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PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES

la cellulose. La chitine s’imprègne de sels calcaires chez les Crustacés. La coquille des Brachiopodes et des Mollusques est une exsudation analogue du manteau de ces animaux dont la partie superficielle demeure chitineuse, tandis que les parties immédiatement sous-jacentes sont presque exclusivement calcaires. Les soies des Annélides marines et des Lombriciens terrestres sont des exsudats de chitine, à l’intérieur d'une invagination des téguments.

Quand les plastides à excrétion solide demeurent groupés en masse, leur exsudat s’accumule entre les cellules, les éloigne les unes des autres, détermine chez elles toutes sortes de modifications de formes et peut arriver à amener leur mort, la substance exsudée formant alors tout le tissu avec les débris restants des cellules. Les tissus ainsi constitués forment le grand groupe des tissus conjonctifs. La nature de l’exsudat ou substance interstitielle est très variable. Dans le mésoderme des Hydrocoralliaires, des Madréporaires et des Échinodermes, il est en grande partie calcaire, et forme une dentelle pierreuse, dans les mailles de laquelle subsiste souvent le tissu vivant, formant lui aussi une dentelle, en quelque sorte réciproque de la première. C'est la double dentelle ainsi constituée qui constitue le polypier (fig. 299) dans les deux premières

Fig. 298. — Spicules calcaires ou selérites d’Acyonnaires (d'après Kolliker). — a, sclérite de Plexaurella ; b, selérite de Gorgonia; c, sclé- Fig. 299. — Mæandrina (Cœloria) arabica (d'après rite d'Alcyonium. Klünzinger).

classes de ces Phytozoaires, le test dans la troisième. Le plus souvent la substance interstitielle est de nature organique, et peut présenter des modifications diverses de quantité, de qualité et de structure qui caractérisent les divers tissus gélatineux, cellulaire, élastique, cartilagineux, osseux, que l’on observe non seulement chez les Vertébrés, mais aussi chez un assez grand nombre d’Invertébrés.

Il arrive fréquemment que la production des substances excrétées est si rapide, présente un tel degré d'intensité que tout le cytosarque est envahi par ces substances, qui entrainent nécessairement sa mort. Les cellules productrices de la salive, de la pepsine, chez les Vertébrés, celles qui produisent le mucus chez les Mollusques sont gonflées, et détruites par le produit exsudé dans lequel leur substance passe tout entière. C’est même là le mécanisme le plus fréquent de la sécrétion des sucs qui contiennent ce qu’on nomme un ferment soluble. Mais la

cellule n'est ainsi détruite en totalité que si le produit excrété est liquide ou apte à se liquéfier en absorbant une grande quantité d’eau. Si le produit est résistant, il prend, au moins en partie, la place du cytosarque, dont il parait être une transformation et dont il conserve la figure. C’est ainsi que se forment les fibres siliceuses et cornées des Éponges, les ligaments des Echinodermes, les prismes de l'émail des dents des Vertébrés, et l’on peut considérer comme un phénomène assez analogue la transformation cornée que subissent les cellules épidermiques pour former la couche superficielle de l'épiderme des Oiseaux et des Mammifères, les écailles des Reptiles, les ongles de tous les Vertébrés terrestres, les poils et les piquants des Mammifères, les plumes des Oiseaux. Chez les éléments dont les propriétés excrétrices sont développées à un si haut degré, le cytosarque est forcément pénétré constamment de substances excrétées, en voie de formation ou toutes formées, et qui sont inertes de leur nature; lirritabilité et la contractilité étant des propriétés essentiellement propres au cytosarque ou même à quelques-unes des substances qui le composent seulement, la contractilité manque d’une manière presque complète à ces éléments modifiés. Aussi forment-ils exclusivement des tissus protecteurs de surfaces ou tissus pariétaux, comme l’épiderme et les épithéliums, des tissus secréteurs, comme les épithéliums glandulaires, et des {issus conjonctifs.

Au contraire l'irritabilité et la contractilité sont portées au plus haut degré chez deux nouveaux tissus, dans lesquels les excreta tiennent une place minimum, mais où les plastides présentent d'ordinaire un cytosarque dont les parties constituantes sont hautement différenciées, et affectent fréquemment des dispositions régulières. Ces deux tissus sont le tissu musculaire et Le tissu nerveux. La contractilité est particulièrement développée dans le premier, l'irritabilité dans le second qui ne réagit pas mécaniquement par lui-même, mais détermine les importantes réactions mécaniques du second, et peut en outre agir directement sur les éléments glandulaires.

Origine embryogénique des tissus. — L'origine des diverses sortes de tissus n’est pas sans quelque rapport avec les couches ou feuillets embryonnaires.

L’exoderme fournit la couche cellulaire qui limite le corps, les poils ou émergences qu'elle présente, ainsi que l'épithélium des glandes qui sont constituées par ses invaginations; il donne en outre naissance au tissu nerveux dans le plus grand nombre de cas.

Le mésoderme produit la totalité du tissu conjonctif et du tissu musculaire, ainsi que les combinaisons de ces deux tissus qui constituent les vaisseaux; il fournit aussi les revêtements cellulaires des séreuses, des lymphatiques et des vaisseaux, revêtements auxquels on donne le nom d'endothélium, et parait prendre, dans certains cas, une part plus ou moins importante à la formation des ganglions nerveux et des nerfs (ECHINODERMES, MOLLUSQUES); il donne également naissance aux corpuscules de la cavité générale, de la lymphe et du sang.

L’entoderme produit enfin le revêtement épithélial du tube digestif, ainsi que l'épithélium des glandes qui en dépendent.

Cette simple énumération suffit à montrer qu'on ne saurait classer naturellement les tissus d'après leur origine; nous adopterons en conséquence, dans cette description sommaire, la division en fissus pariélaux, tissus producteurs, tissus conjonctifs, tissus musculaires et tissus nerveux. Il convient enfin d'ajouter à celte liste un groupe spécial des tissus génitaux, dont l’origine est également variable.

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