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STRUCTURE HISTOLOGIQUE DU CORPS

cependant, leur hermaphrodisme et l’absence d’anus à leur tube digestif. Ces caractères différentiels rapprochent au contraire les mêmes Némertiens des Polychètes marins comme la plupart d’entre eux et qui ont peut-être été leurs progénitures directes. La trompe se transforme chez les Convolutidæ en un appareil tactile remarquablement différencié (p. 1869).

Tandis que les Polyclades et les Triclades atteignent à d’assez grandes dimensions (jusqu’à 14 centimètres de long, Leptoplana gigas), les Rhabdocèles descendent souvent à des dimensions presque microscopiques; ils sont surtout nageurs, et leur corps cesse, en conséquence, d’être aplati, pour présenter dans son ensemble une forme ellipsoïdale, cylindro-conique ou conique. Il existe cependant aussi un assez grand nombre de Rhabdocèles aplatis et le corps se reploie même en dessous chez les Convoluta, de manière à figurer une sorte de cornet.

structure histologique du corps. — Le corps, abstraction faite des organes, est formé : 1° d'une assise épithéliale ciliée unique, reposant sur une membrane basilaire; 2° d’une couche de muscles longitudinaux; 3° d’une couche de muscles transversaux; 4° de deux couches de muscles obliques comprenant entre elles la couche de muscles transversaux; 5° d’une seconde couche musculaire à fibres longitudinales; 6° de muscles dorso-ventraux; 7° du parenchyme qui remplit tout l’intervalle entre les organes.

Épithélium. — En général, la couche épithéliale est chez tous les Turbellariés formée de cellules ciliées. Chez les Polyclades elle est plus développée sur la face ventrale que sur la face dorsale; c’est l’inverse pour les couches musculaires parallèles à la surface du corps, qui atteignent leur développement maximum au milieu de la face dorsale. La partie la plus externe des cellules qui composent la couche épithéliale présente extérieurement une sorte de plateau plus résistant, sur lequel sont implantés les cils; l’ensemble de ces plateaux constitue la cuticule1. Les cellules elles-mêmes sont reliées entre elles par une substance interstitielle dans laquelle se trouvent les granules de pigment qui forment des dessins réguliers sur le corps des Prostheceræus et de divers Pseudoceridæ. Ces cellules sont de formes très variées; on peut distinguer parmi elles des cellules à rhabclites , des cellules à pseudo-rhubdites , des cellules à nématocijstes, des cellules à flèches, des cellules glandulaires, des cellules pigmentaires et des cellules sensitives.

On appelle rhabdites des bâtonnets fortement réfringents, transparents, de forme très régulière et parfaitement homogènes; ils ne manquent jusqu’à présent que chez la Stylochoplana tarda, parmi les Polyclades, chez les Opistoma, Graffdla et Anoplodium de la famille des Vorticidæ, et chez quelques autres genres appartenant aux familles des Microstomidæ et des Plagiostomidæ parmi les Rhabdocoelida. Ils sont disposés en faisceaux à l’intérieur de certaines cellules épithéliales chez les Polyclades, mais peuvent aussi, chez certains Triclades, se trouver dans le parenchyme, où ils existent constamment chez les Rhabdocèles. Ils y sont peut-être apportés, dans ces deux cas, par des cellules détachées de la couche superficielle, et gardent, par conséquent, leur caractère de productions épidermiques. Les rhabdites sont habituellement chez les Rhabdocèles disposés en faisceaux dans les cellules (. Monotus , Macrostomum, Convoluta)-, ces faisceaux se disposent eux-mêmes

i Sophie Pereyaslawzewa, Monographie des Turbellariés de la mer Noire; Odessa, 1892.

TURBELLARIÉS.

souvent en traînées régulières chez les Polyclades. Les cellules qui contiennent les rhabdites sont ciliées à leur surface libre, et leur noyau est contenu dans leur région basilaire. Les rhabdites apparaissent isolément à leur intérieur, auprès du noyau, comme des granules sphéroïdaux qui s’allongent peu à peu et deviennent finalement fusiformes. La teinture de cochenille les colore en violet, le picrocarmin en jaune intense. L’eau bouillante les dissout quelquefois ( Proxenetes , Monotus, Convoluta, Hyporhynchus).

Les pseudorhabdites ou bâtonnets muqueux diffèrent des rhabdites par leur forme moins régulière, leurs fines granulations et leur surface inégale. Ces corps sont particuliers aux Triclades et aux Alloiocèles ( Allostomum pallidum et monotrochum, Plagiostomum réticulum , Cylindrostomum quadrioculatum) ; ils sont souvent disposés quatre par quatre dans les cellules ( Plagiostomum ); toutefois certaines cellules épithéliales des Stylochus contiennent des amas de corpuscules réfringents, irréguliers qui pourraient être assimilés à des pseudo-rhabdites. Ces éléments conduisent aux cellules à bâtonnets muqueux des Cestoplana, aux cellules glandulaires granuleuses de divers Leptoplanidæ et Planoceridæ, et aux cellules finement granuleuses de l’épithélum ventral de la Cestoplana rubro-cincta.

Les cellules de soutien manquent dans l’épiderme de la face dorsale des Polyclades; toutefois on ne peut attribuer aucune fonction spéciale aux cellules basses qui forment une sorte de cornée au devant des régions où il existe des yeux, ni à celles des villosités de la Planocera villosa.

Parmi les Polyclades on ne trouve de cellules pigmentaires épithéliales que chez les Cotylea; elles sont particulièrement bien développées chez les Thysanozoon et la Yungia aurantiaca. A l’état parfait, ces cellules contiennent une grande vacuole incolore dans laquelle flottent des corpuscules de forme et de coloration variable, d’aspect assez souvent cristallin, ou bien la vacuole est formée d’un liquide coloré et elle ne contient pas alors de corpuscules. Chez les Rhabdocèles le pigment paraît fié surtout aux parois de la cavité digestive; mais on peut en trouver aussi dans le parenchyme et les téguments; sa localisation est des plus difficiles à déterminer.

A de rares exceptions près, on ne trouve dans l’épiderme des Polyclades ni cellules adhésives, ni nématoblastes; des nématoblastes existent cependant chez la Stylochoplana tarda et chez Y Anonymus virilis. On les observe chez cette dernière ■espèce non seulement dans l’épiderme, mais dans le parenchyme, où ils forment des trainées spéciales; ils sont accompagnés d’autres productions d’aspect différent, mais qui ne sont vraisemblablement pas sans analogie avec eux et qui forment avec eux de véritables batteries vésicantes. Chaque batterie comprend : 1° de gros némato- ■ cysles ; 2° des capsules à aiguilles ou à fuseaux. Les gros nématocystes sont semblables à ceux des Polypes; les capsules à aiguilles sont allongées et contiennent une sorte d’aiguille solide, caractéristique. L’aiguille est très réfringente, et présente le long de son axe une file de granules; elle peut être fibre dans la capsule ou fixée par l’une de ses extrémités à la paroi de celle-ci; l’autre extrémité se prolonge alors en un filament qui s’enroule en hélice autour de l’aiguille. On trouve aussi des aiguilles de cette sorte libres dans les tissus; leur analogie avec les rhabdites est évidente, mais elles ne sont pas homogènes comme eux. Il est probable que ces productions se forment dans des cellules du parenchyme et n’arrivent que peu à peu à la surface du corps.

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