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DIVISION DU CORPS EN RÉGIONS

Fig. 1115. — Extrémité antérieure de Lagisca extenuata dont la lre élytre gauche a été enlevée. On compte trois antennes [a) ; deux gros palpes (p) ; quatre cirres tentaculaires (ci), avec un acicule derrière chaque couple sur le deutoméride ; El, élytre (d’après Claparède).

liquide de la cavité générale n’est pas ici seulement de la lymphe, mais cumule les fonctions de la lymphe et celles du sang. Ces branchies cœliaques peuvent aussi être des cirres modifiés, c’est le cas pour les élytres des Aphroditidæ (fig. 1115).

Ces élytres présentent souvent des digitations, des expansions arborescentes dont le rôle ne peut être que de multiplier les contacts avec le milieu extérieur et d’augmenter ainsi la puissance respiratoire de l’organe ( Sigalion Pourtalesii) ; ce rôle respiratoire ne saurait être dénié aux élytres des Aphrodite où l’on voit un courant d’eau passer au-dessous de la toison feutrée formée par les soies dorsales et sortir par une sorte d’orifice postérieur, ménagé entre cette toison et le tégument dorsal. Les élytres sont supportées par une sorte de gros pédoncule cylindrique, très court, Yélytrophore; elles ne sont elles-mêmes qu’un repli tégumentaire dont les deux lames sont unies par de nombreuses fibrilles d’une substance voisine de la chitine; un ganglion se trouve à la base de l’élytrophore sur le trajet d’un nerf qui pénètre dans

l’élytre, s’y divise dichotomiquement, un grand nombre de ses ramuscules terminaux aboutissant à des papilles sensitives saillantes, disséminées à la surface supérieure de l’élytre. Près de l’élytrophore un grand nombre de cellules épidermiques de la face inférieure de l’élytre sont transformées en cellules glandulaires muqueuses dont le mucus est phosphorescent (P. torquata).

Division du corps en régions. — Les cirres, les branchies, les parapodes et les soies ne sont pas nécessairement semblables sur tous les segments du corps. Quand ces appendices subissent un même genre de modifications sur un certain nombre de segments consécutifs, l’ensemble de ces segments constitue une région du corps, et le corps se divise en autant de régions qu’il y a de modifications de ce genre. Déjà chez les Polychètes errants on peut observer une tendance à la constitution de régions; le protoméride et le deutoméride peuvent souvent être considérés comme constituant un ensemble où il est parfois difficile de les reconnaître et qu’on a pu désigner sous le nom inutile de tête-, les segments suivants se modifient plus ou moins dans la même série chez beaucoup de Phyllodocidæ et (I’Eunicinæ (fig. III 4, a, b, c); dans cette dernière tribu en particulier, les trois premiers segments sétigères des Rhamphobrachium présentent une élongation des plus curieuses de leurs parapodes et de leurs soies qui sont dirigées en avant et dépassent de beaucoup le protoméride. Mais cette division du corps en régions est surtout marquée chez les Polychètes sédentaires. Elle peut ne se traduire que par un changement dans la forme des soies ou la composition des faisceaux qu’elles forment; d’autres fois, la disparition des parapodes, la présence ou l’absence de branchies (Arenicolidæ, Capitellidæ, Terebellidæ, etc.), celle d’une sorte de

POLYCHÈTES.

manteau revêtant un ensemble de segments, comme la membrane thoracique des Serpulinæ, caractérisent encore plus nettement les diverses régions qu’on désigne

habituellement sous les noms de régions thoracique , abdominale , et post-abdominale ou caudale (ARENiC0LiDÆ,fig. 1116; Pectinaridæ, Sabellariidæ, fig. 1110, n° 2), et qu’il vaudrait mieux désigner simplement par leur numéro d’ordre.

structure des téguments. — La paroi du corps comprend toujours, chez les Polychètes : 1° une cuticule ; 2° un épiderme ( hypoderme , matrice cuticulaire ); 3° une couche de fibres musculaires circulaires ; 4° des muscles longitudinaux ; 5° un revêtement péritonéal.

La cuticule est anhiste chez les Syllidæ 1 et elle est particulièrement mince chez les espèces qui s’abritent dans un tube muqueux ( Eusyllis , Odontosyllis, Autolytus , etc.); dansla plupart des autres Polychètes, elle présente un double système de stries entrecroisées auxquelles elle doit les phénomènes d’irisation dont elle est le siège. Des pores assez régulièrement espacés sont percés à un grand nombre de points d’entrecroisement de ces stries. Ces pores correspondent vraisemblablement aux cellules glandulaires extrêmement abondantes qui font partie de l’épiderme 2.

L 'épiderme est en général constitué de deux sortes d’éléments : les cellules épithéliales proprement dites ( cellules de soutien) et les cellides glandulaires. Les cellules épithéliales sont des cellules cylindriques, terminées du côté péripné-

j. ig. mu. — jtirenicuiu pis—

catorum. — A, région anté- rique par un plateau cuticulaire, et s’effilochant du côté

brancWfèreToV queue'™ profond, pour former des prolongements ramifiés, en nombre

quelconque, susceptibles de s’anastomoser entre eux. Leur noyau est contenu dans leur région moyenne. Quelquefois courtes et étalées de manière à former un mince épithélium continu ( Syllis hamata , S. hyalina), elles sont ordinairement allongées mais de forme très variable, et toutes ensemble constituent une sorte de réseau dans les mailles duquel sont encastrées les cellules glandulaires; leur contenu est faiblement coloré par l’hématoxyline, et leur noyau n’absorbe pas l’éosine, caractères qui les distinguent des cellules glandulaires. Celles-ci, parvenues à maturité, se transforment souvent en une masse de mucu& qui finit par être expulsée et laisse alors à sa place une alvéole vide. Ces cellules à mucus s’accumulent parfois sur certains points de manière à former de véritables organes glandulaires, telles sont les glandes pédieuses des Syllidæ, des Lycoridæ, des Eunicidæ, et avec leur col allongé débouche, en général, dans le cirre ventral (Syllidæ).

Au-dessous de l’épiderme, se trouve un véritable derme ( couche sous-épider-

1 Malaquix, Recherches sur les Syllidie7is ( Morphologie , Anatomie, reproduction, développement). — Mémoires de la Société des Sciences de Lille, 1893.

2 Aubert Soulier, Éludes sur quelques points de l'Anatomie des Annélides tubicoles de la région de Cette. Travaux de l’Institut de Zoologie de Montpellier et de la station maritime de Cette. 1891.

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