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Fig. 347. — Fibres musculaires du Fig. 348. — Faisceau primitif d’un cœur. À droite on apercoit les limi- embryon humain de trois mois tes des cellules et des noyaux (d'après et demi à peu près, examiné Schweigger-Seidel). dans le sérum iodé. n, noyau;
t, écorce musculaire striée; p, protoplasma central. 300 diam.
(d’après Ranvier).
lentes et continues sont des muscles à fibres lis-
s : dans les parois du tube digestif, dans celles des vaisseaux, les fibres musculaires lisses abondent.
Lorsqu'elles commencent à se différencier, les fibresmusculairesstriées ne sont autre chose que des cellules mésodermiques devenues fusiformes; elles ne possèdent qu'un seul noyau. Ces cellules fusiformes s’allongent beaucoup; en même temps, leur noyau se divise et, comme la fibre est extrêmement grêle, elle présente un
* renflement au niveau de chacun de ses noyaux. C’est seulement vers le troisième
mois que, chez l'embryon humain, la substance striée commence à apparaitre dans
ces longues fibres, devenues cylindriques (fig.
de la fibre et forme ainsi un tube, à l'intérieur duquel se trouve le cytosarque non encore différencié, et les noyaux qui continuent à se diviser. Le tube strié présente par places des fentes dans lesquelles pénètre la substance centrale, très riche en glycogène; par suite de l'épaississement graduel du tube strié, les noyaux sont eux-mêmes refoulés dans ces fentes, et finalement arrivent à la périphérie de la fibre (fig. 349). [ls demeurent le plus souvent dans cette situation périphérique ; mais il peut arriver aussi qu'ils reviennent à l’intérieur de la fibre (muscles de la Grenouille).
La transformation du cytosarque des cellules musculaires en fibres striées n’est assez souvent que partielle. Les fibres musculaires des cœurs lymphatiques des Batraciens (fig. 350) portent toujours sur leur côté une abondante masse sarcodique contenant le noyau; les fibres de Purkinje qui doublent l’endocarde de beaucoup de Mammifères, ne sont autre Chose que la partie périphérique différenciée de grandes cellules binucléées, dont le cytosarque non différencié l'emporte de beaucoup sur la substance striée. Ces cellules sont disposées comme un épithélium pavimenteux, de sorte que l'aspect général de ce remarquable tissu est celui d’une mosaique de cellules contenues chacune dans les mailles polygonales d'un réseau musculaire (fig. 351). A ces fibres de Purkinje se rattachent les fibres du cœur qui se soudent les unes aux autres de manière à former un réseau dont chaque trabécule est une cellule musculaire distincte (fig. 347). Cette apparence a fait longtemps admettre que les fibres musculaires du cœur étaient ramifiées.
348). Elle se différencie à la surface
Fig. 349. — Muscle polygastrique de la queue d'un tétard de vingt-cinqjours. Isolation après l’action de l'acide osmique à { pour 300 : conservation dans la glycérine. — m, faisceaux musculaires; p, masse protoplasmique marginale; S, tendon. — 140 diam. (d'après Ranvier).
La substance musculaire striée des fibres, dont nous venons de suivre le développement, ne présente pas seulement des stries transversales, elle présente aussi des
stries longitudinales (fig. 349) correspondant
à des plans de moindre résistance,
suivant lesquels il est facile de déterminer la dissociation de la fibre en fibrilles. Ces fibrilles ont été prises d’abord pour l’élément musculaire fondamental. Aussi
désigne-t-on habituellement la véritable fibre
musculaire sous le nom de faisceau
primitif. Dans un même faisceau les fibrilles peuvent être elles-mêmes groupées en
fascicules ; c’est entre ces fascicules, nommés par Leydig cylindres primitifs, que se placent les noyaux internes du faisceau primitif de la Grenouille (fig. 353).
Fig. 350. — A et B, deux tronçons de fibres musculaires du cœur lymphatique postérieur de la Grenouille verte, isolés après injection d'un mélange à parties égales d’une solution d'acide osmique à 1 pour 100 et d'alcool à 36°; n, noyaux; p, protoplasme ; m, substance musculaire. — 500 diam. (d’après Ranvier).
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Fig. 351.— Fragment du réseau de Purkinje isolé après l’action de l'alcool Fig.352.— Deux faisceaux musau tiers. Coloration au picrocarminate; c, cellule; f, substance striée; culaires du grand adducteur n, noyau. — 300 diam. (d’après Ranvier). du Chien pris après la rigidité
cadavérique, dissociés dans le
Chaque faisceau primitif est enfin enveloppé dans une picrocarminate et conservés A b h te d imitif dans la glycérine; m, submême membrane amorphe, reste du cytosarque primitif, sance musculaire; n, noyaux
non différencié, et qu’on a nommé le sarcolemme (fig. 352, s). vus de profil; s, sarcolemme; , Det dne : ; p, espace compris entre le
Les faisceaux primitifs, unis entre eux par du tiSSU CON- sarcolemme et ia substance jonctif dans lequel cheminent des vaisseaux et des nerfs, usculaire, rempli du liquide j ; j additionnel; Z, couche mince
forment ensemble des faisceaux secondaires qui peuventeux- de substance musculaire restée
À s : 0 TT adhérente au sarcolemme. — mêmes se grouper en faisceaux lertiaires. De larépétition de 3 am. (A'anrés Ban groupements analogues résulte ce qu'on nomme un muscle.
La striation transversale des faisceaux primitifs et des fibrilles dans lesquelles ils se décomposent est due à ce que les muscles striés sont formés de deux substances qui dans les fibres et les fibrilles se disposent en disques alternants (fig. 354). L'une de ces substances est colorée en rouge par le picrocarminate d'ammo-
niaque, en violet par l’hématoxyline qui laissent l’autre incolore. Les disques de
ces substances se succèdent dans l’ordre suivant : 1° un disque épais de substance colorable: — 2° un disque clair, moins épais, de substance non colorable; — 3° un disque mince de substance colorable ; — 4° un nouveau disque clair semblable au premier de substance non colorable. Après cela la série recommence en se conti-
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Fig.355.— Fibrille de l'aile
Fig. 353. — Fragment d’un faisceau Fig. 354. — Fibrilles des ailes de l'Hydro- del’Hydrophile,dissociée superficiel du couturier de la Gre- phile préparées et conservées dans le pi- par la demi-dessiccation nouille soumis à l'action sucees- crocarminate à 1 pour 100, À et B,deux après un séjour de 24 sive de l’acide osmique, du picro- de ces fibrilles de différents diamètres à heures dans l’alcool au carminate et de l'acide acétique ; l’état d'extension; a, disque épais; b,dis- tiers. Coloration à l’hécp, cylindre primitif; ?, inter- que mince; €, espace intermédiaire; € et matoxyline; €, disque stice; n, noyau vu de profil; n’, D, portion de ces fibrilles vues en éloi- épais; m, disque mince; noyau vu detrois quarts; n”,noyau gnant l'objectif et avec un petit diaphra- a, espace clair; À, strie vu de face. — 400 diam. (d’après gme ; n, disque épais; €, disque mince.— intermédiaire. — 2000 Ranvier). 2000 diam. (d’après Ranvier). diam. (d’après Ranvier).
nuant toujours dans le même ordre. Les disques épais peuvent être eux-mêmes subdivisés en deux, trois, ou cinq disques superposés, par une très faible couche de substance claire, apparaissant au microscope comme une série intermédiaire (fig. 355). Ces faits ne sont bien visibles, en général, que sur des fibres en état d'extension.
La substance colorée par le carmin et l’hématoxyline a un indice de réfraction plus fort que l'autre; elle est en outre biréfringente et paraît être seule contractile. En outre, la contractilité siégerait exclusivement, d’après Ranvier, dans les disques épais ; la substance non colorable serait dès lors une substance élastique qui ramènerait, après la contraction, le muscle à son état normal, en prenant son point d'appui sur le disque mince. La différenciation subie par la fibre musculaire consisterait essentiellement, d’après cela, dans la distribution du hyaloplasme en une série de réseaux serrés, Correspondant aux disques épais.
Il est à remarquer d’ailleurs que le cytosarque présente assez souvent des distributions régulières de ses parties analogues à celles qu’on observe dans la fibre
musculaire. Dans les figures karyolytiques les microsomes se placent au même niveau sur les microfils ; ces microfils constituant un même rayon d'aster paraissent ainsi Striés transversalement. D’autres dispositions régulières sont souvent présentées par divers Infusoires.
Tissu nerveux. — Le tissu nerveux comprend, nous l'avons vu, deux sortes de formations : les fibres nerveuses et les cellules ganglionnaires. Les fibres nerveuses étant toujours reliées, au moins par une de leurs extrémités, à une cellule ganglionnaire, on ne peut d’ailleurs considérer ces deux formalions comme indépendantes. Effectivement elles sont étroitement associées chez tous les animaux inférieurs. Les éléments nerveux proviennent essentiellement d’une différenciation des cellules exodermiques; toutefois le mésoderme prend aussi à la formation du tissu nerveux une part qui semble plus grande qu'on ne l'avait pensé d'après les études embryogéniques faites sur les animaux supérieurs. Le tissu nerveux doit les fonctions qu'il accomplit à ses rapports multiples avec les autres catégories d'éléments des organismes. Ces rapports présentent la plus grande simplicité lorsqu'une cellule sensorielle, située à la périphérie du corps, est directement reliée soit à une cellule glandulaire, soit à une fibre musculaire. Lorsque la même cellule fait partie d’un ‘épithélium externe par l’une de ses extrémités, tandis que l’autre contient une fibre musculaire comme chez les Hydraires et les Méduses, il n’est pas invraisemblable qu’elle soit capable de transmettre à la fibre qu’elle contient, les excitations qu’elle reçoit du dehors et d’en déterminer ainsi la contraction. S'il en était ainsi, la qualification de cellules neuro-musculaires donnée par Kleinenberg à ce qu’on a appelé plus tard les myoblastes des Hydres et des Méduses ne serait pas absolument impropre. On peut lui reprocher cependant de n'être pas suffisamment explicite, car un circuit nerveux complet suppose en général : 10 un élément épithélial exodermique, récepteur des excitations, — 2° un filament conducteur, la fibre nerveuse, — 3° un élément irritable, cellule glandulaire ou fibre musculaire, capable de réagir sous l’action de la fibre nerveuse. Ces trois éléments, et non pas deux seulement, sont concentrés, en quelque sorte, dans les myoblastes.
Le circuit ne présente même pas d'ordinaire cette simplicité. En général la fibre nerveuse n'aboutit pas seulement à l'élément irritable; elle aboutit à une cellule ganglionnaire, qui réfléchit l'excitation vers l'élément irritable, ou la transmet à une série d’autres cellules ganglionnaires, dont la dernière réfléchit enfin l’excitation. Au cours de cette transmission l'excitation a mis en activité toutes les cellules ganglionnaires qu’elle à traversées, et a déterminé par leur intermédiaire toute une série de phénomènes que nous nommons les phénoménes psychiques : phénomènes de sensibilité, de mémoire, d'appréciation, de comparaison, de volonté, d'attention; ces phénomènes, à l’état conscient, constituent l'intelligence, et à l’état inconscient ou semi-conscient, l'instinct.
La complication des phénomènes psychiques dépend naturellement du nombre et du degré de différenciation des cellules ganglionnaires, qui demeurent quelquefois isolées, mais se groupent le plus souvent de manière à constituer les centres nerveuz.
À proprement parler ces centres n'existent pas chez les Phytozoaires, où le tissu nerveux est, essentiellement représenté par des faisceaux de cellules fusiformes unipolaires ou multipolaires, d’où partent de longs et grêles filaments qui consti-