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ACCOUPLEMENT, FÉCONDATION

blema , Ogmogaster, etc.); vient ensuite une couche musculaire formée de muscles transverses et de muscles longitudinaux; le tout est entouré d’une couche de parenchyme. Cette région est évidemment chargée de l’expulsion active des œufs; des cellules glandulaires s’ouvrent quelquefois dans son intérieur ( Amphistomum conicum, quelques Distomum ).

L'œuf est toujours formé chez les Trématodes de l’ovule, d’un certain nombre de cellules vitellines, d’un faisceau de spermatozoïdes et d’une coque divisée par un sillon transversal en deux parties dont la plus petite constitue l 'opercule. Il est généralement ovoïde; rarement sa section est triangulaire ou quadrangulaire (Tristomidæ), et il peut alors porter latéralement des prolongements chitineux (Encotyllabe fragile ); mais d’habitude l’œuf des Trématodes monogènes ne présente que deux prolongements opposés, l’un, le filament, sur l’opercule; l’autre, le pédoncule, sur le sommet de la coque. Ces deux prolongements peuvent être semblables ou dissemblables ; le filament peut manquer ( Udonella , Phyllonella, Polystomum), ou bien le pédoncule (. Diplozoon , fig. 1216; Placunella ), ou bien encore les deux à la fois ( Pterocotylc , Platycotyle, Choricotyle, Pseudocotyle ).

Le pédoncule sert à fixer les œufs aux corps étrangers; il est suppléé dans cette fonction par le filament chez les Diplozoon. Les œufs des Digenea sont beaucoup plus petits et généralement beaucoup plus nombreux que ceux des Monogenea; ils sont operculés; mais ils ne sont pourvus de filament que dans un petit nombre d’espèces; on en trouve deux chez les Distomum constrictum et divers Monostomidæ ((Monostomum verrucosum, Opisthotrema cochleare, Ogmogaster plicata), un seul chez divers Distomum, la Bilharzia hæmatobia, les Monostomum capitellatum et spinosissimum. A l’époque de la plus grande activité génésique, ain seul Polystomum integerrimum pond plus de cent œufs par jour. La fécondité peut sans doute être plus grande encore chez les Oistomidæ à œufs nombreux.

Accouplement. Fécondation. — Les expériences de Zeller sur le Polystomum

Fig. 1216. — OEuf operculé et muni d’un long filament du Diplozoon paracloxum, contenant un miracidium (d’après E. Zeller).

Fig. 1217. — Deux jeunes Diplozoon, à l'état de Diporpa, en train de se souder l’un à l’autre. — O, bouche, Z. saillie dorsale, et G, ventouses ventrales par lesquelles s’accomplit la soudure ; H , appareil adhésif postérieur (d’après E. Zeller).

Fig. 1218. — Diplozoon paradoxum adulte; O, bouche (d’après E. Zeller).

integerrimum et sur le Diplozoon ont montré que le développement des organes génitaux et des embryons était dans une très étroite dépendance de la température. Il n’y a pas autofécondalion, mais fécondation réciproque. Le contact du pénis avec

TRÉMATODES

les bourrelets vaginaux, celui des orifices mâles et vaginaux a été directement constaté chez les Polystomum et Diplozoon. Dans ce dernier genre, l'accouplement est permanent et les deux individus d’abord séparés et parfois môme décrits comme des formes spéciales sous le nom de Diporpa (fig. 1217), s’unissent de telle façon que chacun d’eux introduit une saillie dorsale disposée à cet effet dans une fossette ventrale de l’autre; les individus associés sont croisés en X (fig. 1217). Chez les Digenea, ce n’est plus le canal de Laurer, mais l’extrémité modifiée de l’utérus qui sert à l’accouplement; celui-ci peut être réciproque ( Holostomum serpens, Distomum davigerum, D. cylindraceum, Monostomum faba); ou bien il peut y avoir autofécondation (B. drrigerum).

Développement des iiionogenea. — Les premières phases du développement ont été peu étudiées chez les Trématodes monogènes. A de rares exceptions près (Onchocotyle appendiculata), la segmentation ne commence qu’après la ponte; elle est totale et régulière chez YUdonella caligorum et conduit à la formation d’une morula

d’abord sphérique, puis ellipsoïdale; à partir de cette morula, on sait seulement dans quel ordre apparaissent les organes du jeune animal qui éclôt avec sa forme définitive. La segmentation, précédée de phénomènes encore obscurs, est, au contraire, complète et

Fit;. 1219. — Polystomum integerrimum. — 1, œuf, contenant un miracidium et le reste du vitellus ; DK , opercule. — 2, miracidium hors de l'OEuf, muni d’un disque fixateur semblable à celui des Gyrodactylus et de ceintures ciliées (d’après E. Zeller).

Fig. 1220.— Miracidium de Diplozoon paradoxum venant d’éclore (d’après E. Zeller).

inégale chez le Polystomum integerrimum ; elle conduit à la formation d’une morula dont une grosse cellule occupe l’intérieur. L’évolution se poursuivant, il se constitue une larve ciliée (fig. 1219, n° 2), présentant un disque postérieur pourvu lui- même de seize crochets semblables et les rudiments de deux grands crochets médians; cette larve rappelle par conséquent la forme des Gyrodactylus. Les cils de la larve sont disposés sur une cellule antérieure terminale et suivant cinq bandes transversales, les trois premières ventrales, les deux dernières dorsales comme chez un embryon amphitroque de Polychète; les deux premières et la dernière sont formées de dix cellules, la troisième, interrompue au milieu de la face ventrale, de six, la quatrième et la cinquième de onze cellules; il y a là une indication manifeste de métamérie, qn’on peut rapprocher de la répétition des anastomoses transversales, au nombre de quatre, entre les deux branches du tube digestif de l’adulte. Une au moins de ces anastomoses existe déjà chez la larve; l’appareil excréteur est bien développé, mais les organes génitaux font complètement défaut. La larve est capable de nager durant environ vingt-quatre heures après son éclosion; au bout de ce temps, la plus grande partie de ses cils a disparu; elle s’attache par son disque postérieur à l’orifice externe de la cavité branchiale des têtards de Grenouille, et ne tarde pas à pénétrer dans cette cavité. Alors commence la métamorphose par la disparition totale des cils, l’achèvement des grands crochets médians

TRÉMATODES MÉTASTATIQUES ET D1GÉNÉTIQU ES. 1789

du disque postérieur, l’apparition des ventouses postérieures, puis des ventouses moyennes, enfin des ventouses antérieures. Au bout de huit à dix semaines, le parasite, déjà pourvu de ces ventouses moyennes, abandonne la cavité branchiale du têtard dont la métamorphose va commencer, et gagne, en rampant sur le corps, l'anus, puis la vessie de l’animal où il n’atteint qu’au bout de quatre ou cinq ans sa taille définitive. Toutefois quand les larves s’attaquent à de très jeunes têtards, dont les branchies plus molles et plus gorgées de sang leur fournissent une alimentation plus favorable, elles ont déjà au bout de 20 jours acquis leurs trois paires de ventouses, et sont, au bout de cinq semaines, capables de produire des œufs. Ces individus précoces n’émigrent pas et meurent presque tous au moment de la métamorphose du têtard; ils diffèrent presque toujours des individus normaux par la forme de leurs crochets, la présence d’un seul testicule qu’un canal unit au germiducte, l’absence de vagin, ce qui rend l’autofécondation indispensable, enfin l’absence d’utérus, l’ootype s’ouvrant directement au dehors.

Les larves du Diplozoon paradoxum sont connues sous le nom de Diporpa (fig. 1217). Elles éclosent au bout de quinze jours. Des conslrictions latérales divisent la larve en quatre segments dont le premier et l’avantdernier portent chacun une paire de ventouses; les cils vibratiles sont distribués sur les bords latéraux de ces segments (fig. 1220). La larve, après avoir nagé un certain temps, se fixe, en général, sur les branchies du Vairon ( Phoxinus lævis).

Le Gyrodactylas elegans adulte (fig. 1221) contient un très gros embryon qui, à son tour, en contient un autre, à l’intérieur duquel on en constate même un troisième. Le gros embryon résulte simplement du développement sur place d'un œuf qui a été peut-être fécondé par son propre parent. On ignore comment se forment les deux embryons qui suivent ; toutefois Metschnikoff pense qu’un même amas cellulaire produit jes deux générations, le petit embryon se formant aux dépens de la partie centrale de la masse, les plus gros aux dépens de la périphérie.

Marche générale du développement des Trématodes métastatiques et digénétiques; miracidium, sporocystes, rédies, cercaires. — Le développement des Digenea peut s’accomplir de trois façons différentes : 1° un embryon non cilié se transforme directement en Trématode adulte, en se bornant à changer d’habitat sur l’hôte qu’il a choisi; ce mode de développement, dit développement direct, caractérise les Aspidogastrid.e ; 2° un embryon cilié, le miracidium 1 (Braun), s’enkyste dans

Fig. 1221. — Gyrodactylus elegans.

— v, prolongements tentaculiformes de l’extrémité antérieure ; B, bouche ; vg , vitellogène ; Ci,C2, crochets de deux embryons internes ; O, ovaire ; T , testicule ; V, grands crochets fixateurs ; s, parapodes armés chacun d’un crochet du disque fixateur; pv, pavillons néphridiens; ph, pharynx (d'après Wagner).

1 De (xetpaxiSiov, voisin de la puberté.

TRÉMATODES

un Mollusque, une Sangsue, un Poisson ou même un Mammifère, y revêt dans son

Fig. 122-2. — Sporocyste contenant des cercaires C, armées d'un aiguillon B ( Cercaria ornata ).

Fig. 1223. — Cercaire libre. — O, bouche et ventouse orale ; Ex, tronc népliridien ; D, tube digestif bifurqué ; s, ventouses postérieures.

kyste une nouvelle forme larvaire et passe dans le tube digestif d’un autre hôte auquel son hôte primitif sert de proie ; ce mode de développement dit développement métastatique est propre aux Holostomidæ; 3° un miracidium cilié ou non pénètre activement ou passivement dans un Mollusque et s’y transforme en un organisme nouveau, sans tube digestif, de forme variable, dit sporocyste (fig. 1222). Les sporocystes peuvent être sacciformes ou tubulaires; quelquefois ils sont ramifiés comme celui qui produit la Cercaria ornata et habite le Limnæus stagnalis, celui des Gasterostomum, mais surtout comme le Leucochloridium paradoxum (fig. 1228, n° 2, p. 1795) qui vit dans la Succinea amphïbia. Certains sporocystes paraissent capables de se multiplier par division (sporocystes des Cercaria vesiculosa,

armata, limacis, virgula , furcata , microcotyla).

Dans tous les sporocystes se forment, par voie agame, des organismes nouveaux.

Dans le cas le plus simple ( Gasterostomum , Distomum macrostomum, D. cylindraceum , D. endolobum ) cet organisme est un jeune Trématode généralement pourvu d’une queue très mobile et présentant un tube digestif bifurqué, mais sans ramifications secondaires (fig. 1222 et 1223). Ce jeune Trématode est destiné à émigrer; il se transforme toujours par simple métamorphose en Trématode adulte; c’est ce qu’on nomme une cercaire. Un même sporocyste peut contenir plusieurs milliers de cercaires ( Gasterostomum fimbriatum ). Tout Trématode digénétique traverse cette phase de cercaire; mais la cercaire peut ne se montrer qu’après la formation dans le sporocyste d’une autre génération d’organismes, formée soit de nouveaux sporocystes (. Distomum cygnoïdes ), soit d’organismes différents à la fois des sporocystes et des cercaires, les rédies (fig. 1224 et 1225), pourvues de deux moignons près de l’extrémité postérieure de leur corps et d’un tube digestif simple. Souvent ces rédies produisent directement des cercaires à leur intérieur ( Cladocœlium

Fig. 1224. — Rédie à long tube disestif; O, bouche ; Ph, pharynx ; D, tube digestif ; Ex, tronc néphridien ; C, cercaire.

Fig. 1225. — Rédie avec cercaires et rédies du Cladocœlium hepaticum; c, pharynx; C), sac digestif court et simple ; C, ovaires ; B, rédie ; K, germes (d’après Thomas).

hepaticum, Diplodiscus subclavatus) ; d’autres fois, elles forment de nouvelles rédies

dans lesquelles naissent enfin les cercaires (C. hepaticum). Habituellement les sporo-

TRÉMATODES MÉTASTATIQUES ET DIGÉNÉTIQUES.

cystes et les rédies ne quittent pas leur hôte; toutefois les rédies, plus agiles que les sporocystes, se disséminent à son intérieur. Filippi a même vu les rédies de la Cercaria coronata sortir du Mollusque, et se loger sous le rebord de son manteau, entre le manteau et la coquille. Moulinié a également observé une Limace cendrée qui, dans sa marche, abandonnait une mucosité remplie de sporocystes. Ces cas paraissent exceptionnels. Les cercaires, au contraire, émigrent presque toujours; après être sorties de leur hôte temporaire, elles nagent un certain temps en liberté, et vont s’enkyster dans un autre Mollusque, un Arthropode ou même un Vertébré; elles passent de là dans un nouvel hôte auquel le premier sert de proie et arrivent à l’état adulte dans son tube digestif, ou dans les voies excrétrices des glandes qui y sont annexées ( Cladocœlium hepaticum, Distomum lanceolatum, et formes voisines). Cette double migration et les phénomènes complexes de génération agame qui l’accompagnent caractérisent le développement digénétique proprement dit que l’on observe dans les autres familles de Digenea.

En somme la série des formes qui se succèdent dans le développement digénétique commence toujours par un miracidium qui se transforme ensporocyste, et aboutit toujours à une ccrcaire qui se transforme en Trémcitode adulte; mais le passage du sporocyste à la cercaire peut s’effectuer de quatre façons différentes que l’on peut représenter ainsi :

1° Sporocyste. — Cercaire.

2° Sporocyste. — Sporocyste. — Cercaire.

3° Sporocyste. — Rédie. — Cercaire.

4° Sporocyste. — Rédie. — Rédie. — Cercaire.

Quelquefois la rédie est déjà développée dans le miracidium au moment de son éclosion ( Monostomum mutabile , fig. 1226, n° 2).

Les différences de forme que présentent les sporocystes, les rédies et les cercaires semblent, au premier abord, inexplicables. On arrivera néanmoins à comprendre comment elles ont pu être réalisées si l’on admet, comme nous l’établirons plus tard, que les rédies et les sporocystes ne sont que des formes à la fois parthénogénétiques et pædogénétiques de Distomes. Chez les rédies, les œufs parthénogénétiques, se développant de très boqne heure, détournent à leur profit les aliments qui auraient permis au Distome d’atleindre tout son développement, le tube digestif ne dépasse pas la forme de sac impair qui n’est que temporaire chez les cercaires; chez les sporocystes le développement des œufs parthénogénétiques étant plus précoce encore, aucune trace de tube digestif ne se montre, tant l’effort est tourné vers l’accroissement en dimension des parois du corps du sporocyste et vers le développement des œufs parthénogénétiques à son intérieur. Deux faits démontrent néanmoins l’identité fondamentale des trois formes: 1° la présence dans toutes les trois d’un appareil néphridien présentant partout la même structure; 2° la possibilité pour le sporocyste de produire directement soit des cercaires, soit

Fig. 1226. — 1, Miracidium de Diplodiscus subclavatus ; D, sac digestif ; Ex, tronc néphridien. — 2, Miracidium de Monostomum mutabile contenant une rédie (B) ; p, taches pigmentaires (d’après von Siebold).

TRÉMATODES

des rédies, soit de nouveaux sporocystes suivant l’activité de son pouvoir reproducteur ou même de produire côte à côte des cercaires et des rédies (fig. 1225). 11 y a simplement de la cercaire au sporocyste accélération du phénomène de la reproduction ovulaire.

Développement de l’œuf; formation et organisation des miracidium. — Le

développement de l’œuf est surtout facile à suivre chez les espèces où il s’accomplit à l’intérieur de la matrice (Distomum tereticolle). L’ovule proprement dit est situé au voisinage de l’opercule de l’œuf; la partie restante de la coque est remplie par la masse vitelline où les noyaux des cellules primitives sont seules reconnaissables. La cellule ovulaire est, au début, sphéroïdale et pourvue d’un gros noyau et d’un nucléole; le noyau se divise d’abord, pendant que la cellule elle-même s’allonge, puis se partage transversalement en deux cellules dont l’une est d’habitude un peu plus petite que l’autre. Les divisions ultérieures, qui sont totales, donnent lieu à la formation d’un amas de cellules ordinairement quelque peu inégales. Dans cet amas, une cellule plus grande que les autres occupe le pôle operculaire de l’œuf; bientôt cette cellule se divise en deux autres, juxtaposées, à bord externe mince, formant ensemble une sorte de coiffe; et l’amas cellulaire sous-jacent continue à a grandir aux dépens de la masse vitelline qui bientôt

se trouve d’ailleurs enveloppée de cellules piales,

symétriquement disposées, issues de la division des cellules polaires. Quand cette membrane d’enveloppe a achevé de se constituer, une nouvelle cellule terminale se différencie au pôle opposé au pôle operculaire de l’embryon; la membrane d’enveloppe est d’ailleurs une formation essentiellement embryonnaire qui demeure dans la coque de l’œuf lors de l’éclosion du

Fig. 1227. — a. Miracidium de cia- miracidium (fi g. 1226). Quant aux cellules embryon-

Ov, cellules génitales (d'après Leuckart).

reste de la masse vitelline ; lorsque cette dernière est peu abondante, elle se borne parfois à constituer

autour de la première un plus ou moins grand nombre de ceintures, ou se dissocie en un nombre variable de masses inégales ( Dist . hepaticum). Les cellules extérieures de la masse embryonnaire se différencient alors pour former un exoderme, ne comprenant qu’une seule assise de cellules plates; les cellules de cet exoderme tendent habituellement à se fusionner; leurs noyaux mêmes disparaissent souvent, et l’exoderme arrive alors à n’être plus qu’une membrane homogène, couverte ou non de cils vibraliles. Chez le D. tereticolle, huit cellules persistent cependant plus longtemps, quatre symétriquement placées au pôle operculaire de l’embryon, quatre également symétriques, à la limite du 2e et du 3e tiers de sa longueur. Ces huit cellules se transforment peu à peu, par la disparition de leur noyau en huit plaques portant des soies rigides. Dans l’entoderme, un certain nombre de cellules se disposent régulièrement de manière à limiter une cavité digestive qui s’étend jusque vers le milieu de l’embryon et dont la lumière demeure oblitérée par une masse granuleuse. L’extrémité antérieure forme une trompe qui demeure invaginée jusqu’à l’éclosion de l’embryon. Une partie des cellules ento-

MIGRATIONS DU MIRACIDIUM.

dermiques restantes s’accole, en s'aplatissant, contre l’exoderme. Le miracidium ne tarde pas alors à éclore. Il est, à sa naissance, cilié sur toute sa surface ( Bilharzia , Diplodiscus, la plupart des Distomum, fig. 1 227, Monostomum), ou seulement sur sa région antérieure ( Holostomum cornu-copiæ , Dist. lanceolatum, D. macrostomum). Les cils sont remplacés par des soies raides à l’extrémité antérieure du miracidium du D. megastomum, à cette extrémité et sur le pourtour de la ligne de séparation du 2e et du 3° tiers du corps chez le D. tereticolle. Les soies forment une couronne antérieure chez le Monostomum filum, et sont réparties sur tout le corps chez le D. ovocaudatum. Il existe assez souvent deux taches oculiformes, munies chacune d’un cristallin et .souvent contiguës, situées dans la région antérieure du corps (Holostomum cornu-copiæ, Distomum hepaticum, D. hians , D. laureatum, D. nodulosum, D. trigonocephalum , D. viviparum , la plupart des Monostomum) . Au niveau de ces organes, deux amas cellulaires semblent devoir être considérés chez le C. hepaticum comme deux ganglions. Sous la membrane épithéliale une couche de substance granuleuse et nucléée contient des fibres musculaires transversales et des fibres longitudinales (D. hepaticum, D. ovocaudatum). Il existe déjà des canaux excréteurs, et l’on compte de deux à quatre ampoules terminales ciliées, symétriques quand il en existe un nombre pair et situées vers la région moyenne du corps; il semble que les canaux qui font suite à ces ampoules s’ouvrent dans la cavité digestive.

Dans le tube digestif, on peut distinguer une trompe , un œsophage et un estomac, terminé en cæcum. La trompe est constituée soit par la région antérieure et amincie du corps (D. cygnoïdes), et elle est alors ciliée; soit par la partie antérieure du tube digestif (C. hepaticum, D. globiporum, D. cylindraceum) ■ elle porte, en tous cas, la bouche et quelquefois un aiguillon (D. lanceolatum, Gasterostomum crucibulum. ); l’œsophage qui la suit est muni de muscles radiaires. L’estomac est toujours formé d’une seule assise cellulaire. Entre le tube digestif et la paroi du corps, il peut exister une véritable cavité générale (D. tereticolle)-, cette cavité se limite parfois à la région antérieure du corps (C. hepaticum ); le plus souvent tout l’intervalle entre le tégument et la paroi digestive est rempli de cellules dont un certain nombre, pour le moins, seront le point de départ des générations ultérieures de rédies ou de cercaires. Les cellules de la cavité générale peuvent aussi présenter quelques autres différenciations, et former des masses distinctes dont la signification est encore inconnue.

Migrations du miracidium; sa transformation consécutive. — Seuls parmi les Digenea, les miracidium des Aspidogaster arrivent à l’état adulte sans changement d’hôte, par une simple métamorphose. Les autres, après avoir nagé quelques heures librement, meurent quand ils ne trouvent pas un hôte approprié dans le corps duquel ils pénétrent. Le miracidium des espèces métastatiques s’enkyste alors, mais on sait peu de chose des transformations qu’il subit, si ce n’est que chez les Holostomum il acquiert une ventouse antérieure, une ventouse ventrale, presque médiane, une paire de glandes dont les orifices sont situés entre les deux ventouses et une glande impaire postérieure. D’assez nombreuses formes trouvées enkystées chez divers animaux et dans des organes variés, notamment dans les yeux des Poissons, semblent être de jeunes Holostomidæ; elles ont été décrites sous les noms de Codonocephalus , Diplostomum, Monocerca, Tylodelphis , Tetracotyle.

TREMATODES.

La transformation du miracidium libre en parasite a été observée chez les Di. stomum cygno'ides, hepaticum. , macrostomum, ovocaudatum, et le Diplodiscus subclavatus. Après avoir nagé un certain temps, le miracidium du D. cygno'ides se fixe sur les branchies des Pisidiitm et des Cyclas; bientôt après, le revêtement ciliaire présente des signes évidents d’altération; ses cellules se dissocient, et il disparait, le miracidium se transforme alors en un sac à parois anhistes qui se retrouve facilement dans les Mollusques récemment infestés et produit à son intérieur des sporocystes. Les miracidium du Diplodiscus subclavatus s’adressent à de petites espèces de Planorbes (. Planorbis vitreus , vortex, marginatus , etc.); ceux du Cladocœlium hepaticum s’attaquent au Limnæa truncatula et aux jeunes L. peregra, mais n’arrivent pas à produire de cercaires dans ces derniers. Ils se fixent en un point quelconque du corps, perdent leur tégument cilié, écartent avec leur trompe les cellules de l’épiderme du mollusque, et, grâce aux mouvements péristaltiques dont leur corps est animé, pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus; on les trouve notamment en grand nombre dans les lacunes du toit de la cavité pulmonaire; quelques-uns viennent même se loger entre les viscères de la cavité générale; ce sont déjà des sporocystes qui produisent plus tard des rédies. Celles-ci sortent du sporocyste et se répandent dans tout le corps de leur hôte; elles se logent fréquemment dans le foie.

Les œufs du Distomum macrostomum , de l’intestin des Oiseaux chanteurs, sont expulsés avec les excréments de leur hôte, tombent sur les feuilles des végétaux et sont mangés par les Succinea amphibia qui vivent de ces feuilles. Les miracidium éclosent dans l’estomac du Mollusque et, après y avoir nagé quelque temps, pénètrent dans les parois du tube digestif, s’arrêtent d’ordinaire dans le tissu conjonctif qui l’entoure, plus rarement gagnent le foie ou même la glande hermaphrodite. Ils se transforment alors en un sporocyste ayant pour tégument une délicate membrane nucléée et rempli par un grand nombre de cellules sphéroïdales. Au bout de huit jours ce corps, d'abord solide, présente une cavité interne, tandis que successivement des muscles annulaires et des muscles longitudinaux se différencient dans les cellules sous-jacentes à la membrane nucléée. Bientôt le sporocyste commence à se ramifier en tous sens, et finit par constituer un organisme formé de branches creuses, ramifiées, rayonnant autour d’un centre, et dont les rameaux les plus longs se renflent en une sorte de massue cylindrique sur une partie de sa longueur. C’est là le Lcucochloridium (fîg. 1228, n° 2). Les massues terminales (t) sont, à maturité, marquées d’anneaux verts ou bruns; le reste du corps est jaune. Ce corps tout entier exécute des pulsations rythmiques et se loge presque toujours dans les tentacules et dans la région antérieure du corps; la durée de sa vie égale celle du Mollusque.

Les œufs du Distomum ovocaudatum sont également avalés par des Mollusques aquatiques, les Plauorbes, et éclosent dans leur estomac; le miracidium n’est pas cilié, mais il est antérieurement revêtu d'épines; il se développe en un sporocyste long de 3 mm. qui fournit à son tour la Cercaria cystophora.

Organisation des Sporocystes. — Tout sporocyste est constitué par une membrane d’apparence anhisle (fig. 1228, n° 1), mais contenant des restes de noyaux, et qui est par conséquent un épithélium modifié; des fibres musculaires annulaires ou obliques sont appliquées contre celte membrane; elles sont suivies de fibres longi-

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