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III. CLASSE

TURBELLARIÉS

Plathelminthes généralement libres, quelquefois parasites , à téguments couverts de cils vibratiles , à tube digestif ramifié, droit ou nul, dépourvus d’orifice anal proprement dit. Presque tous hermaphrodites . Corps généralement aplati, large et court. Point de trompe ou une trompe peu développée, résultant d'une modification de l'extrémité antérieure du corps.

Rapports zoologiques des Turbeiiariés. — Les Turbellariés sont des Vers plats, presque immédiatement reconnaissables à l’absence totale de segmentation extérieure du corps, qui est couvert de cils vibratiles, et à l’absence d’anus. D’après la forme du tube digestif on les répartit en trois ordres : les Polyclada l, les Tkiclada et les Rhabdocoelida. Dans le premier ordre, l’appareil digestif consiste en un tube axial assez large, rectiligne, qui peut s’étendre presque d’une extrémité à l’autre du corps ou n’occuper qu’une partie de sa longueur; la bouche peut se trouver en un point quelconque de la longueur du tube, depuis son extrémité antérieure jusqu’à son extrémité postérieure. De chaque côté du tube sur toute sa longueur, naissent des troncs latéraux, sensiblement symétriques, indiquant, par conséquent, une mélaméridation très nette, et qui se ramifient plus ou moins dans le parenchyme.

Dans le deuxième ordre, le tube digestif est toujours divisé, comme chez les Trémalodes, en une branche antérieure et deux postérieures. Mais la bouche, au lieu d’être située à l’extrémité antérieure de la branche antérieure, se trouve toujours au point de jonction des trois branches.

Enfin, dans le troisième ordre, le tube digestif, quelquefois peu apparent (Convo-

1 Lang, Die Pohjcladen der Golfes von Neapel, 1 vol. in-4°, 1884.

TURBELLARIÉS.

lutidæ, autrefois nommés Acûela pour cette raison), est un tube droit, terminé postérieurement en cæcum, à parois parfois bosselées (Alloiocoela), plus souvent lisses (Rhabdoccela); la bouche peut, comme chez les Polyclada, être placée en un point quelconque de la longueur de ce tube.

Les Polyclades sont tous marins et leur corps, très aplati, est presque toujours lisse; les Eüryleptidæ portent deux tentacules, dits tentacules frontaux, à leur extrémité; ces deux tentacules sont remplacés chez les Pseudoceridæ par deux ; plis en forme de cornet à ouverture antérieure et dont les bords, ne se rejoignant pas du côté ventral, laissent entre eux une fente; les sommets de ces deux cornets sont convergents; ce sont deux replis tentaculaires plutôt que deux tentacules. Les Planoceridæ ont aussi deux tentacules, mais ces organes sont placés sur le dos, à une certaine distance de l’extrémité antérieure du corps; on les nomme tentacules nuchaux. En outre, un peu en arrière de la bouche et des orifices génitaux, les Cotylea présentent une ventouse qui leur permet de se fixer solidement aux algues, aux rochers et aux autres corps submergés. Ce sont les seuls organes externes que l’on observe à la surface du corps, qui est couvert de papilles chez les Thysanozoon.

Les Triclades ont des modes d’existence plus variés; on en trouve dans la mer,

dans les eaux douces (tig. 1262) et, à terre, dans la mousse, sous les troncs d’arbres, dans les endroits humides. Les espèces aquatiques vivent à la façon des Polyclades, dont elles ont l’aspect; les espèces terrestres ont un corps plus épais, souvent très allongé, à section semi-circulaire ou triangulaire. Les Triclades semblent plus particulièrement rapprochés des Trématodes ectoparasites; quelques-uns ( Proccrodcs segmentatus ) ont même gardé une métaméridation plus nette que celle dont on retrouve les traces chez les Trématodes monogènes, de telle sorte qu’on pourrait se demander s’il ne faut pas voir en eux les progéniteurs communs, apparentés aux Vers annelés, des Turbellariés et des Trématodes ; les Bdellurid.e sont ectoparasites comme les Monogenea et présentent un appareil postérieur de fixation; c’est au contraire à l’extrémité antérieure que les Dendrocœlid.e , qui sont libres, présentent des appareils de ce genre (p. 18o8). Cette extrémité porte quelquefois des prolongements que l’on appelle, suivant leur forme, des auricules ou des tentacules ( Dendrocœlum , Oligocelis, Leimacopsis). On observe aussi des tentacules chez quelques Rhabdocèles ( Vorticeros ). Mais ici l’extrémité antérieure du corps subit dans quelques genres une modification intéressante; elle s’effile, perd son revêtement ciliaire ( Alaurina ), devient susceptible de s’invaginer sans se différencier encore au point de vue histologique ( Mesostomum rostralum, Acrorhynchus) et parfois recule sur la face ventrale ( Hyporhynchus ) , s’allonge jusqu’aux yeux ( Acrorhynchus = Luclinila graciosus), finit par se couvrir de papilles à son extrémité libre (Gyrator hermaphroditus ) et passe ainsi de l’état de simple tentacule à celui d’une véritable trompe musculaire servant à la préhension, dont la gaine est fermée, en avant, par un sphincter. Les Gyratorid.e convergent ainsi vers les Némertiens, dont les séparent

Fig. 1262. — Planaires d’eau douce. — a, Planaria polychroa ; — b, P. lugubris ; — c, P.

torva, grossis deux fois (d'après O. Schmidt).

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