III. EMBRANCHEMENT
MOLLUSQUES
Néphridiés protégés le plus souvent par une coquille calcaire, univalve ou bivalve, mais qui disparaît dans certains types et qui est sécrétée par un repli des téguments, le manteau. Corps mou, ne présentant, à l'état adulte, que de vagues indices de métaméridation ; le plus souvent tout à fait continu, se laissant habituellement diviser en trois régions : la tête, le tronc et le pied. Jamais de blastogénèse , ni de dissociation du corps. Animaux rampants, nageurs ou fouisseurs , quelquefois fixés par leur coquille, fort rarement parasites.
Morphologie générale; affinités; division en classes. — Dégagé d’éléments qu’on y a longtemps indûment incorporés (Bryozoaires, Brachiopodes, Tuniciers), l’embranchement des Mollusques, contrairement à celui des Vers, présente une telle homogénéité qu’il y a plus d’intérêt à exposer comparativement l’organisation et le développement de l’ensemble des animaux qui le composent, qu’à développer séparément l’histoire de chaque classe. Pour plus de commodité, nous grouperons cependant, lorsqu’il y aura lieu, dans des paragraphes spéciaux, les particularités relatives aux Mollusques d’une même classe. Lorsqu’on j se bornait à considérer la forme des organes de locomotion, on distinguait parmi les Mollusques, les six classes des Céphalopodes, des Ptéropodes, des Gastéropodes, des Hétéropodes, des Scaphopodes ou Solénoconques et des Pélécypodes, Lamellibranches ou Acéphales. Une connaissance plus complète de l’organisation de ces animaux conduit aujourd’hui à les réparti!’ un peu autrement. Il a été reconnu queles Oscabrions (Chitonidæ), pour qui l’on s’était borné à instituer un ordre à part dans la classe des Gastéropodes, avaient une organisation tellement différente qu’ils méritaient d’être érigés en classe distincte; au contraire les Ptéropodes et les Hétéropodes ne diffèrent des Gastéropodes que par des détails de conformation de leur
pied, et se rattachent non seulement d’une manière générale à cette classe, mais sont intimement liés à certaines de ses familles, de sorte qu’après avoir constitué pour les Chitonidæ (fig. 1303) et quelques formes sans coquille récemment découvertes, une classe des Amphineures, il ne reste plus que quatre classes de Mollusques :
1° Les Gastéropodes, Mollusques dissymétriques, à coquille univalvc ou sans coquille , à tête plus ou moins nettement caractérisée et dont le pied déprimé , muni d’une lamelle verticale ou de deux nageoires latérales, sert à la reptation ou à la natation ;
2° Les Scaphopodes, Mollusques symétriques, habitant une coquille tubidaire, ouverte aux deux bouts, et pourvus d'un pied trilobé, ou élargi en disque à son extrémité;
3° Les Lamellibranches, Mollusques symétriques, à coquille bivalve, sans tête distincte, à manteau bilobé, à pied généralement comprimé et servant ci fouir;
4° Les Céphalopodes, Mollusques symétriques dont la tête bien accusée est entourée de tentacules représentant le pied et qui se meuvent surtout par la propulsion de l'eau au travers d'un entonnoir ventral.
Abstraction faite des Amphineures, qui semblent antérieurs aux Gastéropodes tels qu’ils peuvent être actuellement définis, les plus anciens de ces derniers paraissent être la souche d’où se sont détachées les autres classes. C’est donc des Gastéropodes qu’il conviendra de partir pour exposer la morphologie externe et l’organisation interne des Mollusques. Divers traits de développement ont établi, d’autre part, la parenté des Gastéropodes avec les Vers annelés et la fusion dans leur corps d’un nombre restreint mais déterminable de métamérides; on est ainsi conduit à considérer comme les progéniteurs des Gastéropodes et, par conséquent, de tous les Mollusques qui leur sont postérieurs, des Vers annelés tubicoles, réduits à un petit nombre de mérides. Si l’on ne connait, à l’heure actuelle, aucune forme intermédiaire entre les Vers annelés et les Mollusques gastéropodes, il est à remarquer cependant que, tout en se distinguant des Vers annelés par la combinaison de certains caractères, les Gastéropodes ne peuvent être définis par aucun de ces caractères pris isolément. La plupart des Polychètes sédentaires sont tubicoles cojnme eux; les Serpulidæ habitent des tubes calcaires; leur collerette et leur membrane thoracique peuvent être comparés à un commencement de manteau; les soies locomotrices manquent chez les Polygordiidæ, les Tomopteridæ, les Géphyriens inermes et les Hirudinées; la métaméridation s’efface graduellement chez les Géphyriens et les Plathyhelminthes; certaines Eunicidæ ont un commencement de radule (fig. H23, n° 2, p. 1369); l’anus chez les Géphyriens cesse d’être terminal et devient dorsal comme chez les Gastéropodes ; le nombre des néphridies se réduit chez les Polychètes tubicoles (p. 1384) et les Géphyriens (p. 1652); on est ainsi conduit à penser à l'unique paire de*néphridies ou même à l’unique néphridie qui persiste à l’état adulte chez les Gastéropodes; la portion contractile du vaisseau dorsal chez les Ampiiaretidæ, les Terebellidæ et les Serpulidæ se raccourcit et s’élargit de manière à constituer un véritable cœur (p. 1577; fig. 1129, p. 1585); la circulation n’est pas entièrement vasculaire chez les Ammociiaridæ et les Sabel-