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LA LARVE ADULTE, SA FIXATION ET SA MÉTAMORPHOSE

le mouvement de rétraction des organes caudaux, finit par s’invaginer à l’intérieur du tronc.

Au cours de ces transformations purement mécaniques, des transformations chimiques s’accomplissent aussi dans les parties en voie de régression. La substance gélatineuse de la corde disparaît et ses cellules deviennent libres. Cessant de présenter une disposition héliçoïdale pour se rassembler en un seul tractus, elles sont ensuite, ainsi que les cellules musculaires, résorbées par les phagocytes.il est possible que les cellules exodermiques jouent également un rôle dans cette digestion, car, au cours de leur invagination, elles grandissent beaucoup et se remplissent de corpuscules réfringents de telle sorte qu’elles finissent par ressembler aux sphères granuleuses des pupes de Muscides.

Une fois qu’il a pénétré à l’intérieur du corps, l’exoderme caudal y prend l’aspect d’une vésicule qui se pédiculise et finit par s’isoler complètement de l’exoderme normal. La vésicule se transforme à son tour en une masse solide de cellules sphéroïdales, lâchement unies (fig. 1603 et 1604, q), qui peu à peu se dissocient et se désagrègent. La tunique caudale elle-même tombe (Küptîer) ou est résorbée (H. Milne- Edwards, Seeliger). La vésicule sensorielle subit un peu plus tard une dégénérescence analogue; ses éléments se gonflent, se dissocient, tombent dans la cavité générale et se résorbent ; il en est de même des grosses cellules nerveuses caudales. Les papilles fixatrices perdent rapidement leurs ventouses; leurs cellules s’écartent les unes des autres, demeurent quelque temps encore maintenues par une substance gélatineuse, puis se dissocient et disparaissent ( Didemnum ).

Pendant que la queue du têtard est ainsi résorbée, la rotation qui doit amener la bouche à l’opposé du plan de fixation se prépare, et en même temps, le système nerveux définitif se constitue; il nait des cellules qui forment le ganglion abdominal et de celles qui le prolongent en quelque sorte, à gauche de la vésicule sensorielle. Ces dernières forment le ganglion définitif, tandis que le ganglion larvaire abdominal donne naissance au cordon nerveux cellulaire qui s’étend le long de la ligne médiane dorsale au sac branchial, passe ensuite à gauche de l’œsophage et se termine entre les deux diverticules hépatiques ( Clavellina ). Chez les Botryllidæ, le système nerveux larvaire se désagrège presque complètement et le ganglion de l’adulte résulte de la prolifération de quelques cellules de la région antérieure du système nerveux larvaire auquel il demeure quelque temps attaché par un nerf gros et court.

Bientôt la tunique qui passait sans s’interrompre au-dessus des orifices afférent

Fig-. 1603. — Jeune Ciona intestinalis peu de temps après la fixation, vue du côté droit. — q, queue en voie de résorption surmontée du reste de la tunique caudale; œ, œsophage; a, orifice péribranc.hial droit et audessous de lui, pointillées, les deux fentes branchiales primitives encore fermées; n, vésicule nerveuse supportée par le tube nerveux qui communique encore en avant avec le sac branchial ; a, une des invaginations cloacales; b, bouche; en, endostyle; p , pédoncule fixateur; br, branchie ; », rudiment de l’intestin, y, ébauche du corps réfringent; e, estomac (d’après YV'illey).

et efférents s’ouvre au niveau de ces orifices et le courant d’eau qui doit traverser la chambre branchiale commence à s’établir. Sur les parois de cette chambre, les fentes branchiale se multiplient. Chaque fente n’est d’abord qu’un diverticule aplati de la paroi entodermique de la cavité branchiale qui vient se souder avec la paroi de la cavité péribranchiale. Au point de soudure se perce un très petit orifice. Chez les Ascidies à développement patrogonique il se forme d’abord six fentes branchiales ou trémas. Ces fentes ont leur grand axe dirigé transversalement (fig. 1604 et 1605, /g), c’est-à-dire perpendiculairement à l’endostyle; elles se multiplient

pendant un certain temps, en gardant la même orientation et en formant ainsi une seule rangée longitudinale; cette disposition primitive est conservée chez les Pyrosoma (fig. 1587, p. 2211). Ces

Fig. 1604. — Jeune Ciona ayant déjà tourné de 90° vue du c6té gauche. Mêmes lettres; en plus : /‘j /*2, première et deuxième fentes branchiales ouvertes; entre elles apparaît le sac péribranchia) gauche encore très limité et s’ouvrant au dehors par l’orifice a (d’après Willey).

tion. Mêmes lettres; r/c, rudiment du cerveau; cg, extrémité supérieure de la 2e partie apparaissant à travers l’invagination locale; bp, arc cilié; t, tentacules ; b, orifice afférent ; sur l’intestin commencent à s’étendre les branches de l’organe réfringent (d’après Willey).

longs trémas se divisent chacun en deux par la production de languettes qui naissent indifféremment de leur bord antérieur ou de leur bord postérieur ; puis ce processus se répétant, chaque tréma est remplacé par une rangée transversale de courts trémas. Les trémas changent enfin de forme; leur grand axe transversal devenant longitudinal, c’est-à-dire parallèle à l’endostyle (fig. 1577, p. 2193). Les trémas issus de la division transversale d’une même fente primitive se disposent ainsi en une rangée transversale de trémas longitudinaux, et le nombre de ces rangées transversales est au début égal au nombre des fentes primitives; mais après être devenus longitudinaux, les trémas se divisent encore par des cloisons transversales, de sorte que le nombre de leurs rangées transversales augmente ainsi peu à peu.

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