‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 72 sur 396 · TISSUS GLANDULAIRES · texte numérisé non relu

TISSUS GLANDULAIRES

Tissus producteurs ou glandulaires. — On trouve fréquemment disséminées parmi les cellules des épithéliums cylindriques, des cellules de forme différente (fig. 140 a, p. 97) chez qui l’activité excrétrice est beaucoup plus grande que chez leurs voisines et qu’on peut en conséquence distinguer soit sous le nom de cellules glandulaires, soit sous celui de glandes unicellulaires, plus usité, mais moins apporprié à la signification qu’on lui donne. Les cellules glandulaires isolées sont très répandues et peuvent dépendre soit de l'exoderme, soit de l’entoderme, soit même du mésoderme. Il y a des cellules glandulaires bien caractérisées dans l’exoderme et dans l’entoderme des Polypes (fig. 311), et l'on peut considérer comme se rattachant à cette formation les nématocystes ou cnidoblastes surtout fréquents dans l’exoderme des Polypes et des Méduses (voir p. 67, fig. 93). Il existe également dans la couche chitinogène des Arthropodes des cellules glandulaires présentant une moindre complication ; elles sont cependant munies d'un long canal excréteur (Argulus, Caligqus, Doridicola et un assez grand nombre d'Insectes, fig. 140, p. 97, b, c). On retrouve des cellules glandulaires analogues dans les téguments de beaucoup de Vers annelés (LOMBRICIENS, GÉPHYRIENS) et de Mollusques. Fig, 311. — Coupe transversale à travers le

Les glandes salivaires des Hirudinées, des A an À Turbellariés, les glandes coquillères de l'appareil entoderme; d' cellules glandulaires homogénital des Vers plats, les glandes chloragogènes AR ae Er si fréquentes sur le tube digestif et les vaisseaux naires; », fibres musculaires (d’après O.et des Vers annelés appartiennent au type des glan- His des unicellulaires (Nephelis, Clepsine, Piscicola). Chez les Turbellariés, des glandes unicellulaires cutanées, pourvues d’un canal excréteur momentané, semblent être le résultat d’une transformation de cellules migratrices (Mesostomum). Quelques-unes de ces cellules (cellules nématogénes) produisent dans leur intérieur des bâtonnets qui ne sont pas sans quelque analogie avec les nématocystes des Polypes ou plutôt les trichocystes des Infusoires.

Chez les Vertébrés c’est surtout dans l'épithélium du tube digestif que les cellules glandulaires sont nombreuses. Ces cellules sont dites caliciformes (fig. 312) à cause de la ressemblance de leur forme avec celle d’une coupe à bords tantôt resserrés, tantôt évasés; elles présentent fréquemment une ouverture, et sécrètent un mucus qui s'échappe par cette ouverture en petites masses arrondies.

Les glandes proprement dites sont des organes complexes dont l’épithélium ou le parenchyme appartiennent seuls à la catégorie des tissus excréteurs. Elles apparaissent, en général, sous forme d’un bourgeon plein produit par l’épithélium de la surface du corps ou par celui du tube digestif; il y a donc des glandes exodermiques et des glandes entodermiques. Le bourgeon peut demeurer plein (fig. 313) ou se creuser d'une lumière par laquelle la glande déverse au dehors ses produits. Dans ce cas, il se fait d'ordinaire une différenciation entre les éléments du tube glandulaire ainsi constitué: les éléments les plus rapprochés de

l’orifice du tube constituent un épithélium cylindrique ordinaire, souvent vibratile : les éléments plus profonds ont des dimensions et une configuration toute autre: ils sont seuls véritablement sécréteurs (fig. 314). Le tube glandulaire est ainsi divisé en deux parties, le cul-de-sac ou acinus sécréteur et le canal excréteur (fig. 314, 1). La configuration des éléments sécréteurs est extrêmement variable. Ce sont tantôt de petites cellules peu différentes des cellules épithéliales ordinaires (rein), tantôt de volumineux éléments granuleux, contenant de nombreux produits de sécrétion, tantôt des corps sphériques, comme turgescents, qui font paraitre bosselée la surface de la glande (fig. 315). Les cellules glan- Ve à

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dulaires peuvent d'ailleurs, nous 2 ù NKK # NEA FAR

Fig. 312. — Cellules caliciformes de l'estomac

de la Grenouille, isolées après macération Fig. 313. — Estomac de la Grenouille verte. Coupe transdans l'alcool au tiers. — À, cellules droites; versale après durcissement par injection d'alcool absolu, 9, cellules couchées sur les parties laté- coloration au picrocarminate. A la surface, papilles revèrales des papilles de l'estomac. De l'ou- tues de cellules caliciformes a; m, cellules caliciformes verture de ces cellules se dégage un bou- à l'embouchure des glandes; g, épithélium glandulaire ; chon muqueux.—320 diam.(d’après Ranvier). V, vaisseau sanguin; / et l', muscles lisses de la muqueuse

coupés en long et en travers. — 260 diam.(d’après Ranvier).

l'avons vu, avoir une certaine permanence (glandes à mucus, glandes sous-maxillaires et sublinguales des Vertébrés, rein des Mollusques), éliminer de diverses facons, sans disparaître pour cela, les produits qu’elles sécrètent; dans ce cas, les sécrétions se rassemblent souvent dans une partie de la cellule qui tombe spontanément (glandes mérocrines, Ranvier). D’autres fois, la cellule se fond pour produire la matière sécrétée (glandes parotides, glandes à pepsine des MAMMIFÈRES, glandes sébacées, glandes de Meibomius, mamelles de ces animaux, etc.); la glande contient alors le plus souvent des cellules de différents âges, plus ou moins dissemblables, et que l’on pourrait prendre pour des éléments de nature différente (glandes holocrines, Ranvier). Ces éléments sont d’ailleurs juxtaposés dans certaines glandes, les glandes du suc gastrique par exemple.

Classification des tissus conjonctifs. — On réunit sous cette dénomination un grand nombre de tissus qui ont pour caractère commun : 1° d’être dérivés du mésoderme; 2° d’être dépourvus de contractilité; 3° de présenter, en général, une plus ou moins abondante substance interstitielle, séparant des éléments anatomiques de forme très variable; 4° de servir de trait d'union ou de soutien aux

CLASSIFICATION DES TISSUS CONJONCTIFS. pa :

organes actifs tels que les glandes, les muscles et les nerfs; 5° de constituer des intermédiaires, au point de vue de la nutrilion, entre les organes digestifs et les diverses parties du corps.

On peut grouper les formations conjonctives de la façon suivante : 10 tissus de

Fig. 314 — Glande sous-maxillaire du Chien adulte. Coupe Fig. 315. — Glandes à pepsine, a, en voie faite après durcissement par l'acide picrique. Coloration par de formation par plissement de la mule picrocarminate, — A, acinus coupé suivant son axe; B, queuse; b, complètement formée.

acinus coupé en travers près de son fond; «, cellule mu-

queuse; I, canal excréteur muni d'un épithélium strié; m,

couche endothéliale avec des noyaux n; g, croissants de

Gianuzzi; in, lacunes lymphatiques intermédiaires.—330 diam.

(d'après Ranvier).

substance conjonctive simple; 29 tissu conjonctif réticulé; 3° tissu gélatineux ; 4° tissu

fibrillaire ; 5° tissu élastique; 6° tissu cartilagineux ; T° tissu osseux.

FT Æ Tissu de substance conjonetive simple.

“ — Le tissu de substance conjonctive simple

est formé de cellules plus ou moins régu-

lières, souvent enveloppées dans une mem-

brane assez résistante, mais d’ailleurs con-

tiguës, la substance interstitielle étant réduite

au minimum. Ce tissu forme la masse pa-

renchymateuse qui remplit le corps des Tré-

matodes, se retrouve fréquemment chez les

Fig. 316. — Coupe d'une vertèbre de la larve du Fig. 317. — Cellules axiales d’un tentacule Bombinator igneus. Ch, cellules de la corde de Campanulaire. dorsale ; CLS, étui de la corde; SX, tissu squelettogène ; N, moelle épinière,

Arthropodes et les Mollusques, et constitue la corde dorsale des embryons de Vertébrés (fig. 316).

L'axe entodermique des tentacules de certains Polypes hydraires (Obelia, Campanularia, fig. 317) est formé de cellules qui ressemblent beaucoup aux cellules du tissu conjonctif simple, d’où l’on peut conclure que l'origine embryogénique de tissus remplissant les mêmes fonctions et ayant la même forme peut être fort différente.

Les formes de tissu conjonctif désignées par les anatomistes sous les noms de {issu conjonctif gélatineux, réticulé, fibrillaire, ont entre elles les plus grandes ressemblances. Dans ces divers tissus on observe toujours un système de faisceaux de fines fibrilles, comprenant entre eux des éléments cellulaires qui se moulent fréquemment sur les faisceaux, Ces derniers sont souvent revêtus par un délicat endothélium de cellules aplaties, à bords sinueux, ressemblant aux cellules endothéliales des vaisseaux. Parmi ces faisceaux de fibrilles conjonctives que le carmin ammoniacal colore en rose et qui se gonflent sous l'action de l’acide acétique et de la potasse, courent d’autres fibrilles qui résistent à l’action de ces à réactifs, ne se laissent pas colorer par Fig. 318. —— Tissu conjonctif vivant d'une Grenouille. Île Carmin, mais prennent une teinte

rs one CE moy ban, jet Jaune clair sous l'action de l'acide

e, cellules à grosses granulations, n'offrant aucun picrique, d'un jaune brunâtre sous

mouvement; f, fibrilles ; g, faisceaux de tissu conjonc- ; .

tif; À, réseau élastique (d'après Frey). l'action de l'iode ; ce sont Îles fibres

élastiques (fig. 318, h).

Ces diverses parties constitutives du tissu conjonctif n’ont pas la même valeur morphologique. Le tissu conjonctif des embryons est toujours exclusivement formé de cellules, comme celui des Trématodes qui représente, par conséquent, un état primitif. Mais peu à peu un liquide albuminoïde apparaît entre les éléments cellulaires, sépare les uns des autres les éléments primitifs qui flottent désormais dans sa masse, où ils prennent le plus souvent une forme étoilée, et peuvent former un réseau en Ss’unissant par leurs prolongements. Les fibrilles conjonctives et les fibres élastiques ne sont que le résultat d'une modification des substances albuminoides primitivement dissoutes dans le liquide interstitiel, et sont par conséquent non des éléments vivants, ou des plastides modifiés, mais de simples substances inertes. Les fibrilles conjonctives semblent apparaitre d'emblée sous forme de filaments: elles se montrent les premières et quelquefois existent seules; les fibrilles élastiques résultent, au contraire, de la fusion de granulations primitivement disposées en files plus ou moins anastomosées (fig. 319).

Les caractères des diverses formes du tissu conjonctif proprement dit dépendent de la proportion relative du liquide interslitiel, des faisceaux de fibrilles conjonctives et des fibres élastiques.

Dans le tissu gélatineux ou muqueux (fig. 320), les fibrilles conjonctives existent

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