DÉVELOPPEMENT ET ORGANISATION DES RÉDIES
tudinales; puis vient une couche cellulaire à éléments plus ou moins nettement séparés, grands, rarement disposés en plusieurs assises, reposant parfois, chez les vieux sporocystes, sur une couche protoplasmique nucléée; cette assise cellulaire délimite la cavité du spo-
rocyste, cavité qui est peu à peu oblitérée par les individus de nouvelle formation; quelquefois, chez les jeunes sporocystes cette cavité est oblitérée par du parenchyme (sporocystes de la Cercaria armata ) ou traversée par des cordons fibreux (sp. du Dist. ovocaudatum). Deux néphridies ramifiées, pouvant porter chacune jusqu’à trente ampoules terminales ( Distomum ovocaudatum, Diplodiscus subclavatus ), s’ouvrent séparément près de l’extrémité postérieure du corps. Les
sporocystes sont souvent
enveloppés par une membrane constituée aux dépens des tissus de leur hôte et qui a reçu le nom de paletot.
Développement et organisation des rédies. — Certaines cellules de l’assise cellulaire du sporocyste sont l’origine des rédies; elles peuvent, en conséquence, être désignées sous le nom de cellules germinatives. Ces cellules sont quelquefois groupées ensemble en deux, trois ou quatre points (sporocystes de la Cercaria armata, du Distomum ovocaudatum) ou occupent une place déterminée à l’extrémité postérieure du corps du sporocyste ( Diplodiscus , Cladocœlium hepaticum). Chaque groupe de cellules nait d’une cellule unique (fig. 1229, n° 1). La structure de ces cellules germinatives et surtout leur évolution autorisent à les considérer comme des œufs à développement parthënogénétique. Ces cellules se divisent un assez grand nombre de fois par voie karyokinétique et forment ainsi des amas cellulaires, à cellules un peu inégales. Lorsque le nombre des cellules s’est élevé à dix ou douze, l’une des cellules superficielles s’aplatit en forme de verre de montre; le même phénomène se produit en un certain nombre de points; toutes les cellules ainsi modifiées se fusionnent et forment finalement une enveloppe transparente où les noyaux demeurent seuls reconnaissables; ces noyaux finissent même par disparaitre et l’enveloppe se chilinise ; pendant ce temps, les cellules profondes continuent à se multiplier. Peu à peu l’embryon s’allonge, et ses cellules se disposent en une couche périphérique et une masse axiale, qui se différencie graduellement d’avant eu arrière en une sorte de cylindre recouvert d’une fine membrane (fig. 1231, n° I) et dans lequel apparait une lumière, tandis que son extrémité antérieure se transforme en un
TRÉMATODES
pharynx sphéroïdal. Ce pharynx est d’abord solide; mais ses cellules externes se disposent peu à peu en une assise régulière (n° 2, ph) d’où dériveront les muscles radiaires de l’organe, tandis que les cellules centrales se fusionneront, perdant leur noyau et formant finalement le revêtement cuticulaire interne du pharynx; à ce
Fig. 1229. — Développement de rédies dans les sporocystes du Clndocœ- Fig. 1230. — ■ Sporocyste avec lium hepaticum. — 1, sporocyste contenant des cellules-germes et des rédies (B) du Cladocœlium
germes (g) à divers degrés de segmentation; — 2, le même avec des hepaticum (d’après Leuckart).
germes plus avancés [g) et une rédie complètement développée.
moment le pharynx s’ouvre au dehors, à l’extrémité antérieure ducorps (n° 3). Pendant ce temps les cellules non employées à la formation du tube digestif se groupent en
une couche périphérique et une couche profonde, formant, en arrière, sur le prolongement du tube digestif un amas de cellules saus membrane, à noyaux vésiculeuxqui produiront la couche germinative ; un espace apparait alors entre le tube digestif et la couche germinative ; c’est le rudiment de la cavité générale. En arrière du pharynx, d’autres cellules se groupent pour constituer le système nerveux. La rédie, désormais bien caractérisée, présente encore deux extrémités semblables; bientôt un peu en avant du milieu de son corps apparait un petit bourrelet annulaire, rudiment de la couronne céphalique, tandis qu'en arrière deux saillies représentent les moignons; puis la région postérieure du corps s’allonge et s’amincit, d’où il résulte que le tube digestif parait relativement plus court. On peut trouver, non compris les amas germinatifs, jusqu’à huit rédies dans un même sporocyste de Clad.
Fig. 1231. — Phases successives du développement d’une rédie. ph, pharynx; i, sac digestif; e, cellules embryonnaires.