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COQUILLE

pl«acé tout contre la charnière et qui présente à son bord antérieur un orifice, la bouche. A droite et à gauche de la bouche sont les bras, généralement enroulés en spirale ou en hélice sur une partie de leur longueur; ils représentent physiologiquement, et peut-être aussi morphologiquement, le lophophore des Bryozoaires, la bande ciliée des Rotifères.

Par suite de ce fait que les Rotifères, les Bryozoaires et les Brachiopodes sont des Néphridiés oligomérides, sinon monomérides, menant le même genre d’existence et s’alimentant de la même façon, il est impossible qu'il n’y ait pas entre eux d’étroites ressemblances, puisqu’ils ajoutent aux ressemblances héréditaires des animaux appartenant à un même stade d’une même série, d’incontestables ressemblances adaptatives; on a vu, du reste, que nombre de Rotifères sont déjà pourvus d’une carapace bivalve dont les valves simplement unies par une mince membrane périphérique sont, l’une dorsale, l’autre ventrale. Certaines larves de Bryozoaires ont aussi une carapace bivalve, mais ici les valves sont latérales au lieu d’être dorso-ventrales. Toutefois l’embryogénie semble indiquer entre les Brachiopodes et les Annélides céphalobranches que nous étudierons plus tard des ressemblances d’ou il résulterait que les Brachiopodes ont pu dériver d’Annelés polychètes tubicoles, primitivement plurisegmentées dont les organes de relation et les viscères se sont graduellement rassemblés à la région antérieure du corps, en raison même de ce que cette région, toujours plus active chez les animaux bilatéraux, se trouve seule en rapport avec le monde extérieur chez les animaux tubicoles, où la cèphalisation de l’organisme est, en conséquence, portée au maximum (p. 31). Dans cette hypothèse, le pédoncule représenterait la partie postérieure du corps abandonnée par les organes, et son origine embryogénique ne dément pas cette interprétation L Si l’on admettait cette conclusion, l’embranchement, en apparence si naturel, des Lophostomés devrait être démembré et l’histoire des Brachiopodes devrait suivre celle des Annélides polychètes ; mais il n'y aurait aucun avantage, dans l’état actuel de nos connaissances, à procéder ainsi.

Coquille. — Chez les Brachiopodes inarticulés, la coquille garde, en général, une certaine flexibilité, et peut même avoir, bien qu’elle soit toujours chargée de sels minéraux, une apparence cornée (Lingulidæ, Discinidæ). Les deux valves sont à peu près semblables, et, ce qui n’a jamais lieu chez les Articulés, la valve dorsale peut être plus convexe et plus profonde que la valve ventrale ( Discina , Craniidæ). Libre le plus souvent, la valve ventrale est fixée dans la famille des Craniidæ. Les valves ont la forme de cônes circulaires, surbaissés, chez les Discina ; leur sommet déjà excentrique dans cette famille, devient postérieur et tout à fait marginal chez les Crania; il conserve cette position chez les Lingulidæ dont la coquille s’allonge beaucoup et est généralement tronquée en avant (Lingu la, Glotticlia, tig. 1063, p. 1310).

Le calcaire domine dans les coquilles des Craniidæ; il forme presque toute l’épaisseur de la coquille chez les Brachiopodes articulés. Dans cet ordre, sa forme, bien que variée, garde jusque dans les détails de son ornementation l’aspect des coquilles de Lamellibranches (côtes rayonnantes à partir du crochet, stries concentriques, épines, etc.). Sa teinte verte chez les espèces à test corné de l'ordre précé-

1 Morse, The si/stemalic position of the Brachiopocla. Proceedings of the Boston Society of nalural history, vol. XV, 1873.

BRACHIOPODES

dent ( Lingula ), mais susceptible de devenir rouge quand le test se charge de calcaire ( Cranin anomala), peut être ici, où le calcaire domine toujours, rouge ( Terelra te lia cruenta), brune ( Magellania liaphaelis ) ou même noire ( Rhynchonella nigricans). La valve ventrale, toujours plus profonde que la valve supérieure, se prolonge, en arrière de celle-ci, en se rétrécissant de manière à constituer un crochet, généralement recourbé en dessus.

Dans la région du crochet, les deux bords libres de la valve inférieure se recourbent en dessus; s’ils ne se recourbent que faiblement, l’intervalle triangulaire qu’ils laissent entre eux est rempli par deux lames calcaires entre lesquelles subsiste, le long de la ligne médiane, un espace triangulaire par lequel sort le pédoncule; la surface plane ou légèrement concave de ces lames se nomme Y area ( Spirifer

canaliferus, du Devonien) ; lorsque les bords se rapprochent davantage, les deux lames, plus petites, se placent en avant du pédoncule et constituent le deltidium (fig. 1048, dl) ; le pédoncule passe alors entre une échancrure du crochet et ces deux lames, qui ont pris la forme d'un trapèze dont le petit côté postérieur serait concave ( Magellania flavescens). Ces pièces peuvent se souder entre elles; il peut en apparaître de nouvelles en arrière du pédoncule (. Dielasma elongata , du Permien); ou bien encore, elles peuvent être remplacées par une pièce faisant partie intégrante de la coquille, le pseudodeltidium, lorsque les deux bords de celleci arrivent à se rejoindre ( Bouchardia tulipa). Quand le pédoncule disparait, elles bouchent complètement l'orifice qui lui était destiné ( Leptæna , Produclus). Le bord antérieur du deltidium ou de Y area s’appelle la ligne cardinale. Aux deux extrémités de cette ligne, le bord de la valve inférieure présente deux apophyses saillantes, les dents cardinales , que renforcent assez souvent deux prolongements calcaires, rejoignant le fond de la valve : les plaques dentales ou cloisons rostrales. Lorsque ces cloisons sont convergentes, elles se soudent parfois en une cloison calcaire médiane, le septum, qui peut se prolonger en avant et s’étendre jusqu’au bord frontal de la coquille. De chaque côté du septum, la valve ventrale présente des impressions symétriques qui correspondent aux insertions des muscles et à la place des glandes génitales. L’espace compris entre les deux cloisons rostrales est Yauget ventral.

La valve dorsale est limitée en arrière par une ligne cardinale qui correspond à celle de la valve inférieure. Sur cette ligne se trouvent deux fossettes, les fossettes dentales ou cavités glénoïdes , dans lesquelles s’engagent les dents de la valve ventrale; les bords de ces fossettes présentent parfois des saillies calcaires qui peuvent servir de dents accessoires. A ces bords se soudent fréquemment, du côté interne, de petites plaques qui se développent quelquefois assez pour se rejoindre et former un plateau horizontal, le plateau cardinal, sur lequel s’insèrent les muscles pédonculaires. Assez souvent deux petites lames verticales ou bien une lame

Fig. 104S. — Magellania flavescens. — 1, valve dorsale ; pre, processus cardinal ; f, fossettes dentales ; e, crura; de, pointes crurales; bd, branche descendante du support brachial ; ba, branche ascendante ; bt, bandelette transverse ; s, septum ; a, adducteurs; pd, pédonculaires dorsaux. — 2, valve ventrale; f , foramen; del, deltidium ; t, dents; a, muscles adducteurs ; d , m. diducteurs ; d', m. diducteurs accessoires ; pv, m. pédonculaires ventraux; p, m. pédonculaire médian (d’après Davidson).

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