III. CLASSE
BRACHIOPODES 1
Lophostomés fixés ou tubicoles à l’état adulte; enfermés dans une coquille à deux valves, l'une dorsale , l'autre ventrale , doublées d'un manteau bordé de soies chitineuses. Douche comprise entre deux bras latéraux , garnis de cirres ciliés et fréquemment enroulés en spirale. Taille relativement élevée.
Forme générale du corps. — Les Brachiopodes se distinguent immédiatement | des autres Lophostomés par leurs dimensions relativement considérables; leur diamètre tombe rarement au-dessous de 5 millimètres, peut dépasser chez certaines espèces vivantes cinq ou six centimètres (. Magellania venosa , Terebratulina Wyvillei ),
1 Van Bemmelen, Untersnchungen über die anatomischen und histologischen Bau der Brachiopoda Testicardinia , Jenaische Zeitschrift, 1883. — L. Jouiîin, Recherches sur l’anatomie des Brachiopodes inarticulés, Archives de Zool. expérimentale, 2e série, t. IV, 1S86.
BRACIIIOPODES.
et atteignait jusqu’à 30 centimètres chez certaines espèces de la période primaire ( Productus giganteus). Leur corps est toujours compris entre deux valves cornées ou calcaires, lune dorsale, l’autre ventrale. L’aspect des espèces à coquille calcaire rappelle, au premier abord, celui d’un Mollusque lamellibranche, d’un Cardium par exemple; aussi les anciens naturalistes ont-ils unanimement classé les Brachiopodes parmi les Mollusques acéphales. Cette ressemblance est toute superficielle : en effet, tandis que des deux valves d’un Lamellibranche, l’une est à droite de l’animal, l’autre à gauche, les deux valves d’un Brachiopode sont l’une dorsale, l’autre ventrale. Les deux valves d’un Lamellibranche sont maintenues ouvertes par un ligament dorsal quand l’animal est mort; les valves d’un Brachiopode n’ont pas de ligament; elles sont ouvertes exclusivement par des muscles et demeurent fermées après la mort de l’animal. La structure de la coquille est d’ailleurs totalement différente dans les deux classes. Les seules ressemblances réelles que présentent ces animaux sont celles que comporte leur qualité commune de Néphridiés ; encore les néphridies des Brachiopodes et celles des Lamellibranches ont-elles une organisation fort différente.
Les deux valves de la coquille peuvent n’être unies l’une à l’autre que par des muscles, ou bien être articulées par une sorte de charnière et, dans ce cas, la valve supérieure, presque toujours plus petite que l’inférieure et quelquefois plate ou même concave ( Productus ), fonctionne comme une sorte d’opercule relativement à la valve inférieure. Ces deux modes de liaison de la coquille correspondent à deux types d’organisation bien distincts, d’où la division de la classe des Brachiopodes en deux ordres : les Inarticulata et les Articulata. Les Inarticulata datent des plus anciennes périodes géologiques dont la faune soit connue. Les Lingula actuellement encore vivants dans nos mers, faisaient déjà partie de la faune Cambrienne, accompagnés d’un grand nombre d’autres genres de Brachiopodes dont un seul articulé, le genre Orthis. Les Brachiopodes ont acquis leur maximum de développement durant la période Silurienne; depuis ils n’ont fait que décliner, et l’on ne trouve plus actuellement dans nos mers qu’un nombre de genres très petit relativement à celui des genres qui ont autrefois vécu, et comptent parmi les fossiles les plus caractéristiques de certains terrains.
Enlre les deux valves de la coquille (Lingula), ou par un orifice pratiqué au sommet de la valve inférieure, en arrière de la charnière, on voit sortir un organe mobile, le pédoncule. Le pédoncule sert, en général, d’appareil de fixation; il est extrêmement, long et extrêmement contractile chez les Lingulidæ; au contraire, il fait défaut chez un certain nombre de formes qui se fixent par leur valve inférieure ( Thecidca , Crania). Dans les espèces pourvues d’un pédoncule, les deux valves sont rattachées à cet organe par des muscles et peuvent prendre par rapport à lui des positions variées.
La coquille des Brachiopodes est doublée par deux lobes membraneux, appliqués chacun sur une des valves de la coquille et qui, par analogie, avec un organe que nous retrouverons chez les Lamellibranches porte le nom de manteau (fig. 1082, p. 1 317). Le manteau des Brachiopodes est bordé d’une frange de soies chitineuses, les soies palléales. 11 est creusé de lacunes, et contient des dépendances des organes génitaux; c’est donc non pas une simple membrane de recouvrement, mais une véritable région du corps. Enlre les deux lobes du manteau, on aperçoit le corps très réduit,