUCANIDÆ, et de ces massues pectinées on peut faire dériver la massue
feuilletée des SCARA-
BEIDÆ. Enfin, les arti-
cles antennaires peu-
vent présenter de chaque côté un prolonsgement semblable, habituellement couvert de poils, l’antendr | ne est alors plumeuse ; us NE je " cette disposition, touste NA ANS jours plus accentuée chez les mâles (BoM- ES pu sa; A à assez souvent limitée à ce sexe (CULICIDÆ, CULICIFORMES, etc.). La forme plumeuse des antennes parait iée à un développement exceptionnel du sens de l’odorat, surtout remarquable chez les mâles des Bomeycinx et qui leur permet de découvrir des femelles isolées, à des distances considérables.
Appendices buccaux 1. Plan général de l'appareil buccal. — Le nombre des pièces buccales présente, chez les Insectes, une constance si grande, que leur étude fournira l’un des meilleurs exemples d'unité de plan de composition que l’on puisse citer dans le Règne animal. La bouche est toujours protégée par une pièce impaire fixée à l’épistome, la lèvre supérieure ou labre (fig. 894, Lr), au-dessous sont placées d'avant en arrière : les mandibules (c), les méchoires (d) et les mailles (e) dont la base constitue la lévre inférieure. Parmi les Insectes, les uns se nourrissent d’aliments solides : ce sont les Insectes broyeurs (Névroptères, Orthoptères, Coléoptères);
7 ll = É | ji ù ne A CL Pret Lu