‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 363 sur 396 · IRAN 1 N · texte numérisé non relu

IRAN 1 N

Fig. 978. — Termes lucifugus [Règne animal] (d'après Ch. Lespès). — 1, Mäle; 2, Larve; 3, Nymphe;: 4, Soldat; 5, Ouvrier; 6, Nymphe de la seconde forme; 7, Femelle (reine). volumineux faisceau de trachées destinées à disparaitre, mais qui donnent provisoirement à l’organe une grande ressemblance avec les lames respiratoires des larves d'ÉPREMERIDÆ. Les muscles de l’Insecte parfait dérivent du mésoderme des disques imaginaux; celui-ci se décompose d’abord en trainées étroites correspondant aux faisceaux musculaires de l'adulte; ces trainées se subdivisent elles-mêmes

en filaments moniliformes correspondant à autant de fibres musculaires, dont les renflements contiennent chacun un noyau. On a considéré ces noyaux, tantôt comme représentant ceux du mésoderme (Weismann, Ganin, Vialannes), tantôt comme résultant de la subdivision du noyau d’une cellule mésodermique unique s’allongeant pour se transformer en fibre (Künckel). Quoi qu’il en soit, la substance fondamentale de ces fibres se transforme enfin à la périphérie en nombreuses fibrilles contractiles, entourant une région axiale où demeurent les noyaux (comparer, p. 226).

Les disques imaginaux des yeux sont construits comme les autres; leur exoderme fournit l’ensemble des ommatidies, tandis que le mésoderme est remplacé par une couche de fibrilles nerveuses unissant les cellules destinées à devenir des ommatidies ou cellules optogènes aux ganglions cérébroïdes.

Les régions du tube digestif dont l’épithélium est d'origine exodermique, celles dont l’épithélium est d’origine entodermique éprouvent un sort différent : les premières, c'est-à-dire l’æœsophage, le gésier, le rectum et les parties qui en dépendent, disparaissent entièrement; la région moyenne du tube digestif semble au contraire simplement se raccourcir; elle subit, en réalité, une rénovation aussi profonde que celles des autres parties, mais par un autre procédé. La partie antérieure du tube digestif est, en effet, reconstituée par un disque imaginal annulaire, existant déjà chez les jeunes larves et situé à la partie antérieure du gésier; chaque glande salivaire porte un disque imaginal analogue, à la naissance de son conduit excréteur; un quatrième anneau imaginal, situé en arrière de l’orifice des canaux de Malpighi, reconstitue l'intestin postérieur, tandis que la poche rectale emprunte ses matériaux formateurs aux disques imaginaux postérieurs de l'abdomen. Il n'en est plus de même de l'intestin moyen. Là, entre l’épithélium et la couche musculaire, se trouvent épars des nids de cellules régénératrices ; des cellules différentes sont isolément disséminées dans la couche musculaire elle-même. Les nids de cellules sous-musculaires en s’agrandissant forment des plaques qui se rejoignent, repoussent devant elles l’épithélium primitif dont elles se séparent par une couche anhiste; l’épithélium larvaire, rejeté dans la lumière du canal digestif, forme un corps jaune qui est digéré et rejeté au dehors. Les cellules contenues dans la couche musculaire forment la couche musculaire de l'animal adulte, tandis que les couches musculaires de la larve sont digérées par les phagocytes.

Le cœur subit sans doute des transformations histologiques moins radicales, car il continue à battre, sauf pendant l'intervalle de temps assez court qui correspond à la formation de la région aortique du thorax. Quant aux transformations histologiques qui s'accomplissent dans les tissus nerveux, elles se traduisent seulement à l'extérieur par les changements de rapports que les ganglions présentent entre eux. En général, à quelques exceptions près {Oryctes, etc.), la chaine nerveuse se raccourcit chez les Coléoptères, les Hyménoptères, les Lépidoptères. A l’état larvaire, elle comprend toujours treize ganglions chez les Hyménoptères, douze seulement chez les Lépidoptères el ne prend que chez la nymphe les caractères décrits, p. 1193. Chez les embryons des Diptères, tous les ganglions de la chaîne nerveuse sont distincts; ils demeurent distincts chez les larves des TIPULIDÆ, MYCETOPHILIDE, CULICIDÆ, CHIRONOMIDÆ, BIBIONIDÆ, ASILIDÆ, LEPTIDÆ, mais quelques-uns d'entre eux se fusionnent au cours de la métamorphose (p. 1194); chez les autres larves, il

se produit au cours de l'accroissement une concentration de plus en plus marquée des ganglions; mais ces ganglions se séparent de nouveau, de telle sorte que quelques-uns d’entre eux sont rejetés dans l'abdomen chez jes STRATYOMYDÆ, TABA- NIDÆ, SYRPHIDÆ, CONOPIDÆ, SEPSINÆ, PLATYSTOMINÆ, tandis qu'ils demeurent confondus chez les OESTRIDÆ, HiproBoscibÆ, NYCTERIBIDE et toutes les Muscides calyptérées.

Polymorphisme des Individus adultes. — La métamorphose n’est pas poussée également loin et ne suit même pas toujours la même direction chez les espèces d'un même groupe, et chez les divers individus d’une même espèce. Le développement des ailes est l’un des caractères externes les plus apparents de la métamorphose ; on a déjà vu (p.327) que ces appendices pouvaient avorter dans diverses circonstances et dans les groupes les plus divers, et que les femelles pouvaient même demeurer à l’état larvaire. L’avortement peut aussi frapper diverses pièces de l'appareil buccal (PHRYGANIDÆ, LEPIDOPTÈRES) ; Chez les Insectes sociaux, il atteint fréquemment les organes génitaux internes de toute une catégorie d’indi-

vidus, appartenant tantôt au sexe femelle (VESPIDÆ, APIDÆ, FOoRMICARIÆ), tantôt aux deux sexes (TERMITIDÆ).

Dans ce cas, les ailes peuventcontinuer à se développer (VESPIDÆ, APIDÆ) et la forme du corps est seulement un

Fig. 979. — Sarcopsylla (Rynchoprion) penetrans. — a. Femelle | 2e fécondée; b, patte de Campagnol dans laquelle s'est introduite PEU modifiée (fig. 971); ou une Sarcopsylla (d'après H. Karsten). bien elles font complètement

défaut (FORMICARIE, fig. 967, p. 1218). Les neutres des Hyménoptères ont pour mission la confection du nid et l'éducation des jeunes. Chez les Termites, outre les individus chargés de ces soins (fig. 978, n° 2), il y a des individus de forme différente, les Soldats (fig. 978, n° 3), chargés de la défense de la société; certaines nymphes dont les ailes sont rudimentaires, semblent capables de jouer, à l’occasion, le rôle des individus sexués; enfin, les mâles et les femelles, après l’accouplement, ne gardent que des moignons d'’aile et l'abdomen des femelles fécondées acquiert un développement énorme (fig. 978, n° 7). Les femelles d’une espèce de Puce de l'Amérique méridionale, vulgairement connue dans le nom de Chique (fig. 978), subissent sous la peau de leur hôte une transformation analogue par suite du développement considérable de l'appareil génital. l 4

Chez certaines Fourmis américaines (Myromecocystus melliger), certains individus qui, au moment de leur naissance, ne se distinguent pas des neutres ordinaires, accumulent dans leur jabot une telle quantité de miel que l'abdomen acquiert les formes et les dimensions d’un petit grain de raisin; on ignore si ce miel est ensuite: utilisé. À cela se borne, à peu près, les modifications que les Insectes sont Heat de subir après la métamorphose.

THYSANOURES (APTÈRES). 1931

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