MULTIPLICATION DES PLASTIDES
divise souvent, sans que les substances qui l'entourent prennent part {à sa division. C’est ainsi qu’une masse continue de protoplasme peut contenir un plus ou moins grand nombre de noyaux issus de la division d'un noyau primitivement unique (Lieberkuhnia, Opalina, etc.), ou qu’inversement une masse protoplasmique, divisée en plusieurs parties à peu près complètement séparées, peut ne contenir qu'un seul noyau (beaucoup de FORAMINIFÈRES POLYTHALAMES). Toutefois, chez les plastides qui se groupent de manière à constituer des organismes, il existe, en général, un synchronisme entre la division du noyau et celle du plasma, de telle sorte que ces plastides ne présentent ordinairement qu’un seul noyau.
Que ce synchronisme existe ou non, la multiplication des noyaux s’accomplit de
Fig. 19. — Æudorina elegans, sous ses formes diverses. 7, colonie femelle; A7,, W,, M,, colonies mâles; I, vient d'arriver au contact de la colonie femelle; 7, est en voie de dissociation; 47, est entièrement désagrégée en anthérozoïdes, qui pénètrent dans la gelée entre les oosphères et viennent s’y fusionner. IT, cellule mère d’une colonie mäle; ZZ7, TV, V, VI, états successifs de la formation d’une colonie mâle, encore enfermée dans la colonie mère dont À est la surface externe (d'après Gœbel).
deux facons : elle est directe ou indirecte (Flemming). Elle est directe lorsque la structure interne du noyau ne subit aucune modification appréciable au cours de la division; elle est indirecte lorsque la structure interne du noyau présente, au cours de la division, des transformations successives qui constituent les phénomènes de karyokinèse.
Dans le cas de la division directe (Dactylosphær« polypodia, leucocytes de l’Axolotl), les nucléoles s’allongent, s’étranglent en leur milieu et se?divisent en deux moitiés; les noyaux produisent des bourgeons qui prennent chacun un nuléole, puis la base du :bourgeon se resserre, le bourgeon se pédiculise et finalement se sépare du
noyau primitif (fig. 21). Le cas le plus simple est celui où un noyau de forme allongée se resserre peu à peu en son milieu de manière à se diviser en deux parties qu'unit d’abord un mince filament, bientôt rompu. Lorsque après la divi-
Fig. 20. — Glenodinium Fig. 21. — Globules Fig. 22. — «&, Podophrya gemmipara présentant des cinctum (d'après Büt- blanes du sang de la bourgeons dans lesquels pénètrent les prolongements sehli}. — g, flagellum rate d’un jeune chat, du noyau NV. — b, jeune individu qui vient de se du sillon longitudinal; séparer de l’individu-mère (d’après R. Hertwig).
fg; flagellum du sillon
transversal; NV, noyau ;
Oc, tache oculaire; chr,
chromatophores.
sion du noyau, le protoplasme s'étire en autant de bourgeons qu’il y a de noyaux et que ces bourgeons, en se pédiculisant, se séparent de la masse primitive, la division du plastide est elle-même directe et constitue un véritable bourgeonnement (fig. 22).
Dans le cas de la division indirecte, tout le réseau nucléaire se rassemble de manière à former une figure spéciale, la figure chromatique ou spiréme (tig. 23, à), tandis que dans la substance restante du noyau apparait un double système de fibrilles qui partent en divergeant de l’un des pôles du noyau et vont ensuite converger vers le pôle opposé. C'est là la figure achromatique, qui affecte la forme d’un fuseau ou d’un cylindre fibreux. Bientôt les diverses anses du peloton sinueux qui forme la figure chromatique se séparent les uns des autres de manière à former des segments indépendants. Les segments se rassemblent en une sorte de plaque équatoriale, perpendiculaire à l'axe de la figure achromatique, autour de laquelle ils se disposent (b). Ces segments ont la forme d'un U ou d’un fer à cheval; ils se placent dans le plan équatorial de manière à tourner leur sommet vers le centre du noyau, formant ainsi une figure radiée à laquelle on donne le nom d’aster. Cependant les grains de chromatine contenus dans les anses se sont dédoublés de manière à former deux rangées symétriques; ce mouvement se continuant, chaque segment en forme d'U se divise dans toute sa longueur, de manière à former deux U semblables entre eux, qui ne tardent pas à se séparer l'un de l’autre. Dans leur mouvement de séparation les deux U provenant d'un même segment primitif s'orientent peu à peu de manière à tourner respectivement leur sommet vers les pôles opposés du noyau (c). [ls arrivent ainsi à constituer deux plaques composées d’un nombre égal d'U. Les U correspondants des deux plaques s’éloignent peu à peu en cheminant le long des filaments